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Titres publics: à quoi serviront les fonds mobilisés

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Titres publics: à quoi serviront les fonds mobilisés
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Les travaux d’infrastructures routières, l’énergie, le transport sont parmi les principaux secteurs auxquels les ressources sont affectées.

C’est depuis 2009 que le gouvernement camerounais procède à la levée regulière des ressources sur le marché des capitaux pour financer des projets d’investissements publics. Au départ pour mettre en œuvre la stratégie de la croissance et l’emploi, et depuis 2020, la snd30. Cette année, c’est un montant de 380 milliards de FCFA qui est recherché pour poursuivre les projets structurants engagés ces dernières années. Les besoins de financement sont importants, explique Paul Tassong ministre délégué auprès du ministre de l’Economie.

400 milliards de FCFA pour l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal

L’un des projets structurants phares en énergie est l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal. La centrale hydroélectrique d’une capacité de 420 mégawatts est en cours de finalisation. La ligne de transport de cette énergie vers la ville de Yaoundé, longue de 65km est également en cours. Pour finaliser ce projet, le gouvernement estime le besoin autour de 400 milliards de FCFA. Dans le même secteur, il faut aussi des ressources pour finaliser le barrage de Lom Pangar d’une capacité de retenue d’eau de 6 milliards de m3. Déjà fonctionnel, ce barrage doit être accompagné d’une usine de pied d’une capacité de production de 30 mégawatts. Ce volet est en cours de réalisation et les travaux sont estimés à 65% selon Paul Tassong. La ligne d’évacuation longue de 305 km, est aussi en chantier avec un taux de réalisation estimé à 70%. Mais il faut encore 20 milliards de FCFA pour finaliser ces travaux.

130 milliards FCFA pour le complexe industrialo portuaire de kribi

Les besoins urgents en financement pour l’aménagement ducomplexe industrialo portuaire de kribisont estimés à 130 milliards FCFA. Ces fonds devraient servir à financer en urgence, l’alimentation de l’électricité, la zone logistique et la connectivité routière du port, notamment la réhabilitation de la route Edea-kribi, l’achèvement de la route Yaoundé-kribi et la construction de la route Ebolowa-kribi ainsi que la route intégrateur kribi-campo. Il faut dire que la Phase 1 de ce projet a déjà été réalisé. Elle consistait à la construction d’un terminal à conteneurs de 350 mètre de quai, un terminal oligopoles de 265 m et une digue de protection de 1355m. La phase 2 en cours actuellement affiche un taux de réalisation de 50% selon le Minepat. Il est question dans cette deuxième phase, du prolongement de la digue de protection de 675m, l’extension du terminal à conteneurs de 700m et la réalisation d’une zone d’entreposage de 3 hectares.

Par ailleurs, le Minepat a signé une convention avec le Port Autonome de Kribi, pour un montant de 100 milliards devant couvrir une période de 5 ans. Cette convention prévoit pour l’année 2025 la mise à disposition d’un montant de 25 milliards au Port de Kribi afin de financer le développement du quai pétrolier, avec en lice deux sociétés qui souhaitent occuper cet espace. La SCDP et le projet de fabrication ou de raffinage du bitume au Cameroun porté par des investisseurs camerounais.

15 milliards pour la pénétrante Est de Douala

La deuxième phase de la réhabilitation de la pénétrante Est de Douala d’un linéaire de 9 KM est citée parmi les priorités du gouvernement. D’un coût total d’environ 90 milliards de FCFA, cette phase consiste à l’aménagement des voies alternatives, le déplacement des réseaux d’eau, d’électricité et de téléphone, l’élargissement de 2×1 voies à 3×2 voies de 3,50m, la construction de quatre giratoires, la construction des ouvrages d’art et d’assainissement dont un échangeur type Pipo au Carrefour Yassa et un échangeur de Type Spda à l’entrée du stade de Japoma. Les travaux prévoient également la mise en place des réseaux d’alimentation en eau, électricité et télécommunications, de même que l’aménagement de 3 voies en pavés autobloquants. A date, le projet est achevé à 83% selon le gouvernement qui affiche un besoin de financement de 15 milliards de FCFA pour assurer sa contrepartie.

