Yaoundé– La quiétude du quartier Elig Essono-Fouda a été brutalement interrompue ce week-end après la macabre découverte de deux corps flottant dans les eaux du fleuve Mfoundi. Un drame aux circonstances encore troubles, qui laisse les habitants du secteur en proie à l’effroi et aux interrogations.
Une scène glaçante près de la gare ferroviaire
C’est entre la gare voyageurs et le dépôt de la gare ferroviaire que les corps ont été repérés par des passants. Le premier, dans un état de décomposition avancée, rend impossible toute identification – y compris celle du sexe de la victime. Le second, en revanche, serait celui d’une femme, visiblement décédée plus récemment, selon nos informations.
À l’heure actuelle, aucune piste ne permet d’établir l’identité des défunts ni les raisons de leur mort. Accident ? Crime ? Les autorités gardent pour l’instant le silence, et les hypothèses vont bon train parmi les riverains.
Des secours tardifs, une colère palpable
Ce qui scandalise davantage les témoins, c’est le délai interminable avant l’arrivée des secours. Malgré les appels insistants des habitants dès l’après-midi, ni les pompiers ni la police – dont le commissariat est situé à quelques mètres seulement – ne se sont déplacés avant 19 heures.
« On a alerté tout le monde, mais personne n’a bougé. C’est inadmissible ! », s’indigne un commerçant sous couvert d’anonymat. Une inertie qui alimente les frustrations récurrentes face aux services publics camerounais, souvent pointés du doigt pour leur lenteur.
Enquête en cours, zone sous surveillance
Les corps ont finalement été repêchés et transférés à la morgue en attendant autopsie. Les forces de l’ordre ont bouclé les alentours du fleuve, tandis qu’une enquête préliminaire a été ouverte.
Reste à savoir si cette affaire s’ajoutera aux nombreux dossiers non élucidés ou si les autorités parviendront à lever le voile sur ce double drame. Pour l’heure, le Mfoundi, ce fleuve urbain au cœur de Yaoundé, porte une fois de plus les stigmates d’une violence trop souvent passée sous silence.














