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Marché secondaire de la BEAC : la pension livrée propulse les transactions à près de 21 500 milliards en 2024

(Investir au Cameroun) – Moribond jusqu’à pratiquement l’année 2021, le marché secondaire des titres publics mis en place par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), l’institut d’émission des pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA), est de plus en plus dynamique. Selon les données officielles, ce dynamisme coïncide avec l’appropriation de la pension livrée par les banques agréées comme spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) sur ce marché, et qui sont détentrices des valeurs émises par les États sur le marché primaire.
Par définition, la pension livrée est une technique de financement interbancaire caractérisée par un échange de titres négociables contre de la trésorerie, pour une période déterminée. Cette transaction exige la signature d’une convention-cadre entre les parties. La convention permet au prêteur de se voir automatiquement transférer la propriété des titres mis en garantie par l’emprunteur, une fois la date du remboursement de la créance échue. «On n’a même pas besoin d’aller devant un tribunal pour obtenir ce transfert de propriété», fait remarquer un habitué de ce type d’opération.
En dépit des garanties de bonne fin des transactions qu’offre ce mécanisme de financement, il ne faisait pas beaucoup courir les banquiers depuis l’approbation par le Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, le 18 décembre 2014 à Douala, du «dispositif juridique et réglementaire régissant la pension livrée». Mais, ces dernières années, la pension livrée est devenue la reine des transactions sur le marché secondaire des titres publics. Loin devant les opérations d’achats-ventes des titres et les transferts franco des titres, c’est-à-dire sans contrepartie en espèces entre les investisseurs. Les trois catégories d’opérations admises sur ce compartiment du marché sous-régional des titres publics ont officiellement totalisé près de 21 500 milliards de FCFA en 2024.
Dans le détail, selon le rapport de politique monétaire que vient de publier la banque centrale, les transactions via la pension livrée sur le marché secondaire des titres publics de la BEAC totalisent 9121 milliards de FCFA (4 696,5 milliards pour les opérations d’achats-ventes et 7660 milliards pour les transferts franco) en 2024, contre 5263,4 milliards de FCFA en 2023. En 2021, le montant de ces opérations culmine à seulement 833,7 milliards de FCFA. Ce qui signifie que sur une période de quatre ans, la valeur des transactions via la pension livrée sur le marché secondaire des titres de la BEAC a été multiplié par plus de dix.
Le diktat des banques-SVT
La ruée des banques vers la pension livrée est d’autant plus compréhensible que ce mode de financement leur permet de respecter l’obligation réglementaire qui leur est faite d’animer le marché secondaire des valeurs du Trésor, en y cédant annuellement au moins 30% des titres publics acquis sur le marché primaire. Mais, en même temps, le recours systématique à la pension livrée par de nombreuses banques opérant sur le marché des titres comme SVT entretient le diktat des banques sur le marché. Au détriment des personnes physiques et autres investisseurs non bancaires pouvant pourtant contribuer à dynamiser davantage le marché secondaire des titres publics.
En effet, en préférant se céder les titres entre eux, au détriment des investisseurs institutionnels et personnes physiques, les SVT dopent certes les transactions, mais ils bloquent en même temps le jeu en caporalisant le marché secondaire. En conséquence, au 31 décembre 2024, ces acteurs du marché détenaient à eux seuls 62,2% des valeurs du Trésor en circulation dans la zone Cemac, contre 19,4% pour les investisseurs institutionnels (sociétés d’assurance, fonds de pensions, etc.) et respectivement 13,1% et 3,1% pour les établissements de crédit non SVT et les personnes physiques.
«Cette situation s’explique notamment par l’appropriation et le respect du principe de ségrégation des avoirs par les SVT et les banques n’ayant pas ce statut, qui enregistrent les titres acquis pour le compte des investisseurs dans les comptes dédiés à ces derniers ; les niveaux des taux d’intérêt et de rendement des titres, qui sont jugés encore faibles par certains investisseurs institutionnels, ce qui limitent leur incitation à souscrire notamment aux BTA ; la faible culture financière des agents économiques (investisseurs institutionnels et particuliers), qui demeurent très peu imprégnés des opportunités de placements offerts sur le marché des valeurs du Trésor», explique la banque centrale.
Brice R. Mbodiam
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« le FSNC est désormais hors-jeu, ce qui est naturellement regrettable pour notre démocratie »

