Connect with us

Actualités locales

Quand depuis la prison, Atangana Mebara écrivait à Issa Tchiroma Bakary

Published

on

Quand depuis la prison, Atangana Mebara écrivait à Issa Tchiroma Bakary
Spread the love

Dans une lettre de mars 2016, Jean Marie Atangana Mebara l’ancien ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la république, prévenait Issa Tchiroma Bakary, du risque qu’il encourait, de se retrouver aussi prisonnier à Kondengui.

Le journal tri-hebdo La Météo dans son édition parue en kiosque ce 04 août 2025, rapporte à sa une lettre de Jean Marie Atangana Mebara l’ancien ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la république, écrite à Issa Tchiroma Bakary le 15 mars 2016. L’ancien ministre incarcéré prévenait l’actuel candidat à l’élection présidentielle d’octobre prochain, du risque qu’il planait sur sa tête de se retrouver injustement à Kondengui comme lui. Dans la dite lettre, il indiquait que celle-ci a été motivée par un souci d’éclairage au sujet du dossier de la tentative d’acquisition d’un avion présidentiel dans les années 2001-2003.

Retrouvez ci-dessous la lettre d’Atangana Mebara

*Monsieur le Ministre,*

*« Je voudrais de prime abord vous prier de bien vouloir me pardonner de n’avoir pas suivi en direct, votre conférence de presse du 10 mars 2016._Comme d’autres Camerounais, c’est à travers les comptes rendus de la presse que j’en ai été principalement informé, sans oublier les rapports partiels de mes proches. Pourtant, même si aucun texte, à ma connaissance, ne vous a formellement désigné « Porteparole de gouvernement « , il est toujours intéressant de vous écouter lorsque l’on dit que vous intervenez en cette qualité. _Et puis, pour ceux qui vous ont suivi, ou qui ont l’habitude de suivre vos conférences de presse, ce sont toujours des moments mémorables, en bien ou en mal, peu importe! Je m’en veux donc d’avoir manqué votre dernière sortie médiatique.*

*Pour l’avenir, je me permets de vous suggérer d’instruire le régisseur de notre prison, d’annoncer, par voie d’affichage dans les différents quartiers, vos prochaines conférences de presse, quelques jours avant, ou même quelques heures avant. Nous pourrions ainsi prendre nos dispositions pour vous suivre en direct. Et le jour de ladite sortie médiatique, le régisseur pourrait aussi être instruit de faire sonner le tocsin, ou la sirène en usage ici, quelques minutes avant le début, afin que tous les détenus se retrouvent devant un poste de télévision.*

*Comme vous devez sans doute le savoir, au début des années 90, un de vos illustres prédécesseurs battait tous les records d’audience, lorsqu’il organisait une sortie médiatique. Et nous étions alors nombreux à tout faire pour ne pas rater, pour rien au monde, une conférence de presse du brillant professeur Kontchou Kouomegni. Quand j’entends certains commentateurs soutenir que vous faites mieux que le professeur K.K.A., je m’en veux encore doublement. Évidemment certains esprits malicieux rappellent que depuis que celui qu’on avait surnommé Atangana Kontchou est sorti du gouvernement, le souvenir de ses envolées contre la Coordination de l’opposition ou contre certains journalistes s’est estompé, même dans l’esprit de ceux qu’il défendait avec tant de courage, d’ardeur et d’intelligence.*

*Ces esprits prétendent qu’un jour prochain, votre souvenir se sera aussi dissipé dans ces esprits, peut-être plus vite que celui de votre prédécesseur K.K.A. A ce propos, il m’a été rapporté que lors de cette dernière conférence de presse, vous avez affirmé que vous-même et votre parti politique soutiendrez le Président de la République jusqu’à la fin de sa carrière politique. Votre sincérité ne saurait être mise en doute. Mais alors quelle fidélité! Quel sens de loyauté! Mais je me suis quand même étonné que vous n’ayez pas envisagé que le Président pouvait prendre l’initiative de vous dire qu’il n’a plus besoin de votre soutien ou de celui de votre parti politique.*

*Évidemment vous vous dites que vous n’êtes pas comme les autres, ceux qui avant vous ont soutenu le Président de la République, ou qui se sont accrochés à lui comme à un serpent lorsqu’on est menacé de se noyer, qu’il ne vous arrivera jamais ce qui est arrivé à ceux-là. Vous vous dites sans doute aussi que votre soutien est tellement indispensable au Président qu’il ne pourrait s’en passer.*

