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Présidentielle 2025 : Des chefs traditionnels en rangs derrière Paul Biya

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Présidentielle 2025 : Des chefs traditionnels en rangs derrière Paul Biya
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Au terme d’une réunion élargie du bureau exécutif du Conseil national des chefs traditionnels du Cameroun tenue ce 27 janvier 2025, un appel à candidature a été lancé à l’endroit de Paul Biya, pour la présidentielle 2025. Dans la déclaration finale lue par le lamido de Guidiguis, l’association des chefs traditionnels du Cameroun, expliquent que «l’attention des chefs traditionnels du Cameroun a été particulièrement attirée par des propos diffamatoires envers le président de la République. Au regard de ce qui précède, le Conseil des chefs traditionnels a trouvé opportun de prendre une position claire, sans équivoque sur les sujets qui cristallisent désormais toutes les attentions à savoir l’élection présidentielle». Mieux, «le Cameroun est un pays complexe qui a besoin d’un homme d’expérience, sagesse, patriotisme et clairvoyant qui sont des atouts et des qualités indéniables, irréfutables pour notre pays dans un monde de plus en plus incertain. En qualité d’auxiliaires de l’administration, les chefs traditionnels du Cameroun prennent un engagement républicain à suivre les pouvoirs publics et à suivre toutes les mesures qui seront mises en jeu pour le bon déroulement du scrutin présidentiel», souligne la déclaration.

Chefs traditionnels contre évêques

Les travaux placés sous la présidence de Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale (Minat), avaient deux points à l’ordre du jour : l’appel à candidature à Paul Biya et l’élection du nouvel bureau exécutif de leur instance, après le décès de son premier président, Alim Hayatou, ancien lamido de Garoua, décédé en 2021. Pour l’autre point à l’ordre du jour, Guy Tsala Ndzomo, un chef traditionnel du département de la Lékié, région du Centre, a été élu à la tête de l’instance. Avec comme vice-président, le lamido de Maroua, Abdoulaye Yerima Bakari. « Le nouveau président du Conseil des chefs traditionnels du Cameroun a salué l’engagement des uns et des autres, qui a permis de « maintenir le Conseil national des chefs traditionnels du Cameroun». Alors «c’est aussi pour moi l’occasion tant attendue de dire merci du fond du cœur pour m’avoir soutenu pendant toute cette période dans les activités que nous avons menées ensemble. Merci pour confiance qui est pour moi un facteur de motivation et d’énergie revigorante et surtout pour vos soutiens multiformes». En soulignant le fait que «la chefferie traditionnelle est l’institution fondamentale garante de notre identité culturelle, la base fondatrice de nos communautés et dépositaires de la base culturelle traditionnelle».

Les chefs traditionnels s’alignent ainsi derrière les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, qui croient qu’à 92 ans, Paul Biya demeure leur candidat pour l’élection présidentielle d’octobre prochain. Cela arrive quelques semaines après une vague de dénonciations de la malgouvernance et de la mauvaise qualité de vie des Camerounais, portées par des évêques et archevêques.

Pour autant, il est à noter que ce ne sont pas tous les chefs traditionnels du Cameroun qui ont pris part aux travaux. Des critiques comme Jean Rameaux Sokoundjou de Bamendjou, n’ont pas ris part aux travaux du Palais des Congrès de Yaoundé.

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Opportunité : Le manioc camerounais ne fait pas encore recette dans la ZLECAF

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Opportunité : Le manioc camerounais ne fait pas encore recette dans la ZLECAF
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La production reste embryonnaire au niveau national et reste morcelée sur de petites surfaces, avec un accès limité aux semences améliorées, au financement et aux marchés structurés.

Selon les chiffres disponibles, le Cameroun compte plus de 350 000 producteurs de manioc. Le chiffre a été confirmé par Gabriel Mbaïrobe, ministre en charge de l’Agriculture et du développement rural (Minader), lors de la 3ème édition du festival international All Kassava, tenu dans la ville de Douala du 29 octobre au 1er novembre 2026.

Selon la Stratégie de développement du secteur rural, couplée au Plan national d’investissement agricole 2020-2030, le Cameroun s’est fixé un objectif de production de 10 millions de tonnes de manioc en 2030. Il est également attendu un accroissement de rendement devant atteindre 20 tonnes par hectares à la même année. Sauf que à date, la filière souffre encore d’un manque de structuration.

