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Huawei Cameroun célèbre ses 10 ans et renouvelle son engagement : formation, transfert de compétences et numérisation

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Huawei Cameroun célèbre ses 10 ans et renouvelle son engagement : formation, transfert de compétences et numérisation
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(HUAWEI) – C’est à travers la 1ère édition de la Huawei Digital Day tenue le 20 août 2025, à Yaoundé que le parcours de cette glorieuse aventure entre Huawei et le gouvernement camerounais a été retracé. Le bilan élogieux serait la recette miracle pour continuer l’aventure.

En présence du Ministre d’État, Ministre de l’Enseignement Supérieur Chancelier des Ordres Académiques, Son Excellence le Professeur Jacques FAME NDONGO, cette heureuse occasion aura permis de dresser le bilan de 10 ans de collaboration intense entre Huawei, le gouvernement camerounais, les universités et les grandes écoles du Cameroun dans la culture d’un solide écosystème de talents en TIC à travers des programmes de formation et de transfert de compétences instaurés par Huawei au Cameroun depuis 2016. Il s’agit des programmes tel que « Seeds for the future », « Huawei ICT Academy », et « Huawei ICT Compétition ».

En effet, de 2016 à ce jour, c’est 170 étudiants ayant déjà bénéficié du programme « Seeds for the future », plus de 10 000 jeunes formés aux certifications Huawei, plus de 400 jeunes détenteurs d’une certification professionnelle Huawei. Si près de 250 étudiants ont rejoint les rangs du leader mondial des télécommunications, d’autres par contre ont été embauchés entend qu’ingénieurs dans des entreprises publiques et privées du Cameroun. Certains ont fait l’audacieux choix de l’entrepreneuriat.

À ce jour, ils sont devenus de grands chefs d’entreprises en créant des start-up qui fournissent des solutions dans le domaine des TIC, informatique et intelligence artificielle. C’est le cas de TCHAGNA Aurelle, ancien étudiant de SUP’PTIC, aujourd’hui PDG de la start-up InchTechs située à Nsimeyong au cœur de la capitale : «Permettez-moi tout d’abord de remercier les autorités camerounaises et la partie chinoise pour cette opportunité qui nous a été offerte d’avoir cette formation de deux semaines en Chine… Je suis de la première promotion 2016. Je travaille actuellement dans une entreprise camerounaise. La valeur ajoutée de ce programme a été de nous permettre de toucher du doigt un certain nombre de technologies dans l’entreprise Huawei» déclare Aurelle TCHAGNA, ancien Seed de la 1ère édition en 2016.

«La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui baptisée HUAWEI Digital Day révèle une importance toute particulière. Elle constitue à la fois un moment de consécration rétrospective et de prospection vers l’avenir. Elle marque en effet, la célébration de plus d’une décennie d’engagement de Huawei Cameroun dans le développement de l’écosystème national des talents du numérique. À ce titre, je tiens à exprimer la profonde gratitude du gouvernement à Huawei Cameroun pour son engagement constant en faveur de la formation et de la formation des jeunes Camerounais aux métiers d’avenir dans le numérique. Ce partenariat exemplaire qui associe également le MINESUP et l’UNESCO, illustre avec éloquence la force de la coopération publique privée pour impulser une véritable dynamique de transformation technologie dans notre pays...» confie le Représentant personnel du Ministre des Postes et Télécommunications Minette Libom Likeng au cours de son allocution de circonstance.

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Son Excellence le Professeur Jacques FAME NDONGO n’hésite pas également à saisir l’opportunité pour mettre en exergue la valeur ajoutée de ce partenariat gagnant-gagnant. «De prime à bord, j’aimerai remercier et féliciter Huawei pour ce que cette entreprise citoyenne chinoise fait au Cameroun dans le développement du numérique et en ce qui concerne le numérique universitaire. Cette journée est exceptionnelle. Parce qu’elle a permis de montrer à la face du monde, les réalisations des jeunes formés dans nos universités mais aussi des collèges d’enseignement secondaire ou ailleurs ; leur génie, leur capacité de transformation numérique du Cameroun. Comme vous le savez, la jeunesse c’est l’avenir du Cameroun et le numérique c’est l’avenir du monde. Nous sommes très fiers. Nous demandons à Huawei d’aller de l’avant dans ce partenariat gagnant-gagnant entre le Cameroun et la République Populaire de Chine… Il y a dix centres de développement du numérique universitaire dans toutes les universités d’Etat, hors mis les trois dernières Bertoua, Garoua et Ebolowa. Ces centres de développement du numérique universitaire sont construits dans le cadre de ce projet, entièrement équipés et fonctionnels.» confie-t-il.

