Actualités locales
arrestations, gaz lacrymogènes et mobilisation massive autour du Conseil constitutionnel
Alors que le Conseil constitutionnel entamait les auditions des 35 candidats à la présidence dont les candidatures ont été rejetées par ELECAM pour les prochaines élections d’octobre, un renforcement notable des forces de sécurité a été observé dans des quartiers clés de Yaoundé et de Douala.
Tout au long de la journée du 4 août, des patrouilles de police et de gendarmerie lourdement armées ont été observées dans les principaux quartiers des deux villes.
Aucune explication officielle n’a été donnée à ce renforcement des mesures de sécurité, mais des pick-up de la gendarmerie, des véhicules de la police nationale et des agents en tenue antiémeute complète étaient déployés à des points stratégiques.
Au Palais des congrès de Yaoundé, où se déroulent les audiences, l’accès était fortement restreint. À l’extérieur de la salle d’audience, les forces de sécurité ont procédé à des contrôles stricts. De nombreux jeunes Camerounais se sont vu refuser l’entrée, ce qui a provoqué une certaine frustration aux entrées principale et secondaire.
La tension est montée d’un cran lorsque les forces de sécurité ont dispersé la foule à coups de gaz lacrymogène, suivi de multiples arrestations. Des vidéos ont circulé en ligne montrant des manifestants scandant des slogans et exigeant des délibérations équitables.
Dans un communiqué publié plus tard dans la journée, Mamadou Mota, président par intérim du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a fermement condamné les arrestations d’une douzaine de ses partisans, les qualifiant d’arbitraires.
«Cette répression brutale et inhumaine constitue une violation flagrante des droits humains et des libertés fondamentales», a-t-il déclaré.
Mota a souligné que le rôle de la police est de protéger les citoyens, et non de les prendre pour cible. «Les audiences du Conseil constitutionnel sont publiques et les citoyens ont le droit d’y assister et de manifester pacifiquement», a-t-il ajouté, exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de tous les partisans du MRC détenus.
«Nous ne nous laisserons pas intimider par ces méthodes répressives. Nous continuerons à lutter pour la démocratie et la liberté au Cameroun», a poursuivi M. Mota.
Par ailleurs, à Douala, une forte présence sécuritaire a été signalée dès les premières heures de la journée, notamment dans des localités comme Bonabéri, Ndokoti, Deïdo et Akwa, alors que les audiences de Yaoundé commençaient.
Bien que la circulation soit restée globalement stable, l’ambiance dans la ville était à la prudence et à l’anticipation. Ce déploiement semblait être une mesure préventive visant à décourager les rassemblements spontanés ou les manifestations non autorisées.
Par ailleurs, le préfet du Mfoundi, Emmanuel Mariel Djikdent, avait auparavant émis un avertissement sévère dissuadant le public de se rendre au contentieux préélectoral du Conseil constitutionnel.
Cette directive faisait suite à un appel public lancé par le président du MANIDEM, Anicet Ekane, appelant à une participation massive aux audiences, notamment au vu de la requête de son parti contre le ministère de l’Administration territoriale (MINAT) et ELECAM concernant le rejet de la candidature de Maurice Kamto.
L’audience sur le MANIDEM a été reportée à mardi, date à laquelle le Conseil constitutionnel devrait se prononcer.
Le coup de théâtre de lundi a été la découverte par les avocats du MANIDEM d’une lettre envoyée à ELECAM par le ministre de l’Intérieur, Paul Atanga Nji, affirmant que YEBGA est le leader légitime du parti depuis 2021.
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l’AFD fait le point sur « Cœur de Ville » et le projet BRT

Le ministre de l’Habitat et du Développement urbain a accordé, ce lundi 2 novembre 2026, une audience à une délégation de l’Agence française de développement (AFD), conduite par son directeur pays, Jérôme Notebaert.
En mission au Cameroun, les échanges ont porté sur l’avancement du projet « Yaoundé Cœur de Ville » et la préparation du Bus Rapid Transit (BRT) de Yaoundé, deux chantiers majeurs de la mobilité urbaine dans la capitale.
La rencontre s’inscrit dans la continuité de la coopération entre le Cameroun et la France dans le secteur urbain. Elle a permis de faire le point sur les financements, les contraintes opérationnelles et les prochaines étapes des projets portés par le ministère, la Communauté urbaine de Yaoundé et leurs partenaires techniques et financiers.
Le projet « Yaoundé Cœur de Ville » est cofinancé par l’AFD et l’État camerounais à hauteur d’environ 48,5 milliards de FCFA, dont 43 milliards de FCFA apportés par l’AFD à travers le Contrat de désendettement et de développement (C2D) et 5,5 milliards de FCFA de contrepartie nationale.
Lancé officiellement le 11 juin 2025, le projet vise à désengorger des points névralgiques de Yaoundé et à améliorer les conditions de déplacement des usagers. Il comprend notamment la reconfiguration des carrefours Mvan et Elig-Effa, la reconstruction des gares routières de Mvan et de Messa, le réaménagement des carrefours Awae Escalier et Sous-Manguiers, ainsi que la reconstruction de terminus pour minibus et taxis à l’arrière de la trésorerie générale et du lieu-dit montée Jaco déjà opérationnelle.
Les travaux, confiés à Razel Bec Cameroun pour une durée de 30 mois, ont déjà bénéficié de décaissements successifs de l’AFD. En avril 2026, une deuxième tranche de 12 milliards de FCFA avait été débloquée, portant le total mis à disposition à 21,1 milliards de FCFA.
L’audience a également porté sur le projet de Bus Rapid Transit, appelé à structurer les déplacements dans la capitale. Le corridor envisagé doit relier Olembé, au nord, à Ahala, au sud, sur environ 22 kilomètres, avec 28 stations et, à terme, 52 bus électriques articulés capables de transporter jusqu’à 43 000 passagers par jour.
Le projet est porté avec l’appui de l’AFD, de la coopération allemande à travers la GIZ et de l’Union européenne. Il se trouve actuellement dans une phase d’études et de concertations, préalable au lancement effectif des travaux.
À l’issue de l’audience, l’accent a été mis sur la nécessité de maintenir la dynamique des chantiers, de sécuriser les emprises et de respecter les échéances contractuelles. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de mutualiser les ressources et d’approfondir le partenariat camerouno-français pour réussir ces projets ambitieux.
Pour Yaoundé, ces interventions représentent un levier important face à des flux quotidiens de déplacements estimés à près de cinq millions, dans une ville qui manque encore d’un réseau de transport public réellement structuré.
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