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Mbembe, Agent d’Influence Française en Afrique ?

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Mbembe, Agent d’Influence Française en Afrique ?
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L’auteur de L’Etat de l’Afrique 2024 a réservé 90 pages à l’analyse des dynamiques sahéliennes, du coup d’Etat du Niger (26 juillet) à l’expulsion des troupes françaises du Niger en fin d’année, en passant par la victoire de Kidal ou la naissance de l’AES.

La première édition du rendez-vous annuel de la géopolitique africaine commence par un volumineux dossier intitulé «La bataille de Niamey, l’année où le Sahel a confirmé sa révolution ». Les faits marquants de l’année 2023 sur le continent, Maurice Simo Djom les situe dans cette partie du continent, d’abord le coup d’Etat du 26 juillet qui a, entre autres conséquences, bouleversé les dynamiques du mix énergétique français, notamment son dispositif largement avantageux d’approvisionnement en uranium. En conséquence, la France a dû recourir dare-dare à des alternatives qui ne pourront malheureusement pas s’inscrire dans le cadre seigneurial d’un impôt colonial.

Ensuite, la prise de Kidal, événement majeur ayant couronné la stratégie d’Assimi Goita. Une victoire qui a fini de mettre à nu le jeu trouble de la France au Sahel. Présentes sur les lieux pendant 9 ans, les forces françaises n’ont pas contribué à reprendre la ville des rebelles du CSP. Les FAMa, accompagnées des supplétifs russes ont plié l’affaire en cinq jours.

Last but not the least, le départ des troupes françaises du Niger. A ce sujet, Maurice Simo Djom estime que ce départ qui a eu lieu au terme d’un bras de fer remporté par les militaires au pouvoir à Niamey a constitué une humiliation pour la France et accéléré la deuxième décolonisation du Sahel. L’auteur décrit l’errance des troupes françaises comme l’indice d’une fin de règne : refoulées du Mali et du Burkina Faso, elles se sont repliées au Niger. La suite, on la connaît. L’auteur n’hésite pas à parier que d’ici à ce que le Tchad fasse son entrée dans la mouvance de la révolution du Sahel, il n’y pas plus loin que de la coupe aux lèvres.

Un autre événement peut retenir l’attention : la naissance de l’AES qui, selon l’auteur, inaugure d’intenses rivalités en termes d’intégration régionale et de lutte contre le terrorisme, notamment en signant la mort du G5 Sahel et en précipitant la chute prochaine de la CEDEAO.

Et le philosophe camerounais Achille Mbembe dans tout ça ? Il est considéré comme celui qui produit une pensée à contre-courant de la quête d’un monde multipolaire. Les dynamiques du Sahel s’inscrivent dans cette volonté de sortir d’une hégémonie cynique et nihiliste, celle de l’Occident, des institutions de Breton Woods, de son système soi-disant multilatéral des Nations unies, de son « complexe militaro-intellectuel ». Alors que la jeunesse africaine, largement informée des abus de cette hégémonie, travaille à diversifier les pôles de puissance et donc à obtenir l’équilibre de la terreur, Achille Mbembe l’enjoint à rester docile, et donc, à préserver l’hégémonie de l’Occident.

Aux yeux de Maurice Simo Djom, Achille Mbembe est un protagoniste d’un projet pensé et élaboré par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères en décembre 2021 dans un corpus diplomatique: La feuille de route de l’influence. Jean-Yves Le Drian écrit à la page 7 de ce document : « L’expression de la puissance n’a plus aujourd’hui de bornes, et tout est bon à prendre et à faire valoir, dès lors qu’il peut en résulter un surcroît d’influence. Là où l’exercice de la contrainte par la force n’est pas (plus ?) toujours la seule voie, la diplomatie d’influence prend le relais, par la conviction, la séduction, voire la manipulation. »

Dans un chapitre intitulé « Le néo-paternalisme essaie de perpétuer l’asymétrie dans la relation avec l’Afrique », Maurice Simo Djom analyse les méthodes d’Achille Mbembe pour appliquer sur le terrain ce projet d’influence français : néo-paternalisme ; racisme scientifique ; intimidation intellectuelle ; manipulation de valeurs prétendument universelles de la démocratie, de la « justice universelle » et des droits de l’homme ; manipulation de l’en-commun, etc.

