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Lisette Claudia Tame Soumedjong : « Nous sommes la seule industrie locale du cacao offrant des produits intermédiaires et finis »

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Lisette Claudia Tame Soumedjong : « Nous sommes la seule industrie locale du cacao offrant des produits intermédiaires et finis »
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Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel et de l’origine de votre rêve de faire dans la transformation du cacao et celui d’implanter une usine au Cameroun ?

Merci pour l’honneur que vous me faites de m’interviewer. Pour bien situer le contexte, je suis la fille d’un industriel. Mon père, Henri Tame Soumedjong, était l’un des premiers agro-industriels au Cameroun dans le secteur laitier (directeur général de Saplait SA., ndlr.). J’ai donc grandi parmi les machines et j’ai découvert en moi la même passion et la même vocation que mes parents. Après mon parcours académique, mes premières expériences professionnelles m’ont conduite dans le secteur de la chocolaterie à l’étranger, où j’ai été formée spécifiquement au métier de la transformation du cacao. J’avais déjà le rêve de suivre le chemin de mes parents, et cette opportunité dans l’industrie m’a permis de définir ma propre trajectoire. Après mon séjour à l’étranger, où j’ai vu de belles réalisations, j’ai souhaité faire de même chez moi, au Cameroun. Je suis donc revenue pour démarrer mon projet industriel. Je n’ai pas commencé tout de suite dans l’industrie, car il fallait des fonds que je n’avais pas. Ce projet (Africa Processing Company SA, ndlr ) n’est pas un héritage familial ni une entreprise familiale. Nous sommes partis de zéro. J’ai commencé par importer des produits de chocolat de toutes sortes de l’étranger pendant 4-5 ans. Cette activité m’a permis de bien connaître le marché. Ensuite, j’ai collaboré avec des structures qui installaient des chocolateries ici, et je les ai accompagnées dans leur implantation. À l’issue de cette expérience, j’ai lancé ce projet industriel pour mon propre compte.

Quels ont été les principaux défis rencontrés lors du lancement d’Africa Processing Company SA. et comment les avez-vous surmontés ?

Je tiens à préciser que cette usine a été lancée depuis fin 2020. L’entreprise a été formalisée en janvier 2021, mais nous avions déjà commencé avant cette date. En janvier 2021, nous existions donc déjà depuis exactement quatre ans. Cette usine est simplement le fruit de notre propre réalisation. Avant, nous occupions des locaux que nous louions. Aujourd’hui, nous avons construit notre propre usine. Nous sommes installés ici depuis mai 2024. Ce n’est donc pas tout récent. Nous avons simplement procédé à l’inauguration il y a quelques semaines. Votre question portait sur les difficultés qu’il a fallu surmonter pour arriver ici. Naturellement, nous sommes partis sans aucun appui financier quelconque. Il a fallu réunir les ressources matérielles et financières nécessaires pour réaliser ce projet. Nous nous sommes appuyés sur notre activité. Le fait d’avoir travaillé longtemps à l’étranger nous avait offert plusieurs opportunités d’affaires et des clients qui ont cru en nous alors que nous étions encore tout petits, ce qui nous a permis d’engranger un certain nombre de moyens pour mettre ce projet en œuvre. Nous avons rencontré des difficultés financières et matérielles, bien entendu. Il y a aussi des difficultés liées à la ressource humaine, au capital humain. Voyez-vous, les métiers de l’industrie ne sont pas courants. Il n’y a pas d’école qui forme à ce que nous faisons. Donc, quelque part, il nous faut nous-mêmes former le personnel et lui apprendre le métier de la transformation de cacao. Ensuite, il y a la gestion de prestations de services, ce qui a nécessité de trouver des compétences pour réaliser cet ouvrage. Ce n’était pas la chose la plus aisée. Voilà en gros quelques difficultés que nous avons dû braver pour réaliser ce projet.

Pourquoi avez-vous choisi Mbankomo pour implanter vos installations, et en quoi cet emplacement stratégique contribue-t-il à vos activités ?

Mbankomo est un véritable carrefour. Nous sommes implantés dans la région du Centre, qui est le premier bassin cacaoyé du Cameroun, représentant pratiquement 51-54% de la production nationale. Dans ce bassin, nous sommes idéalement situés, à un point stratégique qui nous permet de rallier facilement Douala et Yaoundé, les deux grandes villes du pays, ainsi que les deux principaux ports, Douala et Kribi. La route de Ngoumou, qui est censée atteindre Kribi, ou la nationale numéro 3 facilitent également les connexions. Ce positionnement est stratégique à deux niveaux : d’une part, il nous place au cœur du principal bassin de production cacaoyère, et d’autre part, il nous offre une situation géographique avantageuse pour les échanges économiques, nous permettant de rejoindre facilement les ports et les grandes villes.

