Actualités locales
polémique autour de l’attribution des titres traditionnels
Le débat de longue date sur l’attribution des titres traditionnels dans la région du Nord-Ouest a refait surface lors de la session de mars de l’Assemblée régionale du Nord-Ouest, attirant à nouveau l’attention des chefs traditionnels et des responsables administratifs.
Les membres de la Chambre des chefs ont réitéré leurs inquiétudes concernant le système actuel d’attribution des titres traditionnels, ce qui a engendré des tensions.
Préoccupations concernant les pratiques d’attribution des titres
La Chambre des chefs a critiqué ce qu’elle a décrit comme une approche aveugle et non coordonnée de l’attribution des titres par certaines autorités traditionnelles.
«La Chambre des chefs a condamné avec véhémence et fermeté cet acte, mais il persiste», a déclaré SAR Kulla Aaron, chef traditionnel d’Aba. Il a cité des incidents récents à Douala, dans le département de Momo et à Santa, où la Chambre a jugé inapproprié d’attribuer des titres à des individus.
Un cas de ce type concernait le chef traditionnel de Koshing, qui a décoré le président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o Fils, à Douala. La tenue vestimentaire et la manière de remettre les titres ont été jugées non conformes aux normes traditionnelles par la Chambre des Chefs.
Le gouverneur Lele rappelle à l’ordre
Le gouverneur Adolphe Lele Lafrique a abordé la question, citant des cas de litiges antérieurs suite à l’attribution de titres traditionnels. « Je me souviens encore de ce qui se passe lorsque les chefs traditionnels décorent les autorités en visite dans la région », a-t-il noté.
Tout en reconnaissant l’autonomie des chefs traditionnels dans la décoration des personnalités, le gouverneur Lele a souligné la nécessité que ces pratiques soient conformes aux coutumes établies.
« Désormais, en ce qui concerne les autres fons, le fon de Kom, par exemple, est libre de reconnaître ceux qu’il estime dignes de recevoir des titres. Seuls ses notables peuvent contester la décision », a-t-il déclaré. Cela souligne l’importance du respect des procédures internes du palais.
L’omission d’un titre prestigieux soulève des questions
Malgré les nombreuses critiques suscitées par les récentes attributions de titres, les observateurs ont souligné un silence notable concernant l’attribution controversée du titre de « Fon des Fons » au président Paul Biya il y a plusieurs décennies.
Selon plusieurs érudits traditionnels, ce titre n’a aucun fondement dans les coutumes de la région du Nord-Ouest.
Cette distinction prestigieuse suscite toujours le débat parmi les commentateurs culturels et le public depuis son attribution, mais les défenseurs actuels des réformes ne l’ont pas formellement remise en question.
Ce cas manque d’examen, ce qui soulève des inquiétudes quant à la responsabilité sélective et suggère que des considérations politiques influencent la contestation de certaines attributions de titres tandis que d’autres sont ignorées.
Appel à des procédures harmonisées
Pour relever les défis actuels, le gouverneur Lele a exhorté la Chambre des chefs à élaborer un cadre structuré pour l’attribution des titres.
«En ce qui concerne cette institution (l’Assemblée régionale), les fons doivent se réunir et proposer une solution concernant les titres traditionnels. Après avoir soumis leurs propositions à l’Assemblée sur la manière d’attribuer les titres, et une fois celles-ci adoptées, elles les mettront en œuvre», a-t-il proposé.
La controverse sur les titres traditionnels n’est pas nouvelle dans la région. Récemment, des titres ont été conférés sans consultation des conseils traditionnels ni des fons.
Les critiques affirment que de telles pratiques érodent la crédibilité de l’autorité traditionnelle et risquent de réduire des rituels culturels importants à des actes symboliques dénués de toute légitimité traditionnelle.
Alors que l’Assemblée régionale poursuit ses délibérations, l’attention reste focalisée sur la Chambre des chefs et les mesures qu’elle pourrait prendre pour répondre aux préoccupations soulevées.
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Actualités locales
Bananes : les exportations du Cameroun culminent à 122 001 tonnes au premier semestre 2026, en hausse de 17,6%

(Investir au Cameroun) – Entre janvier et juin 2026, le Cameroun a exporté une cargaison totale de 122 001 tonnes de bananes, selon les données compilées par l’Association bananière du Cameroun (Assobacam). Ces ventes sont en hausse de 21 437 tonnes en valeur absolue et de 17,6% en valeur relative, comparées aux 100 564 tonnes de bananes expédiées vers le marché international au premier semestre 2025.