La Huawei Digital Day a également offert l’opportunité de célébrer et de récompenser l’excellence. De ce fait, les 09 étudiants vainqueurs de l’étape nationale, qui se sont démarqués lors du célèbre tournoi des TIC « Huawei ICT Competition», ont été récompensés par Huawei et la Cameroon Télécommunications ( CAMTEL ).

Pour cette année encore, l’équipe du Cameroun « Innovation Track » a obtenu le 1er prix sur la scène internationale en Chine le 24 mai 2025. Ceci, devant plus de 179 équipes de 48 pays. L’équipe « Network Track» du Cameroun a obtenu le 2ème prix. Des performances que l’opérateur historique a bien voulu saluer en octroyant des bourses scolaires à ces 09 graines de l’avenir des TIC au Cameroun. Ils ont respectivement reçu pour les premiers, une bourse de 500 000 FCFA chacun, 300 000 FCFA pour les deuxièmes et 200 000 FCFA pour les troisièmes dans chacune des trois catégories Network, Cloud et Computing. Une autre façon pour les deux structures partenaires d’offrir une source de motivation à s’intéresser davantage aux métiers des TIC afin d’assurer la relève de ce secteur d’activité. «C’est une grande joie. Je suis vraiment content d’avoir reçu le premier prix. Ce n’était pas facile. Nous avons bravé toutes les étapes et nous voici aujourd’hui par la grâce de Dieu, là où nous sommes. Personnellement j’ai eu à toucher le Cloud, manipuler les infrastructures de Huawei même comme c’était un peu limité. Mais cela m’a donné un aperçu de ce qu’est le Cloud. Je vais maintenant m’approfondir dans ce domaine-là pour avoir plusieurs connaissances dans l’IA. Pour ceux qui vont prendre la route, je leur souhaite de hisser toujours très haut le drapeau du Cameroun. » confie Innocent MESSI, Premier prix de l’étape nationale cloud track. La récompense n’étant pas uniquement réservée pour les étudiants, deux coordonnateurs, témoins depuis la toute première édition de « Seeds for the future » en 2016, se sont vus également primés. Il s’agit du Dr ENYEGUE MINKANDA Epse BALLA Marthe Solange, coordonnateur MINESUP et de Germain Koukolo Koukolo du MINPOSTEL. Ils se sont vus remercier pour leur accompagnement et leur disponibilité en tant que membre du jury de sélection pour l’examen oral des Seeds.

La 10ème cuvée en route pour la Chine

Huawei Digital Day a également permis d’effectuer la cérémonie officielle de mise en route de la 10ème cuvée des étudiants devant participer au programme « Seeds for the future » en Chine. Ceux-ci pendant 10 jours vont se frotter à la technologie Huawei au siège en Chine. Au cours de son allocution de circonstance, Olylia WANG LEI, Directrice Générale de Huawei Cameroun en plus de remercier le Ministre d’Etat, Ministre de l’enseignement supérieur pour l’accompagnement institutionnel depuis 10 ans, n’a pas manqué l’occasion de faire des recommandations à l’endroit de la nouvelle cuvée. «Chers lauréats, je vous invite à penser à suivre l’exemple de ces anciennes graines qui ont été semées et qui ont portées de bons fruits. Aujourd’hui c’est votre triomphe, même si ce n’est qu’une étape, car pour vous s’ouvre un nouvel épisode du feuilleton de votre vie, où vos différentes filières vont se transformer en diverses carrières », a-t-elle martelé. Même son de cloche pour Son Excellence le Professeur Jacques FAME NDONGO, Ministre d’Etat Ministre de l’Enseignement supérieur, qui investit ces jeunes d’une mission de la plus haute importance pour le développement de l’économie numérique au Cameroun. «Nous attendons que ces étudiants qui vont prendre la route dans deux semaines, soient brillants comme ils l’ont toujours été… Nous attendons également qu’ils acquièrent des connaissances supplémentaires dans ce grand pays bien connu qu’est la Chine classée deuxième puissance économique mondiale et parmi les premières puissances numériques du monde. Que ces compétences supplémentaires permettent à ce qu’ils soient encore plus utiles pour leur pays, le Cameroun »

Cette cérémonie a connu la présence du Ministre délégué à la présidence de la république chargé des Marchés publics Ibrahim TALBA MALA, du Secrétaire Général du MINREX, représentant du Ministre des Relations Extérieures MBELLA MBELLA et du Représentant du Ministre Directeur du Cabinet Civil à la Présidence, du conseiller Economique auprès de l’ambassade de Chine au Cameroun et bien d’autres hautes personnalités.

