Actualités locales
victoire historique ou scandale d’impunité ?
Le Cameroun vient d’obtenir une victoire judiciaire inédite contre le géant anglo-suisse du négoce Glencore, condamné à payer plus de 11 000 milliards de FCFA pour droits et taxes détournés, ainsi que pour des surfacturations dans le cadre de contrats pétroliers.
Une somme vertigineuse qui, si elle est effectivement recouvrée, représenterait une manne financière historique pour le pays. Mais derrière ce chiffre record se cache un dossier explosif de corruption systémique, impliquant la Société nationale des hydrocarbures (SNH), la Sonara et des responsables politiques locaux, dont aucun pour l’instant n’a été inquiété.
L’affaire, révélée dès 2022 par la justice britannique puis portée sur la scène nationale par l’avocat Akere Muna, met en lumière la mécanique bien huilée de la corruption dans le secteur pétrolier camerounais.
Glencore a reconnu avoir versé au moins 21 millions de dollars de pots-de-vin entre 2006 et 2014, dont une partie destinée à sécuriser des contrats avantageux auprès de hauts responsables de la SNH et de la Sonara.
Si la justice internationale a agi avec fermeté, infligeant déjà une amende de 276 millions de livres sterling à la multinationale, la justice camerounaise brille, elle, par son silence face aux complices locaux.
Ce contraste alimente la colère de l’opinion publique : comment comprendre que le Cameroun puisse réclamer 11 000 milliards FCFA à Glencore sans que les fonctionnaires et dirigeants ayant accepté les pots-de-vin ne soient inquiétés ?
Cette impunité nourrit l’idée d’un État sélectif dans sa lutte contre la corruption, prompt à frapper fort contre l’étranger mais frileux à sanctionner ses propres élites.
En mai 2024, Paul Biya avait donné mandat aux autorités de coopérer avec la justice britannique. Mais, plus d’un an après, aucune mise en examen d’un responsable camerounais n’a été annoncée.
Ce scandale marque certes un tournant : jamais le Cameroun n’avait obtenu une condamnation financière d’une telle ampleur contre un mastodonte du négoce mondial. Mais sans poursuites internes, cette victoire risque de n’être qu’un trompe-l’œil.
Le pays pourrait encaisser une somme colossale sans que la culture de la prédation et du clientélisme, qui gangrène son secteur pétrolier, ne soit réellement remise en cause.
Autrement dit, l’affaire Glencore met le Cameroun face à un dilemme historique : transformer ce jugement en acte fondateur d’une gouvernance nouvelle, ou ajouter un énième scandale à la longue liste des occasions manquées.
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com
Actualités locales
drame et zones d’ombre à Logpom

Hervé Tezembong est un boucher de 42 ans devenu tristement célèbre en août 2026 à la suite du meurtre à l’arme blanche de son épouse, Modestine Maffo (34 ans), au quartier Logpom dans le 5e arrondissement de Douala, au Cameroun.
Le suspect a séquestré sa femme à l’intérieur de la maison familiale avant de la poignarder à mort en présence de leurs deux enfants. Des témoignages indiquent que l’agresseur accusait sa victime de trahison conjugale.
Cet assassinat s’inscrit dans une série noire de féminicides recensés au Cameroun au cours de la même période, suscitant l’indignation générale de la communauté locale et des médias comme
Lire le commentaire de la journaliste Cathy Yogo :
A Bendel City, Logpom, la mort de 𝗠𝗼𝗱𝗲𝘀𝘁𝗶𝗻𝗲 𝗠𝗮𝗳𝗳𝗼, épouse Tezembong, continue de susciter émotion et interrogations. Son mari, 𝗛𝗲𝗿𝘃𝗲́ 𝗧𝗲𝘇𝗲𝗺𝗯𝗼𝗻𝗴, 𝟰𝟮 𝗮𝗻𝘀, connu comme boucher dans la zone, a été interpellé après les faits par les forces de l’ordre.
Selon le récit d’un 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲 𝗱𝘂 couple, lundi, la veille du drame, Hervé Tezembong a vidé tout son état en emportant son matériel de travail. Il a laissé entendre qu’il ne reviendra pas de sitôt au marché.
