À trois mois du scrutin présidentiel, l’opposition camerounaise semble enfin se réveiller. Selon des informations exclusives de Jeune Afrique, des tractations intensives sont en cours entre plusieurs poids lourds de la scène politique, avec un objectif clair : éviter la dispersion des voix face au pouvoir en place. Mais entre ambitions personnelles et divergences stratégiques, le chemin vers l’union reste semé d’embûches.
Kamto, Bouba Maïgari, Tchiroma : les pourparlers s’accélèrent
D’après nos confrères, les discussions ont pris un tour concret ces dernières semaines. Maurice Kamto (MRC), Bello Bouba Maïgari (UNDP) et Issa Tchiroma Bakary (FSNC) explorent sérieusement la possibilité d’une coalition. Une idée qui trotte dans les têtes depuis des mois, mais qui peine à se concrétiser, notamment à cause des questions de leadership.
Bello Bouba Maïgari, qui a quitté le gouvernement avant d’annoncer sa candidature, semble particulièrement courtisé. Il a déjà rencontré Mamadou Mota, numéro deux du MRC, pour discuter d’une candidature unique. Mais les désaccords persistent : qui porterait les couleurs de cette alliance ? Sur quel programme ? Autant de points qui bloquent encore un accord définitif.
Osih, Ekane et les autres : l’opposition en mouvement
La dynamique ne se limite pas à ce trio. Joshua Osih (SDF) et Anicet Ekane (Manidem) ont également engagé des discussions parallèles. Osih s’est entretenu avec Bouba Maïgari début juillet, tandis qu’Ekane plaide pour un socle commun axé sur une refondation institutionnelle. L’urgence est là : éviter que l’opposition ne s’éparpille, comme en 2018, où la multiplication des candidats avait profité au pouvoir.
Côté stratégie, Issa Tchiroma pourrait jouer un rôle clé. Approché par Akere Muna, il se dit favorable à une transition politique de trois à cinq ans. Ses émissaires doivent rencontrer Kamto et d’autres leaders dans les prochains jours. Reste une inconnue : Cabral Libii, arrivé troisième en 2018, brille par son absence dans ces négociations.
Une union possible, mais à quel prix ?
Si l’idée d’une candidature unique fait son chemin, les obstacles sont encore nombreux. Les egos, les divergences programmatiques et la méfiance entre certains leaders compliquent la donne. Pourtant, l’enjeu est de taille : face à un régime bien installé, l’opposition n’a sans doute qu’une seule chance.
Affaire à suivre de près, alors que la présidentielle camerounaise approche à grands pas. Les prochains jours seront cruciaux pour savoir si les adversaires du pouvoir sauront dépasser leurs divisions… ou s’ils laisseront une nouvelle fois le champ libre à Yaoundé.














