C’est une tempête inédite qui secoue l’Union des Femmes Chrétiennes du Cameroun (UFC). Depuis les élections de Garoua qui ont porté Mme Sangou Bernadette à la présidence, l’organisation vit au rythme d’unecrise de successionaussi violente qu’humiliante. Son prédécesseur, Mme Henriette MBatchou, refuse obstinément de passer la main, déclenchant une véritable guerre d’influence qui divise la communauté chrétienne.
Un refus de passer le témoin qui tourne au scandale
Les témoignages recueillis sur place dressent un tableau accablant. L’ancienne présidente aurait multiplié lesmanœuvres dilatoirespour empêcher la transition :
Propos méprisants en public contre la nouvelle élue
Campagnes de calomnies organisées dans les paroisses
Humiliation spectaculaire lors d’une cérémonie officielle où la présidente légitime a été reléguée à une place secondaire
« Ce n’est plus de la résistance, c’est du sabotage pur et simple », confie sous anonymat une membre du bureau diocésain, visiblement écoeurée par la situation.
L’église sommée d’intervenir
Face à cettecrise institutionnellequi dure depuis plusieurs mois, les fidèles montent au créneau. Une pétition circule désormais dans les diocèses pour demander l’arbitrage des autorités ecclésiastiques. Les revendications sont claires :
Validation officielle des résultats par une commission neutre
Cessation immédiate des campagnes de déstabilisation
Reconnaissance pleine et entière de Mme Sangou Bernadette
« On ne peut pas prêcher l’Evangile tout en piétinant les règles élémentaires de démocratie », s’insurge une militante de longue date jointe au téléphone.
Le leadership chrétien en question
Au-delà des personnes, c’est toute la philosophie duservice ecclésialqui est remise en cause. Comme le rappelle un prêtre de Douala : « Un mandat dans l’Eglise n’est pas un titre de propriété. C’est une mission temporaire qu’on exerce avec humilité. »
Les observateurs s’inquiètent surtout des répercussions sur le terrain. « Comment évangéliser quand nos propres structures donnent le spectacle de la division ? », interroge amèrement une catéchiste.
La balle dans le camp des évêques
Tous les regards se tournent désormais vers la Conférence épiscopale. Les fidèles espèrent une médiation rapide avant que cette affaire ne ternisse durablement l’image de l’Eglise camerounaise. Une source proche du palais archiépiscopal de Yaoundé laisse entendre qu’une réunion d’urgence serait à l’étude.
En attendant, les activités de l’UFC tournent au ralenti, au grand dam des nombreuses œuvres caritatives qui dépendent de cette organisation phare du christianisme camerounais.