Le même proche rapporte une chronologie des faits particulièrement troublante. 𝗔𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗺𝗶𝗱𝗶, mardi, en présence de leurs deux enfants, Hervé Tezembong a appelé la police pour annoncer qu’il avait tué son épouse alors que, selon ce témoignage, 𝗶𝗹 𝗻’𝗲́𝘁𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́ 𝗮̀ 𝗹’𝗮𝗰𝘁𝗲 odieux.
Toujours selon cette source, il aurait ensuite 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝘂 𝗺𝗶𝗱𝗶 𝗽𝗶𝗹𝗲 avant de s’en prendre mortellement à son épouse, au domicile familial. Selon des proches, Modestine Maffo aurait été poignardée à plusieurs reprises. Son corps présentait de nombreuses plaies visibles, notamment aux bras et au haut du corps, signe d’une attaque d’une extrême violence.
Des voisins, alertés par la situation, auraient tenté d’intervenir en frappant à la porte. Hervé Tezembong leur aurait alors déclaré que 𝘀𝗼𝗻 𝗲́𝗽𝗼𝘂𝘀𝗲 𝗹𝗲 𝘁𝗿𝗼𝗺𝗽𝗮𝗶𝘁. Cette affirmation reste celle qui lui est attribuée et ne constitue pas, à ce stade, un fait établi concernant Modestine Maffo. Après le drame, toujours selon le témoignage du proche de la famille, 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗺𝗲𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲𝘀 𝘃𝗼𝗰𝗮𝘂𝘅 auraient été envoyés.
Dans le premier, Hervé Tezembong aurait déclaré à une personne : « 𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝗺𝗶𝗱𝗶, 𝗷’𝗮𝗶 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗺’𝗮𝘃𝗲𝘇 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲́. » Dans un second message, il aurait affirmé : « 𝗝’𝗮𝗶 𝘁ų𝗲́ 𝗺𝗮 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲. » Ces propos, particulièrement lourds, demandent encore à être authentifiés et replacés dans leur contexte par les enquêteurs.
𝗔̀ 𝗾𝘂𝗶 𝗲́𝘁𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲𝘀𝘁𝗶𝗻𝗲́ 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿 𝗺𝗲𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲 ?
𝗤𝘂𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗶𝗳𝗶𝗮𝗶𝘁 « 𝗷’𝗮𝗶 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗺’𝗮𝘃𝗲𝘇 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲́ » ? 𝗘𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗮𝘂𝗿𝗮𝗶𝘁-𝗶𝗹 𝗮𝗻𝗻𝗼𝗻𝗰𝗲́ 𝗹𝗮 𝗺𝗼𝗿𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗲́𝗽𝗼𝘂𝘀𝗲 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗹𝗶𝗰𝗲 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁𝘀 ?
Les enfants du couple sont aujourd’hui pris en charge par 𝗹𝗮 𝘀œ𝘂𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗰𝘁𝗶𝗺𝗲, nous a-t-on laissé entendre.
Hervé Tezembong était boucher à Logpom. Selon des proches, il aurait auparavant exercé dans le petit commerce, notamment dans la vente de CD après l’obtention de son 𝗯𝗮𝗰𝗰𝗮𝗹𝗮𝘂𝗿𝗲́𝗮𝘁 𝗗 𝗮𝘂 𝗹𝘆𝗰𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝗕𝗮𝘁𝗰𝗵𝗮𝗺. Il serait issu d’une famille d’affaires à Mbouda.
Entre l’étal vidé la veille, l’appel à la police avant les faits, l’heure précise de midi et les deux messages vocaux qui lui sont attribués, 𝗹𝗮 𝗰𝗵𝗿𝗼𝗻𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗲 𝗱𝗿ą𝗺𝗲 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗼𝘂𝗿𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗼𝘂𝗿𝗱𝗲𝘀 𝘇𝗼𝗻𝗲𝘀 𝗱’𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲.
L’enquête devra notamment vérifier cette chronologie, authentifier les messages vocaux, identifier leurs destinataires et établir les circonstances exactes de la mort de Modestine Maffo.
Toutes nos condoléances à la famille de 𝗠𝗼𝗱𝗲𝘀𝘁𝗶𝗻𝗲 𝗠𝗮𝗳𝗳𝗼, à ses enfants et à ses proches. 𝗤𝘂’𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗼𝘀𝗲 𝗲𝗻 𝗽𝗮𝗶𝘅.
