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Mark Alexandre Doumba, ministre gabonais de l’Économie : “Mobiliser l’épargne nationale pour bâtir une économie souveraine et inclusive”

“Il y a cette petite poignée de personnes qui peuvent investir leur argent dans des biens, dans des actifs, et qui génèrent un taux de rendement supérieur au taux de croissance de l’économie sous-jacente. Vous voyez ? Et donc, ce groupuscule de personnes et d’entités, de personnes morales, concentre avec le temps une part beaucoup plus importante de la richesse nationale.
Il existe deux mécanismes pour pallier cette situation, si l’on ne veut pas d’une société totalement inégalitaire. Le premier, que je ne préconise pas, consiste à fiscaliser, voire pénaliser ceux qui concentrent la richesse. C’est souvent la méthode adoptée, car ces personnes sont identifiées, connues, donc fiscalisées.
L’autre moyen d’y remédier — et c’est le sujet du jour —, c’est de faire en sorte que ceux dont les revenus dépendent du taux de croissance de l’économie participent davantage au marché des capitaux. Comment s’assurer que dans l’ensemble de nos pays, nous soyons de plus en plus nombreux à avoir un patrimoine qui croît à un rythme supérieur à celui de la croissance économique ? Car au Gabon, cette croissance est de 2,8 %, en zone CEMAC, autour de 3 %, un taux proche de notre inflation. Il faut que la richesse croisse au-delà de ces chiffres pour qu’elle profite réellement à nos populations.
Parlons maintenant de la structure même du marché de capitaux. En réalité, on parle ici d’offre et de demande. La demande, c’est celle de nos besoins d’investissements : routes, énergie, infrastructures portuaires, télécommunications, écoles, hôpitaux… Tous ces actifs nécessitent des financements.
Mais en face, il y a l’offre : l’épargne. Où se trouve cette épargne ? Qui en sont les détenteurs ? Et surtout, comment établir une meilleure intermédiation entre l’épargne disponible et les besoins d’investissement ? C’est toute la mission de la COSUMAF. Depuis plusieurs années, elle œuvre pour rapprocher cette épargne des besoins d’investissement.
C’est une mission noble. Car sans une meilleure transformation de l’épargne en investissement structurant, nous ne développerons pas nos économies à la hauteur des attentes. Et ce n’est pas qu’un sujet technique ou réservé aux experts. Le vrai enjeu, c’est de descendre dans les quartiers, d’aller voir Monsieur et Madame Moussavou, et de leur expliquer pourquoi il est utile de placer leur épargne dans un actif qui les rémunérera.
Il faut les rassurer. Leur expliquer qu’ils ne perdront pas le fruit de leur travail. Et ça, c’est un défi de pédagogie, de confiance, de simplification. On entend souvent que 5 000 milliards de FCFA dorment dans l’informel. C’est énorme. Mais ces montants sont entre les mains de personnes qui ne savent pas ce qu’est un fonds commun de placement. Ils gèrent leur épargne dans des systèmes de tontine ou de trésorerie quotidienne, et ils en tirent déjà un rendement.
La question n’est donc pas : est-ce que le marché formel est plus rémunérateur que l’informel ? Mais : quels avantages supplémentaires peut offrir le marché formel ? La sécurité, la croissance patrimoniale, l’accès à des produits nouveaux ? C’est là qu’il faut convaincre. Car on le sait, faire migrer l’informel vers le formel a des conséquences macroéconomiques positives : plus de dépôts pour les banques, plus de crédits pour les États, les entreprises et les ménages.
Mais M. Moussavou, lui, ne pense pas à ça. Lui, ce qu’il veut, c’est une rémunération de sa trésorerie, rapidement et sûrement.
Un dernier point pour le Gabon : notre taux d’épargne brute nationale est élevé, autour de 35 % du PIB, soit 4 000 milliards de FCFA pour un PIB de 12 000 milliards. Cela signifie que notre économie a une capacité d’autofinancement significative. Pourtant, dans notre loi de finances, les dotations à l’investissement tournent autour de 450 à 480 milliards. Il y a donc un écart, un potentiel non mobilisé.
Et il est urgent de le mobiliser. Car le monde change. Le soutien extérieur diminue. Pas plus tard qu’hier, les États-Unis ont annoncé la réduction de leur appui à la Banque africaine de développement, ce qui représente un manque à gagner de 500 millions de dollars pour 2025-2027. D’autres pays suivront.
