La ville de Muyuka, dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, a été secouée vendredi 14 mars par un meurtre d’une brutalité inouïe. Pa Obi, un ancien surveillant de prison à la retraite, a été abattu puis brûlé vif dans sa voiture. L’auteur présumé de l’acte ? Un combattant séparatiste ambazonien auto-désigné sous le pseudonyme de« One Man Squad ». Ce drame s’inscrit dans une série d’exactions attribuées aux groupes armés des régions anglophones.
Une vendetta qui dure
Pa Obi, ancien résident du quartier d’Akaho à Muyuka, avait fui vers Buea après des menaces répétées de« One Man Squad ». Ce dernier exigeait qu’il lui remette une arme à feu. Face au refus du retraité, le prix à payer s’était transformé en une rançon de 5 millions de FCFA. Étiqueté« blackleg »– terme utilisé par les séparatistes pour désigner les « traîtres » –, l’homme était devenu une cible. Comme tant d’autres civils accusés sans preuve dans cette crise.
Un mois avant son assassinat, le même combattant aurait tiré sur le fils de Pa Obi, le blessant à la tête et aux jambes. Miraculeusement survivant, le jeune homme reste hospitalisé, paralysé.« Son fils est toujours alité, victime des balles de ce même bourreau », confie Asong Michael, proche de la famille.
Témoignage d’un proche : « Ça dure depuis l’année dernière »
Asong Michael décrit l’horreur vécue par les proches de Pa Obi :« Je connaissais bien cet homme tué pour rien. Son assassin n’a même pas permis qu’il soit enterré chez lui. Il exigeait 5 millions pour autoriser les funérailles. Finalement, on a dû l’inhumer dans son village natal. Ce type va trop loin. Ces menaces ont commencé il y a des mois. »
Un deuil sous la terreur
Une vidéo consultée par MMI montre Pa Obi dansant lors d’une cérémonie liée au décès récent de son épouse. Quelques semaines plus tard, sa vie était brutalement interrompue. Un membre de la famille, sous couvert d’anonymat, raconte :« On l’a enterré dimanche 16 mars à l’aube. Impossible de le faire chez lui – ce monstre aurait massacré toute la famille. Les autorités ne protègent personne. Alors on a choisi le village. C’est ça, le Cameroun aujourd’hui… Mais je crois à la justice divine. »
L’énigme « One Man Squad »
L’identité réelle du tueur reste floue. Certains séparatistes ambazoniens propagent même de fausses informations sur les réseaux sociaux, pointant du doigt un habitant de Douala.« C’est n’importe quoi ! Je connais l’homme qu’ils accusent, il est avec moi en ce moment », s’indigne un ami du suspect interrogé par MMI.
La question qui hante : pourquoi l’impunité ?
Une vidéo présumée montrant les restes calcinés de Pa Obi circule, bien qu’officiellement non confirmée. Plus troublant encore : le meurtrier occuperait désormais la maison de sa victime à Muyuka.
Autre élément troublant : un enregistrement audio entendu par MMI laisse entendre des voix en français utilisant des grades militaires, intervenantaprèsle crime. Comment expliquer que les autorités laissent l’assassin vivre dans le domicile de Pa Obi sans réagir ? Le mystère reste entier, comme tant d’autres dans cette crise qui ensanglante les régions anglophones.















