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voici pourquoi le choix de Kamto comptera plus que le scrutin

Dans une élection verrouillée où tout semble joué d’avance, le véritable enjeu n’est pas le scrutin… mais la posture de celui qu’on a tenté de faire taire. Pourquoi son choix – y compris le silence – pourrait peser plus lourd que les urnes.
Lire l’analyse de Gaston Ntouba Essomè :
Kamto est au-dessus de la mêlée. Refuser le piège, préserver l’avenir… « Après quelques jours de vacances et de tristesse liée à la perte d’un proche de 43 ans, j’ai pris le temps de me recentrer. Vos nombreux appels et messages m’ont rappelé l’attente autour de mes analyses. Me voici donc de retour, reposé, lucide, prêt à reprendre la plume. »
INTRODUCTION
Maurice Kamto a exposé juridiquement les vices du processus électoral : un ELECAM inféodé, un Conseil constitutionnel juge et partie, et un Code électoral taillé pour verrouiller le jeu.
Le Conseil constitutionnel a piétiné le droit pour neutraliser un adversaire redouté, offrant un spectacle indigne de démocratie. Ce n’est donc pas Kamto qui a échoué, c’est le système qui a triché pour écarter le seul homme capable de le battre.
Son silence aujourd’hui est la preuve de sa stature d’homme d’État et de son intelligence politique.
Le rejet de sa candidature ne l’a pas seulement exclu d’une compétition électorale : il a aussi déclenché une pression intense pour qu’il “choisisse un camp”. Partisans, adversaires et stratèges improvisés voudraient le voir donner une consigne de vote.
Doit-il le faire ?
Soutenir un autre candidat ?
La réponse est claire : NON.
Kamto a tout à perdre et rien à gagner dans une élection verrouillée.
Ce NI-NI n’est pas de l’indifférence, mais une stratégie froide : préserver son capital politique, refuser l’instrumentalisation et préparer l’avenir.
Le NI-NI que j’appelle de tous mes vœux n’est pas un désengagement :
c’est un acte politique, une stratégie d’homme d’État, et une étape essentielle pour faire grandir la conscience démocratique du Cameroun.
Il lui faut donc résister aux pressions, préparer l’avenir et donner au peuple une leçon de lucidité politique.
Le changement viendra d’une refondation démocratique, pas d’un troc électoral.
Sa décision pèsera lourd dans l’histoire. Cet article démonte les illusions et explique pourquoi le silence est la posture stratégique.
⸻
I –
LES POSTURES DES CANDIDATS EN LICE
L’élection présidentielle qui s’ouvre se déroule sans véritable suspense. L’exclusion de Maurice Kamto a laissé un vide stratégique qu’aucun candidat n’est en mesure de combler.
Pourtant, les affiches se multiplient, les slogans fusent, et une poignée de prétendants se lancent dans une course dont chacun connaît déjà le tracé.
Du côté du régime, le candidat sortant avance en terrain conquis. Il ne mène pas une campagne électorale, mais une démonstration de puissance administrative : État, médias publics, forces de sécurité, appareil judiciaire et électoral… tout est mobilisé pour transformer l’élection en plébiscite. Plus qu’une candidature, c’est une reconduction programmée.
Face à lui, une opposition éclatée se partage les miettes d’un champ politique saturé.
Certains aspirants ont choisi de jouer la carte du “réalisme” : accepter les règles du jeu imposées par le pouvoir, pour grappiller une visibilité ou négocier des strapontins.
D’autres, plus radicaux dans leurs discours, n’ont ni structure nationale solide, ni ancrage électoral réel, et misent sur le bruit médiatique. La plupart sont piégés dans le rôle que le système leur a assigné : cautionner le pluralisme, sans jamais inquiéter le trône.
Ces candidatures, malgré des profils parfois respectables, témoignent surtout de l’impuissance organisée de l’opposition. Elles sont tolérées, encouragées même, car elles nourrissent l’illusion démocratique.
Le peuple est invité à choisir parmi des options soigneusement calibrées : des opposants divisés, affaiblis, parfois compromis, qui ne représentent pas une menace pour l’ordre établi.
Dans ce paysage, une vérité s’impose : aucun de ces candidats ne porte l’espérance d’une alternance réelle. Tous évoluent dans une arène verrouillée où la victoire est réservée d’avance.