Toujours dans le registre des infrastructures routières, il y a aussi la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé –douala longue de 136 km en cours de préparation en vue d’une organisation en mode partenariat public. Les investisseurs nationaux et régionaux sont interpellés. «Pour tous les grands projets mentionnés l’État attend un financement assez consistant de ses partenaires au développement. Et pour cela, le budget de l’État 2025 a prévu une enveloppe de 113 milliards sous forme de contrepartie pour accompagner ces différents projets. Aussi, la SNI a une nouvelle configuration depuis un décret ressent et ce décret, ainsi que les actes qui l’accompagnent ont instruit le gouvernement à mobiliser 200 milliards à hauteur de 50 milliards par an pour renforcer les capacités de la snd30 et l’objectif de cela c’est essentiellement pour pouvoir accompagner le secteur privé dans le développement de l’économie nationale.»,précise Paul Tassong.
Le budget 2025 a par ailleurs prévu une enveloppe de 50 milliards pour le plan intégré d’import substitution agro-pastorale et halieutiques. Ce plan est reparti dans plusieurs ministères.

Ces dernières années, les ressources des emprunts obligataires du Cameroun, notamment de 2020 à 2024 sont le plus orientées vers les projets d’infrastructures. En 2024, les infrastructures routières viennent en tête avec une enveloppe de 184 milliards sur les 290 milliards sollicités et mobilisés. Le sous-secteur de l’énergie vient en deuxième position avec une dotation de 23 milliards, suivie des infrastructures de transport, 9 milliards et l’aménagement du territoire 1,5 milliard de FCFA.

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Entreprises publiques : 40 milliards de FCFA perdus sous l’effet d’une gouvernance défaillante

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Entreprises publiques : 40 milliards de FCFA perdus sous l’effet d’une gouvernance défaillante
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Le chiffre est brut, sans appel. Au 31 décembre 2022, neuf entreprises publiques camerounaises affichaient un résultat net négatif pour un total de 39,5 milliards de FCFA de pertes cumulées sur un seul exercice. C’est l’une des conclusions les plus saillantes d’une publication que la Pr. Viviane Ondoua Biwolé, spécialiste de la gouvernance des organisations publiques en Afrique centrale, a consacrée aux « mandats échus » dans le périmètre public national.

Neuf années d’observation continue, croisées avec les données de la Commission technique de réhabilitation (CTR) et les décrets de nomination, ont permis d’établir un constat que les chiffres rendent difficile à contester. Pour l’experte en gouvernance des organisations, les dirigeants qui se maintiennent en poste au-delà des durées légales fixées par les lois jumelles du 12 juillet 2017, soit six ans pour les présidents de conseil d’administration et neuf ans pour les directeurs généraux, ne constituent pas seulement une irrégularité juridique. Ils représentent un coût mesurable, que la Pr Ondoua Biwolé résume en une formule qui traverse l’ensemble de son ouvrage : l’illégalité a un prix, et ce prix se lit directement dans les comptes.

Sonara, Cicam, Camair-Co : les cas les plus alarmants

Parmi les cas les plus documentés, quatre sociétés publiques présentaient des capitaux propres négatifs en 2022, signe d’une insolvabilité technique caractérisée. La Sonara affichait un déficit de fonds propres d’environ 114 milliards de FCFA, séquelle directe de l’incendie survenu en 2019, malgré un retour à l’équilibre d’exploitation la même année. La Cicam, elle, cumule des capitaux propres négatifs et des pertes récurrentes sur trois exercices consécutifs (2019, 2021 et 2022), ce qui en fait selon l’étude « la configuration la plus dégradée de l’ensemble du portefeuille public ».

La CDC et la CRTV complètent ce groupe, dans lequel une recapitalisation ou une restructuration du bilan est désormais jugée inévitable. La compagnie nationale d’aviation Camair-Co représente, pour sa part, le fardeau annuel le plus lourd et le plus persistant, avec des pertes oscillant entre 12,7 et 20,6 milliards de FCFA par exercice sur la même période. La charge pèse, en dernière instance, sur le contribuable camerounais, rappelle la chercheuse, dans un contexte budgétaire où les marges de manœuvre demeurent étroites.

Des subventions massives pour des rendements dérisoires

Face à ces déficits, l’État n’a pas réduit son soutien. En 2022, les subventions d’exploitation et d’investissement allouées aux entreprises publiques se sont élevées à 29 milliards de FCFA. Le tableau que dresse l’étude sur ce point est préoccupant. La CRTV a perçu à elle seule 23,4 milliards de FCFA de subvention publique pour dégager un résultat net de 333 millions de FCFA, soit un rendement que la Pr Ondoua Biwolé qualifie d’« extrêmement faible au regard du montant engagé ». La Midepecam, quant à elle, est demeurée en perte nette malgré la subvention reçue.

L’analyse va plus loin en établissant un lien de causalité entre l’enracinement des dirigeants et la dégradation des comptes. Sur les 89 structures examinées, 77 présidents de conseil d’administration exercent au-delà de six ans et 36 directeurs généraux au-delà de neuf ans. Parmi les cas les plus extrêmes, Camille Mouté à Bidias dirige le Fonds national de l’emploi depuis 1991, soit 35 années de direction continue, tandis qu’Adolphe Moudiki est à la tête de la Société nationale des hydrocarbures depuis 1993. Ces situations ne sont pas sans rapport avec les résultats des structures concernées, selon la chercheuse.

