Le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, a pris le contrôle de Walikale, plaque tournante minière en République démocratique du Congo (RDC), ont confirmé des sources locales ce jeudi. Une avancée qui intervientjuste aprèsdes discussions surprises entre les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame à Doha mardi, en faveur d’un cessez-le-feu… vite réduit à néant.
Avec environ 60 000 habitants, Walikale devient la localité la plus à l’ouest conquise par les rebelles depuis leur apparition en 2012. «Nous nous sommes retirés pour éviter des pertes humaines», a expliqué un officier des forces armées congolaises (FARDC), désormais repliées à Mubi, à 30 km de là. Des combats y ont également éclaté jeudi.
Mines à l’arrêt, cours du métal en hausse
L’offensive a forcé la société minière Alphamin à évacuer son personnel et suspendre ses activités à Bisie, troisième plus grande mine d’étain au monde. Cette fermeture a fait bondir les prix du métal, crucial pour l’électronique et les énergies renouvelables. La région, riche aussi en or, voit ses ressources attiser les convoitises.
Sur le terrain, des habitants décrivent des combattants «armés jusqu’aux dents» dans les rues. Un centre de Médecins sans frontières (MSF) a été pris dans les tirs, sans blessés, mais l’ONG craint un afflux de blessés dans les prochaines heures.
Cessez-le-feu en trompe-l’œil
Malgré les déclarations communes de Tshisekedi et Kagame à Doha – soutenues par le Qatar –, aucun accord concret n’a émergé. Le M23, qui contrôle déjà les capitales provinciales Goma (Nord-Kivu) et Bukavu (Sud-Kivu), semble ignorer les appels à la paix. Pour Thierry Vircoulon, expert à l’IFRI, «Kagame reconnaît implicitement son rôle dans cette rébellion en venant à la table des négociations». Mais le M23, dont l’objectif serait de «renverser Tshisekedi», n’aurait «aucune revendication à négocier».
Un conflit qui s’enlise
Cette prise de Walikale souligne l’échec des multiples trêves (au moins six depuis 2021) et relance les craintes d’une guerre régionale. La RDC accuse depuis des mois le Rwanda d’armer le M23 pour s’emparer des ressources minières – ce que Kigali dément, malgré un rapport de l’ONU évoquant 4 000 soldats rwandais déployés dans l’est congolais.















