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Calixthe Beyala critique la “désacralisation” de l’école camerounaise après la soutenance d’Indira Baboké

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Calixthe Beyala critique la “désacralisation” de l’école camerounaise après la soutenance d’Indira Baboké
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La romancière réagit après la soutenance courue et médiatisée de la thèse de doctorat en médecine générale de Indira Baboke, le 16 juin 2025 à l’amphithéâtre 350 de l’Université de Yaoundé 1 en présence de nombreux ministres, directeurs généraux et autres personnalités influentes. Voici l’intégralité de la publication de Calixthe Beyala.

« De la désacralisation de l’école au Cameroun : une injustice de plus.

L’école est sensée être un sanctuaire. Un lieu où tous Les enfants du monde oublient l’espace d’un moment qu’il y a des inégalités. Les professeurs essaient de maintenir un équilibre, quelque chose qui ressemble à l’équité, à l’égalité où la connaissance est le seul ascenseur social. Il dit à l’enfant du pauvre que lui aussi pourrait réussir. La connaissance porte en elle des germes du divin et du sacré. L’école est le lieu de l’uniformisation par excellence.

Voilà qu’on m’interpelle de partout. Une jeune femme a fait surgir au sein d’un amphithéâtre tous les éléments ostentatoires de sa vie de fille d’homme d’état. Il y avait là me dit-on toute la cohorte des ministres avec ce que cela comporte comme pouvoir militaire, pouvoir politique, pouvoir économique et sans oublier le quatrième pouvoir, la presse.

Et dans ce tohu-bohu, cette confusion de genres, d’états et des choses, elle a présenté sa thèse de doctorat en médecine au Cameroun qui se déroule en sept ans et non en dix ans comme c’est le cas en France.

Puis une mention qui laissa le Cameroun étonné.

J’ai essayé de regarder ces images et toute cette théâtralité. J’ai pensé à une mise en scène où chaque acteur aurait répété parfaitement son rôle, où les voix et les choix avaient été faites bien avant. D’ailleurs quel pouvoir avaient encore ces professeurs face à l’étalement d’une telle puissance ?

Je ne remets pas les capacités de quiconque en question ni celui du parchemin délivré. Mais je m’interroge :

-Qu’est-ce qu’ont pu penser les enfants des pauvres qui soutenaient eux aussi ce jour là, sans toute cette faste, ce tapeloeisme, ce matuvuisme dans cet endroit de connaissance ? Croyaient-ils encore en l’égalité des diplômes obtenus ? Croyaient-ils encore à une chance de réussite par son travail ? Parce qu’en voulant trop exposer, surexposer sa puissance et sa richesse en cet instant précis de l’histoire, on amène la jeunesse camerounaise à douter de tout, et ce, avec raison.

La connaissance et ses lieux ont ceci d’extraordinaire, c’est le silence qui les englobe, l’enfermement et l’intériorisation du soi-social qui permettent à la connaissance de nous montrer toute l’infini de son étendue.

Oui, qu’est-ce qu’il a donc pensé l’enfant de la vendeuse des beignets en ce fameux jour ? Peut-être s’est il dit que finalement tout ceci n’est qu’une grosse farce ? Que finalement l’école ne réussit qu’à ceux qui peuvent faire une exposition ostentatoire de leur puissance ? Décidément au pays de Paul Biya, les gens marchent sur leur tête. Calixthe Beyala ».

Calixthe Beyala critique la “désacralisation” de l’école camerounaise après la soutenance d’Indira Baboké
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Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu

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Eurobond : Le Gabon lève 920 millions $, soit 22,7 % de plus que prévu
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(Investir au Cameroun) – Assortie d’un coupon de 9,375 %, d’une maturité de sept ans et de trois années de différé, l’opération améliore les conditions obtenues en 2025, tout en confirmant un coût de financement encore élevé.

Le Gabon a fixé, ce 30 juillet 2026, les conditions d’un Eurobond de 920 millions de dollars, soit environ 524 milliards de FCFA. Le montant dépasse de 22,7 % l’objectif initial de 750 millions et améliore plusieurs paramètres du placement privé de février 2025. Mais avec un coupon annuel de 9,375 % — l’intérêt versé chaque année aux détenteurs des titres — Libreville continue de payer cher son accès aux capitaux internationaux.