*Pour ma part, je ne peux que vous souhaiter le mieux, et surtout beaucoup de lucidité. Sans doute, vous pensez que je vous adresse cette lettre pour me plaindre des mots injurieux que vous avez utilisés à l’endroit de certains détenus. Nenni. Le respect que je dois aux institutions ne m’autorise pas à échanger des injures avec un membre du gouvernement. Par ailleurs, ma pauvre mère qui s’est donné tant de mal pour mon éducation, se retournerait dans sa tombe si elle apprenait que j’ai insulté un de mes semblables.*

*Pour dire vrai, ce pourquoi je me suis décidé à vous écrire, c’est que lors de cette conférence, vous avez évoqué le dossier de la tentative d’acquisition d’un avion présidentiel dans les années 2001-2003. Vous avez, semble-t-il, suggéré aux journalistes de se rendre chez Boeing, s’informer de ce qu’il est advenu des 31 millions de dollars débloqués par la SNH comme acompte pour cet avion. A ce propos, il m’a semblé que votre briefing sur ce dossier n’a pas été complet. Je vous prie d’accorder votre indulgence à vos collaborateurs chargés de ce briefing. Pour eux et pour vous, j’ai pensé utile de vous fournir quelques éléments factuels sur cette affaire; vous pourriez vous en servir pour votre prochaine sortie médiatique.*

*Tout d’abord, je n’étais pas Secrétaire général de la Présidence de la République en août 2001, lorsque le Ministre des Finances de l’époque à fait virer les 31 millions de dollars. J’accède à cette fonction en août 2002. Le Président de la République m’instruit de suivre particulièrement ce dossier. Il me dit ne pas comprendre qu’un an après le paiement de l’acompte exigé, l’avion n’ait toujours pas été livré. En avril 2003, une mission effectuée par feu l’ambassadeur Mendouga auprès de Boeing permet de découvrir que sur les 31 millions de dollars débloqués, seuls 4 millions de dollars sont parvenus au constructeur américain.*

*Évidemment l’avion construit ne sera jamais livré parce que le paiement du solde ne sera pas effectué. Tel est l’état du dossier quand je prends en charge ce dossier en fin 2002. Vous savez que mes différentes démarches pour récupérer cet argent me vaudront l’accusation de tentative de détournement de ladite somme, et une décision d’acquittement non exécutée.*

*Deuxième élément d’information : en mai 2003, à la suite de la mission de l’ambassadeur Mendouga auprès de Boeing, le Ministre des Finances de l’époque, (le même qu’en août 2001), fait débloquer, par la SNH, un montant de 5 millions de dollars, cette fois directement à la société BOEING; l’objectif est d’essayer de ressusciter le premier dossier d’acquisition de l’avion présidentiel.*

*Troisième élément factuel : le premier juge d’instruction chargé de ce dossier, sieur Pascal Magnagueumabe, avait, dans deux ordonnances, indiqué qu’il était nécessaire, pour se prononcer sur le prétendu détournement de 5 millions de dollars, d’envoyer une mission gouvernementale auprès de Boeing, à l’effet de vérifier l’authenticité des pièces versées par feu l’ambassadeur Mendouga, relativement aux dépenses effectuées avec cette somme de 5 millions de dollars, notamment la location d’un avion pour le Président de la République. Ledit juge avait même suggéré que cette mission soit confiée à l’ambassade du Cameroun à Washington, désormais gérée par le successeur de l’ambassadeur Mendouga. Les autorités compétentes n’ont jamais accordé au juge d’instruction les moyens d’accomplir ou de faire réaliser cette mission.*

*Dernier élément, la compagnie Boeing a été listée comme témoin de la défense par mes avocats. Le Code de Procédure pénale dispose que pour les témoins résidant à l’étranger, le Parquet compétent adresse la citation au témoin, par l’intermédiaire du Ministre des Relations Extérieures. Celui-ci est chargé de transmettre la citation au témoin cité par voie diplomatique. Cette citation est datée d’avril 2014. A la date d’aujourd’hui, la compagnie Boeing n’a toujours pas été notifiée de la citation à comparaître comme témoin devant le TCS.*