Depuis la mise sur pied de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), le manioc est reconnu comme une filière stratégique pour l’Afrique en général et une opportunité pour le Cameroun. Malgré le potentiel productif dont dispose le Cameroun, la chaîne de valeur de cette filière manque de structuration.

La production reste embryonnaire au niveau national et reste morcelée sur de petites surfaces, avec un accès limité aux semences améliorées, au financement et aux marchés structurés. L’accompagnement des acteurs pour saisir les opportunités commerciales qu’offre la ZLECAF. Les partenariats entre les petits producteurs et acheteurs ne sont pas facilités et l’usage des outils numériques pour connecter l’offre à la demande reste presque inexistant.

Au Cameroun, la filière enregistre encore environ 40% de perte de sa production du fait du manque d’infrastructures de transformation. La répartition de la production selon la taille de l’exploitation montre que 62,5% proviennent de petits producteurs.

«L’interprofession a été créée en juillet dernier. Donc, elle est encore très jeune. Nous avons environ 120 organisations à la création, dont certaines ont jusqu’à 120 membres. Seulement, elle est en activité dans quatre régions : le Centre, le Sud, l’Est et le Littoral. Après le festival All Kassava co-organisé avec Fadec, nous allons reprendre la sensibilisation. Notre ambition est de couvrir l’étendue du territoire national et être installée dans les 10 régions d’ici fin 2027» rassure dans les colonnes du journal Cameroon Tribune, Yvette Doume, présidente de l’interprofession manioc du Cameroun et par ailleurs promotrice du festival international du manioc.

Le Cameroun dépense massivement chaque année pour importer du blé, l’une de ses principales denrées alimentaires importées. Les statistiques officielles estiment les importations annuelles à environ 800 000 tonnes. Le site Business in Cameroon rapporte qu’en 2023, la facture s’élevait à 178 milliards FCFA, tandis que d’autres sources avancent des chiffres plus élevés selon les fluctuations des prix mondiaux.

Suu le terrain

Sur le terrain, afin de rattraper son retard, le gouvernement du Cameroun à travers son ministère en charge de l’Agriculture et du développement rural (Minader) et le ministère des PME, de l’économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) a lancé le projet « Manioc & Femmes dans la ZLECAf ». L’initiative est également soutenue par le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC).

Ledit programme envisage de doter chaque productrice d’au moins 1 hectares de manioc. Des sessions de renforcement des capacités ont lieu dans des bassins de production comme Mbangassina, Pouma, Mbalmayo ou Djoum. En outre, le gouvernement vise la mise en place de 200 unités de transformation pour produire autour de 600 000 tonnes de farine de manioc par an, afin notamment de l’incorporer dans la panification et de réduire les importations de blé.

Une première usine moderne a été mise en service à Ngoulemakong (région du Sud Cameroun) en janvier 2024 d’une capacité de 20 tonnes/jour, et sept autres sont prévues dans les localités de Banguem, Dibombari, Lobo, Batchenga, Mvangan entre autres. Une unité spécialisée dans les pâtisseries et le pain à base de manioc a également été inaugurée par la Socoapace à Minkoa-Lobo.

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Gaz naturel : le Cameroun et la Guinée équatoriale préparent un accord opérationnel avec Chevron sur Yoyo-Yolanda

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Gaz naturel : le Cameroun et la Guinée équatoriale préparent un accord opérationnel avec Chevron sur Yoyo-Yolanda
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Les deux pays ont harmonisé leurs positions sur l’exploitation commune des champs gaziers transfrontaliers Yoyo-Yolanda, lors d’une réunion tenue le 4 novembre 2026 à Yaoundé. Cette avancée prépare les négociations avec le groupe pétrolier américain Chevron, partenaire stratégique du projet.

Le Cameroun et la Guinée équatoriale accélèrent les préparatifs du développement conjoint des champs gaziers transfrontaliers Yoyo-Yolanda. Réunies le 4 novembre 2026 au siège de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), à Yaoundé, les délégations des deux pays ont harmonisé leurs positions sur le projet d’Accord d’opérations de l’unité (AOU), destiné à encadrer l’exploitation commune des ressources. Cette concertation précède les négociations avec Chevron, le groupe pétrolier américain associé au projet.

