Alors que l’affaire impliquant le père de la slameuse camerounaise Lydol continue de faire parler, une décision de la chaîne Canal 2 International a attiré l’attention : celle de flouter le visage de l’accusé dans son reportage. Une démarche qui a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, entre incompréhension et critiques. Le directeur de l’information de la chaîne, Rodrigue Tongué, a tenu à clarifier les raisons de ce choix.
« Lydol s’est mise en vedette, son père reste un quidam »
Interrogé parMédiatude, Rodrigue Tongué a expliqué que ce floutage n’avait rien d’anodin et qu’il répondait à un principe fondamental de journalisme : la présomption d’innocence. Il a souligné la différence entre une figure publique et une personne privée dans un contexte judiciaire aussi délicat.
« Lydol a réalisé une vidéo qui a été diffusée dans notre JT de 19h50. Dans le jargon de la presse, on dira qu’elle s’est « mise en vedette », c’est-à-dire qu’elle s’est volontairement exposée en pleine lumière médiatique », déclare-t-il.
Il ajoute que, contrairement à sa fille, son père n’est pas une personnalité publique. Il reste un citoyen ordinaire, « un quidam », selon ses mots, et surtout un homme encore présumé innocent.
« Notre rédaction a tenté en vain de le rencontrer au CHU de Yaoundé. Et au moment de la diffusion, personne n’était en mesure de confirmer avec certitude que l’homme sur l’image était bien le mis en cause. »
Une décision fondée sur la prudence et l’éthique
Rodrigue Tongué insiste sur le fait qu’en l’absence de preuve formelle, diffuser l’image du suspect sans protection aurait été une erreur grave. Cela aurait pu porter atteinte à sa vie privée et à son droit à la présomption d’innocence.
« La Charte de Munich et toutes les recommandations professionnelles sérieuses rappellent l’importance de protéger les personnes non publiques. Il faut éviter la précipitation et ne pas nuire à la réputation d’un individu sans fondement solide », explique-t-il.
Il conclut avec des mots lourds de sens : « Chacun fait son métier avec froideur, malheureusement ou heureusement. Courage à Lydol. Et surtout, toute notre compassion à la famille du petit Mathis, assassiné lâchement. »