*Au lieu de conseiller aux journalistes de se rendre aux États-Unis, ne pensez-vous pas qu’il serait plus judicieux que Boeing envoie un représentant témoigner devant le TCS sur le prétendu détournement de 5 millions de dollars? Et éventuellement que ce représentant puisse rencontrer la presse locale, ici? Vous qui avez la responsabilité, même non officielle, de porter la parole du gouvernement, c’est-à-dire des différents membres du gouvernement, peut-être pourriez-vous entreprendre une démarche auprès de vos collègues de la Justice et des Relations Extérieures pour que soient accomplies les diligences nécessaires pour que Boeing vienne témoigner devant le TCS, dans le procès de détournement de 5 millions de dollars. Après la prestation du représentant de Boeing, il vous sera loisible d’organiser une autre conférence de presse.*

*Certains prétendent que le financement de ces conférences n’obéirait pas toujours à l’orthodoxie des finances publiques. Je vous rassure à ce propos: je n’en crois pas un mot. De même, je reste très sceptique sur toutes ces balayures qu’on essaie de déverser sur vous au sujet d’un prétendu chèque de 400 millions de Fcfa que vous auriez reçu de la firme sud-africaine Transnet. Nous qui avons souffert de la légèreté de certaines accusations, nous sommes toujours très réservés lorsque des accusations sans preuve sont déversées sur un pauvre citoyen, de surcroît un membre du gouvernement comme vous.*

*Pour mettre un terme à toutes ces rumeurs, qui perturbent quand même certains de nos compatriotes, je soumets à votre appréciation, l’idée d’organiser une conférence de presse, exclusivement consacrée à cette scabreuse affaire. Vous aurez sans doute autour de vous ou au-dessus de vous, des gens qui pensent à votre avenir (mieux que vous-même), qui vous diront de ne pas communiquer sur cette affaire, qui pourrait embarrasser plus d’un dans l’establishment. M’inspirant de mon expérience, je vous dirais que lorsque vous devrez vous défendre, un jour ou l’autre, vous serez seul. Il vaudrait encore mieux pour vous, tant que vous bénéficiez encore de l’aura de membre du gouvernement, de laver votre honneur devant les Camerounais par rapport à cette affaire. Pensez-y.*

*Mais qui suis-je pour me permettre de prodiguer des conseils à un membre du gouvernement? Un simple prisonnier, un « minable » prisonnier…. à qui vous déniez comme aux autres prisonniers politiques, anciens membres du gouvernement la liberté d’expression.*

*Nos compatriotes ne sont pas amnésiques comme vous avez la faiblesse de le croire. Ils se souviennent des noms d’oiseaux et insultes dont, pendant votre traversée du désert, vous avez gratifié le Président de la République et pensent que c’est certainement votre sosie qu’on aperçoit ces derniers temps au premier rang de meeting RDPC en meeting RDPC. Doit-on rester … prisonnier des convictions provisoires, me rétorquerez-vous ? Sans doute avez-vous lu aussi ce qu’un sage avait fait inscrire comme épitaphe sur sa tombe : »hier j’étais comme vous, demain vous serez comme moi. « Là où je me trouve, c’est toujours avec un peu de peine que j’accueille les nouveaux arrivants. Sincèrement je ne souhaite pas à avoir à vous accueillir, un jour prochain ».*

*Bien respectueusement.*

Kondengui,

le 15 mars 2016

A.MEBARA JM

Quand depuis la prison, Atangana Mebara écrivait à Issa Tchiroma Bakary
Les derniers articles par Idriss Mahamat (tout voir)

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Dette publique : le Cameroun prépare un prêt à composante ESG de 400 milliards de FCFA

Published

on

Dette publique : le Cameroun prépare un prêt à composante ESG de 400 milliards de FCFA
Spread the love

(Investir au Cameroun) – Le Cameroun envisage de contracter un prêt à composante environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) de 690 millions de dollars, soit environ 400 milliards de FCFA, avec l’appui de plusieurs partenaires financiers internationaux. Cette opération, encore en préparation, doit compléter les 474 milliards de FCFA déjà mobilisés par l’État sur les marchés extérieurs en 2026.

L’annonce figure dans laConjoncture mensuelle de la dette publique du Camerounde juin 2026, publiée le 27 juillet par la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Le document indique que le gouvernement« entend contracter un prêt à composante environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) de 690 millions USD ».

