Un nouveau drame a secoué la région anglophone du Cameroun. Des combattants séparatistes sont accusés d’avoir tué un jeune homme à Ekona, dans ce qui ressemble à une exécution sommaire. Identifié dans un premier temps comme Boris, des doutes ont rapidement émergé sur son identité réelle. Plusieurs sources sur les réseaux sociaux affirment qu’il s’agirait en réalité de Kogge Blaise Dewah, le petit frère de Boris.
Un meurtre sur fond de trahison présumée
Selon les premiers témoignages, les séparatistes auraient accusé la victime d’être un « blackleg » — un terme utilisé pour désigner les traîtres à leur cause. Ils pensaient qu’il avait joué un rôle dans l’arrestation de leur chef, Angaiboh Luther, aussi connu sous le nom de « Commandant Luther », par l’armée camerounaise le mardi 8 avril 2025.
Mais un commentaire publié sur la page deCameroon News Agencypar un internaute nommé Shar Bliink remet en question cette version. Il affirme que la personne tuée est Kogge Blaise Dewah, le frère cadet de Boris, et non Boris lui-même. Cette confusion montre à quel point il est difficile de vérifier les faits dans les zones touchées par le conflit.
Malgré cela, l’accusation principale reste la même : une supposée trahison liée à l’arrestation de Luther. Les commentaires sur les réseaux sociaux montrent aussi à quel point les tensions sont vives. Jude Kinyuy écrit : « Tous ceux qui refusent de leur donner de l’argent sont des blacklegs. Croire encore en Amba aujourd’hui, c’est être complètement à côté de la plaque. »
Un autre internaute, Nsom Cleto Nkain, ajoute : « Les anglophones se tuent entre eux. Amba, c’est la pire erreur qu’on ait jamais faite. »
Des propos qui traduisent le désenchantement et la fracture qui s’approfondit dans la communauté.
De son côté, Matthew Nguh s’interroge : « Pourquoi les anglophones se détestent-ils autant ? » Une question qui résume bien la douleur et la tristesse ressenties face à ces violences fratricides.
Un enchaînement de morts inquiétant
Après l’arrestation du Commandant Luther, tout s’est accéléré. Celui-ci aurait contacté ses proches, dont un combattant surnommé « Never Lack », ce qui a déclenché une confrontation. Never Lack a été tué le mercredi suivant. Le lendemain, Luther a lui aussi été retrouvé mort, aux côtés de deux autres hommes : Prosper et Dada.
Les circonstances de leur décès restent floues. Certains parlent d’exécutions sommaires après l’arrestation de Luther par l’armée. Difficile, une fois de plus, d’avoir des certitudes.
Une crise qui dure et déchire
Ces événements tragiques s’inscrivent dans un conflit bien plus large : la crise anglophone qui secoue le Cameroun depuis plusieurs années. À l’origine, il s’agissait de revendications contre la marginalisation des régions anglophones, dans des domaines comme l’éducation ou la justice. Mais depuis 2016, la répression des manifestations a entraîné une radicalisation d’une partie de la population, menant à la naissance de groupes séparatistes armés.
Depuis, la violence ne cesse de monter, avec son lot de victimes, de déplacés et d’accusations de violations des droits humains venant de toutes les parties impliquées.
Informateurs et civils en danger
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes tirent la sonnette d’alarme sur les dangers qui pèsent sur les civils accusés d’être des informateurs, souvent à tort.
Thomas Edison résume la situation ainsi : « Si tu bosses comme informateur pour l’un ou l’autre camp, tu deviens une cible directe. Tu es vulnérable et sans protection. »
Mais dans les faits, de nombreuses victimes n’avaient aucun lien avec les belligérants.
Abdulai Aliyu résume tristement : « L’armée tue les amba, et les amba tuent les civils. Voilà à quoi ressemble la guerre d’Ambazonie. »
Un autre internaute, Babila Yannick Issa, raconte sa propre douleur : « Ce n’est pas la première fois. Un très bon ami à moi a été décapité par les séparatistes d’Ekona en octobre dernier. Il venait du nord. Qu’Allah nous fasse justice. »
Des témoignages bouleversants qui montrent que la violence dépasse les clivages régionaux.
Un climat de plus en plus lourd
Peu importe l’identité exacte de la victime tuée à Ekona, cet acte montre une fois de plus les divisions internes et la violence qui rongent le mouvement séparatiste lui-même. L’arrestation puis la mort du Commandant Luther, la mort de ses proches, et maintenant celle d’un civil accusé de trahison, révèlent un climat de suspicion et de règlement de comptes permanent.
Au milieu de tout ça, des familles entières sont brisées. La mère de Luther, par exemple, attendait encore d’être enterrée au moment où son fils trouvait la mort. Un drame dans le drame, qui en dit long sur la souffrance des communautés prises au piège d’un conflit sans fin.














