Le rapport sur la politique monétaire de septembre 2026 de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) évoque, parmi les risques internes et externes qui pourraient freiner la croissance en 2026 dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), l’escalade ou la prolongation des conflits au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, la vulnérabilité climatique, le maintien de conditions financières internationales restrictives, la fragmentation géoéconomique, les tensions commerciales, le protectionnisme, les dérapages budgétaires, etc.
Selon le rapport sur la politique monétaire de septembre 2026 de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la dynamique de croissance de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) resterait exposée à plusieurs risques externes majeurs, exacerbés par la conjoncture récente. Il s’agit notamment de l’escalade ou de la prolongation des conflits au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Une perturbation durable des routes énergétiques et maritimes, prévient la BEAC, pèserait sur la demande mondiale, les coûts logistiques et les chaînes d’approvisionnement. Pour les pays de la CEMAC exportateurs de pétrole, l’effet prix favorable pourrait être neutralisé par la baisse des volumes, la hausse des coûts d’importation et l’incertitude sur les investissements.
La BEAC évoque également le maintien de conditions financières internationales restrictives. Une persistance de l’inflation mondiale, notamment sous l’effet de l’énergie, estime la BEAC, retarderait l’assouplissement monétaire et maintiendrait des coûts de refinancement élevés pour les États et les entreprises de la sous-région.
Il y a également la fragmentation géoéconomique, les tensions commerciales et le protectionnisme. Pour la BEAC, la multiplication des droits de douane, des restrictions technologiques et des politiques de relocalisation pourrait ralentir les échanges, contracter les flux d’investissements directs étrangers (IDE) vers les économies de la CEMAC et restreindre l’accès aux équipements et aux financements nécessaires aux projets miniers, énergétiques et industriels.
DES FRAGILITÉS AU NIVEAU INTERNE
Au niveau interne, les perspectives de croissance resteraient également exposées à plusieurs fragilités propres à la sous-région, notamment les dérapages budgétaires, les accumulations d’arriérés et les besoins élevés de financement de certains États, dans un contexte de liquidité bancaire encore contrainte et de vulnérabilité accrue liée au poids du service de la dette ; les retards dans la mise en œuvre des réformes structurelles et de gouvernance, notamment celles visant à améliorer la mobilisation des recettes non pétrolières, l’efficacité de la dépense publique, la gouvernance des entreprises publiques, le climat des affaires et l’efficacité de l’investissement public.
L’on évoque également les contraintes énergétiques et logistiques persistantes, relevées dans plusieurs pays de la sous-région, qui pourraient limiter la montée en puissance des projets industriels, miniers, portuaires et agricoles ; la vulnérabilité climatique, dont les effets (sécheresses, inondations, etc.) pourraient affecter les campagnes agricoles, la sécurité alimentaire, les infrastructures et les flux migratoires internes.
Dans ce contexte, la BEAC indique que la gestion proactive de la dette, la poursuite des réformes budgétaires et structurelles, l’application rigoureuse de la réglementation des changes et la préservation de la stabilité monétaire et financière devraient demeurer des priorités pour consolider la trajectoire de croissance à moyen terme dans la CEMAC.
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DES RISQUES SUR LA TRAJECTOIRE DES PRIX
Au plan externe, la BEAC estime que la trajectoire des prix resterait principalement exposée à la volatilité des cours internationaux de l’énergie, des engrais et des produits alimentaires. Une prolongation des tensions au Moyen-Orient pourrait maintenir les prix du pétrole, du gaz, du fret maritime et des intrants agricoles à des niveaux élevés, avec des effets de second tour sur les coûts de transport, de production et de distribution dans la CEMAC.
Sur le plan interne, la remontée de l’inflation pourrait résulter de la dégradation de certaines infrastructures routières et logistiques, qui renchérirait les coûts d’acheminement des produits vers les marchés ; des tensions persistantes sur les prix de l’énergie et de certains services de transport, qui pèseraient sur les coûts de production et de transport dans plusieurs pays ; de l’insécurité sur certains corridors et des aléas climatiques, affectant l’offre agricole, avec des effets de second tour sur les transports, les services et les anticipations d’inflation ; des ajustements fiscaux et tarifaires destinés à renforcer la mobilisation des recettes publiques, mais susceptibles d’avoir des effets temporaires sur les prix.
Toutefois, fait remarquer la BEAC, les tensions sur les prix pourraient être contenues à moyen terme par l’amélioration de l’offre agricole locale, sous réserve d’un climat favorable, le développement de l’agro-industrie, le fonctionnement plus fluide des corridors, la diversification progressive des sources d’approvisionnement, l’accroissement des capacités de stockage et une politique monétaire prudente.
DES RISQUES SUR LA TRAJECTOIRE DES RÉSERVES DE CHANGE
Pour la BEAC, la trajectoire des réserves de change resterait globalement favorable à moyen terme, mais demeurerait exposée à plusieurs risques externes et internes.
Au plan externe, les principaux risques concernent une prolongation des tensions géopolitiques qui, bien qu’elles puissent soutenir temporairement les prix des hydrocarbures, pourrait renchérir le coût des importations de biens d’équipement et peser sur le solde de la balance des paiements ; et un durcissement des conditions financières internationales, qui pourrait limiter l’accès des États aux financements extérieurs et renchérir les opérations de refinancement de la dette.
Au plan interne, la consolidation des avoirs extérieurs de la Banque centrale pourrait être freinée par une exécution insuffisante des mesures de rapatriement et de centralisation des recettes d’exportation, notamment de la part du secteur extractif ; un alourdissement du service de la dette extérieure, captant une part importante des devises disponibles ; et des retards dans la réalisation des projets pétroliers, gaziers et miniers structurants, susceptibles de ralentir la progression des exportations et des recettes en devises.
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Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 20/10/2026