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Le Cameroun sous cybermenace avec le Dark Web, le rançongiciels et les failles de sécurité

Le lundi 29 janvier 2024, une sombre ombre numérique s’est abattue sur Eneo, le leader camerounais du secteur de l’électricité. Une cyberattaque d’une ampleur inattendue a frappé l’entreprise, semant la confusion et le mécontentement parmi ses clients. Ce jour-là, des milliers d’usagers se sont retrouvés dans l’incapacité de recharger leurs compteurs prépayés via leurs smartphones, plongeant ainsi la clientèle de cette société chargée de la distribution et de la vente d’énergie électrique dans le désarroi. Ce n’est que quatre jours après l’incident qu’Eneo a réussi à reprendre le contrôle de la situation, rassurant ainsi sa clientèle. Huit mois plus tard, une autre tempête numérique frappait une institution publique. Cette fois-ci, c’était au tour de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) du Cameroun d’être victime d’une cyberattaque majeure, exposant des millions de données sensibles. Le groupe de hackers malveillants « Space Bears » était responsable de cette intrusion, mettant en vente les informations volées sur le Dark Web pour un montant de 3 000 dollars, soit Près de 1,9 million de FCFA. Les données compromises incluent des informations personnelles et financières de plus de 1,5 million de citoyens, des détails sur les cotisations sociales, ainsi que des rapports confidentiels. Ces épisodes ont révélé à quel point la sécurité numérique est devenue une priorité cruciale pour les entreprises et les institutions publiques, et à quel point elles doivent se préparer à faire face à de telles menaces.
LA MOBILISATION COLLECTIVE CONTRE LES CYBERATTAQUES
« Face à une menace cybernétique en pleine croissance, les entreprises et institutions camerounaises doivent adopter une approche proactive en matière de cybersécurité », a préconisé Gladys Salmouth, responsable communication Corporate Afrique centrale et de l’Ouest chez Kaspersky. Ainsi, une conférence de sensibilisation sur les différentes vulnérabilités et les méthodes préventives de protection des systèmes d’information, a été organisée le 12 et 13 février dernier à Douala et Yaoundé par Kaspersky, une société internationale de cybersécurité et de protection de la vie privée fondée en 1997. « L’engagement du ministère des Postes et Télécommunications dans le KNext Yaoundé 2025 est un signal fort sur la nécessité d’une mobilisation collective face aux cyberattaques », reconnaît Gladys Salmouth.
Dans la capitale politique, c’est le Secrétaire général du ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), Mohamadou Saoudi, qui a présidé le rendez-vous. Pendant cette rencontre, Kaspersky Security Network confirme en effet, une hausse inquiétante des cyberattaques ciblant les entreprises et institutions camerounaises en 2024. L’augmentation des infrastructures numériques et des services connectés s’accompagne d’un accroissement des menaces sophistiquées, mettant en péril la continuité des activités économiques et la protection des données sensibles.
LES TYPES D’ATTAQUES SUBIS PAR LES ENTREPRISES CAMEROUNAISES
Parmi les principales menaces identifiées en 2024, figurent notamment les cyberattaques exploitant des failles de sécurité qui ont presque doublé par rapport à l’année précédente, passant de 174 472 en 2023 à 333 930, soit une augmentation de 91 %. Ces vulnérabilités permettent aux hackers malveillants de pénétrer les systèmes via des logiciels non mis à jour ou mal sécurisés. Parallèlement, 163 298 attaques exploitant le protocole RDP (Remote Desktop Protocol) ont été détectées. Ce protocole, permettant de prendre le contrôle d’un ordinateur à distance comme si l’on était physiquement devant, a été utilisé pour cibler des accès distants mal protégés. L’objectif : infiltrer les infrastructures informatiques et propager des ransomwares. De plus, 139 395 attaques par portes dérobées (« backdoors ») ont été recensées, offrant aux cybercriminels un accès clandestin aux systèmes des entreprises et administrations, facilitant ainsi le vol de données et l’installation de logiciels malveillants. « Le cybercrime pour certains est un métier. Aujourd’hui, ces attaques sont faites par des bandes organisées ; ils ont des pseudos sur le Darkweb. Ils se réunissent pour faire dans certains cas des attaques ciblées et vont travailler pour mettre en péril une société et obtenir une rançon pour les libérer », explique Pascal Naudin, chef des ventes Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale de kaspersky.
