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Biens et services : le Cameroun revalorise de 50 milliards ses dépenses pour résister au gel partiel de l’aide américaine

(Investir au Cameroun) – Dans la loi de finances rectificative que le gouvernement s’apprête à déposer sur la table des députés pour examen et validation, l’enveloppe destinée aux dépenses relatives aux biens et services de l’Etat est revalorisée de 50 milliards de FCFA, correspondant à une augmentation de 4,9% en valeur relative. Selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028, qui révèle l’information, cette allocation budgétaire est finalement portée à 1075,3 milliards de FCFA, contre 1025,3 milliards de FCFA dans la loi de finances initiale, votée par le Parlement en novembre 2024.
«Cette augmentation prend en compte le paiement par l’Etat de la dette d’Eneo vis-à-vis de Globeleq, les projets du secteur de la santé initialement financés par les fonds de l’USAID – l’Agence des États-Unis pour le développement international – et le renforcement de la provision des reports à hauteur de 5 milliards», souligne le document sus-mentionné, élaboré par le ministère des Finances.
En considérant que les impayés cumulés par la compagnie d’électricité Eneo chez le producteur indépendant Globeleg étaient estimés à 137 milliards de FCFA en février 2025, et donc largement supérieurs à la rallonge annoncée dans le collectif budgétaire attendu, l’on peut considérer que cette rallonge a prioritairement servi aux projets initialement financés par l’USAID dans le secteur de la santé.
Cette hypothèse est assise sur l’urgence à continuer à «assurer la continuité des offres et services de prévention, de prise en charge et de soins essentiels du VIH, de la tuberculose et du paludisme […] sans interruption durant toute la période de suspension »des financements de l’USAID, comme précisé dans une lettre circulaire du ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, datée du 4 février 2025.
Priorité à la santé publique
Par ailleurs, la revue des projets financés par cette organisation publique américaine au Cameroun révèle une concentration historique sur le secteur de la santé publique. A titre d’illustration, selon les dernières données officielles disponibles, qui datent de l’année 2023, 72 milliards de FCFA sur les 73,8 milliards de FCFA d’aide de l’USAID au Cameroun ont été dédiés au secteur de la santé.
Au regard de ce qui précède, il est loisible de penser que sur les 32 projets purement et simplement annulés par la nouvelle administration américaine – sur un total de 43 projets à financer par l’USAID au Cameroun en 2025 – l’immense majorité relève du secteur de la santé publique.
De plus, les projets de l’USAID annulés au Cameroun pour l’exercice 2025 représentent une coupe budgétaire officiellement estimée à 51,13 millions de dollars – environ 30,7 milliards de FCFA. A la différence des impayés d’Eneo chez Globeleq – généralement épongés par l’Etat au moyen des fonds levés sur le marché des titres publics de la BEAC – et en raison de l’urgence signalée plus haut, cette enveloppe est plus facile à couvrir par les 50 milliards de FCFA de rallonge proposée dans la loi de finances rectificative, pour couvrir les dépenses de biens et services de l’Etat en 2025.
Brice R. Mbodiam
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12 000 policiers déployés dans les zones en crise sécuritaire entre 2016 et 2026

L’État du Cameroun déclare avoir recyclé dans le cadre de la lutte antiterroriste avant de déployer 12 000 fonctionnaires de police dans les zones connaissant des crises sécuritaires sur le territoire national.
D’après le rapport du comité des droits de l’homme des Nations Unies sur l’examen périodique du Cameroun des 23 et 24 octobre 2026, l’État du Cameroun a recyclé et déployé 12 000 policiers dans les régions en crise sécuritaire entre 2016 et 2026. Aussi, entre 2024 et 2025, au moins 250 personnels de la gendarmerie nationale ont bénéficié de sept sessions de formation sur le droit humanitaire. Sessions organisées dans le cadre du dialogue avec le Comité international de la Croix-Rouge.
Ainsi a déclaré la délégation camerounaise lors de l’examen périodique à Genève face au comité des Nations Unies chargé de veiller à l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Par cette délégation, l’État du Cameroun assure qu’il forme et recycle les forces de défense et de sécurité avant de les déployer. Les éléments desdites forces disposent d’une formation initiale leur permettant d’éviter de commettre des violations des droits humains dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Ladite délégation répondait aux préoccupations du comité. En l’occurrence celles de Mme Bassim sur certaines mesures prises par l’État du Cameroun dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ainsi que sur la définition large et ambiguë des actes de terrorisme. Celle de Mme Tidjougra sur le « caractère très vague » de l’infraction liée au terrorisme au Cameroun.
La délégation camerounaise, concernant la définition et les actes terroristes, donne des précisions. Selon elle, la définition légale du terrorisme exclut des inculpations basées sur le profil ethnique, racial, politique ou religieux. Ladite définition est alignée sur la définition de plusieurs instruments internationaux et régionaux et sur plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, précise-t-elle.
Par ailleurs, l’État du Cameroun souligne que la loi de 2014 sur la répression du terrorisme est de portée générale et ne vise pas à réprimer les discours critiques à l’encontre du gouvernement. Elle rejette les allégations non fondées selon lesquelles cette loi a été utilisée en violation du Pacte contre les journalistes et les avocats.
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