La délégation camerounaise était conduite par Nathalie Moudiki, conseiller N2 à la SNH, tandis que la partie équato-guinéenne était dirigée par Oscar Berniko, directeur général des entités d’État et des actifs pétroliers au ministère des Hydrocarbures de Guinée équatoriale. Les échanges ont permis de consolider les positions des deux gouvernements sur les modalités opérationnelles du développement des champs Yoyo et Yolanda, situés de part et d’autre de leur frontière maritime.

Mutualiser les investissements et les infrastructures

L’Accord d’opérations de l’unité doit organiser la conduite des activités pétrolières sur les deux champs, considérés comme un ensemble gazier transfrontalier. Ce mécanisme permet de coordonner les investissements, les travaux de développement, les installations de production et la gestion des ressources, plutôt que de multiplier les infrastructures de chaque côté de la frontière.

Cette approche présente un intérêt économique pour les deux pays. La mutualisation des équipements et des opérations peut réduire les coûts de développement et d’exploitation, tout en améliorant la rentabilité du projet. Les négociations avec Chevron porteront notamment sur les conditions de mise en œuvre de cette exploitation commune, dont dépendront les investissements industriels nécessaires à la mise en production.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Deux accords signés depuis 2023

Le projet Yoyo-Yolanda repose sur l’accord bilatéral signé le 17 mars 2023 à Yaoundé par les présidents Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Cet engagement a établi le cadre de coopération entre les deux États pour la valorisation des ressources gazières situées à leur frontière maritime.

Le 3 février 2026, à Malabo, les deux pays ont franchi une nouvelle étape avec la signature de l’Accord d’unitisation, sous les auspices du vice-président de la Guinée équatoriale. Ce texte encadre le développement conjoint des ressources gazières. L’Accord d’opérations de l’unité en préparation doit en préciser les modalités d’exécution avec les partenaires industriels.

Des perspectives pour l’industrie gazière

Pour le Cameroun, Yoyo-Yolanda offre des perspectives de valorisation de ses réserves gazières et de mobilisation de nouvelles recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures. Le projet pourrait également générer des activités pour les entreprises intervenant dans les services pétroliers, la logistique et la maintenance industrielle.

La Guinée équatoriale dispose déjà d’une industrie gazière structurée autour d’installations de traitement et de liquéfaction. Le développement de Yoyo-Yolanda pourrait contribuer à alimenter ses infrastructures existantes, selon les solutions techniques et commerciales qui seront retenues.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

Les prochaines discussions avec Chevron devront notamment permettre de préciser l’organisation des opérations, les investissements nécessaires et les conditions de développement des champs. L’harmonisation des positions camerounaise et équato-guinéenne, obtenue le 4 novembre à Yaoundé, ouvre ainsi une nouvelle phase dans la préparation de l’exploitation industrielle de Yoyo-Yolanda.

Par Jean Luc FASSI
Défis Actuels du 04/11/2026

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Alamine OUSMANE MEY : « Nous œuvrons pour que le secteur secondaire devienne de plus en plus important »

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Alamine OUSMANE MEY : « Nous œuvrons pour que le secteur secondaire devienne de plus en plus important »
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À mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire expose les ambitions du gouvernement pour accroître la transformation locale des matières premières, développer le secteur secondaire et réduire la dépendance aux importations. Il revient également sur la dette publique, les financements des grands projets et le soutien aux entreprises nationales.

Propos recueillis par François BAMBOU

Monsieur le Ministre, en 2026, à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), quels sont les secteurs où la transformation structurelle est aujourd’hui la plus palpable et quels sont les points de vigilance ?

Le gouvernement s’est engagé dans la SND30 à transformer structurellement l’économie camerounaise c’est-à-dire à apporter des changements fondamentaux dans les structures économiques et sociales pour favoriser un développement plus inclusif et durable sans compromettre les chances des générations futures, et il a déjà pris plusieurs mesures qui ont permis d’obtenir les résultats visibles dans plusieurs secteurs de notre économie.

Je peux d’abord citer le secteur du bois dans lequel on enregistre une transformation locale plus poussée des grumes avant leurs exportations. Je voudrais à cet effet rappeler que la part du bois scié dans les exportations a considérablement augmenté entre 2020 et 2025 suite aux mesures prises par le Gouvernement en perspective à l’arrêt des exportations des grumes en 2027.

