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l’opposant Tchiroma interdit de voyager, l’opposition dénonce un régime « en panique »

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l’opposant Tchiroma interdit de voyager, l’opposition dénonce un régime « en panique »
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Les chefs de file de l’opposition, l’honorable Jean Michel Nintcheu et l’avocat Akere Muna, ont fermement condamné la décision du gouvernement camerounais d’interdire tout déplacement au candidat à la présidentielle Issa Tchiroma Bakary le 31 juillet 2025, la qualifiant de signe de panique du régime à l’approche de l’élection présidentielle du 12 octobre.

Tchiroma, ancien ministre et dirigeant du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), a été expulsé d’un vol d’Air Sénégal à l’aéroport international de Nsimalen à Yaoundé, où il se rendait avec sa fille, le Dr Rohaya Tchiroma, pour se recueillir sur la tombe de l’ancien président Ahmadou Ahidjo à Dakar.

Nintcheu, parlementaire et coordinateur par intérim de l’Alliance politique pour le changement (APC), a exprimé son indignation dans un communiqué publié à Douala le 31 juillet. Il a qualifié cette interdiction de voyager de « liberticide et illégale ».

Il a déclaré : « Le Cameroun s’enfonce chaque jour davantage dans l’arbitraire et la brutalité institutionnalisée… Cet acte est inacceptable. Il marque une nouvelle étape dans la dérive totalitaire d’un régime aux abois, incapable de réformer mais toujours prompt à réprimer ! »

Nintcheu a également averti : « Ce pouvoir croit pouvoir se maintenir par la terreur, mais il se trompe ! Le peuple camerounais n’est plus dupe. Il voit. Il comprend. Et il agira. »

Les propos de Nintcheu intègrent cet incident dans une stratégie de manipulation électorale, faisant écho aux critiques formulées précédemment concernant la récente exclusion de Maurice Kamto de la course à la présidentielle par Élections Cameroun (ELECAM).

Akere Muna, avocat anti-corruption renommé et candidat à la présidentielle du parti Univers, a également condamné l’incident dans un communiqué publié à Yaoundé. Il l’a qualifié de « violation flagrante » des droits fondamentaux de Tchiroma.

« Bien qu’il ait démissionné de son poste ministériel, restitué son passeport diplomatique et quitté sa résidence officielle, M. Tchiroma s’est vu refuser l’embarquement sans notification officielle ni document », a déclaré Akere.

« On lui a simplement indiqué qu’il avait besoin d’une autorisation de la présidence pour voyager. »

Il a qualifié cette action de signe de « confusion et de panique » au sein du gouvernement, ajoutant : « Un tel comportement porte atteinte aux principes démocratiques et à l’État de droit. »

Il a exhorté les autorités à « remédier immédiatement à cette situation » et à respecter le droit des citoyens à la libre circulation et à la participation politique.

Cette interdiction de voyager fait suite aux récents appels de Tchiroma au Conseil constitutionnel pour la réintégration de Kamto, dont la candidature a été rejetée le 26 juillet en raison d’une revendication rivale au sein du MANIDEM, et à ses allusions à la formation d’une coalition d’opposition unifiée.

Les analystes voient dans cet incident une tentative d’intimidation des figures de l’opposition, d’autant plus que l’influence de Tchiroma dans les régions du nord, pourtant riches en électorats, et son plaidoyer en faveur du fédéralisme pour résoudre la crise anglophone constituent un défi pour le RDPC, le parti du président Paul Biya.

Les mesures prises par le gouvernement, notamment l’interdiction présumée des activités du FSNC de Tchiroma dans certaines régions de l’Extrême-Nord, ont suscité des critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme. Human Rights Watch avertit que de telles mesures « enterrent ce qui reste de la démocratie camerounaise ».

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Dette publique : le Cameroun prépare un prêt à composante ESG de 400 milliards de FCFA

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Dette publique : le Cameroun prépare un prêt à composante ESG de 400 milliards de FCFA
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(Investir au Cameroun) – Le Cameroun envisage de contracter un prêt à composante environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) de 690 millions de dollars, soit environ 400 milliards de FCFA, avec l’appui de plusieurs partenaires financiers internationaux. Cette opération, encore en préparation, doit compléter les 474 milliards de FCFA déjà mobilisés par l’État sur les marchés extérieurs en 2026.