Le géopolitiste s’appuie largement sur l’ouvrage co-écrit avec Rémy Rioux et Séverine Kodjo-Grandvaux (Pour un monde en commun), ainsi que sur l’analyse effectuée par Achille Mbembe dans les colonnes de la revue Grands Continents pour dénoncer une trahison intellectuelle et un racisme scientifique. Référence est ainsi faite à la prétention que les pays africains francophones ont été abandonnés par les fondations internationales, raison pour laquelle ils sont plongés dans un analphabétisme chronique. Maurice Simo Djom estime qu’il y a manipulation dans la mesure où le philosophe estime que pour s’éveiller et accéder à l’intelligence, les Africains ont nécessairement besoin d’être éduqués par les fondations européennes. Il va plus loin en soulignant le rôle trouble de ces fondations qui n’interviennent pas en réalité pour «éduquer» les Africains, mais pour distiller des idées qui assureront l’aménagement de conditions favorables aux intérêts étrangers.

De façon générale, Mbembe est présenté comme un agent d’influence au service de l’agenda français de reconquête des zones d’influence, une sorte de penseur de la néo-Françafrique à l’ère des poussées multipolaires. On voit cela à la haine qu’il nourrit vis-à-vis des pôles russes et chinois, mais aussi à l’énergie déployée pour vilipender les Africains qui nourrissent une ambition de diversification de leurs partenariats.

Pareil traitement est réservé à Mohamed Bazoum, que l’auteur appelle « le sous-préfet français » du fait que, pour sa prise de parole alors qu’il était tenu en respect par les auteurs du coup d’Etat, l’ancien président français a choisi les colonnes du Washington Post pour s’exprimer. « Le profil tout droit sorti du chapeau du mondialisme : eurocentriste, néo-paternaliste, anti-souverainiste, antirusse, antichinois » pour lequel Macron raffole fait appel à un journal étranger pour finir d’exprimer le mépris qu’il a pour la souveraineté de son peuple.

In fine, si « la bataille de Niamey n’a pas eu lieu au sens militaire du terme, elle s’est déroulée au sens militaro-stratégique, en réunissant les ingrédients d’une guerre froide 2.0 : actes d’intimidation tels que le conseil de guerre tenu à l’Elysée ; retrait des civils français de Niamey ; déploiement du Mistral au large du Golfe de Guinée ; profération des menaces par voie de médias et de réseaux sociaux ; profération d’accusations et contre-accusations ; jeu d’alliances ; propagande médiatique et numérique ; mouvements de foule… »

Le camp de l’influence français a perdu la bataille de Niamey, puisque l’armée français a plié bagage, la queue entre les jambes. Mais la guerre d’influence continue, puisqu’Achille Mbembe coiffe une fondation de la démocratie créée par Emmanuel Macron, Sillonnant l’Afrique, le philosophe érige des bataillons africaines anti-souverainistes constitués de chercheurs en sciences sociales, de bloggeurs, de journalistes, d’écrivains, etc. Cette démarche est contre-intuitive et vouée à l’échec si l’on tient compte du paradigme géopolitique actuel est qui l’installation du multipolaire,

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Dayla, 26 ans, tuée par une balle perdue : son meurtrier de 15 ans condamné à 100 ans de prison

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Dayla, 26 ans, tuée par une balle perdue : son meurtrier de 15 ans condamné à 100 ans de prison
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Une jeune femme de 26 ans, sans lien avec les faits, a perdu la vie après avoir été touchée par une balle perdue. Plusieurs années après le drame, la justice a rendu un verdict particulièrement sévère contre l’auteur des tirs, qui était âgé de seulement 15 ans au moment des faits.

Une victime innocente prise dans une fusillade

Dayla, 26 ans, se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Une fusillade a éclaté et une balle perdue l’a mortellement atteinte, alors qu’elle n’avait aucun lien avec les personnes impliquées dans les violences.

