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Investissements directs étrangers : 4ᵉ destination en Afrique centrale, le Cameroun capte 529 milliards de FCFA en 2024

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Investissements directs étrangers : 4ᵉ destination en Afrique centrale, le Cameroun capte 529 milliards de FCFA en 2024
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(Investir au Cameroun) – Selon laConférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le Cameroun a capté des investissements directs étrangers (IDE) d’un montant total de 925 millions de dollars au cours de l’année 2024. Cette enveloppe, qui équivaut à 529 milliards de FCFA au cours actuel du dollar américain, est en hausse de 15,7% en glissement annuel. En effet, en 2023, le pays n’avait reçu que 799 millions de dollars d’IDE, soit 457 milliards de FCFA.

Grâce à cet intérêt que les investisseurs étrangers lui ont une nouvelle fois manifesté en 2024, le Cameroun franchit à nouveau la barre de 900 millions de dollars d’IDE captés en 2024. Après être descendu à 675 millions de dollars en 2020, année du coronavirus, et à 799 millions de dollars en 2023.

En 2024, le Cameroun est la 4ᵉ destination des IDE parmi les 10 pays d’Afrique centrale listés dans le rapport de la Cnuced. Dans le détail, la locomotive économique de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon Guinée équatoriale, Tchad et RCA) est devancée par la RD Congo, Le Gabon et le Tchad.

En effet, avec 3113 millions de dollars – près de 1780 milliards de FCFA – d’IDE reçus en 2024, Kinshasa a capté, à lui tout seul, près de la moitié des 7907 millions de dollars – soit 4521 milliards de FCFA – d’IDE parvenus à la sous-région Afrique centrale eau cours de l’année 2024.

Le diktat des investisseurs chinois

Le top 3 des principales destinations des IDE dans la sous-région est complété par le Gabon. Libreville a en effet reçu 1145 millions de dollars, soit 654,6 milliards de FCFA, d’IDE en 2024, tandis que le Tchad a capté 1019 millions de dollars, soit 582,6 milliards de FCFA.

Le rapport de la Cnuced n’indique pas les principaux pourvoyeurs d’IDE à ces pays. Mais, officiellement, ses IDE, le Cameroun les doit principalement à la Chine. En effet, l’Empire du Milieu est devenu le premier investisseur étranger au Cameroun depuis les années 2000.

«Entre 2000 et 2014, le Cameroun a capté 2750 milliards de FCFA d’investissements directs étrangers, dont 1850 milliards de FCFA provenant de la Chine. Ce qui représente environ 67% des IDE entrant au Cameroun (…) Les autres IDE provenaient des pays tels que la France, les États-Unis, le Nigéria», peut-on lire dans un document de la présidence de la République, qui cite les données de la Cnuced.

Cette prédominance des investissements chinois au Cameroun s’est renforcée à la faveur du lancement dans les années 2010 des projets structurants de première génération (ponts, routes, barrages, etc.). Soutenues par Eximbank China, la banque publique chinoise, dont les financements sont liés – chaque prêt-projet est accompagné du nom de l’entreprise devant exécuter le contrat – les entreprises chinoises sont toujours en pôle position. Il s’agit principalement de CCCC, CWE, CHEC, Sinohydro… dans les infrastructures ; Huawei et ZTE dans les télécoms…

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

01-11-2023 - Investissements : en hausse dans la Cemac (+41,8%), les IDE français chutent de 38% au Cameroun en 2022

17-10-2023 - Promotion des investissements : le Cameroun signe une convention fiscale avec la Chine, après 10 ans de négociations

28-07-2023 - Investissements directs étrangers : le Cameroun capte plus de 532 milliards de FCFA en 2022, en baisse de 7,7%

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Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu

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Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu
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(Investir au Cameroun) – Assortie d’un coupon de 9,375 %, d’une maturité de sept ans et de trois années de différé, l’opération améliore les conditions obtenues en 2025, tout en confirmant un coût de financement encore élevé.

Le Gabon a fixé, ce 30 juillet 2026, les conditions d’un Eurobond de 920 millions de dollars, soit environ 524 milliards de FCFA. Le montant dépasse de 22,7 % l’objectif initial de 750 millions et améliore plusieurs paramètres du placement privé de février 2025. Mais avec un coupon annuel de 9,375 % — l’intérêt versé chaque année aux détenteurs des titres — Libreville continue de payer cher son accès aux capitaux internationaux.