Et c’est précisément ce constat qui rend cruciale la posture de Kamto :
sa voix, son silence, son choix d’homme d’État pèseront bien plus lourd que leurs promesses de campagne.
Reste alors une question légitime : parmi les candidats en lice, y en a-t-il un seul qui pourrait justifier un tel adoubement ?
L’analyse des forces en présence donne une réponse sans appel.
——-
II –
DES CANDIDATS POPULAIRES, MAIS PRISONNIERS DU SYSTÈME
Depuis l’annonce de leur candidature, Issa Tchiroma et Bello Bouba Maïgari sont présentés comme des figures capables de fissurer le socle électoral du régime dans le Nord. Sur le terrain, leurs apparitions attirent des foules enthousiastes, et leurs noms résonnent encore dans une région où ils ont longtemps incarné des espoirs politiques.
Mais derrière cette image flatteuse,
la réalité est bien plus prosaïque :
leur marge de manœuvre est étroite, et chaque geste est surveillé.
Tchiroma traîne un dossier au Tribunal criminel spécial, une menace suspendue qui agit comme un rappel permanent : sa liberté dépend du bon vouloir du pouvoir. Pour Bello Bouba, le message est limpide : ce qui arrive à l’un peut arriver à l’autre. Ces pressions ne cherchent pas à les écarter, mais à les maintenir dans une zone de collaboration contrôlée.
La stratégie du régime est simple :
- Canaliser l’électorat septentrional contestataire vers des candidatures “gérables” ;
- Empêcher cet électorat de se rallier à un leader incontrôlable comme Maurice Kamto ;
- Offrir une illusion de pluralisme pour maquiller le verrouillage électoral.
Ces candidatures ne sont pas des menaces pour le pouvoir : elles sont des instruments. Au mieux pour le régime, elles occupent le terrain, diluent les voix et donnent un vernis démocratique au processus. Au pire, elles se retirent ou se rallient discrètement avant la fin de la campagne, en échange de garanties personnelles ou politiques.
Le phénomène dépasse d’ailleurs le seul Septentrion. Tous les candidats “acceptés” dans la compétition évoluent sous surveillance. ELECAM reste inféodée, le Conseil constitutionnel verrouille le contentieux, et aucun mécanisme judiciaire indépendant ne peut corriger une fraude massive.
Dans ce décor, croire qu’un soutien de Kamto pourrait “renverser”
la dynamique est une naïveté stratégique.
Ces “candidats populaires” sont en réalité des prisonniers en liberté conditionnelle, dont la carrière politique tient à un fil que le régime peut couper à tout moment.
Leur rôle, conscient ou non, est de donner corps à une élection déjà réglée.
L’enthousiasme des foules qu’ils déplacent ne change rien :
le système les tient en laisse.
Et c’est bien là que réside le piège tendu à Maurice Kamto :
un ralliement de sa part ne transformerait pas l’issue du scrutin, mais il neutraliserait son statut d’homme libre.
Offrir sa crédibilité à des candidatures sous contrôle, ce serait donner au régime ce que ni l’exclusion de sa candidature, ni ses détentions arbitraires n’ont réussi à produire : une image diminuée de
lui-même.
Cette campagne verrouillée n’a pas seulement révélé la faiblesse de l’opposition : elle a aussi libéré un torrent d’attaques contre Maurice Kamto. L’homme qui a refusé d’être un figurant du système est devenu une obsession nationale, cible de toutes les caricatures et de toutes les haines.
——
III-
LES DÉTRACTEURS DE KAMTO :
UN PANORAMA DES MOTIVATIONS CACHÉES
A-. LES PARTISANS DU RÉGIME :
LA PEUR DU BULLDOZER
- Profil : Cadres du RDPC, relais administratifs, médias publics.
- Motivation : Kamto est l’ennemi désigné, celui qui a osé dire :
“Biya a perdu”. Sa popularité rappelle à tous que leur victoire ne repose pas sur les urnes, mais sur le verrouillage.
- Stratégie : Délégitimer son image : accusations de tribalisme, arrogance, naïveté politique.
- Pourquoi ils le redoutent :
Parce qu’il est le seul à avoir mené une contestation structurée qui a ébranlé le système sans arme ni guerre.
- Posture : Attaquer pour exister,
car l’ignorer reviendrait à reconnaître qu’il est déjà président dans les esprits.
B- . LES OPPOSANTS RIVAUX : L’OPPORTUNISME DU VIDE
- Profil : Petits leaders politiques qui ont profité du boycott de 2020 pour occuper le terrain.