Quels mécanismes avez-vous mis en place pour assurer un approvisionnement régulier en fèves de cacao de qualité ?

Les capacités que nous transformons sont relativement faibles par rapport à la production nationale. En tant que transformateurs, nous avons des marges de manœuvre bien plus confortables que les exportateurs ou les acheteurs, communément appelés coxeurs. Pour une différence de prix de 100 FCFA, nous pouvons surpasser un exportateur qui traite de gros volumes. Nous bénéficions donc de cette facilité sur les marchés où nous achetons, que ce soit en coopérative, auprès de producteurs ou encore auprès de sociétés spécialisées dans la revente des fèves.

Nous avons tissé un certain nombre de relations et signé des contrats de fournisseurs au début de chaque campagne, qui nous approvisionnent. Nous permettons aussi aux particuliers de nous vendre leur cacao directement à l’usine, ce qui marche bien et fait plaisir aux producteurs de la région. Grâce à cette approche, il est assez aisé de mobiliser les quantités que nous transformons. Pouvez-vous nous présenter en détail la gamme de produits que vous avez conçue, fruit d’une étude approfondie des besoins des professionnels de la chocolaterie et de la confiserie ? Nous sommes la seule entreprise camerounaise qui propose à la fois des produits de première transformation, c’est-à-dire des produits dédiés à l’industrie et des produits semi-finis, ainsi que des produits finis destinés à la consommation finale.

En ce qui concerne les produits semi-finis de cacao, il y a principalement trois types : la poudre de cacao, la masse de cacao et le beurre de cacao, avec des subtilités que seuls les professionnels connaissent. Globalement, ces trois produits se déclinent en plusieurs formats et nous les commercialisons principalement à l’étranger. En effet, 90 à 95 % de notre production est exportée vers l’Asie, l’Europe, le Maghreb et bientôt le MoyenOrient. Pour la deuxième transformation, nous développons une gamme de produits assez innovante. Habituellement, le cacao est transformé en pâte à tartiner ou en barres de chocolat, ce qui est courant sur notre marché. Cependant, nous créons de nouveaux produits pour toutes les générations de consommateurs : enfants, jeunes et adultes. Nous proposons aujourd’hui environ 15 produits différents, tant en première qu’en deuxième transformation.

Quels sont les critères qui ont guidé le développement de votre gamme de produits innovants ?

Alors, déjà nous sommes partis de ce constat que je viens d’évoquer, que l’offre en termes de produits dérivés du cacao était faible. Quand on regarde à l’étranger ceux qui consomment principalement notre cacao, nous avons une panoplie tellement large. Et nous on se dit, mais pourquoi nous, qui sommes propriétaires de cette richesse, devons-nous nous restreindre à n’avoir qu’un ou deux produits de cacao qui sont connus et aimés du grand public. Donc, sur cette base-là, nous avons regardé les habitudes de consommation qui sont les nôtres, et identifié des besoins que nous pourrions susciter en rapport avec les habitudes de consommation de nos populations. Et il y va donc de notre ingéniosité, nous avons créé des produits assez innovants, comme je l’ai déjà dit, pour les enfants, pour les jeunes et les adultes, des produits innovants pour enrichir la consommation courante de cacao du Cameroun.

Parce qu’il faut noter que bien que nous soyons cinquième producteur mondial, nous ne consommons même pas 5% de notre production. Donc pour pouvoir susciter cette consommation-là, il fallait pouvoir proposer des produits nouveaux qui font envie et qui existent pour certains ailleurs, et d’autres non. Il y a des produits que nous avons quand même qui n’existent nulle part. Mais l’idée simplement au fond, c’est de pouvoir susciter cette nouvelle culture de consommation du cacao pour nos marchés intérieurs, à savoir le Cameroun, mais aussi l’Afrique.

Ces produits répondent-ils à la demande du marché ?