Je peux également mentionner le secteur de l’électricité dans lequel on a enregistré un relèvement de la capacité de production énergétique, qui est passée de 1516 Mw en 2020 à 2280 Mw en 2025, se traduisant par une augmentation du taux d’accès à l’électricité de 64,7 % en 2020 à 95 % en 2025.

Le Gouvernement poursuit ses efforts pour que ces changements soient également perceptibles dans tous les autres secteurs, en particulier celui des industries et services où les résultats restent encore en deçà des attentes.

La SND30 vise un secteur secondaire représentant 25 % du PIB d’ici 2030. Quelles sont les réformes majeures engagées par votre département pour transformer le Cameroun d’une économie d’extraction à une économie de manufacture ?

L’un des principaux changements que nous voulons dans notre économie est que le secteur secondaire devienne de plus en plus important, qu’il approvisionne les ménages et qu’il modifie leur profil de consommation au profit des biens locaux.

En termes d’objectif, il est question de porter la part du secteur secondaire dans le PIB à 36,8 % à l’horizon de 2030, la Valeur Ajoutée Manufacturière (VAM) à 25 % en 2030 et la part des exportations des produits manufacturiers à 54,5 %. Les mesures déjà mises en œuvre pour atteindre ces objectifs ont permis d’obtenir les résultats particulièrement encourageants.

Le MINEPAT va continuer à œuvrer pour la mise en œuvre des autres mesures permettant d’atteindre ces objectifs en relation avec les administrations et structures concernées. A cet effet, nous allons accélérer la mise en route des projets tels que l’autoroute Douala-Yaoundé, adresser les faiblesses liées à la pose de la fibre optique, accélérer la mise en place de l’usine d’engrais chimique dans le cadre du Programme d’Impulsion Initial afin d’accroître la productivité agricole, suivre avec attention particulière les projets miniers dont les premières productions sont attendues en 2027, redoubler de vigilance afin de mieux saisir les investissements directs étrangers et de rattraper le déficit en investissement en rapport aux prévisions, rechercher les mécanismes permettant d’accroître l’offre de crédit en mettant en place une stratégie de rattrapage technologique.

Le Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH) est également l’un de vos instruments phares pour l’import-substitution. Quels en sont les articulations et les moyens ? Quels sont les principaux succès et les défis rencontrés jusqu’ici ?

Le PIISAH pour le Triennal 2024-2026, que nous avons élaboré en exécution des Très Hautes instructions du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, est un outil pour l’accompagnement des acteurs du secteur privé dans la mise en œuvre de la politique d’Import-Substitution adoptée par le Gouvernement dans la SND30. Les filières retenues dans ce plan sont le riz, le maïs, le blé, le mil/sorgho/soja, l’huile de palme, le poisson et le lait/bovin.

Afin d’atteindre son objectif qui est de contribuer à une réduction globale de 40 % des importations des produits de ces filières, et par suite au déficit de la balance courante. Trois axes d’interventions ont été retenus dans le PIISAH à savoir : la sécurisation et l’aménagement des périmètres hydroagricoles, pastoraux et halieutiques ; l’amélioration de la production, la transformation et de la commercialisation ; et l’amélioration de l’accès à la recherche, à la formation et aux financements.

Le plan est mis en œuvre à travers des actions concrètes qui se répartissent entre : l’ensemble des missions de service public assurées par les ministères sectoriels et les établissements publics qui y sont rattachés notamment la réalisation des infrastructures d’aménagement du territoire dans l’optique de rendre les bassins de production attractifs pour le secteur privé ; le portefeuille des Projets et Programmes à financement conjoint ; les projets/activités inscrits dans les budgets des administrations et qui concourent à l’objectif d’import-substitution ; et les activités de production de transformation et de commercialisation réalisée par le secteur privé.

Les différentes évaluations de ce plan vont permettre de dégager les avancées enregistrées et les aspects sur lesquels le Gouvernement devra accorder une attention particulière afin d’atteindre les objectifs visés.

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Ces dernières années, le Gouvernement a injecté des ressources importantes dans les filières prioritaires (riz, blé, maïs, poisson). Ces investissements ont-ils généré une véritable montée en puissance des acteurs privés locaux et une baisse des importations ?