Mais le Cameroun est aussi en droit de dire : 𝗖̧𝗔 𝗦𝗨𝗙𝗙𝗜𝗧!
Trop de femmes męurent encore sous les violences conjugales, trop d’enfants restent marqués à vie.
𝗟𝗲𝘀 𝗳𝗲́𝗺𝗶𝗻𝗶𝗰𝗶𝗱𝗲𝘀 𝗻𝗲 𝗱𝗼𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗯𝗮𝗻𝗮𝗹𝗶𝘀𝗲́𝘀.
Respectons les gens qui ont vécu.
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Nyamsi critique Eto’o sur la FIFA

Les relations entre Samuel Eto’o et Jean Crépin Nyamsi semblent avoir atteint un point de non-retour. Candidat déclaré à la présidence de la FIFA, Nyamsi ne digère pas le choix du président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) de soutenir Gianni Infantino, actuel patron de l’instance mondiale.
Une décision qui passe mal
Jean Crépin Nyamsi remet ouvertement en question la manière dont Samuel Eto’o aurait pris sa décision. Pour lui, un choix aussi important concernant la scène internationale ne peut être porté par une seule personne, sans concertation avec les instances et autorités concernées.
« Samuel Eto’o a-t-il contacté les autorités du Cameroun, a-t-il contacté son ministre de tutelle, ou a-t-il réuni son Comité exécutif pour prendre cette décision ? », s’interroge-t-il, visiblement remonté.
Le candidat à la présidence de la FIFA s’attaque ainsi directement à la méthode du président de la Fecafoot. Derrière ses interrogations, c’est surtout l’absence de soutien à sa candidature qu’il dénonce.
Nyamsi dénonce un « mépris »
Le ton monte davantage lorsque Jean Crépin Nyamsi accuse Samuel Eto’o d’agir comme s’il était seul maître à bord de la Fédération. « Ou il estime qu’il est le Cameroun tout entier et qu’il décide de ce qu’il veut à la Fecafoot et que personne ne peut parler ? », lance-t-il.
Une sortie qui illustre la profondeur du fossé désormais installé entre les deux hommes. Autrefois proches, Samuel Eto’o et Jean Crépin Nyamsi affichent aujourd’hui des positions diamétralement opposées, notamment sur la question de la représentation du Cameroun au sein du football international.
Une bataille qui ne fait que commencer
Malgré le refus de soutien de Samuel Eto’o, Jean Crépin Nyamsi assure qu’il n’entend pas renoncer à son ambition. Bien au contraire, il promet de poursuivre son combat pour la présidence de la FIFA.
« Si tel est le cas, mon équipe et moi, nous allons prendre note de cette décision, nous allons continuer et n’allons pas accepter ce mépris dans un État civilisé, dans un monde civilisé », affirme-t-il.
À mesure que la campagne pour la présidence de la FIFA se précise, l’affrontement entre les deux Camerounais pourrait donc prendre une nouvelle dimension. Entre le choix de Samuel Eto’o en faveur de Gianni Infantino et la détermination affichée par Nyamsi à maintenir sa candidature, la fracture est désormais clairement assumée.
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
trois Américains d’origine camerounaise condamnés à 15 ans pour financement des séparatistes

Trois citoyens américains d’origine camerounaise ont été condamnés à des peines de prison fédérales aux États-Unis pour une opération qui s’est étalée sur plusieurs années. Selon l’accusation, cette opération a permis de canaliser de l’argent, du matériel et un soutien logistique de la diaspora camerounaise vers des combattants séparatistes armés au Cameroun, notamment pour financer des engins explosifs improvisés, des armes et des opérations d’enlèvement.
Francis Chenyi Sr., 52 ans, de Saint Paul (Minnesota), et Lah Nestor Langmi, 49 ans, de Buffalo (New York), ont chacun été condamnés à 15 ans de prison fédérale, suivis de trois ans de liberté surveillée. Claude Ngenevu Chi, 43 ans, de Kansas City (Missouri), a écopé de 63 mois de prison (cinq ans et trois mois), également suivis de trois ans de liberté surveillée. Le bureau du procureur fédéral du district ouest du Missouri a annoncé les peines prononcées le mercredi 26 août.