Comme d’habitude, cette augmentation des exportations est portée par le groupe français Compagnie fruitière de Marseille. Dans le détail, la société des Plantations du haut Penja (PHP), première filiale locale de ce groupe agro-industriel et leader du marché de la banane au Cameroun, enregistre une augmentation de ces ventes de 15 410 tonnes (+18%) au premier semestre 2026. Selon l’Assobacam, les exportations de ce producteur sont ressorties à 86 267 à fin juin 2026, après 70 857 tonnes sur les six premiers mois de l’année 2025.
La performance de la Compagnie des bananes de Mondoni (CDBM), la 2è filiale du groupe Compagnie fruitière au Cameroun, est encore plus reluisante. Ce producteur a exporté 14 621 à fin juin 2026, après 9336 tonnes à la même période en 2025, révélant une hausse en glissement annuel de 5285 en valeur absolue, soit 36,1% en valeur relative.
La CDC toujours à la peine
Cumulativement, les deux filiales camerounaises de la Compagnie fruitière de Marseille affichent une hausse des exportations de 20 695 tonnes. Cette forte progression des ventes de PHP et de la CDBM peut s’expliquer non seulement par la bonne tenue de la production, mais aussi le rachat en octobre 2025 des actifs agricoles de Boh Plantations Plc – à l’exclusion des actions et du fonds de commerce – qui était jusque-là le quatrième opérateur de la filiale banane au Cameroun.
Au premier semestre 2025, cette entreprise également passée sous le contrôle de Compagnie Fruitière, affichait des exportations de 5592 tonnes, selon les données de l’Assobacam.
A côté des deux filiales du groupe français sus-mentionné, la Cameroon Development Corporation (CDC), l’agro-industriel public, a exporté 21 113 tonnes de bananes au premier semestre 2026. Ses ventes progressent de 742 tonnes (+3,5%) par rapport aux 20 371 tonnes expédiées vers le marché international au premier semestre 2025.
Mais, sur le seul mois de juin 2026, la CDC a vendu 3 085 tonnes sur le marché international, enregistrant son volume d’exportation le plus faible depuis le début de l’année.
La banane, grande pourvoyeuse de recettes d’exportation
Le niveau des exportations de ce producteur, deuxième employeur au Cameroun après l’État, continue de traduire les difficultés de la CDC à se relever de la crise socio-politique qui secoue les régions anglophones du pays depuis fin 2016. À cause des revendications séparatistes qui ont longtemps perturbé l’exploitation de ses sites situés notamment dans la région du Sud-Ouest, plusieurs plantations de bananes, d’hévéa et de palmiers à huile de cette société d’État sont restées à l’arrêt. Cette situation a entraîné une accumulation de pertes qui continue de peser sur la situation financière et les performances opérationnelles de l’entreprise.
A l’inverse, les autres producteurs que sont la PHP et la CDBM continuent de porter la filière locale, dont la hausse des exportations au premier semestre 2026 est synonyme d’augmentation de recettes, aussi bien pour les producteurs que l’Etat.
Pour rappel, la banane figure parmi les principaux pourvoyeurs des recettes d’exportation au Cameroun. En 2025, les ventes de ce fruit à l’international ont généré 67,7 milliards de FCFA de revenus au pays. Cette enveloppe est en hausse de 84,7% en glissement annuel, selon les chiffres de l’Institut national de la statistique (INS), l’organisme en charge de l’élaboration de la statistique officielle.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
23-12-2025 – Filière banane : PHP et CDBM, filiales de la Compagnie fruitière de Marseille, rachètent les actifs de Boh Plantations
10-07-2026 – Bananes : la baisse des ventes de la CDC fait reculer les exportations du Cameroun à 15 554 tonnes en juin 2026
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Dette intérieure : SONARA, Camair-Co et CAMTEL concentrent 93 % d’un encours hors SOCADEL

(Investir au Cameroun) – La Sonara, Camair-Co et CAMTEL concentrent 297,3 milliards de FCFA de dette intérieure directe à fin juin 2026, soit 93 % des 319,6 milliards recensés pour les entreprises et établissements publics. Ce ratio, calculé parInvestir au Camerounà partir des données de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ne couvre toutefois ni la dette flottante ni celle de la Société camerounaise d’électricité (Socadel), encore en cours d’évaluation.
