Bandy Kiki, alias « Shey Lesbian », militante camerounaise LGBTQ+ et personnalité médiatique basée au Royaume-Uni, a récemment épousé sa compagne nigériane Jenny, issue de l’ethnie Ijaw. Ce mariage, célébration d’amour et d’engagement, marque un moment clé pour le couple comme pour la communauté LGBTQ+. Pourtant, les réactions divergent : entre symbole d’union et défi aux normes sociales, le débat est lancé.
« Hier, je suis devenue Ijaw par le mariage »
Avant la cérémonie, Bandy Kiki a partagé son bonheur sur les réseaux sociaux, publiant des photos pré-nuptiales. Sur X (ex-Twitter), elle a annoncé avec joie : «Hier, je suis devenue Ijaw par le mariage 🏳️🌈», soulignant ainsi son attachement à la culture de sa partenaire. Une déclaration saluée par de nombreux soutiens.
«Félicitations, Kiki. 🎉🎈 Je vous souhaite une union heureuse», a écrit Mirabel Ngong sur Facebook. Un enthousiasme partagé par Agi Eseh : «Bravo, ma chère. Tant que tu es heureuse. Tu es une femme courageuse qui surmonte tous les obstacles. Rien ne t’ébranlera. C’est signé et scellé.»
Mais les critiques ont aussi trouvé écho. Maurine Ndapngong a lancé : «À ceux qui crient « félicitations », je décrète que vos fils épouseront des hommes et vos filles des femmes. Vous devez dire Amen !»
Yula Matty a ironisé sur le code vestimentaire : «Un mariage femme-femme devrait être robe contre robe. Pourquoi te travestir en homme ? Vous avez le même « pomme » toutes les deux 😂. « Wan late Banadzem » (tu as honte). Tu es une honte pour ta famille et la communauté Nso.»
La bénédiction du révérend Jide Macaulay
Dans un post Facebook, Bandy Kiki a remercié le révérend Jide Rebirth Macaulay, prêtre anglican ouvertement gay, ayant officié la cérémonie. «Alors que nous planons encore dans notre nuage marital, je veux remercier le révérend Jide pour ses prières et son rôle lors de notre union. Cela a tout changé», a-t-elle écrit.
Elle a précisé : «Élevée dans la foi chrétienne, avoir un prêtre gay pour nous bénir était profondément symbolique. Sa présence fut un cadeau.»
Kiki a aussi souligné son soutien au-delà du mariage : «Le révérend Jide a été crucial pour mon évolution, m’aidant à décrocher des emplois et une bourse de doctorat. Quel bonheur de t’avoir eu à nos côtés, Maman Jide.»
« Shey Lesbian » : une identité au cœur des tensions
Entrepreneure, Bandy Kiki a choisi le surnom « Shey Lesbian », intégrant le titre honorifique « Shey » de la culture Nso (Cameroun), traditionnellement réservé aux figures méritantes. Un mélange perçu comme une provocation par certains.
Sur un post où elle portait un habit traditionnel Nso, le compteBig Benji Tech Communitya tonné : «Bandy Kiki, tu oses t’appeler « Shey » ? Tu as commis un sacrilège. Cette tenue est pour les notables, pas pour toi. Nous t’attendons à l’heure ultime.»
Harcèlement en ligne et militantisme inébranlable
Kiki subit régulièrement des menaces. Le producteur Agbor Gilbert Ebot a notamment évoqué des «mesures correctives» contre son orientation. Un climat rappelant les défis LGBTQ+ en Afrique, où Brenda Biya, fille du président camerounais, avait aussi essuyé des critiques après son coming-out.
Malgré tout, Kiki persiste. Son mariage, acte d’amour et de résistance, incarne une lutte pour l’acceptation. En reprenant le titre « Shey », elle bouscule les traditions, espérant ouvrir la voie à plus de tolérance.
Un symbole qui persiste
Entre polémiques et soutiens, ce mariage reste un pont jeté entre les cultures et les identités. À travers « Shey Lesbian », Bandy Kiki continue de militer, transformant chaque controverse en opportunité de dialogue. Son histoire, comme celle de bien d’autres, rappelle que l’amour et la vérité peuvent ébranler les normes – même les plus ancrées.















