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Les financements structurés, un outil au service du développement des infrastructures en zone CEMAC

Face aux défis économiques et financiers croissants dans la zone CEMAC, le Ministère des Finances du Cameroun parraine un séminaire de haute finance qui se tiendra à Douala, à l’Hôtel Krystal Palace, les 26, 27 et 28 février 2025 sur le thème : « Maîtriser les financements structurés pour le développement des infrastructures dans les pays de la CEMAC : Cas du Cameroun ». Organisé en partenariat avec le cabinet G&M Finance, ce séminaire réunira des experts de renommée internationale.
Un contexte économique délicat
Le Fonds Monétaire International (FMI) estime que le solde budgétaire de la CEMAC, déjà déficitaire de 0,3% du PIB en 2023, atteindra 0,9% en 2025. Cette situation s’explique principalement par la baisse des recettes pétrolières, ce qui porte le ratio dette publique/PIB de la zone à 57,2% en 2024, soit 151 milliards d’euros. Certains États, comme le Congo et le Gabon, se trouvent particulièrement vulnérables.
Cette conjoncture a conduit les Chefs d’État de la CEMAC à tenir une réunion d’urgence à Yaoundé en décembre 2024. L’objectif était d’examiner les risques que le poids du service de la dette fait peser sur les Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des infrastructures.
Malgré une dette jugée élevée, l’Afrique ne représente que 0,5% de la dette mondiale. Parallèlement, les Investissements Directs Étrangers (IDE) sur le continent sont en baisse continue depuis cinq ans, selon le rapport 2023 de la CNUCED. Pour financer son développement, l’Afrique doit donc explorer des mécanismes de financement innovants et renforcer l’attractivité de ses marchés financiers.
Le Cameroun en quête de financements structurés
Dans ce contexte difficile, le Cameroun, locomotive économique de la CEMAC, maintient un endettement maîtrisé, inférieur au seuil communautaire de 70%. Toutefois, pour atteindre les objectifs de sa Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), le pays devra mobiliser des financements importants dès 2025, une année clé.
Le budget de l’État pour 2025 prévoit un recours à l’endettement de 1 795 milliards FCFA, dont 70,8% à travers des prêts projets et 29,2% sous forme d’appuis budgétaires. Sur la période 2025-2027, le besoin d’endettement du Cameroun est estimé à 5 407 milliards FCFA.
Dans un contexte où les ressources se font rares et où l’accès aux marchés financiers traditionnels demeure limité, le Cameroun et les autres pays de la CEMAC doivent impérativement diversifier leurs sources de financement. Les financements structurés offrent une flexibilité accrue, permettant d’obtenir des ressources financières à long terme adaptées aux projets d’infrastructures et au développement économique.
Un séminaire de haute finance pour des solutions concrètes
Le séminaire de Douala a pour ambition de fournir aux cadres financiers seniors du secteur public et privé les outils nécessaires pour comprendre et maîtriser ces mécanismes complexes.
Les thématiques abordées incluront plusieurs sujets clés. La transformation et l’efficience des organisations financières seront au cœur des discussions. Le financement des projets à long terme, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des ressources naturelles, fera également l’objet d’une attention particulière. L’acquisition d’équipements et d’entreprises via des mécanismes comme le LBO sera également explorée. La titrisation et la notation financière seront présentées comme des outils de gestion des risques et d’optimisation des ressources. Enfin, les produits dérivés, notamment les contrats à terme, les options et les swaps, seront expliqués afin d’évaluer leur pertinence dans un contexte de diversification financière.
Durant trois jours, des experts financiers internationaux animeront des ateliers et des échanges pratiques. L’objectif est de permettre aux participants de développer une compréhension approfondie des instruments financiers complexes. Ceux-ci concernent aussi bien le financement de projets à grande échelle que les levées de fonds sur les marchés internationaux ou encore l’utilisation d’actifs en garantie.
Des experts internationaux de renom
Les interventions seront assurées par des spécialistes de la finance ayant exercé au sein de banques et d’institutions financières de premier plan, telles que la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale, l’Union Européenne et la Banque Atlantique. Des experts issus de cabinets de conseil de référence, comme PWC, Ernst & Young et Moody’s, prendront également part aux échanges.
Parmi les principaux intervenants, Hubert Otele Essomba, expert financier et spécialiste des levées de fonds sur les marchés internationaux, partagera son expertise. Catherine Gerst, spécialiste de la titrisation et de la notation financière, interviendra sur ces aspects techniques. Samuel Kotto Ndoumbe, expert financier et administrateur de banque, apportera des éclairages stratégiques. Patrick Provenzano, spécialiste de la transformation et de l’efficience des organisations financières, analysera les meilleures pratiques en matière de gestion financière.
Un programme riche et intensif
Le séminaire s’ouvrira le 26 février 2025 par une cérémonie officielle présidée par le Ministre des Finances. Cette session inaugurale sera suivie d’une présentation des techniques de financement actuelles du Cameroun, animée par le Directeur de la Trésorerie du Ministère des Finances.
