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L’Etat veut s’appuyer sur la digitalisation et les caisses de retraite pour se financer

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L’Etat veut s’appuyer sur la digitalisation et les caisses de retraite pour se financer
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Au moment où le Cameroun doitrecourir à des émissions de titres publics d’un montant de 380 milliards FCFA sur le marché des capitaux, le ministre des Finances face aux investisseurs à Douala a dit la volonté du gouvernement de déployer des outils financiers innovants afin de capter plus d’épargne locale notamment à travers les établissements de micro finance pour financerles projets de développement inscrits dans la loi de finances de cette année.

Le Cameroun poursuit sa stratégie nationale de diversification des instruments financiers. Après avoir été présent en 2024 sur le marché monétaire de la Beac et sur le marché financier international, le pays y retourne cette année encore avec pour objectif de mobiliser 380 milliards de FCFA. Seulement, un constat se dégage sur le marché monétaire de la Beac. «La violation des titres et les taux de souscription continuent de baisser pendant que les taux de sortie continuent de progresser. En effet, les taux d’intérêt moyen pondérés des BTA qui étaient de 2,67% en 2020 passent à 6,33% à fin 2024. Les taux de couverture passent de 206,98% à 69,03%. Il en est de même des prix moyen pondérés», fait observer le ministre des Finances.

Cette situation couplée à un contexte mondial marqué par des pressions inflationnistes et la raréfaction des financements concessionnels poussent le Cameroun à mettre en place une stratégie de financement innovante. Le gouvernement a ainsi présenté son plan de financement pour 2025 à Douala le 13 février dernier. A l’occasion, il a été indiqué que le pays souhaite attirer davantage d’investisseurs institutionnels et individuels, notamment les petits épargnants jusqu’ici exclus, mais surtout accroitre la part de l’épargne locale, notamment grâce à la digitalisation.

Vers la digitalisation des souscriptions des titres publics

«Nous avons le devoir de démocratiser l’accès à l’épargne, de faire en sorte que chaque citoyen, chaque petite entreprise, chaque acteur économique puisse en un simple clic dans son téléphone, investir dans les obligations de l’Etat et participer activement à l’édification de notre pays »,déclare Louis Paul Motaze, ministre des Finances. Au-delà de la modernisation du financement de l’économie, le gouvernement souhaite à travers la digitalisation, attirer des petits épargnants. En effet le constat fait est que le Cameroun dispose de 26 millions de comptes mobile money, mais moins de 0,01% de la population investit dans les titres publics. Parmi les freins, il y a par exemple le seuil d’investissement trop élevé, souvent compris entre 100 000 et 1 million de FCFA. En faisant recours à la digitalisation, l’Etat pourrait mobiliser jusqu’à 500 milliards FCFA par an, avec un potentiel de 50 milliards FCFA dès la première année. Les comptes mobile money et les solutions fintech seront donc mis à contribution. Il sera question de créer un marché secondaire où les détenteurs de titres pourraient échanger leurs actifs à travers la mise en place d’émissions spécifiques pour financer des actifs identifiés. Cette approche permettra en gros de capter 1 000 milliards FCFA d’épargne informelle qui sont jusqu’ici inexploitables faute de mécanismes adaptés. C’est dans ce même ordre d’idées que le gouvernement souhaite désormais permettre aux établissements de micro finance de détenir des titres publics, au même titre que les banques. Ces établissements sont exclus du circuit depuis les réformes de 2010, visant à développer le marché des titres publics au Cameroun. Or, les EMF détiennent les fonds des petits épargnants et peuvent jouer un rôle décisif dans l’élargissement de la base des investisseurs. Il est envisagé l’émission d’obligations dédiées aux petits épargnants, avec des montants adaptés et des taux légèrement plus attractifs que ceux du marché.