- Motivation : Se présenter comme “l’alternative raisonnable” dans l’espace laissé par son exclusion.
- Stratégie : Le réduire à un “juriste rêveur”, un “leader de Facebook”,
ou l’accuser de sectarisme.
- Pourquoi ils s’acharnent :
Parce que Kamto est une ombre géante qui écrase leurs ambitions. Son soutien ferait leur carrière ; son silence les renvoie à leur insignifiance.
- Posture : S’ils ne peuvent pas le battre dans les urnes, ils tentent de le salir dans les esprits.
C.- LES INTELLECTUELS SCEPTIQUES : L’ORGUEIL BLESSÉ
- Profil : Universitaires, journalistes, élites de salon.
- Motivation : Refus d’admettre qu’un intellectuel “comme eux” a osé franchir la ligne rouge et braver le pouvoir.
- Stratégie : Cynisme de façade :
“Il n’avait aucune chance”,
“Il est victime de ses choix”.
- Pourquoi ils s’en prennent à lui : Parce qu’il incarne ce qu’ils n’ont jamais osé être.
- Posture : Condescendance et justification permanente de leur prudence.
D -. LES HAINEUX TRIBAUX : L’ATTAQUE IDENTITAIRE
- Profil : Trolls, militants ethnicistes, propagandistes du régime.
- Motivation : Réduire Kamto à son origine pour saboter son image nationale.
- Stratégie : Réactiver le démon du tribalisme pour diviser et régner.
- Pourquoi ils insistent : Parce que c’est leur arme favorite : détourner le débat politique vers la haine.
- Posture : Une haine irrationnelle qui, paradoxalement, prouve son poids politique.
Comme l’a rappelé récemment l’artiste Kareye Fotso “Mama Africa”,
le tribalisme brandi contre Kamto est moins une réalité qu’un outil politique, utilisé pour justifier sa neutralisation et entretenir la division.
E- . LES DÉÇUS SINCÈRES :
UNE MINORITÉ DÉSORIENTÉE
- Profil : Anciens partisans frustrés par le boycott de 2020 ou ses choix stratégiques.
- Motivation : Déception réelle, amplifiée par la propagande.
- Stratégie : Critiquer sans renier son leadership.
- Pourquoi ils comptent :
Parce qu’ils rappellent qu’aucun leader ne peut tout satisfaire dans un système verrouillé.
- Posture : Une base à reconquérir, signe qu’il reste un leader vivant, pas idolâtré.
Ces catégories ne sont pas étanches : un même détracteur peut passer de l’attaque tribaliste au cynisme intellectuel, ou mêler opportunisme politique et haine identitaire. Ces postures s’entrecroisent, révélant un système où chaque critique sert le même objectif : affaiblir Kamto sans jamais débattre du fond.
Le volume de haine qu’il suscite est proportionnel à l’admiration secrète qu’il inspire. Ses détracteurs aboient fort, comme de petits chihuahuas protégés par leurs postes ou privilèges, mais seuls, dans le silence de leurs foyers, ils savent que cet homme les dépasse. Leur violence est le masque de leur insignifiance.
Toutes ces attaques révèlent une seule vérité : Kamto est devenu une obsession nationale.
- Ses ennemis oscillent entre peur, jalousie et calcul.
- Le régime a besoin de le diaboliser, ses rivaux de le réduire, ses opposants tribaux de l’ethniciser.
- Il est devenu la mesure de tout :
on se définit par rapport à lui, pour ou contre.
La liste n’est pas close :
chacun reconnaîtra, dans son propre carnet d’observateur, les aboyeurs de plateaux, les experts autoproclamés et les donneurs de leçons qui, sous couvert d’analyses, consacrent leur énergie à dénigrer Kamto plutôt qu’à affronter le système.
Son éviction n’a pas effacé son influence, elle l’a magnifiée. Plus ils hurlent, plus ils révèlent son importance. L’histoire retiendra leurs insultes comme le bruit d’un système inquiet devant un homme qu’il ne peut ni acheter, ni soumettre, ni faire oublier.
Au-delà des attaques, Kamto est devenu un repère incontournable dans la conscience politique camerounaise. Le régime a pu l’effacer des bulletins, mais son nom est déjà inscrit, définitivement, dans l’histoire du pays.
De ces analyses ressort une évidence : Kamto a refusé le piège et choisi la hauteur. Son silence devient une arme politique, et son refus de jouer le jeu du régime, une leçon de stratégie.
