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Voici pourquoi des soldats camerounais désertent pour combattre en Ukraine et en Russie

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Voici pourquoi des soldats camerounais désertent pour combattre en Ukraine et en Russie
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Selon une analyse récente de l’Institut d’études de sécurité (ISS), un nombre croissant de soldats camerounais quitteraient leur poste pour rejoindre la guerre en cours en Ukraine et en Russie.

Ce rapport, qui cite une déclaration du 7 mars du ministre camerounais de la Défense, détaille une tendance à la désertion militaire qui s’est accentuée depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.

L’ISS note que, bien que la désertion au sein des forces armées camerounaises ne soit pas nouvelle, elle est désormais particulièrement alarmante en raison de la guerre russo-ukrainienne.

Selon l’ISS, les soldats camerounais s’enrôlent désormais soit comme « volontaires étrangers » combattant pour l’Ukraine, soit comme « tirailleurs de Poutine » ayant signé des contrats pour combattre aux côtés des troupes russes.

Cette évolution intervient dans un contexte de défis sécuritaires persistants au Cameroun, notamment l’insurrection de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, le conflit transfrontalier dans l’Est et le conflit séparatiste anglophone en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Selon les experts, ces conflits ont permis à l’armée camerounaise d’acquérir une plus grande expérience du combat et certains d’entre eux sont désormais des traditions qui mettent à profit leurs compétences pour des sommes lucratives.

Un problème de longue date

Le problème de la désertion au sein de l’armée camerounaise remonte au moins à la fin des années 2010, lorsque des officiers d’élite ont accepté des offres lucratives pour assurer la sécurité privée au Moyen-Orient.

Selon les données de l’ISS, entre 300 et 800 soldats avaient déserté en 2018. En 2020, des rapports indiquaient que 637 soldats risquaient d’être licenciés pour absence non autorisée.

«Ce qui caractérise cette vague de désertions, c’est que des soldats abandonnent leurs postes pour rejoindre une zone de guerre de haute intensité», écrit l’ISS.

Grâce à ses réseaux locaux de recruteurs, la Russie a attiré de nombreux soldats camerounais. Certains, interrogés par l’Institut d’études de sécurité (ISS), ont déclaré percevoir des salaires mensuels compris entre 1,2 million de francs CFA (1 976 $ US) et 1,5 million de francs CFA (2 479 $ US), les spécialistes percevant au moins 2 millions de francs CFA (3 294 $ US) », a indiqué l’ISS.

Professionnalisme de l’armée camerounaise

Le groupe de réflexion soutient que ces désertions sont une conséquence involontaire de la professionnalisation des forces armées camerounaises, un processus amorcé par une série de réformes gouvernementales à partir de 2001.

Le passage du service obligatoire à une armée professionnelle sous contrat a transformé la nature de l’armée camerounaise.

Citant le sociologue français Augustin Hamon, l’ISS a noté que les soldats considèrent désormais l’armée comme une source de revenus plutôt que comme un devoir patriotique, ce qui a progressivement transformé l’armée en une main-d’œuvre techniquement qualifiée et expérimentée au combat.

Dans la structure actuelle de l’armée, les contrats des soldats durent trois ans pour les engagés et dix ans pour les officiers. Pourtant, la plupart des soldats sont automatiquement réengagés à la fin de leur contrat, souvent à leur insu, a déclaré un officier supérieur camerounais à l’ISS.

Le rapport reconnaît que l’écart de rémunération entre le service militaire national et le service militaire à l’étranger est un facteur déterminant de ces décisions.

Au Cameroun, un soldat de deuxième classe perçoit un salaire mensuel de base de 51 880 XAF (85 $ US) après deux ans de service. En cas de déploiement en zone de combat, il peut percevoir 90 000 XAF (148 $ US) supplémentaires d’indemnités.

Mais en Russie, ils gagnent au moins 2 000 $ US par mois pour un déploiement en première ligne – une offre décrite par un officier camerounais interrogé par l’ISS comme une « souffrance en or ».

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Dette rétrocédée : CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % d’un encours de 845 milliards de FCFA

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Dette rétrocédée : CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % d’un encours de 845 milliards de FCFA
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(Investir au Cameroun) – A fin juin 2026, l’encours des prêts extérieurs contractés par l’État camerounais puis rétrocédés à 11 entreprises et établissements publics s’établit à 845,2 milliards de FCFA, soit 2,4 % du PIB. Selon la dernière Conjoncture mensuelle de la dette publique de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ces financements couvrent 43 projets, principalement dans les télécommunications, l’eau, l’électricité, le logement et l’agro-industrie.