Lesfonds de pension pour lever l’épargne locale

En plus des établissements de micro finance et des compagnies d’assurance, l’Etat compte sur les fonds de pension. La Caisse de Retraite de la Banque Centrale (CRBC) est prise pour exemple. Avec 235,18 milliards FCFA d’actifs sous gestion à fin 2023, elle détient une part importante de son portefeuille en titres publics, représentant 72,32% de ses actifs. Ce, pour avoir créé des fonds communs de placement pour ses adhérents. Cette stratégie garantit à la fois sécurité et rendement, tout en participant activement au financement des infrastructures et des projets de développement du pays. Les mutuelles des entreprises sont donc ainsi interpellées à investir sur le marché financier pour soutenir les projets du gouvernement.

Les autorités se disent toutefois conscients des limites à relever pour encourager la détention de titres publics par les EMF, les compagnies d’assurance et caisses de retraite. Il est notamment question d’ajuster la réglementation afin d’intégrer les besoins spécifiques de ces acteurs, d’allonger la durée des titres publics pour offrir des maturités adaptées aux investisseurs institutionnels et de renforcer la transparence et la traçabilité des émissions obligataires, afin d’améliorer la confiance des investisseurs.

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Entreprises publiques : 40 milliards de FCFA perdus sous l’effet d’une gouvernance défaillante

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Entreprises publiques : 40 milliards de FCFA perdus sous l’effet d’une gouvernance défaillante
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Le chiffre est brut, sans appel. Au 31 décembre 2022, neuf entreprises publiques camerounaises affichaient un résultat net négatif pour un total de 39,5 milliards de FCFA de pertes cumulées sur un seul exercice. C’est l’une des conclusions les plus saillantes d’une publication que la Pr. Viviane Ondoua Biwolé, spécialiste de la gouvernance des organisations publiques en Afrique centrale, a consacrée aux « mandats échus » dans le périmètre public national.

Neuf années d’observation continue, croisées avec les données de la Commission technique de réhabilitation (CTR) et les décrets de nomination, ont permis d’établir un constat que les chiffres rendent difficile à contester. Pour l’experte en gouvernance des organisations, les dirigeants qui se maintiennent en poste au-delà des durées légales fixées par les lois jumelles du 12 juillet 2017, soit six ans pour les présidents de conseil d’administration et neuf ans pour les directeurs généraux, ne constituent pas seulement une irrégularité juridique. Ils représentent un coût mesurable, que la Pr Ondoua Biwolé résume en une formule qui traverse l’ensemble de son ouvrage : l’illégalité a un prix, et ce prix se lit directement dans les comptes.

Sonara, Cicam, Camair-Co : les cas les plus alarmants

Parmi les cas les plus documentés, quatre sociétés publiques présentaient des capitaux propres négatifs en 2022, signe d’une insolvabilité technique caractérisée. La Sonara affichait un déficit de fonds propres d’environ 114 milliards de FCFA, séquelle directe de l’incendie survenu en 2019, malgré un retour à l’équilibre d’exploitation la même année. La Cicam, elle, cumule des capitaux propres négatifs et des pertes récurrentes sur trois exercices consécutifs (2019, 2021 et 2022), ce qui en fait selon l’étude « la configuration la plus dégradée de l’ensemble du portefeuille public ».

La CDC et la CRTV complètent ce groupe, dans lequel une recapitalisation ou une restructuration du bilan est désormais jugée inévitable. La compagnie nationale d’aviation Camair-Co représente, pour sa part, le fardeau annuel le plus lourd et le plus persistant, avec des pertes oscillant entre 12,7 et 20,6 milliards de FCFA par exercice sur la même période. La charge pèse, en dernière instance, sur le contribuable camerounais, rappelle la chercheuse, dans un contexte budgétaire où les marges de manœuvre demeurent étroites.

Des subventions massives pour des rendements dérisoires

Face à ces déficits, l’État n’a pas réduit son soutien. En 2022, les subventions d’exploitation et d’investissement allouées aux entreprises publiques se sont élevées à 29 milliards de FCFA. Le tableau que dresse l’étude sur ce point est préoccupant. La CRTV a perçu à elle seule 23,4 milliards de FCFA de subvention publique pour dégager un résultat net de 333 millions de FCFA, soit un rendement que la Pr Ondoua Biwolé qualifie d’« extrêmement faible au regard du montant engagé ». La Midepecam, quant à elle, est demeurée en perte nette malgré la subvention reçue.

