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Mobile Money : avec au moins 5% de contribution au PIB, le Cameroun talonne le Kenya, roi de ce service dans le monde

(Investir au Cameroun) – Selon GSMA, association internationale représentant les intérêts de plus de 750 opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile de 220 pays dans le monde, la contribution des services mobile money dans le PIB du Cameroun atteint au moins 5% ces dernières années. «En Afrique centrale, le Cameroun, le Congo et le Gabon ont chacun enregistré une contribution comprise entre 5% et 8%. En Afrique australe, où le mobile money est moins implanté, sa contribution au PIB reste généralement inférieure à 5%», peut-on lire dans le «rapport sur l’état de l’industrie du Mobile Money en 2025 », que vient de publier cet organisme.
Les données de GSMA révèlent surtout qu’avec un tel niveau de contribution à la formation du PIB, le Cameroun talonne les principaux terreaux du mobile money en Afrique de l’Ouest, mais surtout le Kenya. Ce pays d’Afrique de l’Est est reconnu comme étant à la fois le roi et le pionnier des paiements via le téléphone mobile dans le monde, grâce au lancement, en 2007, du service M-Pesa par l’opérateur de téléphonie mobile Safaricom.
«Le mobile money a eu un impact plus important sur le PIB des pays d’Afrique de l’Ouest que sur le reste du continent.(…) Au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Sénégal et au Libéria, le mobile money a contribué à plus de 5% du PIB. En Afrique de l’Est, il a contribué à plus de 5% au PIB du Kenya, du Rwanda, de l’Ouganda et de la Tanzanie», détaille le rapport de GSMA.
71% des transactions de la Cemac
L’impact du mobile money sur le PIB du Cameroun ces dernières années n’est pas surprenant, au regard de l’évolution du niveau d’utilisation de ce service par les populations. En effet, l’utilisation du mobile money a «particulièrement augmenté» au Cameroun, passant de 29,9% en 2017 à 42,7% en 2022, pour l’ensemble de la population âgée de 15 ans ou plus. Tels sont les résultats de la 5e Enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam 5), rendus publics le 24 avril 2024 par l’Institut national de la statistique (INS). Ces chiffres de l’organisme en charge de l’élaboration de la statistique officielle au Cameroun révèlent ainsi une augmentation de 12,8% en cinq ans.
Cette percée du mobile money au Cameroun fait du pays le leader de cette activité dans la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RCA et Tchad). En effet, selon le rapport sur les services de paiement dans cet espace communautaire en 2022, publié par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le Cameroun est le pays où est effectuée la majorité des transactions mobile money, tant en nombre (71%, soit 1,7 milliard d’opérations) qu’en valeur (55%, soit 59 003 milliards de FCFA).
La locomotive économique de la Cemac est suivie du Congo, qui occupe la deuxième place en nombre de transactions (15%, soit 364 millions de transactions), tandis que le Gabon vient en deuxième position en termes de valeur des transactions (15%, soit 16 164 milliards de FCFA).
Brice R. Mbodiam
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26-04-2024 - Mobile Money : en 5 ans, le nombre d’utilisateurs augmente de 12,8% au Cameroun (INS) |
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Dette rétrocédée : CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % d’un encours de 845 milliards de FCFA

(Investir au Cameroun) – A fin juin 2026, l’encours des prêts extérieurs contractés par l’État camerounais puis rétrocédés à 11 entreprises et établissements publics s’établit à 845,2 milliards de FCFA, soit 2,4 % du PIB. Selon la dernière Conjoncture mensuelle de la dette publique de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ces financements couvrent 43 projets, principalement dans les télécommunications, l’eau, l’électricité, le logement et l’agro-industrie.
Cet encours recule de 3,7 % sur un an et de 2,9 % par rapport à fin mai 2026. Il augmente toutefois de 20,2 milliards de FCFA, soit 2,4 %, comparativement aux 825 milliards enregistrés à fin mars 2026.
CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % de l’encours
La dette rétrocédée demeure fortement concentrée. CAMTEL affiche le premier encours, avec 230,4 milliards de FCFA, notamment au titre des projets de déploiement du réseau national à haut débit et d’extension du backbone national. L’entreprise publique de télécommunications représente ainsi 27,3 % du portefeuille.
CAMWATER suit avec 194,9 milliards de FCFA, correspondant principalement à des programmes d’adduction d’eau potable, de réhabilitation des installations et d’extension des réseaux dans plusieurs villes. Sa part atteint 23,1 %.
Ensemble, CAMTEL et CAMWATER concentrent 425,3 milliards de FCFA, soit 50,3 % de l’encours total, selon les calculs effectués à partir des données de la CAA.
La Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) arrive en troisième position avec 134,9 milliards de FCFA, notamment pour la remise à niveau du réseau de transport d’électricité. Elle est suivie par Electricity Development Corporation (EDC), qui affiche 112,1 milliards de FCFA liés, entre autres, au barrage de Lom Pangar et aux programmes de développement hydroélectrique sur la Sanaga.
Ces quatre opérateurs cumulent 672,3 milliards de FCFA, soit 79,5 % de l’ensemble de la dette rétrocédée. Des encours plus modestes sont portés par la Sodecoton, avec 27,4 milliards de FCFA, CAMPOST, avec 17,1 milliards, et la Société immobilière du Cameroun, avec 16,8 milliards.
Un passif de l’État distinct de la dette directe des entreprises
La rétrocession permet à une entreprise publique de bénéficier des conditions de financement négociées par l’État auprès d’un bailleur extérieur. Le gouvernement contracte le prêt en son nom, puis transfère les ressources à l’entité chargée de réaliser le projet, dans le cadre d’une convention de rétrocession.
Cette catégorie doit être distinguée de la dette directement contractée par les entreprises et établissements publics auprès de banques, de fournisseurs ou d’autres créanciers. Dans la nomenclature de la CAA, les 845,2 milliards de FCFA restent intégrés à la dette extérieure de l’administration centrale, puisque l’État demeure l’emprunteur vis-à-vis des bailleurs.
Les engagements cumulés correspondant aux 43 projets atteignent 1 574 milliards de FCFA. L’encours représente ainsi 53,7 % de cette enveloppe. Ce ratio ne peut toutefois pas être interprété comme la part exacte restant à rembourser sur des financements qui auraient tous été décaissés.
Les engagements peuvent intégrer des ressources non encore tirées. Par ailleurs, plusieurs prêts sont libellés en dollars, en euros, en yuans ou en droits de tirage spéciaux. Leur contre-valeur en FCFA peut donc évoluer sous l’effet des variations de change, indépendamment des remboursements effectués.
La baisse annuelle ne mesure pas uniquement les remboursements
L’encours a diminué de 32,8 milliards de FCFA par rapport à juin 2025, lorsqu’il atteignait environ 878 milliards. Cette contraction ne permet cependant pas d’affirmer que les bénéficiaires ont remboursé un montant équivalent au cours de la période.
L’évolution d’un encours résulte simultanément des amortissements, des nouveaux décaissements et des variations de change. La hausse de 20,2 milliards de FCFA observée entre mars et juin 2026, malgré la baisse enregistrée sur un an, illustre ces mouvements.
Une partie des prêts remonte par ailleurs à plusieurs années. Certaines conventions bénéficiant à CAMTEL ont été signées en 2007, 2009, 2012 et 2015, tandis que plusieurs financements de CAMWATER datent de la période 2007-2018. La persistance de ces encours traduit la longue maturité des prêts mobilisés pour les infrastructures publiques.
La publication de la CAA ne précise toutefois pas, pour chaque bénéficiaire, les remboursements effectués au premier semestre 2026, les éventuels arriérés envers l’État ou les sommes que le Trésor aurait dû prendre en charge à leur place. L’encours de 845,2 milliards de FCFA mesure donc le volume des financements encore comptabilisés, mais ne suffit pas, à lui seul, à évaluer la qualité du remboursement de chaque entreprise publique.
Amina Malloum
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