Ben écoutez, le peu que nous faisons aujourd’hui est largement demandé. Que ce soit en première ou en deuxième transformation, nous sommes en deçà de la demande de notre marché. Pour dire clairement, oui, tous nos produits ont trouvé un écho. Mais il faut dire que rien n’est fortuit dans ce que nous faisons. Comme je vous l’ai dit, nous avons étudié le marché pendant 4 à 5 ans avec des produits d’importation. Donc nous avons une idée des attentes du marché et nous essayons d’y répondre. C’est pour cela que nous rencontrons un certain succès avec nos produits.

Comment Africa Processing Company SA se positionne-t-elle face à des acteurs majeurs du secteur. Votre entreprise propose plus de 15 produits dérivés du cacao. Quelle est votre stratégie pour garantir la qualité et vous démarquer sur le marché local et mondial ?

Notre stratégie est basique : si vous voulez vous inscrire dans la durée et dans la qualité, la première chose à faire est d’avoir une bonne hygiène de production. C’est la base. Notre principe ici est de produire des choses que nous serions prêts à donner à manger à nos enfants. Nous garantissons donc une certaine qualité.

Nous disposons également d’outils pour nous aider. Nous avons installé un laboratoire pour suivre la qualité à travers différentes sortes d’analyses et de tests. Ces éléments nous permettent de garantir une certaine sécurité. Ensuite, il y a des organismes extérieurs comme le Centre Pasteur. Nous sommes certifiés Anor aujourd’hui. Nous avons aussi un médecin du travail qui accompagne le personnel pour veiller aux questions d’hygiène. En termes de qualité, nous avons sélectionné la matière première adéquate pour maintenir cette qualité.

Quelles mesures de soutien ou incitations gouvernementales avez-vous reçues et comment contribuent-elles au développement de votre entreprise ?

Bon, nous avons effectivement essayé de prendre connaissance de toutes les incitations qui existaient et nous les avons sollicitées. Nous avons demandé une subvention que nous n’avons pas obtenue, et un agrément pour pouvoir importer notre matériel que nous n’avons pas non plus reçu pour diverses raisons, ce n’est pas grave. La seule chose que nous avons demandée et que nous avons obtenue, c’est la concession de ce terrain. C’est ce dont nous avons bénéficié de la part de l’État.

Maintenant, nous avons également bénéficié du soutien de notre ministère de tutelle en matière de filière cacao, ce qui n’est pas négligeable. Nous avons également reçu le soutien des structures de cette filière, telles que l’ONCC et le CICC, qui se sont toujours montrés à notre écoute, nous ont conseillés et nous ont recommandés. À ce niveau-là, oui, nous avons eu ce genre de soutien. Mais en termes d’accompagnement et de facilitation de l’État, il n’y a eu que cette concession de terrain qui nous a été accordée.

Quels sont vos projets pour les années à venir, et comment envisagez-vous l’expansion d’Africa Processing Company SA à travers le Cameroun et au-delà ?

Aujourd’hui, le marché nous impose le projet de grandir. Comme je l’ai dit tantôt, notre production est totalement en deçà de la demande. Notre capacité installée est de 4 000 tonnes de broyage de fèves de cacao et de 4 000 tonnes de produits finis en ajoutant les autres intrants. Je tiens à le préciser parce que les gens font la confusion, ils disent qu’on broie 8 000 tonnes. Ce n’est pas vrai. Nous sommes capables de broyer 4 000 tonnes par an. Et lorsque nous ajoutons d’autres ingrédients pour les produits de consommation, on arrive aussi à 4 000 tonnes.

Donc un total de 8 000 tonnes de produits. Cette capacité est insuffisante et nous sommes obligés de renforcer rapidement notre matériel de production. C’est ce sur quoi nous travaillons à court et moyen terme. Peut-être d’élargir aussi notre zone de stockage. Mais notre véritable projet est d’arriver à construire notre usine d’ici 2028- 2029 sur le reste de notre site puisque nous n’occupons qu’un tiers du terrain, avec une usine d’une capacité de broyage de 24 000 tonnes de cacao.

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Officiel – Cristiano Ronaldo et Georgina Rodríguez se sont mariés

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Officiel – Cristiano Ronaldo et Georgina Rodríguez se sont mariés
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Après dix ans de vie commune, cinq enfants et une demande en mariage restée secrète jusqu’au bout, Cristiano Ronaldo et Georgina Rodríguez ont enfin dit oui. Le couple vient de confirmer son mariage, ce lundi 11 août, à travers une photo publiée simultanément sur leurs comptes Instagram respectifs.