——
CONCLUSION :
LE VÉRITABLE JEU :
UNE ANALYSE FROIDE ET RIGOUREUSE
À observer attentivement le déroulement de cette présidentielle verrouillée, une vérité s’impose :
le régime ne laisse rien au hasard.
Et à la fin, comme toujours,
“le régime gagne ou… il gagne”.
- L’illusion d’une opposition “forte” dans le Septentrion
Les bains de foule de Bello Bouba ou Issa Tchiroma, les incidents comme celui de Meiganga où les partisans de Bello ont déplacé la voiture du Sous-préfet pour lui frayer un passage, sont impressionnants à première vue.
Mais ces épisodes sont tolérés, parfois même scénarisés. Ils servent de vitrine démocratique : montrer que le pouvoir accepte une “opposition vivante”, tout en gardant un contrôle total sur ses acteurs.
Cette tolérance est calculée :
on laisse ces figures s’exprimer, jusqu’au jour où Yaoundé décidera que leur rôle de figurant a assez duré.
- Le véritable terrain de jeu :
les commissions électorales
Dans ce système, ce ne sont ni les foules ni les votes qui décident de l’issue du scrutin.
Tout se joue dans les commissions électorales, ces arènes fermées où siègent magistrats, préfets, sous-préfets et fonctionnaires loyaux au régime.
C’est là que les chiffres sont “réajustés”, que les équilibres sont tranchés.
Le Conseil constitutionnel, ultime verrou, parachève ce travail.
L’élection est donc réglée bien avant le dépouillement officiel :
les campagnes populaires ne sont qu’un spectacle pour occuper le terrain.
- Les épées de Damoclès
Bello Bouba et Issa Tchiroma ne sont pas des acteurs libres.
- Tchiroma traîne déjà un dossier au Tribunal criminel spécial.
- Bello sait qu’une procédure similaire peut s’abattre sur lui à tout moment.
Leur marge de manœuvre est donc strictement conditionnelle.
Le régime les tolère tant qu’ils remplissent leur rôle dans le scénario.
L’histoire récente du Cameroun montre qu’aucune figure n’est intouchable : des dignitaires infiniment plus puissants ont déjà été envoyés en prison.
Ces deux “mousquetaires” sont en réalité sous surveillance constante.
- L’atout géographique et stratégique du pouvoir
L’éloignement du Septentrion facilite la gestion sécuritaire.
Toute agitation peut être neutralisée localement, loin des caméras et sans impact direct à Yaoundé.
Le régime peut même se permettre de “perdre” quelques votes dans cette zone, tout en conservant le contrôle national.
La méthode a déjà été appliquée dans les régions anglophones :
le NOSO, partiellement paralysé par la guerre, n’a pas empêché le régime de consolider ses résultats ailleurs.
C’est une stratégie froide, assumée : on choisit les batailles et on verrouille le reste.
Comme le disait le président
Paul Biya :
« Tant que Yaoundé respire,
le Cameroun vit. »
- Pourquoi Kamto reste unique
C’est cette mécanique implacable qui explique pourquoi Maurice Kamto a été écarté à tout prix.
Il est le seul adversaire capable de transformer une présidentielle en référendum populaire.
Contrairement aux figures septentrionales tolérées, Kamto représentait une menace globale :
- Son maillage national
- Sa popularité transrégionale
- Son expertise juridique et stratégique
- Son audience internationale
En mission ou pas, les deux ministres démissionnaires sont sous un puissant projecteur baladeur qui scrute chacun de leurs gestes.
L’épisode de Meiganga en est la preuve : l’irruption de la voiture du sous-préfet devant le cortège de Bello Bouba Maïgari n’était pas un simple incident, mais un message.
Le régime ne veut pas bousculer les électeurs venus exprimer leur ras-le-bol, mais rappeler à ces anciens alliés qu’ils ne sont libres que sous surveillance.
Les bains de foule qu’ils drainent ne sont évidemment pas interprétés comme ceux de “frères du village” , accusation systématiquement brandie contre Kamto pour réduire son soutien populaire à une base ethnique.
Ici, ces rassemblements sont au contraire tolérés, car ils s’inscrivent dans un scénario politique : les électeurs qu’ils mobilisent doivent être ramenés au bercail, sous peine de voir s’activer les dossiers du Tribunal criminel spécial.