Sa mort avait profondément choqué la population et relancé le débat sur les conséquences dramatiques des armes à feu et de la violence chez les jeunes.

Une condamnation exceptionnelle

Le tireur, qui n’avait que 15 ans au moment des faits, a finalement été condamné à une peine cumulée de 100 ans de prison par la justice américaine.

Même si cette peine paraît spectaculaire, le système judiciaire des États-Unis permet de cumuler plusieurs condamnations pour différentes infractions liées à une même affaire, ce qui explique ce total particulièrement élevé.

Une affaire qui marque les esprits

Ce dossier rappelle une nouvelle fois les conséquences tragiques des fusillades, où des personnes totalement étrangères aux conflits deviennent des victimes.

La condamnation prononcée traduit la volonté de la justice de sanctionner sévèrement les crimes commis avec des armes à feu, même lorsque leur auteur était mineur au moment des faits.

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C’est grave : les captures d’écran de discussions d’un pasteur et une jeune fille partagées sur la toile excitent les mecs

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C’est grave : les captures d’écran de discussions d’un pasteur et une jeune fille partagées sur la toile excitent les mecs
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Une vive polémique agite les réseaux sociaux après la diffusion de supposées captures d’écran de conversations attribuées à un pasteur et à une jeune femme. Les images ont été largement partagées sur plusieurs plateformes, suscitant de nombreuses réactions.

À ce stade, l’authenticité de ces captures d’écran n’a pas été officiellement confirmée. Les personnes concernées ne se sont pas publiquement exprimées, et aucune décision de justice ou communication officielle n’a permis de vérifier les accusations relayées en ligne.

Cette affaire relance le débat sur la diffusion de contenus privés sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes appellent à la prudence, rappelant qu’il est important de ne pas tirer de conclusions avant que les faits ne soient établis.

Une polémique est née après la diffusion de supposées captures d’écran impliquant un pasteur et une jeune femme. Les faits restent à confirmer.

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Justice : Contentieux et arbitrages exposent l’État à une facture de 652 milliards FCFA

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Justice : Contentieux et arbitrages exposent l’État à une facture de 652 milliards FCFA
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Le Cameroun fait face à une accumulation de contentieux financiers liés à la gestion de grands projets d’infrastructure et miniers. L’addition des indemnités réclamées ou déjà accordées à des entreprises internationales pourrait dépasser les 650 milliards FCFA, faisant peser un risque important sur les finances publiques.

L’annonce la plus récente concerne le secteur minier. L’entreprise australienne Sundance Resources a affirmé avoir remporté une procédure d’arbitrage devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris contre l’État du Cameroun. Dans un communiqué publié par son financeur de litige, Burford Capital, le tribunal arbitral a condamné le Cameroun à verser 355 milliards FCFA (plus de 600 millions de dollars) à la junior minière australienne.

Cette sentence fait suite à un litige portant sur le projet de gisement de fer de Mbalam-Nabeba, situé à la frontière entre le Cameroun et la République du Congo. Sundance et sa filiale Cam Iron SA estimaient que le Cameroun avait violé ses obligations légales en retirant leurs droits miniers et en attribuant le permis d’exploitation du côté camerounais à un autre opérateur.

Le tribunal a également jugé que Yaoundé n’avait pas respecté une ordonnance d’urgence de la CCI rendue en mars 2022, qui lui interdisait d’accorder ce permis à une tierce partie. Selon les informations disponibles, la somme initialement réclamée par Sundance s’élevait à 5,5 milliards de dollars. Cette condamnation ne signifie toutefois pas que le paiement interviendra immédiatement. Burford Capital, qui a financé les frais de la procédure en échange d’une part des indemnités éventuelles, a lui-même appelé à la prudence. « La délivrance de la sentence arbitrale ne constitue pas un versement en espèces pour Burford », rappelle le groupe, soulignant que « plusieurs étapes restent à franchir avant un éventuel recouvrement effectif ».

UN RISQUE GLOBAL DE PLUS DE 600 MILLIARDS FCFA POUR LES FINANCES PUBLIQUES

Le contentieux minier n’est cependant pas le seul dossier susceptible d’alourdir les charges de l’État. Selon le Rapport de certification du Compte général de l’État 2024, publié par la Chambre des comptes de la Cour suprême, le Cameroun reste confronté à deux autres contentieux majeurs liés au Complexe sportif d’Olembé.