Armand Noutack II, l’ancien militant du MRC, demande à la députée Nourane Foster de prier pour le blocage d’Odza.
La suspension du FSNC, parti politique d’Issa Tchiroma, fait partie de l’actualité brûlante au Cameroun en ce moment. C’est donc tout naturellement que les commentaires et réactions des uns et des autres se multiplient sur la question. Armand Noutack II, qui trouve cette décision regrettable pour la démocratie, en profite pour passer un message à Nourane Foster, députée démissionnaire du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN).
« Le FSNC est désormais hors-jeu, ce qui est naturellement regrettable pour notre démocratie. La « députée PCRN qui se dit désormais du Paris Saint-Germain » doit maintenant prier, jeûner et si possible faire même des rituels pour le blocage de Odza, ainsi son fauteuil sera assuré au Parlement. Exactement comme avec le boycott de 2020. Depuis son départ, elle fait les yeux doux aux CAVERNEUX NAÏFS de ODZA tout en espérant, en PRIANT jour et nuit, que le Moulinex leur donne un coup de pied aux fesses avant 2027 », écrit-il.
À titre de rappel, le FSNC a été suspendu hier, le 27 octobre 2026, par le ministère de l’Administration territoriale. Il est reproché au parti, l’appel à l’insurrection, l’atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale, l’incitation à la violence ayant occasionné des destructions de biens publics et privés, des troubles graves à l’ordre public et la résidence de l’un des dirigeants statutaires à l’étranger.
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« voilà où mène le manque de discernement »

L’ex-secrétaire général du FSNC Jeanne Nsoga approuve la suspension du parti politique d’Issa Tchiroma.
Sur sa page Facebook, Jeanne Nsoga, l’ancienne secrétaire générale du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), donne son avis sur la suspension de ex-parti politique. Elle pense que ladite suspension signée par Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), est normale. Elle affirme que le parti politique d’Issa Tchiroma fait autre chose que la politique.
« Ce document devrait être affiché dans toutes les écoles de formation politique au Cameroun. La politique ne consiste pas à sacrifier la jeunesse sur l’autel de ses ambitions puériles. Ce n’est pas ça, faire de la politique. Faire de la politique, c’est construire un chemin pour la jeunesse. Pas l’envoyer au feu pour brûler à sa place. Des Camerounais l’ont fait en 1990. Les choix étaient assumés, aucun n’a quitté le navire, parce qu’aucun n’avait sacrifié un autre. Voilà où mène le manque de discernement : quand on appelle à l’insurrection depuis un salon climatisé, ce sont les enfants des autres qui se retrouvent devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Quand on confond le courage avec la provocation, ce sont les jeunes qui paient, avec leur avenir, leur casier judiciaire, leur liberté. L’arrêté du MINAT suspendant le FSNC pour 3 mois ce 27 octobre 2026 n’est pas qu’une sanction administrative. C’est le constat d’un échec moral. On ne joue pas avec la colère d’un peuple. On ne surfe pas sur la frustration des jeunes comme on surfe sur une vague. Parce que quand la vague retombe, ce sont eux qui se noient. La vraie grandeur en politique, c’est de savoir retenir son camp quand il veut tout casser. Pas de l’exciter pour exister. Au-delà des partis, il y a une leçon », a-t-elle écrit.
À titre de rappel, le FSNC parti politique d’Issa Tchiroma a été suspendu hier 27 octobre 2026 par le ministre de l’Administration territoriale. La suspension s’étend sur une période de trois mois. Il est reproché au parti, l’appel à l’insurrection, l’atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale, l’incitation à la violence ayant occasionné des destructions de biens publics et privés, des troubles graves à l’ordre public et la résidence de l’un des dirigeants statutaires à l’étranger.
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