L’annonce figure dans laConjoncture mensuelle de la dette publique du Camerounde juin 2026, publiée le 27 juillet par la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Le document indique que le gouvernement« entend contracter un prêt à composante environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) de 690 millions USD ».

La CAA ne précise toutefois ni la maturité, ni le différé de remboursement, ni le taux d’intérêt envisagé. Les mentions d’une durée de quinze ans, d’une période de grâce de cinq ans et de conditions financières « compétitives » ne sont donc pas étayées par le rapport publié.

Une enveloppe équivalente à 12,5 % du besoin de financement de 2026

La loi de finances 2026 évalue le besoin global de financement du Cameroun à 3 197 milliards de FCFA, soit environ 8,8 % du produit intérieur brut. Près de 67 % de ce besoin doivent être couverts par des ressources extérieures.

À lui seul, le prêt ESG envisagé représenterait environ 12,5 % de ce besoin annuel. Il viendrait s’ajouter aux 474 milliards de FCFA mobilisés au premier trimestre 2026 dans le cadre d’un placement privé réalisé sur le marché international.

Le recours à cette nouvelle enveloppe intervient alors que la remontée des rendements internationaux conduit les autorités à recommander un« séquencement prudent »de la composante extérieure du programme d’emprunt. Le gouvernement cherche ainsi à éviter une concentration excessive des levées de fonds classiques dans un environnement de marché encore coûteux.

La CAA présente l’opération ESG comme un moyen de diversifier les sources de financement, de réduire le coût de l’endettement et d’améliorer l’accès du pays aux financements durables. Le montage devrait notamment s’appuyer sur des mécanismes de garantie et de partage des risques avec les partenaires financiers internationaux.

Des projets et des indicateurs encore inconnus

Le rapport ne fournit cependant aucune indication sur les partenaires approchés, la devise définitive du prêt, son calendrier de mobilisation ou la nature des mécanismes de garantie envisagés.

Il ne précise pas davantage les projets qui seront financés, ni la répartition de l’enveloppe entre les composantes environnementale, sociale et de gouvernance. Aucun cadre d’éligibilité, indicateur d’impact ou dispositif de reporting n’est présenté.

Cette absence de détails empêche, à ce stade, de déterminer si l’opération prendra la forme d’un financement affecté à des dépenses précisément identifiées ou d’un prêt général dont les conditions seraient liées à des engagements ESG pris par l’État.

L’appellation retenue par la CAA — « prêt à composante ESG » — invite d’ailleurs à la prudence. Le document ne permet pas encore de qualifier l’opération d’obligation verte, de prêt vert ou de financement durable au sens strict.

Une dette extérieure déjà dominante

À fin juin 2026, la dette publique du Cameroun s’établit à 15 607 milliards de FCFA, soit 44,2 % du PIB. La dette directement contractée par l’administration centrale représente 14 659 milliards de FCFA, dont 64,5 % proviennent de financements extérieurs.

Le futur prêt représenterait environ 2,6 % de l’encours actuel de la dette publique, en supposant sa mobilisation intégrale. Son impact réel dépendra toutefois de son calendrier de décaissement et de l’utilisation qui sera faite des ressources.

La question du coût demeure également centrale. Selon la CAA, le portefeuille actuel de la dette publique affiche un taux d’intérêt moyen pondéré de 2,8 % et une maturité moyenne de 6,9 ans. La dette extérieure présente une maturité moyenne de 7,3 ans.

Pour apporter un avantage financier au Cameroun, le nouveau montage devra donc proposer des conditions suffisamment favorables par rapport aux financements commerciaux classiques, notamment au placement privé de 474 milliards de FCFA réalisé en début d’année.

À ce stade, l’opération constitue davantage une intention de financement qu’un emprunt finalisé. Sa portée dépendra du coût définitif, de la maturité, des garanties mobilisées et, surtout, de la publication d’un cadre précisant les projets éligibles ainsi que les résultats environnementaux et sociaux attendus.

Amina Malloum

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