Selon le communiqué publié par le gouvernement gabonais, le règlement est attendu autour du 5 août. Les obligations arriveront à échéance en 2033, après sept ans, avec trois années de différé : durant cette période, l’État paiera les intérêts sans encore rembourser le capital.

Le gouvernement affirme que l’émission a été« largement sursouscrite ». Selon les informations de marché disponibles, elles ont dépassé 1 milliard de dollars. Le Gabon a finalement retenu 920 millions, soit 170 millions de plus que prévu.

Des conditions meilleures qu’en 2025

En février 2025, le Gabon avait mobilisé 570 millions de dollars, avec un coupon de 9,5 % et une échéance en 2029. Le montant emprunté progresse donc de 61,4 %, tandis que la durée passe d’environ quatre à sept ans. Le taux recule de 0,125 point, soit 12,5 points de base.

Cette comparaison doit être nuancée. Le coupon ne représente pas tout le coût d’un emprunt : celui-ci dépend aussi du prix de vente des titres, du rendement réclamé par les investisseurs et des frais. En 2025, l’obligation à 9,5 % avait été placée sous sa valeur nominale, portant son rendement initial à 12,7 %. Il faut donc connaître le prix d’émission et le rendement effectif du nouveau titre pour mesurer précisément l’amélioration.

La destination des fonds diffère aussi. En 2025, une part importante avait servi à rembourser l’Eurobond arrivant à échéance en juin. En 2026, aucun rachat d’obligations existantes n’a été annoncé. Le Trésor devrait donc recevoir davantage d’argent frais, même si les commissions et autres frais seront déduits des 920 millions.

Plus que le Cameroun, mais à un coût plus élevé

Le Gabon mobilise 22,7 % de plus que les 750 millions de dollars obtenus par le Cameroun le 30 janvier 2026. Les deux emprunts courent sur sept ans. Yaoundé bénéficie de deux années de grâce et a mis en place un swap dollar-euro : ce mécanisme transforme les paiements en dollars en paiements en euros afin de réduire le risque de change, le FCFA étant arrimé à l’euro. Selon le ministère camerounais des Finances, il a ramené le coût effectif annoncé à 7,79 % en euros.

Ce niveau reste inférieur au coupon gabonais de 9,375 %, mais la comparaison demeurera incomplète tant que le rendement effectif de l’émission gabonaise ne sera pas publié. Pour Libreville, le progrès tient surtout au montant obtenu, à la durée plus longue et à l’absence de rachat simultané d’un ancien Eurobond.

Cette amélioration intervient un mois après que Moody’s a maintenu la note souveraine du Gabon à « Caa2 », tout en abaissant sa perspective de « stable » à « négative ». L’agence invoque des besoins de financement élevés, un accès limité aux ressources et le risque de nouvelles opérations de dette contraintes.

Investissements, arriérés et marge d’emprunt

Le gouvernement précise que« le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d’investissement de l’État ainsi qu’au remboursement d’arriérés ». Selon la documentation de placement, il s’agit d’engagements commerciaux extérieurs et multilatéraux, et non des impayés dus aux entreprises gabonaises.

L’émission reste sous le plafond de 857,9 milliards de FCFA, soit environ 1,5 milliard de dollars, autorisé par la loi de finances rectificative promulguée le 17 juillet. Les 920 millions représentent près de 61 % de cette enveloppe, laissant une capacité théorique d’environ 580 millions, sans qu’une seconde émission soit annoncée. La loi évoquait aussi une durée de dix ans, contre sept ans finalement obtenus ; le gouvernement n’a pas expliqué cet écart.

Précédée par la publication d’un prospectus préliminaire le 27 juillet, l’opération a été conduite par le ministre Thierry Minko. Le gouvernement estime que la demande traduit une« confiance renouvelée des investisseurs dans la qualité de la signature et la trajectoire de réformes engagée par le Gabon ».

L’accord avec le Fonds monétaire international renforcerait cette perception. Sur ce sujet, les discussions techniques continuent, avec une mission attendue à Libreville en septembre et l’objectif de conclure un programme économique et financier avant fin 2026.

Baudouin Enama

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