Dans ce pays, même en pleine campagne, le pénal tient le civil en otage.
Ces candidats ont donc tout intérêt à collaborer, avec en récompense un podium symbolique à la présidentielle, assorti d’une autonomie relative pour calmer leurs bases.
Mais qu’on ne s’y trompe pas :
la fameuse commission technique sera en état de veille permanente pour garantir le scénario prévu.
Le NI-NI comme stratégie
Dans ce contexte, Kamto n’a donc aucun intérêt à rompre le NI-NI :
- Son silence est une arme politique, pas une faiblesse.
- Rompre le NI-NI serait offrir une victoire symbolique à ses détracteurs.
- Le NI-NI renforce son image d’homme d’État, qui refuse l’instrumentalisation.
- Il rappelle que le résultat est déjà connu et que ce simulacre ne mérite pas sa caution.
- Ce silence prépare l’avenir, il capitalise sur la lucidité populaire et internationale.
Pour garder cette hauteur, Kamto doit maintenir son silence, message stratégique et riposte à ses détracteurs.
Ce silence n’est pas une fuite, mais une réponse ferme à une mascarade électorale dont le résultat est déjà écrit.
En réalité, ce silence consolidera son image : une stature forgée par le courage, la cohérence et des leviers solides qui dépassent la mise en scène électorale.
On ne gagne pas ce pays en courant dans ce théâtre verrouillé, mais en refusant d’en être l’accessoire, pour préparer l’après.
Le verrouillage systémique
Comment imaginer qu’après avoir manœuvré pour écarter celui qui représentait un véritable danger – devant des chancelleries occidentales complices, irritées par son appel historique, depuis Paris, à soutenir les pays de l’AES face aux ingérences étrangères – le Parti-État laisserait la moindre mouche troubler son dîner servi depuis 43 ans?
Son éviction est la preuve qu’il incarnait une menace systémique : pour un régime qui se sait illégitime, et pour des partenaires étrangers attachés au statu quo.
Kamto paie le prix de son intégrité, de son engagement panafricaniste et de sa volonté de demander des comptes aux gestionnaires des fonds publics.
Dans ce système verrouillé, chaque élection est une mise en scène de survie : le pouvoir gagne, ou fait perdre tous les autres, en distribuant quelques miettes pour maintenir le décor démocratique.
La fin qui justifie les moyens est connue :
soit il “gagne”, soit tous les autres candidats “perdent” et se contentent des miettes distribuées à la fin du scrutin, avec la promesse de remettre le couvert aux législatives et municipales de 2026.
Le silence de Kamto est aussi un pari sur le temps long.
En se tenant à distance de ce théâtre électoral, il protège son capital politique et son électorat, refuse d’endosser une défaite programmée, et conserve sa stature intacte pour l’avenir.
Car l’histoire politique du Cameroun ne s’arrêtera pas au 12 octobre 2025.
Ce scrutin est une étape, pas une fin.
Le président Biya lui-même brigue un septième mandat à 92 ans : rien ne justifie qu’un homme de 72 ans, solide, crédible et toujours porteur d’espoir, se dilue dans une campagne déjà écrite pour mieux disparaître.
Kamto a choisi de rester au-dessus du jeu, afin d’être demain l’homme autour duquel pourra se reconstruire une véritable alternative.
Dans ce pays, le pluralisme de vitrine masque un pouvoir verrouillé.
Le NI-NI est la réponse appropriée à ce théâtre truqué dont le résultat est connu d’avance.
Gaston NTOUBA ESSOMÈ
Libre penseur, esprit curieux
et plume affranchie.
J’éclaire, questionne et dérange.
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Actualités locales
la suspension du FNSC est un « acte arbitraire »

Le candidat malheureux à la présidence du MRC, Pierre Emmanuel Binyam, demande la levée immédiate de la suspension du FSNC, le parti politique d’Issa Tchiroma.
Pierre Emmanuel Binyam, comme plusieurs hommes politiques, s’est exprimé sur la suspension du Front pour le salut du Cameroun (FSNC), le parti d’Issa Tchiroma Bakary. Il voit en cette décision du ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji un autre élément qui suscite de nombreuses interrogations.