Ces condamnations mettent un terme à une importante procédure fédérale américaine, ouverte publiquement en novembre 2022, mais concernant des activités remontant au moins à janvier 2018, au plus fort du conflit armé au Cameroun, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Les documents judiciaires consultés par MMI News fournissent des détails bien plus précis que l’annonce officielle des peines. Ils révèlent notamment que, selon l’accusation, les trois hommes occupaient des postes à responsabilité au sein de structures de la diaspora soutenant les Forces de restauration ambazoniennes (FRA) et d’autres groupes armés séparatistes. Ils ont également indiqué avoir levé des centaines de milliers de dollars à l’étranger et discuté d’opérations spécifiques au Cameroun.
Plus de 350 000 dollars levés
Un acte d’accusation d’un grand jury fédéral, rendu public en novembre 2022, révèle que les accusés ont levé plus de 350 000 dollars, principalement auprès de donateurs américains et européens, afin de soutenir des opérations armées séparatistes dans et autour du département de Ngoketunjia, dans la région du Nord-Ouest.
Selon l’accusation, les fonds ont été collectés via des applications de messagerie et des plateformes de paiement en ligne, puis transférés par le biais de comptes bancaires, financiers et de cryptomonnaies avant de parvenir aux combattants au Cameroun.
L’acte d’accusation désigne Chenyi comme le « président du comté » de Ngoketunjia, tandis que Langmi est présenté comme président du Conseil de sécurité de Ngoketunjia, porte-parole de la défense du Conseil national de sécurité d’Ambazonie et président du Conseil de sécurité de la zone de gouvernement local de Balikumbat.
Chi est identifié comme trésorier du Conseil de sécurité de Ngoketunjia et président du Conseil de sécurité de la zone de gouvernement local de Ndop.
D’après l’accusation, le propre « Relevé de fin d’année 2020 du comté de Ngoketunjia » des accusés fait état de 88 455 dollars collectés pour la seule année 2020. Les documents financiers contiendraient au moins 10 entrées relatives à des engins explosifs improvisés et 10 autres concernant des armes à feu ou des munitions.
Argent prétendument envoyé pour des attaques à Ndop
L’acte d’accusation détaille plusieurs opérations que les procureurs ont liées au réseau.
Le 2 juin 2020, Chi aurait demandé de l’argent à Chenyi pour une opération impliquant un séparatiste armé identifié dans les documents judiciaires comme « Capitaine Feu », plus tard connu sous le nom de « Général Feu ».
Les cibles visées, mentionnées dans la demande, comprenaient le bureau du MINEPAT à Ndop, la salle communautaire de Ndop, le Jardin Royal, le commissariat de la Branche Spéciale, le service juridique, les anciennes et nouvelles tribunes et le bureau du nouveau commissaire de division.
Le coût estimé s’élevait à 574 000 FCFA. Les registres de l’organisation ont par la suite fait état d’une dépense de 575 000 FCFA intitulée « Logistique de la mission de la zone de gouvernement local de Ndop », selon l’acte d’accusation.
Les procureurs ont déclaré que plus tard dans le mois, le Capitaine Feu a envoyé à Chi des photographies montrant des bâtiments en début d’incendie et a identifié l’un d’eux comme étant le bureau du nouveau commissaire de division.
Dans une autre transaction, les procureurs ont déclaré que Langmi avait sollicité 3 millions de francs CFA en juillet 2020 pour l’achat de deux armes à feu, les registres du groupe faisant ultérieurement état d’un paiement correspondant de 3 millions de francs CFA.
Engins explosifs improvisés (EEI) avant les élections régionales au Cameroun
L’un des aspects les plus importants des poursuites concernait le financement d’engins explosifs improvisés.
L’acte d’accusation indique que le 2 décembre 2020, Chenyi a transmis à Chi une liste de matériaux nécessaires à la fabrication d’EEI. Cette liste comprenait de la poudre à canon, des piles, des télécommandes, des allumeurs, des lames de coupe, du poivre et du zinc, pour un coût estimé à 306 000 francs CFA.
Chenyi aurait demandé s’ils pouvaient financer l’achat de ces matériaux avant les élections régionales camerounaises du 6 décembre 2020.
