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une manipulation contre Maurice Kamto ?

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Dans une enquête méthodique sur la cyberattaque au MINAT publiée sur Digital Business Africa, le journaliste Beaugas-Orain Djoyum met à nu ce qu’il qualifie d’« alerte institutionnelle en apparence sérieuse [qui] dissimule en réalité un enjeu bien plus politique ».

Selon lui, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a sciemment travesti les faits en dénonçant un prétendu piratage du site de son ministère, alors que les preuves suggèrent une modification interne et stratégique.

L’auteur montre comment cette opération numérique, loin d’être un acte criminel venu de l’extérieur, semble avoir été orchestrée pour invalider la candidature du Pr Maurice Kamto, récemment investi par le MANIDEM.

L’enquête repose sur des éléments tangibles et vérifiables. Beaugas-Orain Djoyum explique : « Jusqu’au 30 avril 2025 et même le 21 juillet 2025, Anicet Ekane y apparaît comme président » sur le site du MINAT. Soudainement, dans la nuit du 21 au 22 juillet, le site devient indisponible, puis revient en ligne le 23 avec une nouvelle version mentionnant Dieudonné Yebga comme président du MANIDEM.

Cette substitution, loin d’être accidentelle, s’inscrit selon l’auteur dans une logique de sabotage politique. « Ces archives informatiques remettent sérieusement en question la thèse d’un piratage externe… Elles suggèrent plutôt une modification interne, assumée ou commandée », écrit-il, soulignant l’incohérence entre les faits et le discours officiel du ministre.

L’enquête s’enrichit de témoignages accablants. Jean Benoît MEVOA, que le site du ministère présente comme secrétaire général du MANIDEM, a publiquement démenti ce rôle dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook.

Il y affirme : « Je ne suis donc ni de près, ni de loin associé à cette nébuleuse, à cette manipulation ». Beaugas-Orain Djoyum en conclut que « le mensonge officiel ne tient plus dès lors que les propres personnes concernées nient avoir les fonctions qu’on leur attribue ».

Il insiste aussi sur la cohérence d’Anicet Ekane dans ses démarches : reconnu par Elecam, invité aux séminaires, et toujours listé dans les archives du MINAT comme président légitime du parti jusqu’au changement suspect.

En filigrane, Beaugas-Orain Djoyum dénonce une instrumentalisation des institutions publiques à des fins électorales. Il souligne que « cette modification du site du MINAT… pouvait servir d’argument à Elecam pour rejeter la candidature du Pr Maurice Kamto », ce qui fut fait, sous le prétexte d’une « pluralité d’investiture ».

Pour l’auteur, « le nom d’Anicet Ekane, qui figurait sur le site web du MINAT comme président du MANIDEM depuis le 1er décembre 2023, a été remplacé le 23 juillet 2025 par celui de Dieudonné Yebga », dans une manœuvre soigneusement orchestrée pour fausser le jeu électoral.

En s’appuyant sur des outils comme la Wayback Machine et des comparateurs d’archives en ligne, Beaugas-Orain Djoyum met en lumière une tentative grossière de manipulation politique camouflée en cyberattaque.

Son texte, à la fois rigoureux et percutant, questionne frontalement l’intégrité des processus électoraux et la capacité de l’État camerounais à garantir des élections justes. « Un fait restera : la vérité est traçable. Et dans ce cas précis, elle ne penche pas en faveur du MINAT », conclut-il.

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Dette publique : le Cameroun prépare un prêt à composante ESG de 400 milliards de FCFA

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Dette publique : le Cameroun prépare un prêt à composante ESG de 400 milliards de FCFA
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(Investir au Cameroun) – Le Cameroun envisage de contracter un prêt à composante environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) de 690 millions de dollars, soit environ 400 milliards de FCFA, avec l’appui de plusieurs partenaires financiers internationaux. Cette opération, encore en préparation, doit compléter les 474 milliards de FCFA déjà mobilisés par l’État sur les marchés extérieurs en 2026.