« Depuis 1992, en passant par 2018 jusqu’en 2025, les crises postélectorales successives témoignent d’une crise persistante de confiance dans le processus électoral. On ne peut ignorer les contestations relatives au respect de la volonté populaire, puis prétendre rétablir la paix en sanctionnant les acteurs politiques. Plus préoccupant encore, les arrestations arbitraires alléguées, les actes de torture dénoncés et l’emprisonnement de citoyens camerounais pour leur proximité ou leur engagement aux côtés du FSNC, lorsqu’ils sont avérés, témoignent d’une dérive répressive incompatible avec les principes fondamentaux de l’État de droit.
Le régime de Yaoundé doit comprendre qu’aucune suspension administrative, aucune arrestation abusive et aucune intimidation ne sauraient étouffer durablement les aspirations démocratiques d’un peuple. La lutte contre les violences ne peut servir de prétexte à la répression collective ni dispenser les autorités de justifier leurs décisions devant la loi », écrit-il.
Pierre Emmanuel Binyam, candidat malheureux à la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), condamne cette suspension et demande sa levée.
« Je condamne fermement cette suspension du FSNC que je qualifie d’acte arbitraire et exige sa levée immédiate et sans condition; ainsi, que la libération des personnes détenues arbitrairement et victimes de torture pour le respect des libertés fondamentales.
Le silence imposé n’est pas la paix. L’intimidation n’est pas la justice. Et l’autorité de l’État ne saurait se confondre avec l’arbitraire.
Le Cameroun a besoin d’élections crédibles, d’une justice indépendante et d’institutions qui respectent la volonté du peuple. Toute autre voie ne fera qu’aggraver les crises sociopolitiques et fragiliser davantage la cohésion nationale », écrit-il.
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Joseph Dion Ngute nomme des responsables dans des services du MINAT
Au ministère de l’administration territoriale, plusieurs nominations ont été actées par le Premier ministre Joseph Dion Ngute. Par décret signé le 28 octobre 2026, le […]
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Actualités locales
CMA CGM lance un nouveau service ferroviaire au Kenya et renforce sa présence en Afrique de l’Est

• CMA CGM lance son premier train de fret entre le port de Mombasa et le terminal intérieur de conteneurs de Nairobi-Embakasi, renforçant ainsi les connexions entre la principale porte d’entrée maritime du Kenya et les marchés de l’intérieur du pays.
• Composé de 54 wagons et offrant une capacité de 108 EVP (équivalents vingt pieds), ce service fonctionnera initialement à raison d’un train par semaine, avec la possibilité d’augmenter la fréquence et de mettre en place un service retour.
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• Développée en partenariat avec la Kenya Ports Authority et Kenya Railways Corporation, cette initiative renforce l’offre logistique de CMA CGM et témoigne de son engagement à long terme au Kenya et en Afrique de l’Est.
Le 28 octobre, CMA CGM, acteur mondial des solutions de transport maritime, terrestre, aérien et de logistique, a inauguré son premier service de train de fret entre le port de Mombasa et le terminal intérieur de conteneurs (ICD) de Nairobi-Embakasi. Composé de 54 wagons et offrant une capacité de 108 EVP (équivalents vingt pieds), ce service renforce la connexion entre la principale porte d’entrée maritime du Kenya et son réseau logistique intérieur.
La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence de Mohamed Daghar, secrétaire principal chargé des Transports au ministère kényan des Routes et des Transports ; de Son Excellence Wadid Benaabou, ambassadeur de France au Kenya ; du capitaine William K. Ruto, directeur général de la Kenya Ports Authority (KPA) ; de Philip J. Mainga, directeur général de Kenya Railways Corporation (KRC) ; de Naveen
Prabhu, directeur régional adjoint de CMA CGM pour l’Afrique de l’Est ; et de Benjamin Coston, directeur général du cluster Afrique de l’Est de CMA CGM.
Naveen Prabhu, directeur régional adjoint de CMA CGM pour l’Afrique de l’Est, déclare : « Le lancement de ce service constitue une étape importante pour CMA CGM au Kenya. Notre ambition est de renforcer la connectivité entre le transport maritime, les ports et les économies de l’intérieur du pays. Ce projet repose également sur un partenariat avec le gouvernement kényan, la Kenya Ports Authority, Kenya Railways et nos clients. Il témoigne de notre engagement à long terme au Kenya et de notre volonté de contribuer à la croissance du pays en reliant les populations, les entreprises et les opportunités. »
Une liaison ferroviaire entre Mombasa et Nairobi
Dans un premier temps, le service acheminera des conteneurs importés depuis Mombasa vers Nairobi- Embakasi, à raison d’un train dédié par semaine. Cette phase initiale permettra à CMA CGM d’évaluer la demande des clients et d’étudier les possibilités d’augmenter la fréquence du service et de mettre en place un train retour vers Mombasa. En intégrant le fret ferroviaire à ses services maritimes, CMA CGM élargit les solutions de transport proposées à ses clients pour acheminer leurs marchandises entre les marchés internationaux et les 2 principaux centres économiques de l’intérieur du Kenya. Ce service a été développé en coopération avec la KPA et la KRC.
