Deuxième de la finale panafricaine du Prix Pierre Castel 2026, organisée le 30 septembre à Cotonou, au Bénin, Riter Metiayim porte les ambitions de Biotop Commodity SARL. Avec sa marque Mârah, l’entreprise camerounaise transforme le sésame, l’arachide et la pistache en huiles vierges et en poudres alimentaires. Elle veut désormais augmenter ses volumes de production.
Le Made in Cameroon s’est distingué sur la scène entrepreneuriale africaine. Le 30 septembre 2026, à Cotonou, Riter Metiayim, promotrice de Biotop Commodity SARL, a décroché la deuxième place de la finale panafricaine du Prix Pierre Castel. Ce prix récompense le parcours d’une entreprise qui transforme des graines agricoles locales en produits finis, commercialisés sous la marque Mârah.
Cette distinction fait suite à sa qualification lors de la finale nationale camerounaise du 27 juillet 2026. La dirigeante avait déjà participé à la compétition en 2025, parmi les six finalistes de la sélection nationale. Son retour en 2026 lui a ouvert les portes de la finale panafricaine et a accru la visibilité de son activité.
UNE OPPORTUNITÉ DEVENUE ENTREPRISE
L’histoire de Biotop Commodity remonte à 2018, apprend-on. Riter Metiayim travaille alors comme gestionnaire de comptes dans une banque de la place. Un client lui demande de l’huile de sésame, qu’il veut intégrer à son alimentation sur recommandation médicale. Malgré ses recherches, elle n’en trouve pas sur le marché camerounais. « J’ai fouillé partout, je n’ai pas trouvé », raconte-t-elle.
Cette difficulté lui révèle un créneau commercial. Après deux années de maturation, elle crée officiellement Biotop Commodity SARL en 2020. L’entreprise se consacre d’abord au sésame, puis élargit son activité à l’arachide et à la pistache. Elle commercialise des huiles vierges obtenues par pression à froid, ainsi que des poudres alimentaires déshuilées issues de l’extraction. Elle valorise ainsi les graines au-delà de leur vente à l’état brut.
ONZE TONNES DE GRAINES TRANSFORMÉES PAR AN
Biotop Commodity s’approvisionne auprès de coopératives agricoles. Le sésame vient du Nord. L’arachide et la pistache sont achetées à des producteurs organisés en coopératives dans le Littoral et le Centre. L’entreprise transforme actuellement 11 tonnes de graines par an, soit 7 tonnes de sésame, 3 tonnes d’arachide et 1 tonne de pistache. Selon sa promotrice, cette activité donne environ 5 500 litres d’huile chaque année.
Le processus comprend plusieurs opérations. Après la pression, l’équipe décante et filtre l’huile. Elle envoie ensuite des échantillons en laboratoire avant l’embouteillage et l’étiquetage. « C’est lorsque le laboratoire nous garantit que l’huile est conforme à l’utilisation que nous pouvons aller au niveau de la salle d’embouteillage », explique Riter Metiayim.
L’entreprise dispose d’une ligne dont la capacité annoncée atteint environ 1 000 bouteilles par jour. Elle emploie neuf salariés permanents, dont de jeunes recrues qu’elle forme aux tâches de production et de conditionnement.
Cette distinction arrive au moment où Biotop Commodity prépare une nouvelle phase de développement. L’entreprise vise une production de 10 000 litres d’huile et de 10 000 kg de poudre alimentaire d’ici à la fin de 2026. Elle envisage aussi de lancer de nouveaux produits et de rapprocher ses activités des bassins de production.
La rentabilité dépendra de la maîtrise des coûts, de la régularité des approvisionnements et de la capacité à écouler des volumes plus importants. La promotrice avance une marge de 60 à 70 %. Cet indicateur reste à apprécier au regard des charges réellement supportées par l’entreprise. Avec Mârah, Biotop Commodity veut capter une plus grande part de la valeur ajoutée issue des productions agricoles camerounaises.
La deuxième place obtenue à Cotonou renforce cette ambition. Le prochain défi consistera à convertir cette reconnaissance en débouchés commerciaux et en croissance durable de la production.