Actualités locales
programme fédéraliste et vote communautaire

Dans une récente tribune, Dieudonné Essomba, évoque l’enjeu que ces deux notions auront dans le débat le temps de ce rendez-vous électoral important pour notre pays.
Lire ici son analyse :
Très souvent, des prétendus contradicteurs me rappellent que j’ai toujours soutenu qu’au Cameroun, le vote est essentiellement déterminé par des considérations d’ordre communautaire, à côté des préoccupations utilitaires. D’où leur étonnement devant ma conviction qu’un programme fédéral peut renverser la donne.
C’est qu’en réalité, ces détracteurs ne suivent pas ma logique, se contentant d’une compréhension sommaire de ma pensée.
Je l’ai pourtant expliqué : c’est la nature unitaire du pouvoir d’Etat qui crée, alimente et amplifie la dimension communautaire du vote. Car, à partir du moment où un seul individu contrôle tous les 7500 milliards d’argent collectif, tous les postes de nomination du pays, aussi bien militaires que civils, toutes les opportunités du pays, tous les honneurs, tout ! Comment pouvez-vous empêcher chaque Communauté de développer l’espérance de mettre la main sur un tel poste ?
A partir du moment où c’est cet individu qui fixe toutes les orientations du pays, définit la législation foncière, régit les secteurs économiques qu’il finance comme il veut, et arbitre les contradictions entre diverses communautés, à sa guise et suivant ses convenances personnelles, comment pouvez-vous empêcher que chaque Communauté ne développe le désir profond de mettre la main sur un tek poste afin de privilégier et imposer sa vision ?
Il importe assez peu que le Président privilégie effectivement les siens ou non, mais c’est la possibilité de le faire qui rend le poste intrinsèquement explosif et alimente le vote communautaire.
Imaginez un instant, moi, Dieudonné ESSOMBA, je me présente face à un Bernard NDAM dans le Noun pour la conquête d’Etoudi. Nous allons tenir le même discours aux Bamoun, mais les Bamoun vont préférer NDAM qui est le leur, qui connait mieux leur problème puisqu’il fait partie et qui est plus sûr pour eux !
Et c’est ce sera l’inverse si NDAM vient me combattre chez els Eton et même les Ekang !
Le discours fédéraliste est le seul qui neutralise la dimension communautaire du vote, puisque justement, il incorpore les préoccupations communautaires. En effet, ce discours ne consiste pas à dire aux Bamoun qu’on va les privilégier à Yaoundé, au détriment des autres ! Il consiste plutôt à leur dire que sur les 7500 milliards, ils auront leur part de 300 Milliards qu’ils vont emporter dans le Noun, et qu’ils vont utiliser par le biais de leur Gouvernement local pour construire leurs routes, gérer leur Université et créer leur emploi local, public ou privé. En d’autres termes, la nouvelle gestion ne repose plus sur le bon vouloir d’une divinité magique installée à Etoudi qui distribue à qui elle veut ce qu’elle veut, mais sur la base d’une clé de répartition définie dans la Constitution.
Cette mesure réduit le pouvoir du Président fédéral à des missions stratégiques de l’Etat qui sont hautement complexes et ne suscitent qu’une faible compétition. Ce poste, ainsi vidé de son immonde attractivité, permettra désormais d’avoir une vie politique plus saine, débarrassée du communautarisme politique.
Voilà donc en gros ma démarche. Et comme je vous l’ai dit, la configuration sociologique du Cameroun ne permet pas de vaincre Biya en lui opposant un programme unitaire.
La seule chose à faire, c’est lui opposer un programme fédéral, rationnel rigoureux, réaliste et intransigeant, comme le fait Joshua OSIH.
Dieudonné Essomba
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Mamadou Mota en colère après la démolition nocturne du marché historique