L’encours étudié est resté stable par rapport à mai. Il recule néanmoins de 0,8 % sur trois mois et de 8,3 % sur un an. Ces évolutions concernent exclusivement la dette intérieure directement contractée par les entités publiques, hors autres engagements suivis séparément par la CAA.
La SONARA porte près de 60 % de l’encours
Avec 191,3 milliards de FCFA, la Société nationale de raffinage demeure, de loin, l’entité publique la plus endettée sur ce compartiment. Elle porte à elle seule 59,9 % de l’encours total.
La CAA ventile cette dette entre 162,4 milliards de FCFA d’engagements bancaires et 28,8 milliards de dette fournisseur. L’addition des montants arrondis aboutit à 191,2 milliards, soit un écart de 100 millions de FCFA par rapport au total publié, probablement imputable aux arrondis opérés dans le document.
L’encours de la raffinerie a néanmoins diminué de 8,2 milliards de FCFA depuis décembre 2025, lorsqu’il atteignait 199,5 milliards. Ce recul de 4,1 % intervient alors que la SONARA reste engagée dans le processus de financement de sa réhabilitation, après l’incendie qui a interrompu ses activités de raffinage en mai 2019.
Camair-Co arrive en deuxième position avec 62,4 milliards de FCFA, soit 19,5 % de l’encours. Ce montant n’a pas varié depuis décembre 2025. CAMTEL complète le trio avec 43,6 milliards, représentant 13,6 % du total. La dette intérieure de l’opérateur public des télécommunications a reculé de 5,9 milliards en un an, soit 11,9 %, par rapport aux 49,5 milliards enregistrés à fin juin 2025.
Les autres entités publiques ne concentrent ensemble que 22,3 milliards de FCFA, soit 7 % du portefeuille. La Cameroon Development Corporation affiche 9,4 milliards, devant le FEICOM, avec 7,6 milliards, Camwater, avec 5,2 milliards, et le Port autonome de Douala, dont l’encours est ramené à 100 millions de FCFA.
Une dette flottante de 156,5 milliards traitée séparément
Le ratio de 93 % ne tient pas compte de la dette flottante des entreprises et établissements publics. Suivi séparément par la CAA, cet encours atteint 156,5 milliards de FCFA à fin juin 2026, en baisse de 19,5 % sur un an.
La dette fiscalo-douanière en constitue 68,6 %, soit environ 107,4 milliards de FCFA. Elle est suivie de la dette commerciale, qui représente 21,3 %, soit 33,3 milliards. La dette académique pèse environ 13 milliards, ou 8,3 % du total, tandis que la dette sociale est évaluée à 2,8 milliards, soit 1,8 %.
Cette ventilation montre que les obligations des entités publiques ne se limitent pas aux emprunts bancaires et aux fournisseurs comptabilisés dans la dette directe. Elles comprennent également des impôts, droits de douane, cotisations sociales et autres engagements accumulés dans le fonctionnement courant.
Socadel laisse encore la photographie incomplète
La CAA précise que les 319,6 milliards de FCFA n’intègrent pas encore la dette de Socadel, issue de la renationalisation de l’ancien opérateur Eneo. Les travaux d’évaluation de ce passif restent en cours, sur la base d’une estimation provisoire d’environ 800 milliards de FCFA.
Pris isolément, ce montant indicatif représente deux fois et demie l’ensemble de la dette intérieure directe actuellement recensée pour les entreprises et établissements publics. Il ne peut cependant pas être ajouté mécaniquement aux 319,6 milliards, tant que la CAA n’a pas arrêté son périmètre et distingué les engagements bancaires, fournisseurs, fiscaux, sociaux ou éventuellement croisés avec d’autres entités publiques.
Les 93 % concentrés par la Sonara, Camair-Co et CAMTEL décrivent donc fidèlement le portefeuille actuellement publié par la CAA, mais pas encore l’exposition financière complète du secteur public marchand. L’intégration de Socadel pourrait profondément modifier cette hiérarchie.
Amina Malloum
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