L’analyse va plus loin en établissant un lien de causalité entre l’enracinement des dirigeants et la dégradation des comptes. Sur les 89 structures examinées, 77 présidents de conseil d’administration exercent au-delà de six ans et 36 directeurs généraux au-delà de neuf ans. Parmi les cas les plus extrêmes, Camille Mouté à Bidias dirige le Fonds national de l’emploi depuis 1991, soit 35 années de direction continue, tandis qu’Adolphe Moudiki est à la tête de la Société nationale des hydrocarbures depuis 1993. Ces situations ne sont pas sans rapport avec les résultats des structures concernées, selon la chercheuse.

Un indice composite pour mesurer le risque

Pour rendre ce rapport lisible par les décideurs, la Pr Ondoua Biwolé a construit un indice composite de risque-redressement sur 100, qui agrège risque juridique, risque de gouvernance, risque financier et performance opérationnelle. Les structures classées en priorité maximale regroupent des entités comme l’Anafor, la Sopecam, la Magzi ou le Crédit foncier, qui cumulent à des degrés divers ancienneté des dirigeants et fragilité financière.

Pr Viviane Ondoua Biwolé est explicite sur le mécanisme en jeu. L’absence de sanction du dépassement de mandat crée les conditions d’un enracinement durable, qui favorise à son tour le recyclage d’un nombre restreint de personnalités sur un nombre croissant de postes, ce qui réduit le renouvellement des compétences et des approches de gestion. La dégradation des résultats financiers qui s’ensuit appelle un soutien budgétaire accru de l’État, lequel allège artificiellement la pression sur les dirigeants en place et referme le cercle. Un système qui s’alimente lui-même, en somme, sans rupture visible à court terme.

La contrainte est aussi stratégique. Le dépassement de mandat crée une insécurité juridique vis-à-vis des partenaires bancaires et des investisseurs internationaux. Il empêche également l’introduction en bourse d’entités publiques, une option que l’État camerounais a pourtant affichée parmi ses ambitions, mais qui suppose des organes sociaux régulièrement constitués, condition rarement remplie dans l’état actuel du portefeuille public.

« Nommer n’est pas prolonger » : une feuille de route en trois horizons

La feuille de route proposée en conclusion de l’étude porte trois horizons. À court terme, la régularisation des vingt entreprises où la totalité de l’attelage dirigeant est hors mandat. À moyen terme, la soumission des quatre entreprises insolvables à un plan de redressement assorti d’une conditionnalité effective des subventions publiques.

À plus long terme, la professionnalisation du processus de nomination, en réduisant la part du pouvoir discrétionnaire au profit de critères de compétence documentés. Une ambition que résume la formule centrale de l’ouvrage, « nommer n’est pas prolonger », et dont la mise en œuvre reste, à ce jour, entière.

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Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée

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Finance internationale : le Minfi plaide au Forum de Paris pour une dette maîtrisée
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C’est au Centre de conférences Pierre Mendès France du ministère français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique que s’est tenue cette édition. Pays prêteurs et emprunteurs, institutions multilatérales — dont le FMI et la Banque mondiale —, représentants de la société civile, universitaires et acteurs du secteur privé s’y sont retrouvés pour débattre autour d’un thème d’actualité brûlante : « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation ».

L’édition intervient dans un contexte marqué par la multiplication des situations de surendettement dans les pays en développement, qui exigent des réponses collectives plus rapides et mieux coordonnées.

LE CAMEROUN DÉFEND UNE GESTION RIGOUREUSE ET TRANSPARENTE

Conduite par Louis Paul Motaze, la délégation camerounaise a pris toute sa part dans les échanges. Le Ministre des Finances a réaffirmé la détermination de Yaoundé à poursuivre les réformes engagées en matière de gouvernance de la dette publique, insistant sur les impératifs de rigueur, de transparence et de soutenabilité à long terme. Les discussions ont notamment porté sur la compatibilité entre financement du développement et viabilité de la dette, la fiabilité des données statistiques, le renforcement des capacités institutionnelles, ainsi que les risques associés aux prêts collatéralisés.