Partage d’expérience et panel de discussion

L’après-midi de cette journée a été marqué par des partages d’expérience des anciens bénéficiaires du programme « Seeds for the Future » devenus entrepreneurs le Dr Ingénieur TCHAGNA Aurelle, ancien étudiant de SUP’PTIC, aujourd’hui PDG de la start-up InchTechs ; NYEMB André Kévin, Seed 2024 et promoteur de l’initiative JIANTS ; BISSOG Samuel, promoteur de Childhood Dream et ambassadeur des Seeds for the Future pour le compte du Cameroun, l’ancien étudiant de SUP’PTIC Rouitanko Madi qui a inspiré beaucoup d’étudiants à travers son magnifique exposé qui a retracé son parcours académique et professionnel.

Cette 2e partie de la Huawei Digital Day a été aussi l’occasion d’échanger avec les étudiants à travers un panel animé par Huawei et les dirigeants des écoles partenaires de la « Huawei ICT Academy » au Cameroun sur la thématique « TIC, Formation et débouchés : Comment répondre aux défis du numérique dans le contexte universitaire en s’arrimant aux normes et tendances de formation internationales et à la vision gouvernementale ?». Exposé qui a été riche en conseils pour guider ces jeunes passionnés du numérique sur leur choix par rapport aux débouchés qu’offrent les TIC et les compétences requises pour réussir dans leurs carrières respectives.

Ce 10ème anniversaire était aussi l’occasion pour le public de découvrir le savoir-faire des établissements partenaires de la « Huawei ICT Academy », celui des anciens Seeds et des partenaires de l’évènement à l’instar de la CAMTEL et de l’Institut Confucius à travers leurs expositions de stands où se déroulaient également des entretiens d’embauche pour des chercheurs d’emploi.

Jonas ABENA, pour Huawei.

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faut-il sanctionner les élèves avant d’avoir éclairci la mort de leur camarade ?

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faut-il sanctionner les élèves avant d’avoir éclairci la mort de leur camarade ?
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Alors que onze élèves du Lycée technique bilingue de Nsam doivent comparaître devant un conseil de discipline extraordinaire le 26 octobre 2026, le journaliste et analyste politique Charles Armel Mbatchou demande à la ministre des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga, de suspendre la procédure jusqu’à ce que les circonstances de la mort d’un élève et les responsabilités dans les violences qui ont suivi soient clarifiées.

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre, Charles Armel Mbatchou appelle à privilégier l’établissement des faits et le dialogue avec la communauté éducative, avant d’engager d’éventuelles sanctions disciplinaires.

Les événements ont éclaté après la mort d’un élève dans un accident de la circulation aux abords de cet établissement situé à Yaoundé. Selon l’auteur de la lettre, la douleur et la confusion provoquées par ce drame, auxquelles se seraient ajoutées des rumeurs, ont contribué à une escalade de violences au sein de la communauté scolaire.

Onze élèves, accompagnés de leurs parents, sont convoqués devant un conseil de discipline extraordinaire pour des faits présumés de mouvement d’humeur, d’incitation à la rébellion, de violences et de destructions de biens publics et privés.

Lire la lettre ouverte de Charles Armel Mbatchou :

LETTRE OUVERTE À MADAME LE MINISTRE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRES

Objet : Demande de sursis au conseil de discipline extraordinaire du Lycée technique bilingue de Nsam et organisation d’une séance d’écoute avec les élèves

Madame le Ministre,

Je m’adresse à vous publiquement, avec la gravité que commande la situation et le respect dû à votre charge, au sujet des événements survenus au Lycée technique bilingue de Nsam, à Yaoundé.

Un élève a perdu la vie dans un accident de la circulation aux abords de l’établissement. Dans les heures qui ont suivi, la douleur, la confusion et la rumeur ont fait basculer la communauté scolaire dans la violence. Aujourd’hui, onze élèves sont convoqués avec leurs parents devant un conseil de discipline extraordinaire fixé au **lundi 26 octobre 2026**, pour des faits présumés de mouvement d’humeur, d’incitation à la rébellion, de violence et de destruction de biens publics et privés.