Les interventions s’enchaîneront ensuite avec des conférences ciblées. Patrick Provenzano abordera la transformation et l’efficience des organisations financières. Samuel Kotto Ndoumbe expliquera les différentes méthodes de financement des projets à long terme. Catherine Gerst décryptera les mécanismes de titrisation et de notation financière. Hubert Otele Essomba traitera des financements d’acquisition d’équipements et d’entreprises (LBO) ainsi que des produits dérivés.
Une évaluation finale sera réalisée afin d’attester de la capacité des participants à mettre en œuvre des financements structurés adaptés aux besoins du Cameroun et de la CEMAC.
G&M Finance, un acteur clé de la haute finance en Afrique
Ce séminaire est organisé par le cabinet G&M Finance, qui accompagne les gouvernements et les entreprises africaines dans la gestion des enjeux financiers complexes. Il met un accent particulier sur la finance durable et la gouvernance financière.
Les domaines d’intervention de G&M Finance incluent plusieurs axes stratégiques. L’ingénierie financière est au cœur de son expertise. Le cabinet propose également du conseil en structuration de financements et une assistance en investigations financières. Enfin, il offre des formations de haut niveau destinées aux professionnels du secteur financier.
Une opportunité unique pour les acteurs économiques
Ce séminaire constitue une opportunité unique pour les cadres financiers, les banquiers et les gestionnaires de fonds. Il leur permettra de renforcer leurs compétences et d’accéder à des solutions financières innovantes, adaptées au contexte économique et financier de la CEMAC.
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Entreprises publiques : 40 milliards de FCFA perdus sous l’effet d’une gouvernance défaillante

Le chiffre est brut, sans appel. Au 31 décembre 2022, neuf entreprises publiques camerounaises affichaient un résultat net négatif pour un total de 39,5 milliards de FCFA de pertes cumulées sur un seul exercice. C’est l’une des conclusions les plus saillantes d’une publication que la Pr. Viviane Ondoua Biwolé, spécialiste de la gouvernance des organisations publiques en Afrique centrale, a consacrée aux « mandats échus » dans le périmètre public national.
Neuf années d’observation continue, croisées avec les données de la Commission technique de réhabilitation (CTR) et les décrets de nomination, ont permis d’établir un constat que les chiffres rendent difficile à contester. Pour l’experte en gouvernance des organisations, les dirigeants qui se maintiennent en poste au-delà des durées légales fixées par les lois jumelles du 12 juillet 2017, soit six ans pour les présidents de conseil d’administration et neuf ans pour les directeurs généraux, ne constituent pas seulement une irrégularité juridique. Ils représentent un coût mesurable, que la Pr Ondoua Biwolé résume en une formule qui traverse l’ensemble de son ouvrage : l’illégalité a un prix, et ce prix se lit directement dans les comptes.
Sonara, Cicam, Camair-Co : les cas les plus alarmants
Parmi les cas les plus documentés, quatre sociétés publiques présentaient des capitaux propres négatifs en 2022, signe d’une insolvabilité technique caractérisée. La Sonara affichait un déficit de fonds propres d’environ 114 milliards de FCFA, séquelle directe de l’incendie survenu en 2019, malgré un retour à l’équilibre d’exploitation la même année. La Cicam, elle, cumule des capitaux propres négatifs et des pertes récurrentes sur trois exercices consécutifs (2019, 2021 et 2022), ce qui en fait selon l’étude « la configuration la plus dégradée de l’ensemble du portefeuille public ».
La CDC et la CRTV complètent ce groupe, dans lequel une recapitalisation ou une restructuration du bilan est désormais jugée inévitable. La compagnie nationale d’aviation Camair-Co représente, pour sa part, le fardeau annuel le plus lourd et le plus persistant, avec des pertes oscillant entre 12,7 et 20,6 milliards de FCFA par exercice sur la même période. La charge pèse, en dernière instance, sur le contribuable camerounais, rappelle la chercheuse, dans un contexte budgétaire où les marges de manœuvre demeurent étroites.
Des subventions massives pour des rendements dérisoires
Face à ces déficits, l’État n’a pas réduit son soutien. En 2022, les subventions d’exploitation et d’investissement allouées aux entreprises publiques se sont élevées à 29 milliards de FCFA. Le tableau que dresse l’étude sur ce point est préoccupant. La CRTV a perçu à elle seule 23,4 milliards de FCFA de subvention publique pour dégager un résultat net de 333 millions de FCFA, soit un rendement que la Pr Ondoua Biwolé qualifie d’« extrêmement faible au regard du montant engagé ». La Midepecam, quant à elle, est demeurée en perte nette malgré la subvention reçue.