Pour le Cameroun, dont le programme économique s’inscrit dans le cadre d’engagements avec les institutions de Bretton Woods, cette participation constitue un signal fort adressé aux partenaires financiers internationaux.

LE CLUB DE PARIS À 70 ANS, EN QUÊTE DE RÉINVENTION

Cette conférence coïncide avec le 70e anniversaire du Club de Paris, cette instance informelle de créanciers publics fondée pour apporter des solutions coordonnées aux pays en difficulté de paiement. Rééchelonnements, réductions du service de la dette, traitements concessionnels : les outils du Club ont accompagné des décennies de crises financières souveraines. Mais face à l’émergence de nouveaux créanciers bilatéraux et à la complexification du paysage financier mondial, l’institution cherche à se moderniser.

Le Forum de Paris, son pendant multilatéral et délibératif, incarne précisément cet effort de réinvention : un espace de dialogue ouvert où toutes les parties prenantes peuvent contribuer à forger les solutions de demain

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun

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Agroalimentaire : DENKY peaufine son installation dans la région de l’Ouest Cameroun
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Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la création de plusieurs centaines d’emplois et répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution au Cameroun.

La région de l’Ouest Cameroun, département des Haut-plateaux dans le village Badenkop va s’enrichir d’une usine de transformation des produits alimentaires.

Le projet porté par Lisette Claudia Tame envisage la transformation du maïs et consacrera accessoirement des mini unités au développement des ressources telles que la pomme de terre, le plantain, la viande de porc, le sucre, avec l’ambition d’en faire à terme des unités autonomes, qui constitueront le complexe industriel qu’il est prévu de réaliser sur le même site.

Selon les prévisions, DENKY envisage de transformer chaque année : 500 tonnes de maïs ; 5 000 tonnes de sucre ; 300 tonnes de plantains et de pommes de terre ; 200 tonnes de fruits ; 200 tonnes de viande de porc. Le projet va générer 150 emplois directs et 200 emplois indirects. L’idée est de soutenir et de développer l’agriculture locale en encourageant des initiatives d’extension chez les agriculteurs locaux déjà actifs.

DENKY envisage également de fédérer les différents acteurs présents sur les chaines de valeurs des matières premières ciblées, pour garantir un fonctionnement régulier, et bien portant de ces différentes branches.

La cérémonie d’ouverture prévue vendredi 26 juin 2026 a pour objectif d’informer les acteurs du secteur agroindustriel de l’entrée d’une nouvelle unité dans la famille des transformations, présenter au gouvernement la réalisation d’un projet pour lequel ils ont été sollicités et présenter la vision qui fonde et accompagne cette réalisation.

Cet ouvrage vient répondre à la désormais traditionnelle problématique de l’import substitution, en proposant des produits issus des terres camerounaises, sous des aboutissements qui tutoient valablement l’offre étrangère.

Portrait

LISETTE CLAUDIA TAME SOUMEDJONG, CEO d’Africa Processing Company SA.

Lisette Claudia Tame est à la tête d’African Processing Company, la quatrième usine de transformation de cacao au Cameroun. Elle a su imposer sa marque de chocolats haut de gamme, Ca’Oly , symbole d’innovation, de qualité et de respect de l’environnement.

Son parcours est marqué par la détermination et la résilience. Après plusieurs années passées en Europe, elle fait le choix de revenir au pays pour y investir et bâtir un projet porteur de sens. Un pari réussi : son entreprise génère aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de FCFA et a permis la création de près de 200 emplois directs et indirects.

En janvier 2025, elle inaugure une usine de transformation de cacao à Okoa Maria, près de Mbankomo. Dotée d’une capacité de broyage annuelle de 4 000 tonnes, cette installation place APC SA parmi les cinq principaux acteurs nationaux du secteur, rivalisant désormais avec des poids lourds tels que Sic Cacaos et Chococam.

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