La chanteuse de gospel a soutenu sa thèse avec brio, mais un universitaire camerounais rappelle la distinction cruciale entre diplôme professionnel et doctorat académique. Éclairage sur une polémique qui soulève des questions sur la reconnaissance des grades en Afrique francophone.
Une soutenance sous les projecteurs
C’était un jour de gloire pour Indira Baboké. Ce lundi 16 juin 2025, l’artiste, fille du célèbre Oswald Baboké, a présenté avec succès sa thèse dedoctorat en médecineà Yaoundé, devant un jury impressionné. Son travail, intitulé« Devenir et qualité de vie des patients opérés pour malformations vasculaires intracrâniennes à l’hôpital général de Yaoundé », a même décroché unemention spéciale. Sur les réseaux sociaux et en direct à la télévision, la nouvelle a été accueillie avec des vivats… avant qu’un universitaire ne tempère l’enthousiasme.
« Docteure » ou « master » ? La nuance qui fâche
Dans un post Facebook relayé massivement,Moussa Njoya, enseignant-chercheur, a tenu à rectifier une subtilité juridique souvent ignorée du grand public. Selon lui, le titre de « docteur en médecine » attribué à Indira ne correspond pas, sur le plan académique, à undoctorat de recherche (Ph.D).
«Petite précision : conformément à la loi du 25 juillet 2023 sur l’enseignement supérieur, le « doctorat en médecine » équivaut en réalité à un master professionnel», explique-t-il. «Pour obtenir un vrai doctorat académique, il faudrait d’abord valider un master 2 recherche, puis s’inscrire en thèse et mener des travaux approfondis.»
Une distinction qui n’enlève rien à la compétence d’Indira, mais rappelle que lesgrades universitairesont des significations bien précises – et parfois mal comprises.
Entre fierté légitime et rigueur académique
Du côté des fans de la gospelwoman, l’heure est à la célébration. «Elle a étudié dur, elle mérite son titre !», clament certains. Pourtant, la mise au point de Moussa Njoya soulève une question plus large :comment harmoniser la reconnaissance des diplômes, surtout dans un contexte africain où les filières professionnelles et académiques peinent parfois à être distinguées ?
Reste que pour Indira, l’essentiel est ailleurs. Après des années d’études, elle peut officiellement exercer la médecine… et peut-être un jour, si elle le souhaite, franchir le pas vers undoctorat académique. En attendant, la polémique aura au moins eu le mérite d’éclairer un débat trop souvent occulté.