L’annonce figure dans laConjoncture mensuelle de la dette publique du Camerounde juin 2026, publiée le 27 juillet par la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Le document indique que le gouvernement« entend contracter un prêt à composante environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) de 690 millions USD ».

La CAA ne précise toutefois ni la maturité, ni le différé de remboursement, ni le taux d’intérêt envisagé. Les mentions d’une durée de quinze ans, d’une période de grâce de cinq ans et de conditions financières « compétitives » ne sont donc pas étayées par le rapport publié.

Une enveloppe équivalente à 12,5 % du besoin de financement de 2026

La loi de finances 2026 évalue le besoin global de financement du Cameroun à 3 197 milliards de FCFA, soit environ 8,8 % du produit intérieur brut. Près de 67 % de ce besoin doivent être couverts par des ressources extérieures.

À lui seul, le prêt ESG envisagé représenterait environ 12,5 % de ce besoin annuel. Il viendrait s’ajouter aux 474 milliards de FCFA mobilisés au premier trimestre 2026 dans le cadre d’un placement privé réalisé sur le marché international.

Le recours à cette nouvelle enveloppe intervient alors que la remontée des rendements internationaux conduit les autorités à recommander un« séquencement prudent »de la composante extérieure du programme d’emprunt. Le gouvernement cherche ainsi à éviter une concentration excessive des levées de fonds classiques dans un environnement de marché encore coûteux.

La CAA présente l’opération ESG comme un moyen de diversifier les sources de financement, de réduire le coût de l’endettement et d’améliorer l’accès du pays aux financements durables. Le montage devrait notamment s’appuyer sur des mécanismes de garantie et de partage des risques avec les partenaires financiers internationaux.

Des projets et des indicateurs encore inconnus

Le rapport ne fournit cependant aucune indication sur les partenaires approchés, la devise définitive du prêt, son calendrier de mobilisation ou la nature des mécanismes de garantie envisagés.

Il ne précise pas davantage les projets qui seront financés, ni la répartition de l’enveloppe entre les composantes environnementale, sociale et de gouvernance. Aucun cadre d’éligibilité, indicateur d’impact ou dispositif de reporting n’est présenté.

Cette absence de détails empêche, à ce stade, de déterminer si l’opération prendra la forme d’un financement affecté à des dépenses précisément identifiées ou d’un prêt général dont les conditions seraient liées à des engagements ESG pris par l’État.

L’appellation retenue par la CAA — « prêt à composante ESG » — invite d’ailleurs à la prudence. Le document ne permet pas encore de qualifier l’opération d’obligation verte, de prêt vert ou de financement durable au sens strict.

Une dette extérieure déjà dominante

À fin juin 2026, la dette publique du Cameroun s’établit à 15 607 milliards de FCFA, soit 44,2 % du PIB. La dette directement contractée par l’administration centrale représente 14 659 milliards de FCFA, dont 64,5 % proviennent de financements extérieurs.

Le futur prêt représenterait environ 2,6 % de l’encours actuel de la dette publique, en supposant sa mobilisation intégrale. Son impact réel dépendra toutefois de son calendrier de décaissement et de l’utilisation qui sera faite des ressources.

La question du coût demeure également centrale. Selon la CAA, le portefeuille actuel de la dette publique affiche un taux d’intérêt moyen pondéré de 2,8 % et une maturité moyenne de 6,9 ans. La dette extérieure présente une maturité moyenne de 7,3 ans.

Pour apporter un avantage financier au Cameroun, le nouveau montage devra donc proposer des conditions suffisamment favorables par rapport aux financements commerciaux classiques, notamment au placement privé de 474 milliards de FCFA réalisé en début d’année.

À ce stade, l’opération constitue davantage une intention de financement qu’un emprunt finalisé. Sa portée dépendra du coût définitif, de la maturité, des garanties mobilisées et, surtout, de la publication d’un cadre précisant les projets éligibles ainsi que les résultats environnementaux et sociaux attendus.

Amina Malloum

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