Ce complexe comprend un stade de 60 000 places, un hôtel, un centre commercial, un gymnase, une piscine olympique et plusieurs équipements annexes. Si le stade a accueilli des rencontres de la Coupe d’Afrique des nations en janvier 2022, l’ensemble du projet n’a jamais été achevé.

Depuis lors, les travaux sont à l’arrêt malgré plusieurs mises en demeure adressées par le ministère des Sports. Les entreprises Piccini (Italie) et Magil Construction (Canada), qui se sont succédé sur le chantier, réclament au total 267 milliards FCFA d’indemnisation. Le contentieux le plus important concerne Piccini SPA.

La société italienne a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), institution du Groupe de la Banque mondiale basée à Washington. Elle estime avoir été évincée alors que son contrat, d’un montant initial de 163 milliards FCFA, pouvait encore être exécuté. Elle réclame ainsi 250 milliards FCFA, soit environ 381 millions d’euros. La Chambre des comptes rappelle toutefois que l’entreprise avait déjà perçu 113 milliards de FCFA avant la résiliation du contrat.

De son côté, le gouvernement soutient que les retards accumulés par Piccini compromettaient l’organisation de la CAN 2021 et justifiaient la rupture du marché. La procédure est toujours en cours. Magil Construction Corporation, qui avait repris le chantier après le départ de Piccini, poursuit également l’État devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale à Paris.

L’entreprise canadienne réclame 17 milliards FCFA, estimant que les financements nécessaires à la poursuite des travaux n’ont jamais été mis à sa disposition. En réponse, le gouvernement affirme que Magil a déjà perçu 42 milliards FCFA alors que le contrat initial s’élevait à 22 milliards de FCFA. Il précise que 38 milliards FCFA provenaient d’un prêt contracté auprès de Standard Chartered Bank. Les autorités estiment en outre que les décaissements dépassaient largement l’état réel d’avancement du chantier.

Elles rappellent enfin qu’au moment de quitter Olembé, plusieurs fournisseurs réclamaient à Magil près de 13 milliards FCFA de factures impayées.

TOLLCAM ATTEND TOUJOURS SON INDEMNISATION

Le Rapport de certification du Compte général de l’État 2024 évoque également le contentieux opposant le Cameroun à Tollcam Partenariat SAS, société créée par les groupes français Fayat et Egis pour réaliser quatorze postes de péage automatiques dans le cadre d’un partenariat public-privé signé en 2019. Après la résiliation de ce contrat, l’entreprise a saisi la Cour internationale d’arbitrage de Paris pour réclamer 30 milliards FCFA à l’État.

La Chambre des comptes indique toutefois qu’une procédure de règlement amiable a été engagée entre les deux parties. Selon des informations recueillies auprès du ministère des Travaux publics, le gouvernement a inscrit 20 milliards FCFA au budget 2026 afin d’effectuer un premier versement au profit de Tollcam. Les 10 milliards FCFA restants devraient être réglés en 2027, conformément aux dispositions de l’accord conclu entre les parties.

En additionnant la condamnation obtenue par Sundance (environ 355 milliards FCFA), les réclamations de Piccini et Magil (267 milliards de FCFA) ainsi que l’indemnisation prévue pour Tollcam (30 milliards FCFA), les passifs potentiels ou déjà actés liés à ces trois contentieux atteignent environ 652 milliards FCFA. Ces trois dossiers ne constituent toutefois que la partie visible de l’iceberg.

Dans son Rapport de certification du Compte général de l’État 2024, la Chambre des comptes de la Cour suprême relève que le Cameroun est confronté à une multitude d’autres litiges opposant l’État à des entreprises et à des particuliers. Si les montants en jeu sont, pour la plupart, nettement inférieurs à ceux des affaires Sundance, Piccini, Magil ou Tollcam, ils représentent néanmoins des engagements financiers susceptibles d’alourdir progressivement les charges publiques.

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