Selon le communiqué publié par le gouvernement gabonais, le règlement est attendu autour du 5 août. Les obligations arriveront à échéance en 2033, après sept ans, avec trois années de différé : durant cette période, l’État paiera les intérêts sans encore rembourser le capital.

Le gouvernement affirme que l’émission a été« largement sursouscrite ». Selon les informations de marché disponibles, elles ont dépassé 1 milliard de dollars. Le Gabon a finalement retenu 920 millions, soit 170 millions de plus que prévu.

Des conditions meilleures qu’en 2025

En février 2025, le Gabon avait mobilisé 570 millions de dollars, avec un coupon de 9,5 % et une échéance en 2029. Le montant emprunté progresse donc de 61,4 %, tandis que la durée passe d’environ quatre à sept ans. Le taux recule de 0,125 point, soit 12,5 points de base.

Cette comparaison doit être nuancée. Le coupon ne représente pas tout le coût d’un emprunt : celui-ci dépend aussi du prix de vente des titres, du rendement réclamé par les investisseurs et des frais. En 2025, l’obligation à 9,5 % avait été placée sous sa valeur nominale, portant son rendement initial à 12,7 %. Il faut donc connaître le prix d’émission et le rendement effectif du nouveau titre pour mesurer précisément l’amélioration.

La destination des fonds diffère aussi. En 2025, une part importante avait servi à rembourser l’Eurobond arrivant à échéance en juin. En 2026, aucun rachat d’obligations existantes n’a été annoncé. Le Trésor devrait donc recevoir davantage d’argent frais, même si les commissions et autres frais seront déduits des 920 millions.

Plus que le Cameroun, mais à un coût plus élevé

Le Gabon mobilise 22,7 % de plus que les 750 millions de dollars obtenus par le Cameroun le 30 janvier 2026. Les deux emprunts courent sur sept ans. Yaoundé bénéficie de deux années de grâce et a mis en place un swap dollar-euro : ce mécanisme transforme les paiements en dollars en paiements en euros afin de réduire le risque de change, le FCFA étant arrimé à l’euro. Selon le ministère camerounais des Finances, il a ramené le coût effectif annoncé à 7,79 % en euros.

Ce niveau reste inférieur au coupon gabonais de 9,375 %, mais la comparaison demeurera incomplète tant que le rendement effectif de l’émission gabonaise ne sera pas publié. Pour Libreville, le progrès tient surtout au montant obtenu, à la durée plus longue et à l’absence de rachat simultané d’un ancien Eurobond.

Cette amélioration intervient un mois après que Moody’s a maintenu la note souveraine du Gabon à « Caa2 », tout en abaissant sa perspective de « stable » à « négative ». L’agence invoque des besoins de financement élevés, un accès limité aux ressources et le risque de nouvelles opérations de dette contraintes.

Investissements, arriérés et marge d’emprunt

Le gouvernement précise que« le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d’investissement de l’État ainsi qu’au remboursement d’arriérés ». Selon la documentation de placement, il s’agit d’engagements commerciaux extérieurs et multilatéraux, et non des impayés dus aux entreprises gabonaises.

L’émission reste sous le plafond de 857,9 milliards de FCFA, soit environ 1,5 milliard de dollars, autorisé par la loi de finances rectificative promulguée le 17 juillet. Les 920 millions représentent près de 61 % de cette enveloppe, laissant une capacité théorique d’environ 580 millions, sans qu’une seconde émission soit annoncée. La loi évoquait aussi une durée de dix ans, contre sept ans finalement obtenus ; le gouvernement n’a pas expliqué cet écart.

Précédée par la publication d’un prospectus préliminaire le 27 juillet, l’opération a été conduite par le ministre Thierry Minko. Le gouvernement estime que la demande traduit une« confiance renouvelée des investisseurs dans la qualité de la signature et la trajectoire de réformes engagée par le Gabon ».

L’accord avec le Fonds monétaire international renforcerait cette perception. Sur ce sujet, les discussions techniques continuent, avec une mission attendue à Libreville en septembre et l’objectif de conclure un programme économique et financier avant fin 2026.

Baudouin Enama

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