L’urgence est qu’«il faut déjà que les entreprises sensibilisent leurs employés; il ne faut pas cliquer n’importe où, n’importe comment et n’importe quand. Avec la sensibilisation, les entreprises peuvent se prémunir à environ 80% des attaques. Il faut aussi mettre en place des systèmes de sécurité et les faire vivre en mettant à jour l’ensemble des composantes de votre réseau (systèmes d’exploitation des serveurs, des pc, logiciels, etc). Si vous lâchez prise ne serait-ce qu’une seule semaine, soyez sûr que les attaquants vont trouver une brèche et vont effectivement s’immiscer », recommande Pascal Naudin. Depuis 2020, en initiant le Forum national sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité, le gouvernement camerounais avait déjà démontré son engagement envers la protection de l’univers numérique national. Lors de l’édition 2024, qui s’est tenue à Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est, sous le thème « Écosystème national du numérique, protection des données numériques et stratégiques », les participants ont évalué les risques liés à la cybersécurité et proposé des solutions adaptées à l’environnement local.
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Centrafrique : l’ambassadeur français accusé d’avoir emmené une trentaine de jeunes femmes dans sa résidence privé

Une trentaine de jeunes femmes reçues dans les appartements privés d’une résidence diplomatique, une faille de sécurité signalée, puis une enquête administrative : l’ambassadeur de France en Centrafrique se retrouve au cœur d’une affaire qui embarrasse le Quai d’Orsay.
Une procédure confirmée par le ministère
Le ministère des Affaires étrangères l’a confirmé ce mardi 11 août à l’AFP : une procédure disciplinaire a bien été engagée contre Bruno Foucher, ambassadeur de France en Centrafrique. Le Quai d’Orsay a précisé le cheminement administratif ayant mené à cette décision : « À l’initiative du ministère, une enquête administrative a été réalisée à Bangui en 2026. Dès réception des conclusions de cette mission, sur demande du ministre, le ministère a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de l’ambassadeur. » Le ministère n’a en revanche donné aucun détail sur les faits précis reprochés au diplomate, ni sur les suites qui pourraient être données à la procédure.
C’est Le Canard enchaîné qui a révélé l’affaire, dans une enquête devant paraître ce mercredi. Selon l’hebdomadaire satirique, Bruno Foucher aurait reçu dans ses appartements privés, au sein de la résidence de France à Bangui, une trentaine de jeunes femmes entre janvier 2024 et mars 2026. Ce ballet de visites aurait fini par attirer l’attention des services chargés de la protection de la résidence, au point de faire remonter un signalement pour faille de sécurité.
Une quinzaine de visites par mois, selon le rapport d’inspection
Face à ce signalement, le ministère a diligenté une inspection sur place en avril, dont les conclusions ont directement débouché sur l’ouverture de la procédure disciplinaire. Le Canard enchaîné, qui affirme avoir eu accès au rapport, avance un chiffre précis : l’ambassadeur aurait reçu, en moyenne, une quinzaine de visites par mois. Il aurait également donné pour instruction qu’une de ces jeunes femmes puisse séjourner sur place pendant l’une de ses absences — un détail qui, sur le plan de la sécurité diplomatique, pose question.
Interrogé à deux reprises dans le cadre de cette enquête, l’ambassadeur a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux jeunes femmes, toujours selon l’hebdomadaire. La palette des sanctions disciplinaires possibles reste large : elle va du simple blâme à la radiation pure et simple de la fonction publique, en passant par la mise à la retraite d’office.
Un contexte géopolitique particulièrement sensible
Cette affaire tombe à un moment délicat pour la diplomatie française en Centrafrique, pays où l’influence russe reste solidement implantée. Le groupe paramilitaire Wagner y est notamment toujours présent, chargé d’assurer la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra. Paris accuse régulièrement Moscou d’attiser l’hostilité envers la France dans plusieurs pays africains, en s’appuyant notamment sur des manœuvres informationnelles menées sur les réseaux sociaux.
Or les relations entre Paris et Bangui, longtemps dégradées à mesure que l’influence russe se renforçait dans le pays, connaissaient justement un net réchauffement depuis 2024. En mars dernier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en déplacement à Bangui, avait salué « la restauration complète des relations » entre les deux pays — une visite qui marquait alors le retour d’un responsable français de haut rang en Centrafrique, une première depuis 2018.
