La localité de Gaboua, située dans l’arrondissement de Mayo-Moskota, département du Mayo-Tsanaga, est devenue l’un des points les plus vulnérables de cette région depuis plusieurs mois. Les attaques de Boko Haram y sont si fréquentes qu’il ne se passe pratiquement plus un jour sans que la population ne soit prise pour cible.
La dernière attaque en date s’est produite dans la nuit du 13 au 14 février. Les assaillants se sont infiltrés discrètement et ont surpris les habitants réfugiés dans les montagnes. Deux personnes ont été tuées et une autre a été enlevée.
Il était exactement 22h46 lorsque des cris de détresse ont retenti depuis la montagne, où la population se cache chaque nuit depuis des années pour échapper aux attaques terroristes. « Ils sont montés là-haut pour traquer les habitants. Ils ont froidement égorgé Guedasso Guissama, 20 ans, et Jean Kotcham, 25 ans. Ils les ont trouvés dans leurs cachettes, les ont immobilisés avant de leur trancher la gorge comme on le ferait à des animaux dans un abattoir. Une scène d’une violence indescriptible », raconte Esale Malika, membre du comité de vigilance de Gaboua.
En plus des deux victimes, plusieurs personnes ont été blessées. Les assaillants ont également tenté d’emmener trois autres personnes, mais deux d’entre elles ont réussi à s’échapper. « Ils n’ont fait aucun bruit qui aurait pu trahir leur présence. Ils ont agi furtivement, surprenant leurs victimes avant de les capturer. »
Les dégâts matériels sont également importants. Les assaillants ont pillé des stocks de vêtements et de denrées alimentaires. « Ils ont fouillé les concessions pendant plusieurs dizaines de minutes. Des dizaines d’habitations ont été passées au peigne fin et vidées de leur contenu. Les pertes matérielles sont énormes », ajoute Esaïe Malika.
Par ailleurs, une personne a été kidnappée. « Ils ont emmené le frère Kavoua avec eux. Ils avaient capturé trois personnes au départ et les ont traînées sur une certaine distance. Tous les trois ont tenté de se débattre. Deux ont réussi à leur échapper en se battant de toutes leurs forces, mais malheureusement, le frère Kavoua n’a pas eu cette chance. Ils l’ont maîtrisé et l’ont emmené », précise Esaïe Malika.