Alors oui, ce sujet de l’épargne est aussi un sujet de souveraineté, de géopolitique, de responsabilité collective. Il s’agit de prendre notre destin en main. Vous avez un rôle essentiel à jouer, entre vous, mais surtout auprès des populations.
Je vous remercie”.
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Promote 2026 : Le stand de Défis Actuels met en vitrine l’économie camerounaise

Il y a des présences qui parlent d’elles-mêmes. Au Palais des Congrès de Yaoundé où la dixième édition de Promote 2026 a ouvert ses portes le 12 juin, le stand de Défis Actuels ne passe pas inaperçu. Installé au pavillon Import-substitution, à proximité du stand du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), le premier news magazine camerounais a choisi son camp.
Pas celui des figurants, mais celui des acteurs. Le dispositif déployé en dit long sur les intentions de la rédaction. Deux imposants roll-ups aux couleurs rouge, blanc et bleu encadrent l’entrée du stand, rappelant les différentes facettes du groupe Overland Company qui édite le magazine et le journal Défis Actuels.
Entre ces deux sentinelles, une enseigne centrale sobre arbore le nom du journal en grandes lettres sur fond blanc, au-dessus du logo officiel de cette dixième édition de Promote. Le message est clair : Défis Actuels est ici chez lui.
À l’intérieur du stand, un mur de couvertures du magazine tapisse le fond de l’espace d’exposition. Une dizaine de unes soigneusement épinglées, couvrant des thématiques aussi variées que la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’industrie nationale, la zone CEMAC ou encore le bilan annuel de l’économie camerounaise. Un choix éditorial assumé qui résume à lui seul la vocation du titre : couvrir l’économie camerounaise et africaine dans toute sa complexité, avec rigueur et régularité.
Sur la table centrale, des exemplaires récents du magazine sont disposés à l’attention des visiteurs, complétant un dispositif pensé autant pour informer que pour séduire de nouveaux lecteurs et annonceurs. La position géographique du stand au sein du salon n’est pas le fruit du hasard.
En s’installant au pavillon Import-substitution, aux côtés du MINEPAT, Défis Actuels confirme son ancrage dans les débats qui structurent la politique économique camerounaise. Le journal suit depuis plusieurs années avec une attention particulière la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale de substitution aux importations, qui vise à réduire la dépendance du pays aux produits étrangers en stimulant la production et la transformation locales.
Être présent au cœur de ce pavillon, c’est afficher une cohérence entre la ligne éditoriale et l’engagement sur le terrain. Dans un salon qui réunit 40 pays, 1 500 entreprises et 200 000 visiteurs attendus sur neuf jours, la présence d’un média spécialisé dans l’économie locale n’est pas anodine.
Elle traduit une conviction : l’information économique est elle-même un outil de développement. Donner de la visibilité aux entreprises qui fabriquent camerounais, documenter les politiques publiques qui soutiennent la transformation locale, interroger les acteurs sur leurs résultats — c’est précisément ce que fait Défis Actuels à travers ses pages, et c’est ce qu’il entend prolonger le temps de ce salon.
Promote 2026 offre ainsi à la rédaction une occasion rare de rencontrer en un seul lieu les décideurs, les entrepreneurs et les partenaires qui font l’actualité économique du pays. Une opportunité de terrain que Défis Actuels, fidèle à sa réputation de magazine de référence sur les questions économiques camerounaises, entend pleinement saisir.
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À Djoungolo, Y’ello Care investit dans la santé maternelle et néonatale

Le 12 juin dernier, une visite de presse organisée à l’hôpital EPC de Djoungolo, à Yaoundé, a permis de mesurer ce que le programme « 21 Days of Y’ello Care » produit concrètement sur le terrain. La maternité de l’établissement est en pleine réhabilitation. Façade, plafonds, plomberie, espaces d’accueil, tout est en chantier. Des couveuses, des lits et des matelas sont attendus pour équiper un service de néonatologie qui n’existait pas vraiment jusqu’ici.