Comme je viens de mentionner, les filières : riz, blé, maïs et poisson font partie de celles qui ont été retenues dans le PIISAH dont le coût global est estimé à 1 443,8 milliards de FCFA. Il s’agit d’un important montant de ressources que le Gouvernement va injecter dans ces filières, dans le but notamment de : faciliter le développement des actions du secteur privé dans le domaine agropastoral sur des espaces sécurisés et aménagés, contribuer à l’augmentation significative de la production et de la disponibilité des produits locaux de grande transformation et créer un environnement propice pour le développement des activités agropastorales. Nous pouvons donc objectivement nous attendre à une grande mobilisation des acteurs privés locaux et à une baisse significative des importations.

Face aux contraintes budgétaires mondiales, comment le Cameroun parvient-il à mobiliser comme vous le faites régulièrement, des financements innovants pour soutenir les projets d’envergure sans compromettre la viabilité de la dette ?

Il est certes vrai que les pays en développement ont de plus en plus du mal à mobiliser les financements du fait de l’augmentation des taux d’intérêts mondiaux et de l’accroissement de la dette publique des États. Mais nous parvenons encore à le faire via différents mécanismes (PPP, fonds carbone, financement vert, etc.), tout en respectant les exigences prescrites dans la Stratégie d’Endettement à Moyen Terme 2025-2027, pour notamment financer les projets d’envergure parce que notre signature est encore crédible sur les marchés financiers et chez nos partenaires.

Les compatriotes s’inquiètent souvent du volume de la dette publique Camerounaise, de sa croissance et s’interroge également sur les retombées concrètes de cet endettement. Quelles clarifications et assurances pouvez-vous leur donner ?

Je tiens d’abord à préciser qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter du volume de notre dette publique, en effet l’encours de la dette publique qui est actuellement de 44,3 % est largement en deçà du seuil de 70 % qui est le plafond fixé dans le cadre de la surveillance en zone CEMAC. Par ailleurs notre pays dispose d’un Comité National de la Dette Publique qui s’assure que le taux d’endettement reste en deçà de 50 % du PIB, que nous privilégions les financements concessionnels, que nous diversifions le portefeuille de la dette et que nous recourions plus au marché domestique et partenariat public-privé conformément aux orientations de la Stratégie d’Endettement à Moyen Terme adoptée par le Gouvernement.

Je tiens en second lieu rassurer l’opinion publique que le gouvernement continue de prendre les dispositions pour que les projets réalisés à travers les ressources issues de l’endettement produisent les impacts attendus. Ces dispositions portent notamment sur l’amélioration de la maturation des projets, l’accélération des décaissements et renforcement du suivi physique et financier des projets.

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Transformer l’économie demande des compétences nouvelles. Comment la planification nationale intègre-t-elle l’adéquation entre les grands projets industriels et la formation d’une main d’œuvre locale qualifiée ?

La planification intègre l’adéquation entre les expertises et les qualifications nécessaires à la réalisation des grands projets structurels et la disponibilité d’une main qualifiée à travers l’élaboration de la cartographie des postes de travail prévus dans le cadre de la réalisation des grands projets industriels ; la définition des profils professionnels correspondant aux qualifications requises pour occuper ces postes et la transmission de ces profils aux structures en charge des questions de formation notamment, le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

Concernant les produits traditionnels d’exportation, quels efforts sont menés pour accroître la transformation des matières premières camerounaises (cacao, bois, coton, etc.) et quels sont les premiers résultats ?

La transformation structurelle de notre économie doit se traduire sur le plan du commerce extérieur par des exportations comportant plus de produits transformés que des produits primaires. C’est pour cela que le Gouvernement ne cesse de prendre des mesures pour accroître la transformation locale de nos matières premières en général et des produits traditionnels d’exportation en particulier (cacao, bois, coton).

Les résultats de ces mesures dépendent des produits concernés. Si je prends l’exemple du bois, la mesure qui a été prise pour accroître sa transformation locale est l’interdiction d’exportation des grumes. Comme résultat, la part du bois scié dans les exportations a considérablement augmenté entre 2020 et 2025. Si je prends également le cas du cacao, la mesure qui a été prise était d’encourager au moyen des incitations, l’installation sur le territoire national des unités de production qui assurent la transformation des fèves séchées. Comme résultat, les exportations de pâte et beurre de cacao sont en augmentation depuis 2020.