Bruno Foucher n’en est pas à sa première affectation sensible. Nommé à Bangui en 2023, ce diplomate de carrière a précédemment occupé les postes d’ambassadeur au Tchad, en Iran, puis au Liban, avant de présider l’Institut français. Un parcours qui, jusqu’à cette affaire, ne laissait rien présager d’une telle tourmente disciplinaire à ce stade de sa carrière.
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Allocution de félicitations du Président National du MPCC, Jean Blaise Gwet à l’armée Camerounaise

Un remaniement à distance, en pleine incertitude sur l’état de santé du chef de l’État. La réorganisation du haut commandement des Forces armées camerounaises, actée début août par Paul Biya, suscite déjà des prises de position dans la classe politique — à commencer par celle du Mouvement Patriotique pour le Changement du Cameroun.
Un remaniement signé en pleine absence prolongée du président
Les décrets datent du 3 août 2026. Ce jour-là, plusieurs promotions et nominations viennent redessiner le sommet de l’armée camerounaise : cinq colonels sont élevés au grade de général de brigade, quatre des cinq régions militaires interarmées changent de commandant, et le général de brigade Donatien Melingui Nouma prend la tête de la première région militaire, à Yaoundé. Ces textes ont été lus sur les antennes de la CRTV, la radio-télévision publique.
Ce qui donne à ce mouvement une résonance particulière, c’est le contexte dans lequel il intervient. Paul Biya, 93 ans, a quitté le Cameroun le 7 juin 2026 pour ce que la présidence avait présenté comme un bref séjour privé en Europe. Deux mois plus tard, il n’était toujours pas rentré au moment de la signature des décrets — la plus longue absence de ses 43 années à la tête de l’État. De quoi alimenter les spéculations sur sa santé, dans un pays où la question de sa succession reste, à ce jour, sans réponse institutionnelle claire.
Le MPCC salue les promotions, tout en posant ses conditions
C’est dans ce climat que Jean Blaise Gwet, président national du MPCC, a choisi de réagir publiquement. Dans une déclaration officielle, il adresse d’abord ses félicitations à l’ensemble des officiers concernés, avec une mention particulière pour le nouveau commandant de la première région militaire : « Je présente mes chaleureuses félicitations et mes vœux de réussite, à un grand soldat au parcours brillant, jalonné de succès et de défis : Le Général Donatien Melingui Nouma, récemment promu, Commandant de la 1ère Région Militaire. »
Mais l’essentiel de la déclaration dépasse largement le simple exercice protocolaire. Gwet pose d’emblée un principe qu’il juge non négociable : « L’armée camerounaise appartient à la République. Un officier nommé à une haute fonction de responsabilité, ne reçoit ni un privilège personnel, ni la représentation d’une famille, d’un clan, d’une région ou d’une communauté. Il reçoit une mission au nom de la Patrie, au nom de la Nation. »
Une mise en garde contre l’instrumentalisation de l’uniforme
Le président du MPCC ne s’arrête pas aux félicitations d’usage. Il adresse un message directement aux officiers promus, formulé sans détour : « Votre grade n’est pas une récompense définitive. Votre fonction n’est pas une propriété. Votre nomination est une responsabilité. » Il poursuit en énumérant une série d’obligations : « Servez le Cameroun avec loyauté. Protégez les populations avec dignité. Respectez les institutions. Faites respecter la loi. Combattez le banditisme, le terrorisme et la criminalité avec professionnalisme. »
La formule la plus tranchante de sa déclaration concerne l’usage de la fonction militaire à des fins partisanes : « Ne permettez jamais que l’uniforme de la République soit utilisé pour défendre des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général de la Nation. » Une phrase qui prend un relief particulier dans un contexte où plusieurs observateurs, cités par la presse camerounaise, s’interrogent sur la réalité du pouvoir exercé depuis l’étranger et sur l’hypothèse d’une préparation de l’après-Biya via l’appareil sécuritaire.