Le lendemain, selon les procureurs, un virement de 310 000 francs CFA a été effectué. Cette transaction a constitué le fondement d’une accusation distincte de soutien matériel contre Chenyi et Chi.
Les documents judiciaires décrivent également la création d’un groupe de messagerie appelé « Bamessing Action Team », au sein duquel les participants discutaient de l’utilisation d’engins explosifs improvisés (EEI) contre les forces camerounaises.
En janvier 2021, selon l’accusation, Chenyi a diffusé une autre liste de matériel pour la fabrication de « 5 explosifs » et a ensuite fourni la preuve d’un acompte de 200 000 FCFA pour ce projet.
Suite à une embuscade contre des soldats près de Ndawara, signalée le 28 janvier 2021, un membre du groupe a déclaré avoir besoin d’images vidéo d’une attaque à l’EEI afin de pouvoir rendre des comptes à leurs financeurs. Les documents judiciaires indiquent que Chi a répondu par des paroles d’encouragement au combattant impliqué.
Le gouvernement américain a également déclaré que Langmi avait fourni des fonds à un complice non inculpé pour le développement d’EEI et de lance-roquettes (RPG), et qu’il avait ensuite tenté de coordonner des attaques à proximité du stade de la Coupe d’Afrique des Nations organisé par le Cameroun, ainsi que dans plusieurs villes du Nord-Ouest en 2022.
L’enlèvement du cardinal Tumi lié à l’affaire
L’un des incidents les plus marquants évoqués par l’accusation est l’enlèvement, en novembre 2020, du cardinal Christian Tumi et de Fon Sehm Mbinglo II, chef suprême du peuple Nso.
Selon les éléments de preuve présentés par les procureurs américains, Langmi a envoyé un message audio le 5 novembre 2020, indiquant qu’il surveillait les déplacements du chef traditionnel et appelant des combattants à intercepter le convoi.
Le convoi a ensuite été intercepté et le Fon enlevé, ainsi que le cardinal Tumi, qui voyageait avec lui.
Les procureurs ont déclaré qu’après l’enlèvement, Chenyi avait fourni des questions à poser aux captifs et avait approuvé des transferts d’argent à des combattants séparatistes liés à l’opération.
Des rapports indépendants de l’époque confirment que des séparatistes armés ont enlevé le cardinal Tumi et le Fon Sehm Mbinglo II le 5 novembre. Le cardinal a été libéré le lendemain, tandis que le Fon est resté captif jusqu’au 10 novembre. Vatican News a rapporté que le cardinal Tumi a déclaré qu’aucune rançon n’avait été versée pour sa libération.
L’affaire américaine, cependant, concernait d’autres opérations de rançon. L’acte d’accusation initial reprochait aux trois hommes d’avoir participé à des enlèvements au cours desquels des proches à l’étranger – y compris aux États-Unis – étaient contraints de payer pour la libération de membres de leur famille détenus au Cameroun. Les procureurs ont indiqué que les demandes étaient parfois présentées comme des « amendes » pour infraction aux règles séparatistes ou comme des contributions obligatoires à la cause.
Un chef d’accusation précisait que les accusés avaient reçu et dissimulé 1 500 dollars de rançon le 12 août 2020.
Le compte rendu ultérieur du ministère de la Justice concernant les condamnations ne mentionne pas ce chef d’accusation de réception de rançon parmi les infractions pour lesquelles Chenyi et Langmi ont été reconnus coupables. Il est toutefois précisé que les éléments de preuve présentés au procès ont démontré l’implication de Chenyi dans des communications relatives à des paiements de rançon effectués depuis l’étranger.
Complot visant le gouverneur de la région du Nord-Ouest
Le parquet fédéral a également allégué que le réseau avait envisagé de cibler de hauts responsables gouvernementaux.
Selon l’acte d’accusation, le 9 mars 2021, Langmi a diffusé un message vocal après avoir appris que le gouverneur de la région du Nord-Ouest devait transiter par Ngoketunjia.
Il aurait enjoint ses combattants de s’assurer que le gouverneur soit « récupéré » et ne quitte pas le territoire. Un autre complice présumé aurait ensuite offert 2 millions de francs CFA à toute unité capable de livrer le gouverneur.
