Actualités locales
deux leaders séparatistes arrêtés aux États-Unis et en Norvège
Pendant des années, le président Paul Biya a juré que les commanditaires de la violence dans nos régions anglophones seraient traduits en justice, où qu’ils se cachent. Les récentes arrestations de personnalités aux États-Unis et en Norvège ont prouvé que ses avertissements étaient tout sauf vains.
Depuis 2017, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sont en proie à un conflit meurtrier, initialement déclenché par les manifestations pacifiques de 2016 d’enseignants et d’avocats réclamant des réformes linguistiques et judiciaires.
Ces revendications ont donné naissance à un mouvement séparatiste armé revendiquant l’indépendance de l’« Ambazonie ». Certains analystes affirment que la réponse musclée du gouvernement a radicalisé les factions.
La crise a depuis dégénéré en un cycle d’atrocités : enlèvements contre rançon, incendies de villages, boycotts scolaires et actes de violence atroces, notamment la mutilation de civils surnommés « Garriing ».
Le président Biya a toujours présenté le conflit comme une lutte contre le terrorisme, tout en tendant des rameaux d’olivier aux combattants désireux de désarmer.
Lors de son discours de fin d’année 2020, il a lancé un appel aux pays qui accueillent des parrains séparatistes : «Tous ceux identifiés comme initiateurs ou complices de ces crimes odieux répondront de leurs actes.» Son discours de 2023 a adopté un ton plus ferme : «Pour ceux qui persistent dans leurs activités criminelles… le sort qui les attend n’est pas enviable.»
La responsabilité de la diaspora frappe fort
Cette semaine, la détermination de Biya s’est concrétisée à l’étranger. Dans le Maryland, Eric Tataw, surnommé « Maître Garri », a été inculpé par un grand jury fédéral américain pour complot visant à financer des milices ambazoniennes.
Tataw, influenceur sur les réseaux sociaux et fauteur de guerre comptant des dizaines de milliers d’abonnés, aurait financé des AK-47 pour les combattants séparatistes et incité à attaquer des civils. Ses publications glorifiaient le « petit Garri » (amputations de doigts) et le « grand Garri » (amputations ou meurtres de membres), ciblant la population civile.
Parallèlement, les autorités norvégiennes ont arrêté Lucas Cho Ayaba, ressortissant allemand et chef des Forces de défense d’Ambazonie (ADF), le 24 septembre 2024, soupçonné d’incitation à des crimes contre l’humanité. Ayaba, dont le groupe est accusé d’avoir orchestré des enlèvements et des raids dans des villages, risque jusqu’à 30 ans de prison s’il est reconnu coupable.
Ces deux arrestations soulignent l’engagement pris par Biya en 2021 de « s’assurer le soutien des États partenaires » pour lutter contre la désinformation et œuvrer pour la justice transnationale. S’ils sont reconnus coupables, les accusés encourent de lourdes peines.
Selon le ministère américain de la Justice, les chefs d’accusation incluent jusqu’à 15 ans de prison pour soutien matériel au terrorisme, trois ans pour réception de rançons et 20 ans pour complot en vue de blanchiment d’argent.
La stratégie de Biya repose sur le démantèlement des piliers financiers et idéologiques du mouvement séparatiste. Comme l’a réaffirmé le président Biya en 2021, lutter contre les « fausses informations » sur le bilan du Cameroun en matière de droits humains reste essentiel pour obtenir un soutien international.
Alors que les organisations humanitaires accusent les deux camps d’abus, ces arrestations marquent un tournant dans la responsabilisation des instigateurs de la diaspora. Pour Biya, la patience a été une arme.
Alors que les réseaux obscurs d’Ambazonie se fragmentent sous la surveillance internationale, son message résonne plus clairement que jamais : les commanditaires du chaos, quel que soit leur refuge, paieront le prix fort.