Le marché unique africain est une opportunité, mais aussi un défi de concurrence. Comment préparez-vous les entreprises locales pour qu’elles soient compétitives en termes de qualité et de prix à l’export ?

La compétitivité est la capacité de battre ses concurrents. Pour renforcer celle des entreprises locales afin de leur rendre aptes à faire face aux défis de la concurrence et à saisir les opportunités offertes par la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), le Gouvernement agit de deux manières.

D’une part, il prend des mesures pour permettre aux entreprises de produire à de faibles coûts et à une meilleure qualité. Il s’agit des mesures visant l’amélioration du climat des affaires, le renforcement des capacités opérationnelles des entreprises (facilitation de l’accès aux financements, appuis techniques, informations, mise à niveau, appuis à l’acquisition des intrants et des équipements de production, etc.) et l’organisation de la production de manière à réduire les coûts (aménagement du territoire, zones économiques, etc.).

D’autre part, le Gouvernement prend des mesures visant à orienter la demande ou la consommation vers les produits locaux. Il s’agit des mesures visant à réserver une part de la commande publique aux produits locaux, à mettre en place des réseaux de distribution de ces produits locaux et à poser des actes nationalistes sous diverses formes tels que le port du tissu Made in Cameroon à l’occasion de la journée de la femme.

Le MINEPAT est au cœur du dialogue public-privé. Quelles sont les réponses apportées ces dernières aux attentes du secteur privé, et quelles en sont les retombées ?

Les attentes exprimées par le secteur privé à l’endroit du Gouvernement à diverses occasions sont nombreuses et les réponses apportées du MINEPAT à ces attentes varient en fonction de leurs natures et de leurs spécificités. Je ne vais prendre qu’ici quelques exemples.

Les entreprises ont en maintes reprises exprimé le besoin d’une information exhaustive sur l’action de l’Etat en leur faveur. En réponse à cette préoccupation, le MINEPAT a élaboré et mis en leur disposition le livre blanc qui est un catalogue exhaustif de l’action publique en faveur du secteur privé et qui est régulièrement mis à jour en fonction des évolutions enregistrées. Le MINEPAT élabore également chaque année et met à la disposition des opérateurs économiques un document présentant toutes les mesures mises en œuvre par le Gouvernement en vue d’améliorer le climat des affaires. Ces actions ont pour résultat, une meilleure information du secteur privé sur l’action de l’État en leur faveur.

Les entreprises ont également exprimé le besoin d’un accompagnement de l’État dans le cadre de la négociation des partenariats d’affaires. En réponse à cette préoccupation, le MINEPAT a mis en place des mécanismes visant non seulement à accompagner les entreprises mais également à leur offrir les opportunités nécessaires pour trouver elles-mêmes des solutions à leurs besoins à travers le développement de relations d’affaires mutuellement bénéfiques. De manière plus concrète, le MINEPAT repositionne de plus en plus les grandes manifestations à caractère économique, à l’instar du salon PROMOTE, comme de véritables plateformes de coopération économique, de réseautage, de promotion commerciale et de développement de partenariat. C’est dans ce cadre que le MINEPAT accompagne depuis 2019 cent (100) entreprises locales à chaque édition de ce Salon. Les résultats sont particulièrement encourageants tant en matière de visibilité des entreprises qu’en termes de contacts d’affaires, d’opportunités de signature des partenariats.

Où est votre stratégie de soutien aux champions nationaux ?

Nous poursuivons notre politique de soutien aux champions nationaux. Certaines entreprises comme SOPROICAM, SOTRABUS, ZNG, SCPR, AGROCAM en bénéficient déjà. Ce soutien leur a déjà permis d’améliorer leurs capacités de production, de réaliser de nouveaux investissements, de créer plus de valeur ajoutée et des emplois, ce qui offre de réelles perspectives de consolidation des filières stratégiques dans les domaines agro-industriels, automobiles, électroniques et technologiques. Nous comptons poursuivre cette politique en sélectionnant de nouvelles entreprises qui vont bénéficier du soutien de l’État.

Par François BAMBOU
Défis Actuels du 03/11/2026

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