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Cabral Libii sera candidat en 2025, assure le PCRN
Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) a assuré à ses partisans que son leader, l’honorable Cabral Libii, se présenterait aux élections présidentielles de 2025, contre toute attente.
Cette assurance fait suite aux récentes tentatives du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, de contrecarrer la candidature de Libii.
Le ministre a également soutenu une faction du PCRN dirigée par l’un des membres fondateurs du parti, Robert Kona. Il a donc refusé de reconnaître la direction de Libii.
Les autorités administratives, y compris les préfets et les officiers supérieurs de préfets sous la responsabilité d’Atanga Nji, ont interdit à plusieurs reprises les activités politiques de Cabral Libii dans leurs zones de commandement.
Avec tous ces événements, le PCRN pense que le ministre Paul Atanga Nji veille à ce que Cabral Libii ne se présente pas aux élections d’octobre.
Lors d’une réunion de l’exécutif national tenue récemment au siège du parti à Yaoundé, les militants ont examiné les « diverses persécutions subies par le parti depuis décembre 2023 et les perspectives d’avenir ». Parmi plusieurs résolutions, le parti a assuré les partisans de la candidature de Cabral Libii.
Les militants ont également désapprouvé les tentatives du gouvernement de contrecarrer les activités du parti et ont promis de riposter avec toutes les options disponibles.
Le PCRN forme une équipe juridique pour gérer les excès du MINAT
L’une des décisions prises par le PCRN lors de la réunion a été de mettre en place une équipe juridique pour assurer la poursuite des administrateurs entravant les activités du parti.
Une récente tournée que Cabral Libii a entreprise dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Centre s’est heurtée à des interdictions de la part de certains administrateurs.
Le communiqué final de la réunion exécutive a annoncé la création immédiate d’un groupe d’experts juridiques et d’avocats, coordonné par le vice-président, Barrister René Roger Bebe. Ce groupe explorera et mettra en œuvre tous les moyens légaux pour garantir que le ministre de l’Administration territoriale (MINAT), les chefs des unités administratives et les autres fonctionnaires publics et agents des forces de l’ordre qui violent la loi et ne respectent pas les décisions judiciaires soient poursuivis devant les tribunaux pour leurs actes.
Le vice-président du parti a déclaré dans un communiqué final : « Le président national reçoit le mandat de témoigner et d’informer la communauté nationale et internationale, en utilisant tous les moyens qui laissent des traces, du harcèlement auquel sont confrontés le PCRN et son président. »
Aucun obstacle à la candidature de Cabral Libi
Le parti a clarifié les militants sur la controverse entourant la direction du parti. Le PCRN a fait face à une crise de leadership dans laquelle le ministre de l’Administration territoriale a joué un rôle clé.
Le MINAT a reconnu le loyaliste du régime, Robert Kona, qui est un membre fondateur du PCRN, comme chef du parti. La reconnaissance du MINAT contredit en outre une décision de justice confirmant Cabral Libii comme président du parti.
« Il n’y a donc aucune raison de se laisser affecter par les persécutions et les attaques incessantes contre le parti, ni par les agitations contradictoires, illégales et irresponsables orchestrées par le ministre de l’Administration territoriale », a soutenu le communiqué du PCRN. Il a également appelé les militants à s’inscrire massivement sur les listes électorales.
Risque de manifestations de masse
Le PCRN n’exclut pas la possibilité que des manifestations de masse éclatent au Cameroun en réponse à la cherté de la vie et à la mauvaise gouvernance.
Selon le parti, les restrictions imposées aux manifestations politiques, aux réunions et à l’opposition attisent les tensions dans le pays. Ils évoquent également l’état désastreux des routes et des hôpitaux, la montée de l’insécurité urbaine, le faible pouvoir d’achat, les menaces de fermeture des églises, l’augmentation des taxes et des frais d’obtention des cartes nationales d’identité, la pénurie d’eau potable et d’électricité comme principaux déclencheurs de protestations.
Avec tout cela, a déclaré le parti, « la possibilité d’une manifestation explosive du mécontentement ne peut plus être exclue ». « Les responsables d’abus de pouvoir et de violations des droits civils et politiques, ainsi que ceux qui les autorisent, seront tenus seuls responsables », prévient-il.
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Banques camerounaises : les nouvelles cautions reculent de 26,5 % à 444 milliards de FCFA au premier semestre 2026

(Investir au Cameroun) – Les banques camerounaises ont enregistré 444,16 milliards de FCFA de nouvelles cautions au premier semestre 2026, contre 604,35 milliards à la même période de 2025, soit une baisse de 26,5 % en un an. Cette contraction masque un rebond entre avril et juin, période qui concentre près de 70 % des cautions accordées depuis janvier. Ces chiffres résultent des calculs effectués à partir des rapports de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), dont le plus récent, consacré au deuxième trimestre 2026, a été publié le 22 octobre.
Selon le tableau a.6 du rapport de la BEAC, les nouveaux engagements par signature, constitués de cautions bancaires, ont atteint 310,75 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026, contre 133,41 milliards au trimestre précédent. Leur progression de 177,34 milliards de FCFA correspond à une hausse de 133 % en trois mois.
