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Me Alice Nkom ciblée par des accusations graves

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Me Alice Nkom ciblée par des accusations graves
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L’avocate Alice Nkom, éminente défenseure des droits humains et présidente du Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), fait l’objet d’une plainte déposée auprès du tribunal militaire de Yaoundé.

La plainte fait état de graves accusations, notamment d’atteinte à la sécurité de l’État et de financement du terrorisme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

Ces allégations sont contenues dans une plainte déposée par l’Observatoire du Développement Sociétal (ODS), une organisation de la société civile relativement obscure.

L’ODS allègue que depuis le 3e Forum de la diaspora patriotique camerounaise en juillet 2019, Me Alice Nkom et ses associés ont collecté des fonds substantiels pour s’opposer au gouvernement actuel et ont financé des groupes séparatistes armés dans les régions anglophones par le biais de transferts de fonds.

Le groupe affirme en outre que Alice Nkom est impliquée dans la formation d’un gouvernement pour remplacer les dirigeants actuels et dans l’incitation à des troubles publics.

Pour le moment, il n’existe aucune preuve pour étayer les allégations de l’ODS. Cependant, compte tenu de l’approche du gouvernement camerounais face au conflit, de telles allégations, même si elles proviennent d’une organisation de la société civile dont beaucoup n’ont peut-être jamais entendu parler, devraient être prises avec tout le sérieux qu’elles méritent.

Me Alice Nkom (c) Droits Réservés

Un contexte d’escalade des tensions avec les autorités

Les critiques affirment que ces allégations sont étroitement liées aux tensions récentes entre le REDHAC et les autorités gouvernementales. Le 5 décembre 2024, le ministère de l’Administration territoriale a suspendu et interdit le REDHAC, invoquant des irrégularités financières.

Par la suite, le préfet du Wouri a scellé le bureau du REDHAC à Douala, une mesure que Alice Nkom a défiée en levant les scellés des locaux, qualifiant l’action d’illégale. Elle a également ignoré de multiples convocations administratives, contestant leur fondement juridique.

Inquiétudes concernant l’équité judiciaire

Le moment et la nature de la plainte de l’ODS ont suscité des inquiétudes quant à la répression potentielle de la dissidence et au ciblage des défenseurs des droits humains sous couvert de sécurité nationale.

Le recours à des tribunaux militaires pour juger des civils, notamment ceux qui critiquent le gouvernement, est une question controversée au Cameroun.

Les rapports nationaux sur les pratiques en matière de droits de l’homme de 2022 soulignent que les autorités invoquent souvent des lois contre le terrorisme ou invoquent la sécurité nationale pour menacer les détracteurs du gouvernement.

Questions sur le rôle de l’ODS

L’implication d’une ONG peu connue dans le dépôt d’une plainte avec des accusations aussi graves contre un défenseur des droits de l’homme renommé est devenue l’objet de nombreuses spéculations sur ses motivations et son indépendance.

Le manque de transparence et le risque d’utilisation abusive d’instruments juridiques pour étouffer l’activisme sont des préoccupations pressantes parmi les observateurs internationaux et les organisations de défense des droits de l’homme.

ODS
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Télécoms : Camtel réduit de 63 % sa commande de SIM, mais maintient le budget à 500 millions de FCFA

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Télécoms : Camtel réduit de 63 % sa commande de SIM, mais maintient le budget à 500 millions de FCFA
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(Investir au Cameroun) – Cameroon Telecommunications (Camtel) relance son projet d’acquisition de cartes SIM après l’échec d’une première consultation. Dans un appel d’offres international lancé le 20 juillet 2026, l’opérateur public recherche 854 225 puces pour un coût prévisionnel de 500 millions de FCFA. Le volume est inférieur de près de 63 % à celui de la procédure engagée quatre mois plus tôt, alors que l’enveloppe reste inchangée.

La nouvelle commande comprend 700 000 cartes SIM GSM/UMTS/LTE déjà numérotées et 154 225 puces vierges, destinées à être personnalisées selon les besoins commerciaux de l’opérateur. Elle doit permettre à Camtel, selon le dossier d’appel d’offres, d’augmenter son parc d’abonnements mobiles et ses recettes.

Financée par le budget 2026 de l’entreprise, l’opération est ouverte aux sociétés camerounaises et étrangères spécialisées dans les technologies de l’information et les réseaux mobiles. Les candidats doivent fournir une caution de soumission de 10 millions de FCFA, assortie d’un récépissé de consignation délivré par la Caisse des dépôts et consignations.

Les offres sont attendues au plus tard le 24 août 2026 à 9 heures, pour une ouverture des plis une heure plus tard. Le prestataire retenu disposera de quatre mois calendaires, à compter de la notification de l’ordre de service, pour livrer les fournitures.