La démolition du marché de Mora cette nuit suscite la colère de Mamadou Mota, élite de la localité et ancien vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Il demande au préfet de prendre ses responsabilités en main.
Il ne reste plus que des décombres de ce qui était jusqu’à mardi soir des boutiques et comptoirs du marché de Mora. Des installations de l’espace marchand ont disparu de la place cette nuit. D’après des témoins, la mairie de la commune de Mora a procédé aux environs de 3 h du matin à leur démolition. Un acte qui complète le processus de déguerpissement de la place occupée par le marché historique de la permanence. Ce que Mamadou Mota digère mal.
D’après l’élite de la localité, comme il se présente lui-même, « c’est un acte d’une lâcheté absolue ». Les populations sont déjà fragilisées par l’insécurité galopante dans le Mayo-Sava. Le maire vient encore « anéantir leurs maigres moyens de subsistance ». Il qualifie cette démolition de « trahison intolérable » et déclare que « les coupables de ce désastre économique et social doivent payer ». Dans sa sortie, il interpelle le préfet, autorité de tutelle de la commune, en lui demandant de prendre ses responsabilités.
Sur la place du marché, le processus de déguerpissement a été entrepris il y a des mois par la mairie qui a initié et met en œuvre le projet de construction du marché moderne de Sankré. Première phase du projet achevée, le maire a lancé le transfert des activités commerciales de l’ancien marché vers le marché moderne. Mais les populations et commerçants ont manifesté leur résistance.
En mars dernier, le maire Chetima Hamidou, parti pour détruire des boutiques au marché historique, a été encerclé par des populations qui ont opposé une vive résistance à la démolition, prétextant que le nouveau marché ne contient pas assez de boutiques pour recaser tout le monde.
Plus tard, la réalité a commencé à changer. Sur environ 87 commerçants et artisans recensés sur la place de l’ancien marché, plus de la moitié avaient rejoint le nouveau marché. Le maire a lancé la deuxième phase du projet avec dans le viseur la construction de 180 boutiques, trois hangars, une boucherie, deux blocs sanitaires et une mosquée.
Le 28 septembre, le premier magistrat municipal signait encore des arrêtés portant transfert de certaines activités du marché historique vers le marché moderne.
Ce mercredi matin, la démolition du marché historique est une réalité. Ce même mercredi, la permanence du parti RDPC de Mora a été ravagée par des flammes. Certains lient cet incendie à la démolition du marché, pointant un doigt accusateur sur certains habitants qui auraient agi en représailles contre les autorités municipales.
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quatre civils tués dans une attaque séparatiste à Koshin, trois assaillants neutralisés

Une attaque armée attribuée aux combattants séparatistes a causé la mort de quatre civils le mardi 27 octobre dans cette localité de la région du Nord-Ouest. La riposte de l’armée a permis de neutraliser trois assaillants.
L’attaque survenue mardi matin à Koshin, un village situé dans l’arrondissement de Fungom, département de la Menchum, région du Nord-Ouest, a coûté la vie à sept personnes. Des hommes armés ont fait une incursion dans le village, surprenant des habitants dans leur sommeil autour de 2 h du matin. Quatre civils ont été tués dans cette attaque à laquelle les forces de défense du Cameroun n’ont pas tardé à riposter.
Les éléments du 53ᵉ bataillon d’infanterie motorisée, informés de la situation, vont tendre une embuscade aux assaillants qui repliaient après avoir commis leur forfait. Les militaires ont ainsi neutralisé trois assaillants. Plusieurs de leurs compagnons ont été blessés avant de prendre la fuite. La réponse de l’armée régulière a permis aussi de saisir d’importantes quantités de matériels militaires : quatre fusils AK-47, deux fusils M21, un fusil de traite, 506 cartouches de calibre AK-47, 165 cartouches de calibre M21, sept chargeurs et des téléphones portables.
Cette attaque, qui est un signe de la poursuite du conflit ayant déjà duré plus de 10 ans, rallonge la liste des victimes civiles estimées à des milliers. La crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest résiste encore aux efforts de pacification entrepris depuis 2019.
Le Grand dialogue national et ses résolutions, le dialogue communautaire qui vient d’être lancé ainsi que des appels multiples à déposer des armes n’ont pas encore pu mettre fin aux hostilités. Des hommes et des femmes continuent d’être tués, des séparatistes continuent aussi de commettre des actes comme les enlèvements, l’imposition des villes mortes.
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