Un violent incendie a réduit en cendres le premier étage de l’immeuble Abakar Deri, situé à l’entrée du marché central de Garoua, dans la nuit du 26 mai 2025. Aucun blessé n’est à déplorer, mais les pertes matérielles sont considérables. Pour de nombreux commerçants, ce sinistre représente bien plus qu’un simple dégât : il signe l’effondrement de plusieurs années de travail et d’investissement.
Un incendie fulgurant au cœur de la nuit
Il était environ 3 heures du matin lorsque les premières flammes ont été aperçues. En quelques dizaines de minutes, le feu s’est propagé, ravageant entièrement l’étage supérieur de l’immeuble, situé à quelques mètres de la boulangerie du marché. À cette heure-là, la ville dormait encore, et les secours ont eu fort à faire face à l’intensité de l’incendie.
Téléphones portables, fournitures de bureau, équipements divers : rien n’a pu être sauvé. Les flammes ont tout emporté sur leur passage, ne laissant derrière elles qu’un amas de tôles tordues et de débris calcinés.
« Mon commerce n’existe plus », lâche Abdoulaye, commerçant quinquagénaire, la voix brisée. « J’ai mis dix ans à bâtir cette activité. Aujourd’hui, il ne reste rien. »
Autour de lui, d’autres commerçants tentent tant bien que mal de récupérer ce qui peut encore l’être, fouillant dans les restes fumants à la recherche de documents, de marchandises épargnées ou de simples preuves de leur existence professionnelle.
Une intervention rapide mais insuffisante
Les sapeurs-pompiers sont arrivés rapidement sur les lieux, mais l’ampleur du sinistre et la nature hautement inflammable des produits entreposés ont largement compliqué leur mission. En moins d’une demi-heure, le feu avait déjà fait son œuvre. Si les secours et riverains se félicitent de l’absence de victimes, le traumatisme économique, lui, est bel et bien réel.
Cette tragédie vient mettre en lumière les limites criantes des dispositifs anti-incendie dans une zone aussi stratégique que le marché central de Garoua. Malgré son rôle névralgique dans la vie économique locale, le secteur semble toujours vulnérable à ce type de catastrophe.
Appels à une enquête et à une vraie politique de prévention
Dès les premières heures suivant le drame, les langues se sont déliées. Plusieurs commerçants ont exprimé leur colère face à l’absence de mesures préventives, comme les extincteurs ou des systèmes d’alerte efficaces, dans un bâtiment aussi fréquenté.
Ils réclament aujourd’hui une enquête rigoureuse pour déterminer l’origine du sinistre — toujours inconnue à ce stade — et surtout des mesures concrètes : contrôle des installations électriques, sensibilisation à la sécurité incendie, renforcement des capacités d’intervention des secours.
Car au-delà des pertes individuelles, c’est toute l’économie locale qui vacille. Le marché central de Garoua, véritable poumon commercial de la ville, se retrouve une fois de plus à genoux, alors que nombre de ses commerçants peinent déjà à se relever de précédentes crises.
Une reconstruction qui s’annonce longue
Face à l’ampleur du sinistre, les sinistrés espèrent désormais un soutien tangible des autorités locales et nationales. Si l’émotion domine encore, les regards se tournent vers l’avenir : celui d’un marché plus sûr, mieux équipé et surtout protégé contre des drames évitables.
En attendant, les décombres fumants de l’immeuble Abakar Deri racontent, en silence, la détresse de toute une communauté de commerçants qui voit partir en fumée des années de labeur.