Deux condamnés par un jury, le troisième a plaidé coupable. Les trois hommes ont été arrêtés en novembre 2022 suite à la levée du scellé d’un acte d’accusation fédéral en quatre chefs d’accusation à Kansas City.
Le procès s’est finalement ouvert en décembre 2025. Chenyi et Langmi ont été reconnus coupables par un jury fédéral le 8 décembre 2025, à l’issue d’un procès qui avait débuté le 1ᵉʳ décembre. Le jury a délibéré pendant environ deux heures et 24 minutes avant de rendre son verdict devant la juge de district américaine Roseann A. Ketchmark.
Les deux hommes ont été reconnus coupables de complot en vue de fournir un soutien matériel ou des ressources destinés à des complots visant à tuer, kidnapper ou mutiler des personnes à l’étranger et à utiliser des armes de destruction massive hors des États-Unis.
Ils ont également été reconnus coupables de complot international de blanchiment d’argent impliquant des transferts des États-Unis vers le Cameroun. Chenyi a en outre été reconnu coupable de complot en vue de fournir un soutien matériel à l’utilisation d’une arme de destruction massive à l’étranger.
Chi n’a pas été jugé selon le même verdict. Il a plaidé coupable le 19 novembre 2025 de complot en vue de fournir un soutien matériel et des ressources pour l’utilisation d’une arme de destruction massive à l’étranger.
Pourquoi les procureurs américains qualifient-ils les engins explosifs improvisés d’« armes de destruction massive » ? L’expression « armes de destruction massive » évoque généralement les armes nucléaires, chimiques ou biologiques, mais elle a une signification plus large en vertu du droit américain appliqué dans cette affaire.
Aux termes de l’article 2332a du titre 18 du Code des États-Unis, une arme de destruction massive peut inclure un « dispositif destructeur ». Le FBI précise que cette catégorie comprend les bombes explosives ou incendiaires, les roquettes et les grenades. C’est pourquoi les accusations relatives aux engins explosifs improvisés et aux lance-roquettes dans l’affaire du Cameroun pourraient relever des dispositions fédérales sur les armes de destruction massive ; les procureurs n’accusaient pas les hommes de financer des armes nucléaires.
Une affaire qui s’étend de la diaspora au champ de bataille
Ces poursuites sont importantes car elles démontrent comment les autorités américaines peuvent poursuivre des personnes se trouvant aux États-Unis pour un soutien financier et logistique lié à des opérations violentes menées à des milliers de kilomètres de distance.
Lors de la condamnation de Chenyi et Langmi en décembre, le FBI a déclaré que l’affaire impliquait des citoyens américains ayant soutenu des enlèvements, fourni des combattants séparatistes et contribué au financement d’attaques contre le Cameroun et son personnel. Les autorités fédérales ont affirmé que ce verdict devait servir d’avertissement : les personnes opérant depuis les États-Unis peuvent être tenues pénalement responsables du soutien apporté à des actes de violence à l’étranger.
L’enquête a été menée par le bureau du FBI à Kansas City. Les procureurs adjoints Sean T. Foley et Joseph M. Marquez ont instruit l’affaire pour le district ouest du Missouri, avec l’aide de la division de la sécurité nationale du département de la Justice des États-Unis.
Ces condamnations interviennent dans le contexte d’un conflit anglophone qui continue d’affecter les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. La crise a débuté par des manifestations liées à des revendications politiques, juridiques et éducatives, avant de dégénérer en un conflit armé séparatiste impliquant les forces gouvernementales et de nombreux groupes armés.
Les conséquences humanitaires demeurent graves. Selon les évaluations humanitaires actuelles, environ 1,2 million de personnes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ont besoin d’une aide humanitaire, tandis que plus de 493 000 personnes restent déplacées à l’intérieur de ces deux régions.
Chenyi et Langmi ont été condamnés à 15 ans de prison fédérale. Chi purgera une peine de plus de cinq ans. Pour le Cameroun, cependant, les documents judiciaires offrent un aperçu rare et détaillé de la manière dont une partie du conflit armé aurait été financée et coordonnée depuis l’étranger : collecte de fonds aux États-Unis et en Europe, transferts d’argent, achats d’armes, fabrication d’engins explosifs improvisés et communications avec les combattants sur le terrain.
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales5 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