L’analyse va plus loin en établissant un lien de causalité entre l’enracinement des dirigeants et la dégradation des comptes. Sur les 89 structures examinées, 77 présidents de conseil d’administration exercent au-delà de six ans et 36 directeurs généraux au-delà de neuf ans. Parmi les cas les plus extrêmes, Camille Mouté à Bidias dirige le Fonds national de l’emploi depuis 1991, soit 35 années de direction continue, tandis qu’Adolphe Moudiki est à la tête de la Société nationale des hydrocarbures depuis 1993. Ces situations ne sont pas sans rapport avec les résultats des structures concernées, selon la chercheuse.
Un indice composite pour mesurer le risque
Pour rendre ce rapport lisible par les décideurs, la Pr Ondoua Biwolé a construit un indice composite de risque-redressement sur 100, qui agrège risque juridique, risque de gouvernance, risque financier et performance opérationnelle. Les structures classées en priorité maximale regroupent des entités comme l’Anafor, la Sopecam, la Magzi ou le Crédit foncier, qui cumulent à des degrés divers ancienneté des dirigeants et fragilité financière.
Pr Viviane Ondoua Biwolé est explicite sur le mécanisme en jeu. L’absence de sanction du dépassement de mandat crée les conditions d’un enracinement durable, qui favorise à son tour le recyclage d’un nombre restreint de personnalités sur un nombre croissant de postes, ce qui réduit le renouvellement des compétences et des approches de gestion. La dégradation des résultats financiers qui s’ensuit appelle un soutien budgétaire accru de l’État, lequel allège artificiellement la pression sur les dirigeants en place et referme le cercle. Un système qui s’alimente lui-même, en somme, sans rupture visible à court terme.
La contrainte est aussi stratégique. Le dépassement de mandat crée une insécurité juridique vis-à-vis des partenaires bancaires et des investisseurs internationaux. Il empêche également l’introduction en bourse d’entités publiques, une option que l’État camerounais a pourtant affichée parmi ses ambitions, mais qui suppose des organes sociaux régulièrement constitués, condition rarement remplie dans l’état actuel du portefeuille public.
« Nommer n’est pas prolonger » : une feuille de route en trois horizons
La feuille de route proposée en conclusion de l’étude porte trois horizons. À court terme, la régularisation des vingt entreprises où la totalité de l’attelage dirigeant est hors mandat. À moyen terme, la soumission des quatre entreprises insolvables à un plan de redressement assorti d’une conditionnalité effective des subventions publiques.
À plus long terme, la professionnalisation du processus de nomination, en réduisant la part du pouvoir discrétionnaire au profit de critères de compétence documentés. Une ambition que résume la formule centrale de l’ouvrage, « nommer n’est pas prolonger », et dont la mise en œuvre reste, à ce jour, entière.
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Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée

C’est au Centre de conférences Pierre Mendès France du ministère français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique que s’est tenue cette édition. Pays prêteurs et emprunteurs, institutions multilatérales — dont le FMI et la Banque mondiale —, représentants de la société civile, universitaires et acteurs du secteur privé s’y sont retrouvés pour débattre autour d’un thème d’actualité brûlante : « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation ».
L’édition intervient dans un contexte marqué par la multiplication des situations de surendettement dans les pays en développement, qui exigent des réponses collectives plus rapides et mieux coordonnées.
LE CAMEROUN DÉFEND UNE GESTION RIGOUREUSE ET TRANSPARENTE
Conduite par Louis Paul Motaze, la délégation camerounaise a pris toute sa part dans les échanges. Le Ministre des Finances a réaffirmé la détermination de Yaoundé à poursuivre les réformes engagées en matière de gouvernance de la dette publique, insistant sur les impératifs de rigueur, de transparence et de soutenabilité à long terme. Les discussions ont notamment porté sur la compatibilité entre financement du développement et viabilité de la dette, la fiabilité des données statistiques, le renforcement des capacités institutionnelles, ainsi que les risques associés aux prêts collatéralisés.
Pour le Cameroun, dont le programme économique s’inscrit dans le cadre d’engagements avec les institutions de Bretton Woods, cette participation constitue un signal fort adressé aux partenaires financiers internationaux.
LE CLUB DE PARIS À 70 ANS, EN QUÊTE DE RÉINVENTION
Cette conférence coïncide avec le 70e anniversaire du Club de Paris, cette instance informelle de créanciers publics fondée pour apporter des solutions coordonnées aux pays en difficulté de paiement. Rééchelonnements, réductions du service de la dette, traitements concessionnels : les outils du Club ont accompagné des décennies de crises financières souveraines. Mais face à l’émergence de nouveaux créanciers bilatéraux et à la complexification du paysage financier mondial, l’institution cherche à se moderniser.
Le Forum de Paris, son pendant multilatéral et délibératif, incarne précisément cet effort de réinvention : un espace de dialogue ouvert où toutes les parties prenantes peuvent contribuer à forger les solutions de demain
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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.
La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.
Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.
Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.
DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.
La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.
Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.
Portrait
Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.
Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.
En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.
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