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Le Collectif d’Intellectuels Patriotes demande au peuple camerounais de reprendre son destin brisé

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Le Collectif d’Intellectuels Patriotes demande au peuple camerounais de reprendre son destin brisé
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Dans une tribune publiée ce lundi 25 août 2025, ledit collectif soutient que l’alternance un projet de refondation nationale clair. «Changer de président ne suffit pas ; nous devons reconstruire le pays sur de nouvelles bases», soutiennent ceux-ci.

Lire ici leur tribune :

Tribune – L’appel de l’Histoire

Peuple Camerounais,

La décision est désormais sans appel : parmi les quatre-vingt-trois candidatures enregistrées, une douzaine de postulants seulement ont été habilités à concourir pour le scrutin présidentiel d’octobre prochain. Ce tri autoritaire nous envoie un message clair : le régime décide seul qui peut concourir, bafouant nos lois. Pire, il est désormais certain que Paul Biya, nonagénaire viscéralement cramponné au pouvoir, fuit toute transparence. Ses absences prolongées, alimentant instabilité et rumeurs funèbres, consacrent un choix funeste : préférer l’ignominie d’une fuite silencieuse à la noblesse d’un départ salvateur. Ce renoncement condamne ainsi délibérément le Cameroun aux déchirements successoraux, sacrifiant sur l’autel de son ego une nation exsangue, minée par les fractures séparatistes et les crises économiques latentes.

Mais aujourd’hui, l’essentiel est ailleurs. Cette tribune s’adresse à celles et ceux qui portent l’espoir d’un Cameroun nouveau, à ceux prêts à relever un pays fracturé.

S’unir et agir stratégiquement.

La peur est une illusion que nous créons nous-mêmes et qui disparaît quand nous décidons de lui faire face. De la même manière, pour réussir à battre le parti au pouvoir, solidement installé depuis des décennies, l’opposition camerounaise doit impérativement dépasser ses divisions et s’unir derrière un candidat consensuel à la prochaine présidentielle.

Ce choix crucial ne peut résulter de calculs opaques. Il exige au contraire des négociations sérieuses, où chaque formation devra mettre de côté ses ambitions personnelles pour privilégier une stratégie commune, non seulement pour la présidentielle, mais aussi pour les législatives et les municipales à venir.

Ce candidat fédérateur devra être l’émanation d’un consensus et réunir plusieurs qualités essentielles : une assise nationale, une réelle expérience politique fondée sur l’intégrité, et un engagement constant pour l’intérêt général. Une légitimité incontestable, tant au niveau parlementaire que sur le terrain, ainsi qu’une stature reconnue aux plans national et international constitueront des atouts indispensables pour bâtir et mener à bien un projet de gouvernance crédible.

Exiger un projet de refondation nationale clair.

L’alternance exige quant à elle un projet de refondation nationale clair. Changer de président ne suffit pas ; nous devons reconstruire le pays sur de nouvelles bases.

La réconciliation nationale passe par des actes forts incluant la libération sans condition des prisonniers politiques, le rapatriement de la dépouille d’Ahmadou Ahidjo, et la création sans délai d’une Commission Vérité et Réconciliation.

La réforme de l’État est fondamentale et nécessite la convocation d’Assises nationales pour redéfinir notre pacte républicain, l’octroi d’une autonomie réelle aux régions, et la clarification des rôles entre l’État central et les collectivités.

Nous devons en outre réviser la Constitution pour limiter strictement le nombre de mandats présidentiels et affirmer une véritable séparation des pouvoirs. Garantir des élections transparentes est non-négociable : cela implique de modifier le Code électoral pour des résultats proclamés immédiatement et publiquement, et de créer une commission électorale réellement indépendante, rendant obsolète la nécessité pour les partis de surveiller chaque bureau de vote.

La modernisation de l’État et la relance économique revêtent un caractère d’urgence absolue. Cette impérieuse nécessité requiert, en premier lieu, de restaurer l’efficacité gouvernementale par une réduction substantielle du nombre de ministères, plafonné à quinze, et une restructuration rigoureuse du cabinet présidentiel. Elle impose parallèlement un audit sans concession des finances publiques, des Grands Projets structurants et de l’architecture de la dette intérieure, tout en exigeant des investissements stratégiques tournés vers l’avenir.