Ce qui distingue cette initiative des opérations classiques de mécénat, c’est ce que Danielle Mbomé Efoula, secrétaire exécutive de la Fondation MTN, a tenu à préciser lors de la visite. Le mécanisme Y’ello Care se distingue des projets traditionnellement financés par la Fondation en mettant l’accent sur l’engagement personnel des collaborateurs dans des actions à fort impact social au sein des communautés. Autrement dit, ce ne sont pas des prestataires rémunérés qui exécutent les travaux depuis un cahier des charges élaboré dans un bureau. Ce sont des employés de MTN qui s’impliquent directement, avec leur temps, leur présence et leur énergie.
Un format construit depuis 2007 à l’échelle du groupe
Le programme a été lancé en 2007 dans les différentes filiales du groupe MTN à travers le monde. Au Cameroun, il s’est ancré comme un rendez-vous annuel que les équipes de l’entreprise préparent et exécutent avec le soutien de partenaires extérieurs. La thématique de l’édition 2026 porte sur l’amélioration de l’accès aux soins de santé, ce qui explique le choix de la maternité de Djoungolo comme site d’intervention cette année.
L’initiative ne se limite pas à Yaoundé. MTN Cameroon déploie le dispositif simultanément dans plusieurs régions du pays, ce qui suppose une organisation interne capable de mobiliser des volontaires sur des sites géographiquement dispersés, dans un calendrier contraint de vingt et un jours.
Sur le terrain, l’impact se mesure en transferts évités
Le directeur de l’hôpital EPC de Djoungolo, le Dr Jean-Romuald Yomané, a mis des mots précis sur ce que l’absence d’équipements signifiait au quotidien pour son établissement. « Les femmes enceintes et les nouveau-nés demeurent les populations les plus vulnérables. Lorsque nous étions confrontés à des complications ou à des naissances prématurées, nous étions parfois contraints de référer les patientes ou les bébés vers d’autres structures, souvent en pleine nuit, faute d’équipements adaptés. Nous étions régulièrement obligés de transférer des nouveau-nés vers d’autres formations sanitaires en raison de l’absence de couveuses et d’un véritable service de néonatologie », a-t-il déclaré.
Le médecin se projette déjà sur ce que l’intervention de MTN rendra possible. « Avec les équipements prévus, notamment les couveuses, les lits, les matelas ainsi que la rénovation complète des locaux, nous pourrons désormais garder les bébés sur place et améliorer significativement leur prise en charge », a-t-il ajouté.
Un pari sur l’humain autant que sur l’image
Le choix de MTN de construire Y’ello Care autour du volontariat de ses employés plutôt que d’en faire un programme exclusivement piloté et financé par sa fondation n’est pas anodin. Il engage les salariés dans une relation directe avec les communautés où ils vivent et travaillent, et produit un type d’ancrage territorial que le simple transfert financier ne génère pas de la même façon. Pour une entreprise de télécommunications dont le modèle économique repose sur la confiance des populations locales, c’est aussi un investissement dans la durée.
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Socadel enclenche son redressement pour stabiliser le secteur électrique

Moins d’un mois après sa création, la Société camerounaise d’électricité (Socadel) a adopté ses premières mesures structurantes. Budget de 630 milliards de FCFA, réforme de la gouvernance, recherche de nouveaux financements et actions d’urgence pour sécuriser l’approvisionnement : le conseil d’administration entend remettre l’entreprise sur des bases plus solides tout en assurant la continuité du service public.
La nouvelle direction de la Société camerounaise d’électricité (Socadel) affiche ses priorités. Réuni le 28 mai 2026 à Yaoundé sous la présidence d’Antoine Ntsimi, son premier conseil d’administration a adopté une série de mesures destinées à engager le redressement de l’entreprise avec l’appui des pouvoirs publics.Dans un communiqué publié le 5 juin 2026, le conseil d’administration présente une feuille de route articulée autour de la réforme de l’entreprise, de son assainissement financier et de la sécurisation de l’approvisionnement en électricité.
Pour accompagner cette transformation, les administrateurs ont adopté un budget de 630 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. Selon le communiqué, 375 milliards de FCFA seront consacrés aux achats et au transport d’énergie ainsi qu’à l’approvisionnement en combustible, tandis que 74,6 milliards de FCFA seront affectés aux investissements. Le conseil précise également que ce budget permettra « d’apurer progressivement les engagements envers les fournisseurs et partenaires de l’entreprise, afin de restaurer la confiance, sécuriser la continuité du service et repartir sur des bases financières plus solides ».