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Actualités locales
Pipeline Tchad-Cameroun : le droit de transit rapporte 222,2 milliards de FCFA en six ans

(Investir au Cameroun) – Entre 2020 et 2025, le Trésor public camerounais a encaissé 222,2 milliards de FCFA au titre du droit de transit du pétrole tchadien, selon les données compilées par le ministère des Finances dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027-2029. Rapporté aux six exercices concernés, ce montant représente une moyenne annuelle de 37 milliards de FCFA.
Dépourvu de façade maritime, le Tchad utilise l’oléoduc Tchad-Cameroun pour acheminer son pétrole brut jusqu’au terminal maritime situé au large de Kribi, dans la région du Sud. En contrepartie du passage du brut sur son territoire, le Cameroun perçoit une redevance calculée sur chaque baril transporté.
Une moyenne annuelle multipliée par près de 3,5
Les recettes enregistrées entre 2020 et 2025 traduisent un changement d’échelle par rapport aux premières années d’exploitation de l’oléoduc. Selon le Comité de pilotage et de suivi des pipelines (CPSP), le Cameroun avait encaissé 85,5 milliards de FCFA de droits de transit au cours des huit années ayant suivi la mise en service de l’infrastructure, le 3 octobre 2003.
La moyenne annuelle ressortait alors à environ 10,7 milliards de FCFA, contre 37 milliards sur la période 2020-2025. Elle a donc été multipliée par près de 3,5. Sur une période pourtant plus courte de deux ans, les recettes récentes dépassent de 136,7 milliards de FCFA celles des huit premières années.
Cette comparaison ne suffit cependant pas à décrire une progression exponentielle. Le rendement du pipeline dépend à la fois du tarif appliqué à chaque baril, des volumes effectivement transportés et du taux de change entre le dollar et le FCFA. En l’absence d’une ventilation annuelle détaillée des 222,2 milliards de FCFA, la contribution respective de ces différents facteurs ne peut pas être isolée.
Les 200 milliards de 2004-2013 couvrent une assiette plus large
COTCO, l’entreprise chargée de l’exploitation de la portion camerounaise de l’oléoduc, avait indiqué qu’environ 200 milliards de FCFA avaient été reversés au Trésor public entre 2004 et 2013.
Ce montant ne correspondait toutefois pas au seul droit de transit. Il intégrait également l’impôt sur les revenus ainsi que différents droits et taxes acquittés par l’entreprise. Il ne peut donc pas être directement comparé aux 222,2 milliards de FCFA enregistrés entre 2020 et 2025, qui se rapportent exclusivement à la redevance de transit.
La part exacte du droit de transit dans les 200 milliards de FCFA annoncés par COTCO n’avait pas été précisée. La comparaison la plus homogène reste ainsi celle établie avec les 85,5 milliards encaissés pendant les huit premières années d’exploitation.
Une nouvelle revalorisation attendue depuis octobre 2023
La progression des recettes a notamment été soutenue par la revalorisation du tarif de transit. Initialement fixé à 0,41 dollar par baril lors de la mise en service de l’oléoduc, celui-ci a été relevé en 2013, puis en 2018, pour atteindre 1,321 dollar par baril.
Selon le mécanisme convenu entre les parties, une nouvelle révision devait intervenir à compter du 1er octobre 2023. Aucune nouvelle valeur n’a cependant été rendue publique à ce jour.
Le pipeline continue, en attendant, d’alimenter les recettes publiques. À fin mai 2026, le Cameroun avait déjà encaissé 15,1 milliards de FCFA de droits de transit, selon le CPSP. Ce résultat ne permet pas encore de préjuger du montant qui sera enregistré sur l’ensemble de l’exercice, mais confirme le poids de cette infrastructure dans les revenus tirés par le Cameroun du transit du brut tchadien.
BRM
Lire aussi:
15-06-2026 – Pipeline Tchad-Cameroun : plus de 15 milliards de FCFA de droits de transit encaissés par le Cameroun à fin mai 2026
25-06-2026 – COTCO : l’ancien ministre tchadien Mahamat Assouyouti prend la présidence du conseil d’administration
20-01-2014 – Le pipeline Tchad-Cameroun a généré 200 milliards de FCfa au Trésor public camerounais en 10 ans
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