Par ailleurs, la création d’un Registre Foncier National immuable s’impose pour résorber définitivement les conflits domaniaux. Le futur chef de l’État se devra également de redonner une dignité à la fonction publique en substituant aux avantages en nature une rémunération décente, d’initier une refonte substantielle du système de Santé Publique et de l’Éducation nationale, de réformer le Code des Marchés Publics, et de restructurer les institutions financières publiques. Enfin, un rééquilibrage institutionnel des rapports entre la Présidence et les Assemblées constitue une condition sine qua non de stabilité politique et d’efficacité gouvernante.

Résister à la désinformation.

Face à la violente offensive médiatique et à la propagande d’État qui se préparent, la société civile doit se rassembler pour diffuser massivement des informations vérifiées. L’objectif est de construire un récit alternatif solide, basé sur une vérité incontestable : l’alternance politique n’est pas un choix, c’est une nécessité vitale pour le Cameroun.

L’élection d’octobre 2025 n’est pas un scrutin ordinaire. C’est notre dernière chance de reprendre en main notre destin brisé. L’Histoire jugera sévèrement ceux qui, ayant le pouvoir de changer les choses, auront préféré leurs petits intérêts au salut national.

Assez de paroles. Place à l’action résolue. Écrivons ensemble la nouvelle page du Cameroun.

 Yaoundé, 25 août 2025.

Le Collectif d’Intellectuels Patriotes (CIPA-CAM) :

Baba WAME (Journaliste – Universitaire), Stéphane AKOA (Journaliste – Universitaire), MOHAMADOU (Avocat), Alain BOUTCHANG (Universitaire – Consultant), HAMIDOU HAMASSEO (Médecin), Michèle NDOKI (Avocate), AMINOU Mal Adji (Universitaire), Éric CHINJE (Journaliste-Société civile), Aïssatou MOUSSA (Société civile), Jean-Pierre BEKOLO (Cinéaste – Société civile), André FIRISSOU KAKOU (Enseignant), Albert Roland AMOUGOU (Universitaire – Consultant), Lamissa ADORLAC (Journaliste), Alice NKOM (Avocate), Paul SAMANGASSOU (Consultant), Étienne DAFOGO (Société civile), Hama HABIBOU (Politologue), Boris SOUOP KAMGA (Universitaire), KARAMOKO Souleymane (Société civile), Leopold NZEUSSEU (Consultant – Écrivain), Aimé SADOU (Communicateur), Jean-Baptiste HOMSI (Écrivain), Yérima HALILOU (Leader d’opinion), Yaya HAMADJODA (Société civile), Bergeline DOMOU (Société civile), Aboubakar HAMADOU (Société civile, SG Voix du paysan), Aimé BONNY (Universitaire – Cardiologue), Nouhou MOUSSA (Homme d’affaires), Hassana TCHIROMA (Société civile), Emmanuel SIMH (Avocat), Anthony YAOUKE (Activiste – Écrivain), Innocent Blaise YOUDA (Journaliste), Bernard WANGSI (Journaliste – Consultant), HAMAN MANA (Journaliste – Écrivain). Léon ONAMBELE (Juriste – Analyste politique), Rabiatou MANA (Journaliste), Chrétien TABETSING (Chef d’entreprise), BAOH Jean-Marc (Consultant, société civile), NGOKO Merlin (Entrepreneur, société civile), DJOMDI NGOUYA (Universitaire), Bachirou HAMADOU (société civile), WASSOU WASSEL (Enseignant), Calixthe BEYALA (Écrivaine), Edouard KUEGOUE (Société civile), Ebenezer YOMBA (Financier – Société civile), Leonel LOUMOU (Consultant – Société civile), Jean-Paulin DOUMBE (Consultant – Société civile), Armel YOBO (Consultant – Société civile), Berlin EWANE K. (Artiste – Société civile), Jean Vincent TCHIENEHOM (Journaliste – Société civile)

NB :Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Actu Cameroun.

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« Et s’il appartenait au RDPC, aurait-on le même discours ? »

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« Et s’il appartenait au RDPC, aurait-on le même discours ? »
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La controverse autour de l’affaire impliquant le député Pierre Kwemo et un fonctionnaire relance le débat sur l’immunité parlementaire, l’égalité devant la loi et le traitement des accusations d’abus de pouvoir au Cameroun.

Dans une tribune, Alex Nguepi critique ce qu’il considère comme une indignation sélective de certains acteurs du débat public, tout en affirmant que les faits reprochés doivent être établis conformément à la loi.

L’auteur réagit aux appels à la levée de l’immunité parlementaire de Pierre Kwemo, visé par des accusations d’agression contre un fonctionnaire. Il estime que les demandes de sanctions doivent s’inscrire dans une exigence constante de justice, indépendamment de l’appartenance politique des personnes concernées.