Ce rebond ne suffit toutefois pas à retrouver le niveau de l’année précédente. Au deuxième trimestre 2025, les banques avaient enregistré 326,39 milliards de FCFA de cautions, soit 4,8 % de plus qu’entre avril et juin 2026. La contraction semestrielle provient principalement du premier trimestre, au cours duquel les nouvelles cautions ont chuté de 52 %, passant de 277,96 milliards de FCFA en 2025 à 133,41 milliards en 2026.
Cette évolution intervient dans un contexte de recul général des nouveaux concours bancaires. Au premier semestre 2026, les banques camerounaises ont enregistré 3 140,25 milliards de FCFA de nouveaux engagements, cautions comprises, contre 3 684,72 milliards un an auparavant, soit une baisse de 14,8 %. Les cautions représentent ainsi 14,1 % des concours accordés sur les six premiers mois de l’année, contre 16,4 % à la même période de 2025.
Les cautions aux grandes entreprises chutent de 36,5 %, celles des PME augmentent de 25,6 %
La ventilation des engagements par catégorie de bénéficiaires révèle des évolutions opposées.
Les grandes entreprises ont obtenu 320,55 milliards de FCFA de nouvelles cautions au premier semestre 2026, contre 505,18 milliards un an plus tôt. La baisse atteint 36,5 %, soit 184,64 milliards de FCFA de garanties en moins.
À l’inverse, les cautions accordées aux petites et moyennes entreprises (PME) ont progressé de 25,6 %, passant de 97,28 milliards à 122,21 milliards de FCFA. Leur poids dans le total des engagements par signature est ainsi passé de 16,1 % à 27,5 % en un an.
Cette progression s’est particulièrement manifestée au deuxième trimestre. Entre avril et juin 2026, les banques ont enregistré 80,50 milliards de FCFA de cautions destinées aux PME, contre 48,24 milliards un an auparavant, soit une augmentation de 66,9 %.
Les grandes entreprises restent néanmoins les premières bénéficiaires de ces garanties, avec 72,2 % du montant total enregistré au premier semestre 2026.
Cette nouvelle répartition ne permet pas, à elle seule, de conclure à une amélioration générale de l’accès des PME au financement bancaire. Les données de la BEAC renseignent les montants des engagements accordés, mais ne précisent ni le nombre d’entreprises bénéficiaires ni la nature des opérations garanties.
Les cautions expliquent plus du tiers du rebond des concours bancaires au deuxième trimestre
La forte progression des engagements par signature modifie également la lecture de la reprise du crédit entre les deux premiers trimestres de 2026.
Selon la BEAC, les nouveaux concours des banques camerounaises sont passés de 1 328,62 milliards de FCFA au premier trimestre à 1 811,63 milliards au deuxième, soit une augmentation de 36,4 %. Sur les 483,01 milliards de FCFA supplémentaires enregistrés pendant cette période, 177,34 milliards proviennent des cautions bancaires. Ces opérations représentent ainsi 36,7 % de la hausse totale.
Hors engagements par signature, les crédits regroupés par la BEAC dans la catégorie « crédits amortissables et découverts » ont progressé de 1 195,21 milliards à 1 500,88 milliards de FCFA, soit une augmentation de 25,6 %.
Cette distinction est importante pour apprécier les montants réellement mis à la disposition de l’économie. Une caution bancaire est une garantie par laquelle une banque s’engage à payer une somme si son client ne respecte pas certaines obligations envers un tiers. Elle peut notamment servir à garantir l’exécution d’un marché ou une transaction commerciale. Contrairement à un prêt classique, sa mise en place n’entraîne pas nécessairement un décaissement immédiat de fonds.
Les 310,75 milliards de FCFA de cautions enregistrés au deuxième trimestre ne correspondent donc pas à autant de liquidités effectivement injectées dans l’économie.
La progression de ces opérations influence également la lecture du coût moyen du crédit. Au deuxième trimestre 2026, le taux effectif global (TEG) des nouveaux concours bancaires ressort à 8,13 %, contre 8,97 % au premier trimestre, soit une diminution de 0,84 point.
Mais cette moyenne intègre les engagements par signature, dont le TEG s’établit à seulement 1,26 %, nettement en dessous des 9,55 % enregistrés pour les crédits amortissables et découverts.
Or, la part des cautions dans les nouveaux concours bancaires est passée de 10 % au premier trimestre à 17,2 % au deuxième. Cette modification de la composition des engagements contribue mécaniquement à la baisse du taux moyen global.
Sur la même période, le TEG moyen des crédits amortissables et découverts n’a diminué que de 0,27 point, passant de 9,82 % à 9,55 %. Le recul du taux global de 0,84 point ne traduit donc pas une diminution équivalente du coût de ces financements.
Les rapports de la BEAC ne précisent pas quelle part des 444,16 milliards de FCFA de cautions enregistrées au premier semestre couvre des marchés publics, des contrats privés ou des opérations commerciales. Ils ne permettent pas non plus de déterminer le montant des garanties effectivement appelées, c’est-à-dire celles ayant conduit les banques à payer à la place de leurs clients.
Baudouin Enama
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