Une annonce en robe blanche, alliances au doigt

Sur le cliché partagé ce lundi, les deux tourtereaux apparaissent tout de blanc vêtus, une alliance bien visible à l’annulaire gauche. Aucune ambiguïté possible cette fois : après des mois de rumeurs et de fausses pistes, l’union est bel et bien officielle. Georgina a accompagné la publication d’une légende en espagnol, chargée d’émotion :« Oui, je le veux. Dans cette vie et dans toutes mes vies. »

Un communiqué relayé par le magazine People est venu préciser le contexte de la cérémonie : « La cérémonie fut un moment privé et intime, en présence de leurs cinq enfants. » Une discrétion à contre-courant du tourbillon médiatique qui entourait pourtant le couple depuis l’annonce de leurs fiançailles.

Une fausse alerte à Madère avant la vraie cérémonie

L’attente aura été longue, et parfois trompeuse. Le week-end précédant l’annonce, des milliers de curieux s’étaient massés à Madère, île natale de Cristiano Ronaldo, persuadés que le mariage s’y déroulerait le samedi 8 août. Plusieurs médias avaient même évoqué la cathédrale de Funchal comme lieu de cérémonie, avec une réception prévue au prestigieux hôtel Savoy Palace. La foule a finalement assisté… au mariage d’un tout autre couple, pris par erreur pour celui du champion portugais.

Cette confusion n’avait rien d’illogique. Ronaldo, natif de Funchal, avait lui-même laissé entendre que l’île jouerait un rôle dans ses projets matrimoniaux. Mais le vrai lieu et la date exacte de la cérémonie sont finalement restés un secret bien gardé, jusqu’à la publication surprise de ce lundi.

Une demande en mariage jamais vraiment planifiée

Le couple, ensemble depuis 2016 après une rencontre à Madrid alors que Georgina travaillait comme vendeuse chez Gucci, s’était fiancé en août 2025. Dans une interview accordée au journaliste britannique Piers Morgan, Ronaldo était revenu en détail sur les circonstances de sa demande, avouant volontiers ne rien avoir prémédité ce soir-là : « Il était environ 1 heure du matin. Mes filles étaient déjà couchées. Un de mes amis m’a donné la bague à offrir à Gio (Georgina), et au moment où je la lui donnais, mes deux filles sont entrées et ont dit : ‘Papa, tu vas donner la bague à maman et tu vas lui demander de se marier.’ »

Le champion portugais avait poursuivi son récit avec la même sincérité désarmante : « Je me suis dit : ‘Waouh, c’est le bon moment pour dire oui.’ C’était le moment. Je savais que j’allais le faire un jour, mais je n’avais pas prévu de le faire précisément ce soir-là. »

Une bague à plusieurs millions d’euros, déjà scrutée par les experts

La bague offerte par Ronaldo n’était pas passée inaperçue au moment de l’annonce des fiançailles, l’an dernier. Les spécialistes en joaillerie interrogés par la presse internationale avaient évalué le diamant, taillé à 30 carats, entre 2 et 4,5 millions d’euros — certaines estimations grimpant même jusqu’à 5 millions. De quoi en faire l’une des bagues de fiançailles les plus onéreuses jamais portées par une personnalité publique ces dernières années.

Entre-temps, le couple avait traversé une dernière ligne droite chargée en émotions sportives. Lors du Mondial 2026, Ronaldo était devenu le premier joueur de l’histoire à marquer lors de six éditions différentes de la Coupe du monde, avant une élimination du Portugal en huitièmes de finale. Georgina, elle, avait fait le déplacement jusqu’en Floride avec leurs enfants pour assister à plusieurs de ses matchs, prolongement logique d’une décennie passée à suivre le parcours du champion, de Madrid à la Juventus, puis Manchester United, avant Al-Nassr en Arabie saoudite.

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Centrafrique : l’ambassadeur français accusé d’avoir emmené une trentaine de jeunes femmes dans sa résidence privé

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Centrafrique : l’ambassadeur français accusé d’avoir emmené une trentaine de jeunes femmes dans sa résidence privé
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Une trentaine de jeunes femmes reçues dans les appartements privés d’une résidence diplomatique, une faille de sécurité signalée, puis une enquête administrative : l’ambassadeur de France en Centrafrique se retrouve au cœur d’une affaire qui embarrasse le Quai d’Orsay.