Cet encours recule de 3,7 % sur un an et de 2,9 % par rapport à fin mai 2026. Il augmente toutefois de 20,2 milliards de FCFA, soit 2,4 %, comparativement aux 825 milliards enregistrés à fin mars 2026.

CAMTEL et CAMWATER concentrent 50,3 % de l’encours

La dette rétrocédée demeure fortement concentrée. CAMTEL affiche le premier encours, avec 230,4 milliards de FCFA, notamment au titre des projets de déploiement du réseau national à haut débit et d’extension du backbone national. L’entreprise publique de télécommunications représente ainsi 27,3 % du portefeuille.

CAMWATER suit avec 194,9 milliards de FCFA, correspondant principalement à des programmes d’adduction d’eau potable, de réhabilitation des installations et d’extension des réseaux dans plusieurs villes. Sa part atteint 23,1 %.

Ensemble, CAMTEL et CAMWATER concentrent 425,3 milliards de FCFA, soit 50,3 % de l’encours total, selon les calculs effectués à partir des données de la CAA.

La Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) arrive en troisième position avec 134,9 milliards de FCFA, notamment pour la remise à niveau du réseau de transport d’électricité. Elle est suivie par Electricity Development Corporation (EDC), qui affiche 112,1 milliards de FCFA liés, entre autres, au barrage de Lom Pangar et aux programmes de développement hydroélectrique sur la Sanaga.

Ces quatre opérateurs cumulent 672,3 milliards de FCFA, soit 79,5 % de l’ensemble de la dette rétrocédée. Des encours plus modestes sont portés par la Sodecoton, avec 27,4 milliards de FCFA, CAMPOST, avec 17,1 milliards, et la Société immobilière du Cameroun, avec 16,8 milliards.

Un passif de l’État distinct de la dette directe des entreprises

La rétrocession permet à une entreprise publique de bénéficier des conditions de financement négociées par l’État auprès d’un bailleur extérieur. Le gouvernement contracte le prêt en son nom, puis transfère les ressources à l’entité chargée de réaliser le projet, dans le cadre d’une convention de rétrocession.

Cette catégorie doit être distinguée de la dette directement contractée par les entreprises et établissements publics auprès de banques, de fournisseurs ou d’autres créanciers. Dans la nomenclature de la CAA, les 845,2 milliards de FCFA restent intégrés à la dette extérieure de l’administration centrale, puisque l’État demeure l’emprunteur vis-à-vis des bailleurs.

Les engagements cumulés correspondant aux 43 projets atteignent 1 574 milliards de FCFA. L’encours représente ainsi 53,7 % de cette enveloppe. Ce ratio ne peut toutefois pas être interprété comme la part exacte restant à rembourser sur des financements qui auraient tous été décaissés.

Les engagements peuvent intégrer des ressources non encore tirées. Par ailleurs, plusieurs prêts sont libellés en dollars, en euros, en yuans ou en droits de tirage spéciaux. Leur contre-valeur en FCFA peut donc évoluer sous l’effet des variations de change, indépendamment des remboursements effectués.

La baisse annuelle ne mesure pas uniquement les remboursements

L’encours a diminué de 32,8 milliards de FCFA par rapport à juin 2025, lorsqu’il atteignait environ 878 milliards. Cette contraction ne permet cependant pas d’affirmer que les bénéficiaires ont remboursé un montant équivalent au cours de la période.

L’évolution d’un encours résulte simultanément des amortissements, des nouveaux décaissements et des variations de change. La hausse de 20,2 milliards de FCFA observée entre mars et juin 2026, malgré la baisse enregistrée sur un an, illustre ces mouvements.

Une partie des prêts remonte par ailleurs à plusieurs années. Certaines conventions bénéficiant à CAMTEL ont été signées en 2007, 2009, 2012 et 2015, tandis que plusieurs financements de CAMWATER datent de la période 2007-2018. La persistance de ces encours traduit la longue maturité des prêts mobilisés pour les infrastructures publiques.

La publication de la CAA ne précise toutefois pas, pour chaque bénéficiaire, les remboursements effectués au premier semestre 2026, les éventuels arriérés envers l’État ou les sommes que le Trésor aurait dû prendre en charge à leur place. L’encours de 845,2 milliards de FCFA mesure donc le volume des financements encore comptabilisés, mais ne suffit pas, à lui seul, à évaluer la qualité du remboursement de chaque entreprise publique.

Amina Malloum

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