Le cacao camerounais entame la campagne 2026-2027 sur une note plutôt favorable. Au 31 août 2026, le kilogramme de fèves s’échangeait entre 2 750 et 2 900 FCFA dans les bassins de production, selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC). Une progression qui contraste avec le bilan plus difficile de la précédente campagne, marquée notamment par d’importants stocks invendus et un net recul des recettes d’exportation.
Le cacao camerounais commence cette nouvelle campagne avec un léger vent d’optimisme. En quelques semaines, le prix du kilogramme de fèves a progressé dans les bassins de production, se rapprochant de la barre symbolique des 3 000 FCFA, selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC). Une embellie qui intervient alors que la filière sort d’une campagne 2025-2026 marquée par l’accumulation des stocks et la forte baisse des recettes issues des exportations.
UNE CAMPAGNE QUI DÉMARRE SOUS DE MEILLEURS AUSPICES
Le cacao camerounais se rapproche à nouveau d’un seuil symbolique. Au 31 août 2026, le prix du kilogramme de fèves a atteint 2 900 FCFA au maximum, contre 2 750 FCFA au minimum, selon l’ONCC. Ces niveaux sont supérieurs à ceux observés à la clôture de la campagne précédente, où les prix oscillaient entre 2 700 et 2 750 FCFA le kilogramme.
Cette évolution intervient quelques semaines seulement après le lancement officiel de la campagne cacaoyère 2026-2027, le 6 août 2026 à Yaoundé, par le ministère du Commerce. La progression des prix constitue ainsi un premier signal encourageant pour les producteurs et les différents acteurs de la filière.
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40 446 TONNES ENCORE DANS LES STOCKS
Derrière cette embellie se cache toutefois une réalité moins reluisante. La campagne 2025-2026 s’est achevée avec un volume important de fèves non commercialisées. Les stocks ont atteint 40 446 tonnes, contre 13 946 tonnes lors de la campagne précédente. Ces réserves devraient continuer à alimenter le marché au début de la nouvelle campagne, en attendant l’arrivée des premières récoltes, attendues vers la fin de l’année 2026. La capacité à écouler ces stocks constituera donc l’un des enjeux majeurs des prochains mois.
2 900 FCFA, UN SIGNAL À CONFIRMER
Le niveau actuel des prix reste néanmoins encourageant. Le passage d’une fourchette de 2 700-2 750 FCFA à un maximum de 2 900 FCFA traduit une amélioration du marché en ce début de campagne. Mais cette dynamique devra encore être confirmée. L’arrivée des nouvelles récoltes, l’évolution des cours internationaux et l’écoulement des stocks existants seront déterminants pour savoir si cette embellie pourra durer.
DES RECETTES D’EXPORTATION EN FORTE BAISSE
Le contraste est également visible dans les performances commerciales de la filière. Malgré son poids dans les exportations camerounaises, le cacao a rapporté nettement moins au cours de la campagne 2025-2026.
Selon les données de l’ONCC, la valeur des exportations de fèves à l’embarquement au port de Douala s’est établie à 400,9 milliards de FCFA, contre 1 074,6 milliards de FCFA lors de la campagne précédente. Une baisse de près de 63 %, attribuée notamment au recul des volumes exportés et à la baisse des cours mondiaux.
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Cette contre-performance montre que la hausse actuelle des prix aux producteurs ne suffit pas encore à effacer les difficultés enregistrées.
UNE FILIÈRE ENTRE ESPOIR ET VIGILANCE
Après une campagne 2025-2026 marquée par la baisse des recettes et l’accumulation des stocks, le cacao camerounais ouvre donc un nouveau chapitre avec des prix plus favorables. Une situation qui redonne de l’espoir aux producteurs, tout en maintenant une certaine prudence chez les acteurs de la filière.
Car au-delà du chiffre de 2 900 FCFA, l’enjeu est désormais de transformer cette progression des prix en une amélioration durable des revenus et des conditions de vie des producteurs.
À l’heure où le kilogramme de fèves s’approche de la barre des 3 000 FCFA, le cacao camerounais retrouve progressivement des couleurs. Reste à savoir si cette éclaircie annoncée en début de campagne pourra résister aux réalités du marché et profiter durablement à ceux qui sont au cœur de la production.
Par Yvana TELEZING, stagiaire
Défis Actuels du 07/09/2026