Dans la même dynamique, le conseil a donné mandat au directeur général d’engager, sous la supervision du président du conseil d’administration, des négociations avec les bailleurs de fonds du secteur. L’objectif est de mobiliser de nouvelles ressources destinées à la restructuration de la dette financière, au refinancement de la trésorerie et au financement des investissements prioritaires.
Un redressement rendu nécessaire par des déséquilibres persistants
Cette offensive intervient alors que Socadel hérite d’un secteur confronté, depuis plusieurs années, à d’importantes tensions financières. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’ancien concessionnaire faisait face à un déficit structurel de trésorerie. Dans son analyse du secteur, l’institution indique qu’Eneo encaissait environ 31 milliards de FCFA par mois pour des obligations de service public dont le coût atteignait près de 44 milliards de FCFA. Le FMI estime ainsi que le retour à l’équilibre du secteur nécessiterait la mobilisation d’au moins 13 milliards de FCFA supplémentaires chaque mois.
Cette situation résulterait notamment d’un important déséquilibre entre les recettes de l’entreprise et ses charges, mais également des difficultés de recouvrement de certaines créances. Le FMI rappelle qu’à fin 2024, les arriérés de l’État envers Eneo représentaient plus de 2,1 % du PIB, soit environ 700 milliards de FCFA. Selon l’institution, cette situation contribuait à détériorer davantage la trésorerie de l’entreprise.Cette lecture est toutefois contestée par le rapport « Compact Energy Pays » du ministère de l’Eau et de l’Énergie. Selon ce document, l’ex-Eneo affichait plutôt un endettement global de 800 milliards de FCFA à la même période, dont 500 milliards de FCFA de dettes envers ses fournisseurs, pour environ 80 milliards de FCFA de créances.
Ces divergences d’appréciation illustrent la complexité des difficultés financières accumulées par l’opérateur au fil des années.Au-delà de ces débats, le recouvrement des consommations publiques demeure l’un des principaux points de fragilité du secteur. Dans une interview accordée à Investir au Cameroun en avril 2024, le directeur général d’Eneo de l’époque, Amine Homman Ludiye, indiquait que l’entreprise émettait chaque mois près de 7 milliards de FCFA de factures à destination des administrations et autres entités publiques. Les encaissements enregistrés au cours des deux premiers mois de cette année-là ne s’élevaient cependant qu’à 1,5 milliard de FCFA en janvier et 1,8 milliard de FCFA en février.
À ces difficultés s’ajoutent les pertes liées aux branchements clandestins et aux manipulations de compteurs. Selon des données recueillies auprès de l’ex-Eneo et de sources au ministère de l’Eau et de l’Énergie, ces pratiques occasionneraient plus de 60 milliards de FCFA de pertes chaque année, réduisant davantage les marges de manœuvre financières du secteur.
Assurer la continuité du service malgré les contraintes
Face à cet héritage complexe, le conseil d’administration de Socadel affirme vouloir faire de la continuité du service sa priorité immédiate. « Forte du soutien des pouvoirs publics, Socadel entend poursuivre son action auprès des usagers, des employés, des fournisseurs, des bailleurs de fonds et de l’ensemble de ses partenaires afin d’assurer la continuité du service public de l’électricité, tout en contribuant à la stabilité du secteur, conformément aux directives gouvernementales et en droite ligne des très hautes instructions du Chef de l’État », indique le communiqué.
Au-delà des mesures de gestion courante, ce premier conseil d’administration marque le lancement opérationnel de la nouvelle organisation du secteur électrique camerounais. La disparition d’Eneo, le retour de l’État au cœur du dispositif et la mise en place d’une nouvelle gouvernance traduisent la volonté des autorités de reprendre la main sur un secteur dont les difficultés financières pèsent depuis plusieurs années sur la qualité du service et la capacité d’investissement.
Le défi de Socadel sera désormais de transformer cette feuille de route en résultats concrets. Entre restructuration financière, restauration de la confiance des partenaires, mobilisation de nouveaux financements et amélioration de l’approvisionnement des ménages comme des industriels, la nouvelle entreprise publique devra démontrer sa capacité à rétablir durablement les équilibres d’un secteur stratégique pour l’économie camerounaise.
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