Je ne conteste ni la gravité des destructions, ni le droit de l’institution à faire respecter son autorité. Je vous écris pour dire que **cette procédure, engagée avant que la vérité ne soit établie, risque de manquer son but.

Ce qui n’est pas encore éclairci

À ce jour, les circonstances exactes de l’accident n’ont fait l’objet d’aucune conclusion ou d’un rapport rendu public. Les versions officielles elles-mêmes ne se recoupent pas parfaitement : l’une indique que l’élève décédé ne serait pas celui qui avait été renvoyé le matin pour une coiffure non conforme ; l’autre évoque une « rumeur infondée » du décès d’un élève nommément désigné. Une famille attend de savoir comment son enfant est mort. Des centaines d’élèves attendent qu’on leur dise ce qui s’est réellement passé.

Dans ces conditions, sanctionner avant d’expliquer revient à répondre au désordre avant de répondre à la mort. Les responsabilités individuelles, quant à elles, restent à établir : on ne désigne pas onze mineurs au sein d’un mouvement de foule sans éléments probants, recoupés et contradictoires.

Mme le ministre,

Les émeutes scolaires ne naissent presque jamais de rien. Elles révèlent un terrain de frustrations accumulées : sentiment d’arbitraire face à certaines sanctions, défiance envers l’administration, inquiétude pour la sécurité aux abords des établissements, absence de canal où la parole des élèves puisse s’exprimer avant d’éclater. La rumeur ne fait que mettre le feu à une matière déjà sèche.

Réprimer cette colère sans l’entendre, c’est la condamner à revenir, plus forte, ailleurs.

Ma demande
Madame le Ministre, je vous demande respectueusement mais fermement :

1. De surseoir au conseil de discipline extraordinaire du 26 octobre 2026, jusqu’à ce que les circonstances de l’accident aient été officiellement éclaircies et que l’identité de la victime ait fait l’objet d’une communication claire et unique.

2. D’organiser, dans les meilleurs délais, une séance d’écoute et de dialogue réunissant des représentants des élèves, des parents, de l’équipe éducative et de votre administration, afin que les élèves puissent exposer l’ensemble de leurs frustrations : sécurité routière, règlement intérieur, conditions d’études, rapports avec l’encadrement.

3. De faire publier les conclusions de l’enquête sur l’accident, afin que la famille endeuillée et la communauté scolaire obtiennent enfin les réponses auxquelles elles ont droit.

4. De garantir aux élèves concernés, le moment venu, une procédure équitable : griefs individualisés, présence des parents, droit à la défense, proportionnalité des sanctions et prise en compte de leur statut de mineurs.

5. De faire examiner les conditions de l’intervention des forces de maintien de l’ordre dans l’enceinte de l’établissement.

6. De prescrire des mesures concrètes de sécurité routière aux abords du lycée : signalisation, ralentisseurs, passages protégés, présence d’agents aux heures d’entrée et de sortie.

7. D’instituer un protocole de communication de crise dans les établissements, pour que la rumeur ne soit plus jamais la première information disponible.

Une occasion d’autorité éclairée

Entendre n’est pas céder. Surseoir n’est pas renoncer à sanctionner. Une autorité qui écoute avant de punir gagne en légitimité ce qu’elle semble concéder en rigueur. Vous avez aujourd’hui la possibilité de transformer une crise en moment de refondation du dialogue entre l’école et ses élèves.

La justice scolaire ne peut pas précéder la vérité. Je sais, Madame le Ministre, que vous mesurez ce que représente la mort d’un enfant pour une communauté éducative. C’est pourquoi j’ose espérer que cet appel sera entendu.

Dans l’attente de votre décision, je vous prie d’agréer, Madame le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Par Charles Armel Mbatchou
Journaliste, analyste politique, chroniqueur et historien d’art.

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André Onana, la coqueluche de Trabzon : « Il est la joie de vivre de la ville »

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Le gardien camerounais André Onana a conquis les cœurs à Trabzon. Entre ses performances sur le terrain et sa personnalité attachante, le portier séduit aussi […]

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moins de 10 % des décès enregistrés, la solution numérique annoncée pour changer la donne

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moins de 10 % des décès enregistrés, la solution numérique annoncée pour changer la donne
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Les trois entités ont signé un mémorandum d’entente destiné à intégrer la plateforme Cameroon Memoria au dispositif national de déclaration et d’enregistrement des décès, ce 23 octobre 2026 à Yaoundé. Le but ici est de faire en sorte qu’aucun décès ne demeure sans acte officiel, sans donnée sanitaire, ni reconnaissance des droits des familles.