Une procédure confirmée par le ministère

Le ministère des Affaires étrangères l’a confirmé ce mardi 11 août à l’AFP : une procédure disciplinaire a bien été engagée contre Bruno Foucher, ambassadeur de France en Centrafrique. Le Quai d’Orsay a précisé le cheminement administratif ayant mené à cette décision : « À l’initiative du ministère, une enquête administrative a été réalisée à Bangui en 2026. Dès réception des conclusions de cette mission, sur demande du ministre, le ministère a engagé une procédure disciplinaire à l’encontre de l’ambassadeur. » Le ministère n’a en revanche donné aucun détail sur les faits précis reprochés au diplomate, ni sur les suites qui pourraient être données à la procédure.

C’est Le Canard enchaîné qui a révélé l’affaire, dans une enquête devant paraître ce mercredi. Selon l’hebdomadaire satirique, Bruno Foucher aurait reçu dans ses appartements privés, au sein de la résidence de France à Bangui, une trentaine de jeunes femmes entre janvier 2024 et mars 2026. Ce ballet de visites aurait fini par attirer l’attention des services chargés de la protection de la résidence, au point de faire remonter un signalement pour faille de sécurité.

Une quinzaine de visites par mois, selon le rapport d’inspection

Face à ce signalement, le ministère a diligenté une inspection sur place en avril, dont les conclusions ont directement débouché sur l’ouverture de la procédure disciplinaire. Le Canard enchaîné, qui affirme avoir eu accès au rapport, avance un chiffre précis : l’ambassadeur aurait reçu, en moyenne, une quinzaine de visites par mois. Il aurait également donné pour instruction qu’une de ces jeunes femmes puisse séjourner sur place pendant l’une de ses absences — un détail qui, sur le plan de la sécurité diplomatique, pose question.

Interrogé à deux reprises dans le cadre de cette enquête, l’ambassadeur a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux jeunes femmes, toujours selon l’hebdomadaire. La palette des sanctions disciplinaires possibles reste large : elle va du simple blâme à la radiation pure et simple de la fonction publique, en passant par la mise à la retraite d’office.

Un contexte géopolitique particulièrement sensible

Cette affaire tombe à un moment délicat pour la diplomatie française en Centrafrique, pays où l’influence russe reste solidement implantée. Le groupe paramilitaire Wagner y est notamment toujours présent, chargé d’assurer la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra. Paris accuse régulièrement Moscou d’attiser l’hostilité envers la France dans plusieurs pays africains, en s’appuyant notamment sur des manœuvres informationnelles menées sur les réseaux sociaux.

Or les relations entre Paris et Bangui, longtemps dégradées à mesure que l’influence russe se renforçait dans le pays, connaissaient justement un net réchauffement depuis 2024. En mars dernier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en déplacement à Bangui, avait salué « la restauration complète des relations » entre les deux pays — une visite qui marquait alors le retour d’un responsable français de haut rang en Centrafrique, une première depuis 2018.

Bruno Foucher n’en est pas à sa première affectation sensible. Nommé à Bangui en 2023, ce diplomate de carrière a précédemment occupé les postes d’ambassadeur au Tchad, en Iran, puis au Liban, avant de présider l’Institut français. Un parcours qui, jusqu’à cette affaire, ne laissait rien présager d’une telle tourmente disciplinaire à ce stade de sa carrière.

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Allocution de félicitations du Président National du MPCC, Jean Blaise Gwet à l’armée Camerounaise

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Allocution de félicitations du Président National du MPCC, Jean Blaise Gwet à l’armée Camerounaise
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Un remaniement à distance, en pleine incertitude sur l’état de santé du chef de l’État. La réorganisation du haut commandement des Forces armées camerounaises, actée début août par Paul Biya, suscite déjà des prises de position dans la classe politique — à commencer par celle du Mouvement Patriotique pour le Changement du Cameroun.

Un remaniement signé en pleine absence prolongée du président

Les décrets datent du 3 août 2026. Ce jour-là, plusieurs promotions et nominations viennent redessiner le sommet de l’armée camerounaise : cinq colonels sont élevés au grade de général de brigade, quatre des cinq régions militaires interarmées changent de commandant, et le général de brigade Donatien Melingui Nouma prend la tête de la première région militaire, à Yaoundé. Ces textes ont été lus sur les antennes de la CRTV, la radio-télévision publique.

Ce qui donne à ce mouvement une résonance particulière, c’est le contexte dans lequel il intervient. Paul Biya, 93 ans, a quitté le Cameroun le 7 juin 2026 pour ce que la présidence avait présenté comme un bref séjour privé en Europe. Deux mois plus tard, il n’était toujours pas rentré au moment de la signature des décrets — la plus longue absence de ses 43 années à la tête de l’État. De quoi alimenter les spéculations sur sa santé, dans un pays où la question de sa succession reste, à ce jour, sans réponse institutionnelle claire.