Un premier marché de 2,3 millions de cartes déclaré infructueux

Cette consultation ne constitue pas une commande supplémentaire. Elle reprend, avec un volume fortement réduit, un appel d’offres lancé le 24 mars 2026 pour l’acquisition de 2 300 600 cartes SIM : 1,85 million de puces numérotées et 450 600 cartes vierges. Toutes devaient être compatibles avec la technologie 5G. Le budget prévisionnel était déjà fixé à 500 millions de FCFA.

Camtel a déclaré cette première procédure infructueuse le 8 juin. Un seul candidat avait soumis une offre, mais sans fournir la caution de 10 millions de FCFA accompagnée du récépissé de la Caisse des dépôts et consignations, une omission considérée comme éliminatoire.

La relance ramène ainsi le nombre de cartes recherchées de 2 300 600 à 854 225 unités, soit une baisse de 62,9 %, sans réduction de l’enveloppe. Rapporté mécaniquement au nombre de cartes, le budget moyen théorique passe d’environ 217 FCFA par unité dans la première consultation à 585 FCFA dans la nouvelle, soit une multiplication par 2,7.

Cette comparaison ne suffit toutefois pas à établir un renchérissement réel. Les documents disponibles ne permettent pas de déterminer si les deux marchés comprennent exactement les mêmes prestations de personnalisation, de programmation, de sécurité, de conditionnement et de livraison. Surtout, contrairement à la consultation de mars, le nouvel avis décrit des cartes GSM/UMTS/LTE sans mentionner explicitement leur compatibilité avec la 5G.

Le maintien du budget malgré la forte contraction des volumes constitue néanmoins le principal point à éclaircir. Il faudra attendre l’attribution du marché et le montant de l’offre retenue pour connaître le coût effectif de l’acquisition.

Camtel reste marginal face à Orange et MTN

La relance intervient alors que Camtel tente de renforcer sa présence sur un marché mobile très concentré. Selon l’Observatoire 2024 de l’Agence de régulation des télécommunications (ART), ce segment a généré environ 631 milliards de FCFA de revenus et comptait plus de 31,5 millions d’abonnements actifs. Le régulateur souligne la forte concentration du marché autour d’Orange Cameroun et MTN Cameroon.

Dans le détail, Orange et MTN cumulaient 97,34 % des revenus mobiles en 2024, avec respectivement 50,08 % et 47,26 %, contre seulement 2,67 % pour Camtel. Le chiffre d’affaires mobile de l’opérateur public ressortait ainsi autour de 16 milliards de FCFA sur un marché de 630,9 milliards.

L’écart est également marqué en matière de clientèle. Camtel comptait environ 1,23 million d’abonnements mobiles actifs, contre près de 14 millions pour Orange et 12,8 millions pour MTN. Ces chiffres désignent des abonnements ou cartes actives, et non nécessairement des utilisateurs distincts, une même personne pouvant détenir plusieurs SIM.

La commande de juillet représente ainsi près de 70 % du parc mobile actif attribué à Camtel en 2024. Sa distribution intégrale pourrait donc soutenir une hausse significative du nombre de lignes commercialisées. Elle ne garantit cependant ni leur activation durable ni la génération effective de revenus.

Les cartes SIM ne suffiront pas à conquérir le marché

Pour réduire l’écart avec les deux leaders, Camtel investit parallèlement dans ses infrastructures. En janvier 2026, l’entreprise a signé avec un pool bancaire conduit par Commercial Bank Cameroon un financement syndiqué de 44,884 milliards de FCFA. Ces ressources doivent financer la première phase du projet Mobile Network Expansion, destiné à désaturer les équipements existants et à étendre la couverture 2G, 3G et 4G dans les villes, les zones économiques et certaines localités rurales. Le programme global est évalué à 52,2 milliards de FCFA.

Cette articulation entre extension du réseau et disponibilité des cartes SIM est déterminante. Un stock plus important de puces peut faciliter les campagnes de recrutement et l’approvisionnement des distributeurs. Mais la transformation de ces cartes en abonnements actifs et rentables dépendra de la couverture, de la qualité des services de voix et de données, de la tarification, du service à la clientèle et de la densité du réseau commercial.

La relance du marché traduit donc une volonté de conquête, mais aussi les difficultés d’exécution de Camtel. Après l’échec de la première procédure, l’opérateur devra d’abord réussir à attribuer et exécuter cette commande. Son retour dans la compétition face à Orange et MTN se mesurera ensuite moins au nombre de cartes achetées qu’à leur activation et aux revenus qu’elles permettront effectivement de générer.

Frédéric Nonos

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