Sécurité et unité nationale, les deux piliers défendus par le MPCC
Sur le fond des enjeux sécuritaires, Gwet rappelle que le pays reste confronté à des défis bien identifiés : « Les menaces terroristes dans l’Extrême-Nord, les violences et tensions persistantes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le banditisme transfrontalier, la criminalité organisée et certaines formes de violence communautaire exigent des réponses fermes, mais également intelligentes et préventives. » Il insiste toutefois sur les limites d’une réponse purement militaire : « La meilleure victoire d’une armée républicaine n’est pas seulement de vaincre une menace ; c’est aussi d’empêcher qu’elle ne naisse, de protéger les populations et de restaurer la confiance. »
L’unité nationale occupe également une place centrale dans la déclaration. Le président du MPCC y voit un rôle spécifique pour l’institution militaire : « Elle doit démontrer qu’un Camerounais du Nord peut servir avec le même engagement que celui du Sud, de l’Est, de l’Ouest, du Centre, du Littoral, de l’Adamaoua, du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest. Il ne doit pas exister une armée de communautés. Il doit exister une seule armée : l’Armée camerounaise. »
Une succession à préparer « dans le dialogue », plutôt que dans la confrontation
Sans jamais nommer directement la question de la succession présidentielle, Gwet y consacre pourtant un passage entier de sa déclaration, appelant à une transition apaisée : « Le Cameroun doit donc préparer progressivement la relève générationnelle, renforcer ses institutions et permettre l’émergence de nouvelles compétences capables d’assumer demain les responsabilités de l’État. » Il ajoute, avec une formule qui se veut rassembleuse : « Notre conviction est claire : le Cameroun ne doit pas préparer sa succession dans la confrontation, mais dans l’organisation, la compétence et le dialogue républicain. »
Le président du MPCC adresse par ailleurs des vœux de santé au chef de l’État, sans éluder pour autant la question de l’avenir institutionnel du pays : « Nous souhaitons au Chef de l’État une excellente santé, une santé de fer, ainsi que la force nécessaire pour continuer à assumer ses responsabilités à la tête de la République. Mais nous devons également avoir le courage de regarder l’avenir. »
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Pavel Durov le créateur de Télégramme veut léguer sa fortune à ses 106 enfants

Pavel Durov prépare déjà l’après. Le fondateur de Telegram, dont la fortune est estimée à 17,1 milliards de dollars, aurait décidé de transmettre son patrimoine à ses 106 enfants, y compris ceux nés de dons de sperme.
Pavel Durov veut traiter tous ses enfants sur un pied d’égalité
Le milliardaire russe aurait pris une décision peu commune concernant sa succession. Pavel Durov souhaite que l’ensemble de ses enfants bénéficient des mêmes droits sur sa fortune, indépendamment de leur mode de naissance.
Parmi eux figureraient des enfants nés de relations personnelles, mais aussi plusieurs enfants issus de dons de sperme. Une situation particulière pour l’entrepreneur, qui a révélé par le passé avoir eu recours à ce procédé.
Avec une fortune évaluée à 17,1 milliards de dollars, le patrimoine concerné est considérable. Pourtant, Durov ne souhaiterait pas que ses enfants puissent en profiter immédiatement.
Les héritiers devront attendre 30 ans
La règle fixée par le fondateur de Telegram est claire : ses enfants devront patienter 30 ans avant de pouvoir accéder à leur héritage.
La transmission ne pourrait ainsi intervenir qu’à partir du 19 juin 2055. Une décision volontairement pensée pour éviter que ses enfants ne grandissent avec la certitude de disposer un jour d’une immense fortune.
Pourquoi imposer une telle attente ?
Pavel Durov estime qu’une richesse familiale trop rapidement accessible pourrait influencer le parcours de ses enfants. Il souhaite plutôt leur laisser le temps de faire leurs propres choix, de travailler et de construire leur vie sans dépendre financièrement de leur père.
Une vision particulière de la transmission
Cette décision s’inscrit dans une conception assez personnelle de l’héritage. Pour Pavel Durov, transmettre une fortune ne signifie pas forcément permettre à ses descendants d’en disposer dès leur majorité.
L’entrepreneur voudrait que ses enfants connaissent d’abord la vie professionnelle et les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes qui ne disposent pas d’un patrimoine de plusieurs milliards de dollars.
Le principe concerne aussi bien les enfants nés de relations que ceux issus de dons de sperme. Tous devraient donc être placés sur le même pied d’égalité au moment de la succession.
La fortune de Pavel Durov, elle, pourrait encore évoluer considérablement d’ici 2055. Le fondateur de Telegram reste à la tête de l’une des entreprises technologiques les plus connues au monde, ce qui rend difficile toute estimation définitive du montant qui sera finalement transmis à ses héritiers.
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