Le MPCC salue les promotions, tout en posant ses conditions

C’est dans ce climat que Jean Blaise Gwet, président national du MPCC, a choisi de réagir publiquement. Dans une déclaration officielle, il adresse d’abord ses félicitations à l’ensemble des officiers concernés, avec une mention particulière pour le nouveau commandant de la première région militaire : « Je présente mes chaleureuses félicitations et mes vœux de réussite, à un grand soldat au parcours brillant, jalonné de succès et de défis : Le Général Donatien Melingui Nouma, récemment promu, Commandant de la 1ère Région Militaire. »

Mais l’essentiel de la déclaration dépasse largement le simple exercice protocolaire. Gwet pose d’emblée un principe qu’il juge non négociable : « L’armée camerounaise appartient à la République. Un officier nommé à une haute fonction de responsabilité, ne reçoit ni un privilège personnel, ni la représentation d’une famille, d’un clan, d’une région ou d’une communauté. Il reçoit une mission au nom de la Patrie, au nom de la Nation. »

Une mise en garde contre l’instrumentalisation de l’uniforme

Le président du MPCC ne s’arrête pas aux félicitations d’usage. Il adresse un message directement aux officiers promus, formulé sans détour : « Votre grade n’est pas une récompense définitive. Votre fonction n’est pas une propriété. Votre nomination est une responsabilité. » Il poursuit en énumérant une série d’obligations : « Servez le Cameroun avec loyauté. Protégez les populations avec dignité. Respectez les institutions. Faites respecter la loi. Combattez le banditisme, le terrorisme et la criminalité avec professionnalisme. »

La formule la plus tranchante de sa déclaration concerne l’usage de la fonction militaire à des fins partisanes : « Ne permettez jamais que l’uniforme de la République soit utilisé pour défendre des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général de la Nation. » Une phrase qui prend un relief particulier dans un contexte où plusieurs observateurs, cités par la presse camerounaise, s’interrogent sur la réalité du pouvoir exercé depuis l’étranger et sur l’hypothèse d’une préparation de l’après-Biya via l’appareil sécuritaire.

Sécurité et unité nationale, les deux piliers défendus par le MPCC

Sur le fond des enjeux sécuritaires, Gwet rappelle que le pays reste confronté à des défis bien identifiés : « Les menaces terroristes dans l’Extrême-Nord, les violences et tensions persistantes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le banditisme transfrontalier, la criminalité organisée et certaines formes de violence communautaire exigent des réponses fermes, mais également intelligentes et préventives. » Il insiste toutefois sur les limites d’une réponse purement militaire : « La meilleure victoire d’une armée républicaine n’est pas seulement de vaincre une menace ; c’est aussi d’empêcher qu’elle ne naisse, de protéger les populations et de restaurer la confiance. »

L’unité nationale occupe également une place centrale dans la déclaration. Le président du MPCC y voit un rôle spécifique pour l’institution militaire : « Elle doit démontrer qu’un Camerounais du Nord peut servir avec le même engagement que celui du Sud, de l’Est, de l’Ouest, du Centre, du Littoral, de l’Adamaoua, du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest. Il ne doit pas exister une armée de communautés. Il doit exister une seule armée : l’Armée camerounaise. »

Une succession à préparer « dans le dialogue », plutôt que dans la confrontation

Sans jamais nommer directement la question de la succession présidentielle, Gwet y consacre pourtant un passage entier de sa déclaration, appelant à une transition apaisée : « Le Cameroun doit donc préparer progressivement la relève générationnelle, renforcer ses institutions et permettre l’émergence de nouvelles compétences capables d’assumer demain les responsabilités de l’État. » Il ajoute, avec une formule qui se veut rassembleuse : « Notre conviction est claire : le Cameroun ne doit pas préparer sa succession dans la confrontation, mais dans l’organisation, la compétence et le dialogue républicain. »

Le président du MPCC adresse par ailleurs des vœux de santé au chef de l’État, sans éluder pour autant la question de l’avenir institutionnel du pays : « Nous souhaitons au Chef de l’État une excellente santé, une santé de fer, ainsi que la force nécessaire pour continuer à assumer ses responsabilités à la tête de la République. Mais nous devons également avoir le courage de regarder l’avenir. »

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