Le Cameroun veut donner un visage administratif et statistique aux décès longtemps restés hors des radars de l’État. Le bien-fondé de ce mémorandum d’entente repose sur une réalité préoccupante : moins de 10% des décès sont aujourd’hui enregistrés à l’état civil, tandis que plus de 60% surviennent en dehors de toute structure de santé. Ces chiffres révèlent une double invisibilité, administrative et épidémiologique, qui prive les familles de documents essentiels et empêche les pouvoirs publics de disposer de données fiables pour orienter les politiques de santé.

Le mémorandum d’entente arrive ainsi à point nommé pour combler cette faille statistique, en répondant efficacement à ce déficit par une approche numérique et coordonnée. Il prévoit l’interconnexion du système d’information sanitaire du MINSANTÉ, notamment DHIS2, avec le registre de l’état civil géré par le BUNEC (Bureau national de l’état civil) à travers le SIGEC, ainsi qu’avec la plateforme Cameroon Memoria. L’objectif est de créer un circuit plus lisible de collecte, de transmission et de sécurisation des informations relatives aux décès.

Trois missions cruciales : relier, compléter, protéger

Le dispositif s’articule autour de trois axes. D’abord, relier les systèmes d’information de l’État, de la santé et de l’état civil, dans un cadre institutionnel clairement défini. Ensuite, compléter le dispositif existant par l’extension de DHIS2 aux morgues et par un mécanisme national de signalement des décès survenus à domicile, appuyé par un code téléphonique gratuit. Enfin, protéger les données. Celles-ci demeurent la propriété de l’État, aucune cause de décès ne sera publiée et le financement du dispositif est assuré par 2B MEMORIA, sans coût pour les finances publiques.

Dans ce mémorandum d’entente, chaque partenaire a un rôle précis. Le MINSANTÉ assurera l’extension de DHIS2 aux morgues et la coordination des formations sanitaires. Le BUNEC, représenté par son directeur général, Alexandre Marie Yomo, mettra en place les protocoles d’échange avec le SIGEC, le code USSD national et la coordination des centres d’état civil. Quant à 2B MEMORIA, représentée par sa co-fondatrice Nicolas Joséphine Ngo Biba, elle prendra en charge le financement, l’équipement et la connectivité des sites, la formation des agents, la gratuité du canal USSD et la production de tableaux de bord.

Un déploiement progressif sur le terrain

La première étape sera une campagne nationale de sensibilisation à l’importance de l’acte de décès, programmée les 1er et 2 novembre 2026, à l’occasion de la Toussaint et de la fête des défunts. Elle visera les populations du Cameroun comme celles de la diaspora.
Suivra une phase pilote de 12 mois, conduite dans 08 formations sanitaires et 06 sites communautaires des régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest. Un comité tripartite de suivi veillera à l’exécution des engagements avant un déploiement progressif sur l’ensemble du territoire national.

Une journée de partenariats sanitaires

Il convient de noter que la signature de ce mémorandum d’entente s’inscrit dans une série de conventions-cadres signées le même jour par le MINSANTÉ avec plusieurs partenaires nationaux et internationaux. Colgate-Palmolive Cameroun s’engage sur la prévention des affections bucco-dentaires et l’éducation sanitaire des jeunes ; l’Institut de Recherche pour la Santé et le Développement (IRESADE) sur le rapprochement entre recherche scientifique et action sanitaire ; la Fondation Médico-Chirurgicale Maria Rosa Nsisim sur l’accès aux prestations médico-chirurgicales spécialisées ; et Sight Savers sur la prévention, le dépistage et la prise en charge des affections oculaires, notamment la cécité évitable.

En signant ces accords, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a fixé une exigence commune, à s’avoir : des résultats concrets, mesurables et durables au bénéfice des populations. Pour le dispositif sur les décès, l’enjeu dépasse la simple formalité administrative : il s’agit de rendre visibles des vies disparues, de sécuriser les droits des familles et de doter le Cameroun d’une base statistique plus juste pour protéger les vivants.

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