« La loi ne peut pas être un fouet pour l’opposition et un parapluie pour les puissants », écrit-il, résumant ainsi le principal argument de sa tribune.

Lire la tribune d’Alex Nguepi :

AFFAIRE KWEMO : QUAND LES DONNEURS DE LEÇONS ONT LA MÉMOIRE COURTE !

J’ai suivi avec un étonnement difficile à dissimuler certains individus réclamer la levée de l’immunité parlementaire du président Kwemo, au motif qu’il aurait agressé un fonctionnaire.

Mais dites-moi, depuis quand certains Camerounais sont-ils devenus les gardiens exclusifs de la morale et de l’État de droit ? Et surtout, depuis quand la défense des institutions est-elle devenue une affaire d’indignation à géométrie variable ?

Avez-vous réellement oublié les autres affaires, ou faites-vous simplement semblant de ne pas vous en souvenir ?

Devrais-je vous rappeler le cas de l’honorable Nourane Foster, députée du PCRN, qui avait été agressée par des hommes en tenue ? Quelles suites ont été données à cette affaire ?

Devrais-je vous rappeler les citoyens ordinaires, humiliés, brutalisés et malmenés au quotidien par certains fonctionnaires qui abusent de leur autorité, sans que l’on assiste à la même mobilisation pour réclamer des sanctions ?

Devrais-je vous rappeler ces élus qui subissent les abus de certains hommes en tenue se comportant comme si leur uniforme leur conférait un pouvoir absolu ?

Pourquoi votre indignation se réveille-t-elle avec autant de vigueur aujourd’hui, mais semble-t-elle dormir profondément lorsqu’il s’agit d’autres victimes ?

Vous brandissez les textes qui protègent les fonctionnaires. Très bien ! Mais avez-vous également le courage de rappeler que ces fonctionnaires sont soumis à la loi et que leur statut ne leur donne aucun droit de maltraiter les citoyens ?

L’État de droit ne peut pas être un principe que l’on invoque contre ses adversaires et que l’on oublie lorsqu’il faut demander des comptes à ceux qui détiennent le pouvoir.

Soyons sérieux !

Je ne cautionne pas ce qui s’est passé dans l’affaire Kwemo. Si des faits répréhensibles ont été commis, ils doivent être établis et traités conformément à la loi. Mais je refuse que certains transforment cette affaire en tribunal politique, où la sévérité des jugements dépend de la couleur politique de la personne mise en cause.

Et si l’honorable Kwemo appartenait au RDPC, aurions-nous assisté au même spectacle ?

Voilà la question que les donneurs de leçons devraient avoir le courage de se poser !

Ce qui me dérange, ce n’est pas que l’on exige le respect de la loi. C’est que certains semblent découvrir l’existence de cette loi uniquement lorsqu’un responsable de l’opposition se retrouve au centre d’une controverse.

Quand un opposant est mis en cause, certains réclament immédiatement des sanctions exemplaires. Mais lorsque des citoyens dénoncent des abus commis par des agents de l’État, où sont ces mêmes voix ? Où sont ces défenseurs autoproclamés de la République ?

La loi ne peut pas être un fouet pour l’opposition et un parapluie pour les puissants !

Il est temps que nous sortions de cette hypocrisie politique qui consiste à défendre les principes uniquement lorsqu’ils servent nos intérêts.

Le Cameroun n’a pas besoin de défenseurs sélectifs de la justice. Il a besoin de citoyens capables de condamner les abus, quel que soit leur auteur, et de défendre les droits de chacun, quelle que soit son appartenance politique.

Quant à ceux qui veulent aujourd’hui faire de l’affaire Kwemo un exemple, qu’ils commencent par appliquer leurs propres exigences à toutes les situations comparables.

La justice n’est pas une affaire de camp. L’État de droit n’est pas une arme contre l’opposition. Et l’immunité parlementaire ne doit être ni un bouclier contre la justice ni un prétexte pour régler des comptes politiques.

Au Cameroun, nous devons apprendre à défendre les principes plutôt que les personnes, et à condamner les abus plutôt qu’à choisir les coupables en fonction de nos affinités politiques.

CAR LE VÉRITABLE PROBLÈME DE NOTRE PAYS N’EST PAS SEULEMENT L’INJUSTICE : C’EST AUSSI LE SILENCE COMPLICE DE CEUX QUI NE LA DÉNONCENT QUE LORSQU’ELLE FRAPPE LEURS ADVERSAIRES !

Alex Nguepi

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