Investir dans les compétences et les communautés locales
La présence de CMA CGM au Kenya va au-delà des infrastructures de transport. Le Groupe développe des solutions logistiques intérieures complémentaires à ses services maritimes, notamment avec le service Kilima, tout en contribuant au développement des compétences locales grâce au renouvellement de son partenariat avec la Bandari Maritime Academy. Ce partenariat participe à la formation de la prochaine génération de professionnels kényans du maritime et de la logistique.
Mohamed Daghar, secrétaire principal chargé des Transports au ministère kényan des Routes et des Transports, déclare : « Le développement de liaisons efficaces entre le port de Mombasa et les centres économiques de l’intérieur du pays est essentiel pour renforcer la chaîne logistique du Kenya. Les partenariats entre les acteurs du transport maritime et ferroviaire permettent de mieux connecter les infrastructures, les entreprises et les marchés. Cette initiative illustre l’importance de la coopération entre les acteurs publics et privés pour soutenir les échanges commerciaux et le développement économique du pays. »
À l’occasion de l’inauguration, les autorités kényanes et l’ambassadeur de France ont également visité le CMA CGM PALMYRE, un navire propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL), illustrant les actions du Groupe visant à réduire l’empreinte environnementale du transport maritime. Soutenir le développement local avec la Fondation CMA CGM CMA CGM soutient également le développement local par l’intermédiaire de la Fondation CMA CGM.
Depuis 2023, la Fondation accompagne l’ONG Croix-Rouge kényane dans le développement du centre d’innovation I.O.Me001 à Mombasa, auquel elle a fait don de 11 conteneurs maritimes aménagés. Le centre est consacré à l’entrepreneuriat et à la programmation informatique. En 2025, il a réuni 15 institutions et plus de 1 200 étudiants. En partenariat avec l’ambassade de France au Kenya, la Fondation fournit sept conteneurs supplémentaires afin d’accroître sa capacité d’accueil.
La Fondation CMA CGM soutient également la rénovation du terrain de football de l’Université de Nairobi, aux côtés de l’Université et de l’Agence française de développement (AFD). Ce projet vise à répondre aux défis liés au changement climatique et à bénéficier à près de 50 000 étudiants.
À propos du Groupe CMA CGM
Le Groupe CMA CGM est un acteur mondial des solutions maritimes, terrestres, aériennes et logistiques, fidèle à sa Raison d’être, We imagine better ways to serve a world in motion. Présent dans 184 pays, il emploie 170 000 collaborateurs et près de 6 000 personnes à Marseille, où est situé son siège. 3ème acteur mondial du transport maritime, CMA CGM dessert plus de 420 ports sur 5 continents avec une flotte de plus de
700 navires. En 2025, CMA CGM a transporté plus de 24 millions de conteneurs EVP (équivalent vingt pieds). Sa filiale CEVA Logistics, un des cinq premiers acteurs mondiaux, exploite 1 000 entrepôts et a géré 15 millions d’expéditions en 2025. La division aérienne du Groupe exploite une flotte d’avions cargo, sous les marques CMA CGM AIR CARGO et Air Belgium. CMA Media, 3ème groupe privé de médias en France, regroupe RMC-BFM et plusieurs titres de presse nationale et régionale (La Tribune Dimanche, La Tribune, La Provence et Corse Matin) ainsi que le média social Brut. Engagé dans la transition énergétique, le Groupe CMA CGM vise le Net Zéro Carbone d’ici 2050.
La Fondation CMA CGM apporte une aide humanitaire en situation de crise et s’engage en faveur de l’éducation pour tous et de l’égalité des chances à travers le monde. À ce jour, la Fondation CMA CGM a transporté 120 000 tonnes d’aide humanitaire vers 106 pays et a soutenu plus de 630 projets en France, au Liban et dans le monde.
Retrouvez le Groupe CMA CGM sur : cmacgm-group.com


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