Un indice composite pour mesurer le risque

Pour rendre ce rapport lisible par les décideurs, la Pr Ondoua Biwolé a construit un indice composite de risque-redressement sur 100, qui agrège risque juridique, risque de gouvernance, risque financier et performance opérationnelle. Les structures classées en priorité maximale regroupent des entités comme l’Anafor, la Sopecam, la Magzi ou le Crédit foncier, qui cumulent à des degrés divers ancienneté des dirigeants et fragilité financière.

Pr Viviane Ondoua Biwolé est explicite sur le mécanisme en jeu. L’absence de sanction du dépassement de mandat crée les conditions d’un enracinement durable, qui favorise à son tour le recyclage d’un nombre restreint de personnalités sur un nombre croissant de postes, ce qui réduit le renouvellement des compétences et des approches de gestion. La dégradation des résultats financiers qui s’ensuit appelle un soutien budgétaire accru de l’État, lequel allège artificiellement la pression sur les dirigeants en place et referme le cercle. Un système qui s’alimente lui-même, en somme, sans rupture visible à court terme.

La contrainte est aussi stratégique. Le dépassement de mandat crée une insécurité juridique vis-à-vis des partenaires bancaires et des investisseurs internationaux. Il empêche également l’introduction en bourse d’entités publiques, une option que l’État camerounais a pourtant affichée parmi ses ambitions, mais qui suppose des organes sociaux régulièrement constitués, condition rarement remplie dans l’état actuel du portefeuille public.

« Nommer n’est pas prolonger » : une feuille de route en trois horizons

La feuille de route proposée en conclusion de l’étude porte trois horizons. À court terme, la régularisation des vingt entreprises où la totalité de l’attelage dirigeant est hors mandat. À moyen terme, la soumission des quatre entreprises insolvables à un plan de redressement assorti d’une conditionnalité effective des subventions publiques.

À plus long terme, la professionnalisation du processus de nomination, en réduisant la part du pouvoir discrétionnaire au profit de critères de compétence documentés. Une ambition que résume la formule centrale de l’ouvrage, « nommer n’est pas prolonger », et dont la mise en œuvre reste, à ce jour, entière.

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Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée

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Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée
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C’est au Centre de conférences Pierre Mendès France du ministère français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique que s’est tenue cette édition. Pays prêteurs et emprunteurs, institutions multilatérales — dont le FMI et la Banque mondiale —, représentants de la société civile, universitaires et acteurs du secteur privé s’y sont retrouvés pour débattre autour d’un thème d’actualité brûlante : « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation ».

L’édition intervient dans un contexte marqué par la multiplication des situations de surendettement dans les pays en développement, qui exigent des réponses collectives plus rapides et mieux coordonnées.

LE CAMEROUN DÉFEND UNE GESTION RIGOUREUSE ET TRANSPARENTE

Conduite par Louis Paul Motaze, la délégation camerounaise a pris toute sa part dans les échanges. Le Ministre des Finances a réaffirmé la détermination de Yaoundé à poursuivre les réformes engagées en matière de gouvernance de la dette publique, insistant sur les impératifs de rigueur, de transparence et de soutenabilité à long terme. Les discussions ont notamment porté sur la compatibilité entre financement du développement et viabilité de la dette, la fiabilité des données statistiques, le renforcement des capacités institutionnelles, ainsi que les risques associés aux prêts collatéralisés.

Pour le Cameroun, dont le programme économique s’inscrit dans le cadre d’engagements avec les institutions de Bretton Woods, cette participation constitue un signal fort adressé aux partenaires financiers internationaux.

LE CLUB DE PARIS À 70 ANS, EN QUÊTE DE RÉINVENTION

Cette conférence coïncide avec le 70e anniversaire du Club de Paris, cette instance informelle de créanciers publics fondée pour apporter des solutions coordonnées aux pays en difficulté de paiement. Rééchelonnements, réductions du service de la dette, traitements concessionnels : les outils du Club ont accompagné des décennies de crises financières souveraines. Mais face à l’émergence de nouveaux créanciers bilatéraux et à la complexification du paysage financier mondial, l’institution cherche à se moderniser.

Le Forum de Paris, son pendant multilatéral et délibératif, incarne précisément cet effort de réinvention : un espace de dialogue ouvert où toutes les parties prenantes peuvent contribuer à forger les solutions de demain

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun
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Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.

La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.

Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.

DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.

La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.

Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.

Portrait

LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.

Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.

En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.

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