La CAA ne précise toutefois ni la maturité, ni le différé de remboursement, ni le taux d’intérêt envisagé. Les mentions d’une durée de quinze ans, d’une période de grâce de cinq ans et de conditions financières « compétitives » ne sont donc pas étayées par le rapport publié.

Une enveloppe équivalente à 12,5 % du besoin de financement de 2026

La loi de finances 2026 évalue le besoin global de financement du Cameroun à 3 197 milliards de FCFA, soit environ 8,8 % du produit intérieur brut. Près de 67 % de ce besoin doivent être couverts par des ressources extérieures.

À lui seul, le prêt ESG envisagé représenterait environ 12,5 % de ce besoin annuel. Il viendrait s’ajouter aux 474 milliards de FCFA mobilisés au premier trimestre 2026 dans le cadre d’un placement privé réalisé sur le marché international.

Le recours à cette nouvelle enveloppe intervient alors que la remontée des rendements internationaux conduit les autorités à recommander un« séquencement prudent »de la composante extérieure du programme d’emprunt. Le gouvernement cherche ainsi à éviter une concentration excessive des levées de fonds classiques dans un environnement de marché encore coûteux.

La CAA présente l’opération ESG comme un moyen de diversifier les sources de financement, de réduire le coût de l’endettement et d’améliorer l’accès du pays aux financements durables. Le montage devrait notamment s’appuyer sur des mécanismes de garantie et de partage des risques avec les partenaires financiers internationaux.

Des projets et des indicateurs encore inconnus

Le rapport ne fournit cependant aucune indication sur les partenaires approchés, la devise définitive du prêt, son calendrier de mobilisation ou la nature des mécanismes de garantie envisagés.

Il ne précise pas davantage les projets qui seront financés, ni la répartition de l’enveloppe entre les composantes environnementale, sociale et de gouvernance. Aucun cadre d’éligibilité, indicateur d’impact ou dispositif de reporting n’est présenté.

Cette absence de détails empêche, à ce stade, de déterminer si l’opération prendra la forme d’un financement affecté à des dépenses précisément identifiées ou d’un prêt général dont les conditions seraient liées à des engagements ESG pris par l’État.

L’appellation retenue par la CAA — « prêt à composante ESG » — invite d’ailleurs à la prudence. Le document ne permet pas encore de qualifier l’opération d’obligation verte, de prêt vert ou de financement durable au sens strict.

Une dette extérieure déjà dominante

À fin juin 2026, la dette publique du Cameroun s’établit à 15 607 milliards de FCFA, soit 44,2 % du PIB. La dette directement contractée par l’administration centrale représente 14 659 milliards de FCFA, dont 64,5 % proviennent de financements extérieurs.

Le futur prêt représenterait environ 2,6 % de l’encours actuel de la dette publique, en supposant sa mobilisation intégrale. Son impact réel dépendra toutefois de son calendrier de décaissement et de l’utilisation qui sera faite des ressources.

La question du coût demeure également centrale. Selon la CAA, le portefeuille actuel de la dette publique affiche un taux d’intérêt moyen pondéré de 2,8 % et une maturité moyenne de 6,9 ans. La dette extérieure présente une maturité moyenne de 7,3 ans.

Pour apporter un avantage financier au Cameroun, le nouveau montage devra donc proposer des conditions suffisamment favorables par rapport aux financements commerciaux classiques, notamment au placement privé de 474 milliards de FCFA réalisé en début d’année.

À ce stade, l’opération constitue davantage une intention de financement qu’un emprunt finalisé. Sa portée dépendra du coût définitif, de la maturité, des garanties mobilisées et, surtout, de la publication d’un cadre précisant les projets éligibles ainsi que les résultats environnementaux et sociaux attendus.

Amina Malloum

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Paul Biya attendu ces jours-ci à Yaoundé : la psychose au sein du sérail

Published

on

Spread the love

« En observation médicale … à l’âge de 93 ans, le retour du président au Cameroun est attendu comme un événement exceptionnel. À Yaoundé, dans le […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

CAN féminine 2026 : Elam Natacha Ekosso galvanise les Lionnes avant le choc face au Mali

Published

on

Spread the love

À quelques heures de l’entrée en lice des Lionnes Indomptables à la CAN féminine 2026, la défenseure camerounaise Elam Natacha Ekosso a tenu à adresser […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici