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Chidimma Adetshina devient Miss Univers Nigeria 2024

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Chidimma Adetshina devient Miss Univers Nigeria 2024
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Chidimma Adetshina, représentante de l'État de Taraba, a été couronnée Miss Univers Nigeria 2024 après avoir battu 24 autres candidates lors d'un concours très disputé organisé à Lagos, la capitale économique du Nigeria. Sa victoire intervient après un parcours tumultueux qui l'a vue se retirer du concours Miss Univers Afrique du Sud en raison d'une controverse sur sa citoyenneté qui a suscité des débats houleux sur les plateformes de médias sociaux en Afrique du Sud et au Nigeria.

Adetshina, qui avait initialement participé au concours Miss Univers Afrique du Sud, a dû faire face à une forte réaction de la part des citoyens sud-africains, qui remettaient en question son éligibilité à représenter le pays. Bien qu'elle ait été qualifiée pour le concours en tant que Sud-Africaine de naissance, sa citoyenneté a ensuite été contestée par le ministère de l'Intérieur sud-africain, qui a affirmé que son identité était liée à une affaire d'usurpation d'identité. Cette révélation a forcé Adetshina à se retirer du concours sud-africain, ce qui lui a valu d'être invitée à participer au concours Miss Univers Nigeria.

Chidimma Adetshina devient Miss Univers Nigeria 2024
Chidimma Adetshina devient Miss Univers Nigeria 2024

Malgré la controverse, le parcours d'Adetshina vers la couronne n'a pas été de tout repos. Les partisans en ligne de Miss Kwara, Ufa Dania, se sont mobilisés pour s'opposer à sa candidature. Le vote des fans, partie intégrante du concours qui détermine quelles candidates accèdent au top 10, a vu une augmentation du soutien en faveur de Dania, un mannequin de 25 ans aux formes généreuses dont la présence révolutionnaire dans le concours a attiré l'attention du public. Les partisans de Dania, notamment d'Afrique du Sud, ont fait un effort concerté sur les plateformes de médias sociaux comme X (anciennement Twitter) et Facebook pour assurer sa victoire.

Cependant, l'assurance, l'éloquence et la détermination d'Adetshina lui ont finalement valu la couronne de Miss Univers Nigeria. Après avoir reçu sa couronne, elle a exprimé sa gratitude et a souligné l'importance de l'unité dans sa victoire. « Je me sens incroyablement bien. Cette couronne n'est pas seulement pour la beauté, mais un appel à l'action, et cette action est l'unité », a-t-elle déclaré.

La nouvelle Miss Univers Nigeria devra désormais affronter la lourde tâche de représenter le Nigeria au concours Miss Univers 2024 qui se tiendra au Mexique en novembre prochain. Hannatu Musawa, ministre des Arts et de la Culture du Nigeria, a été l'une des personnes qui ont offert un bouquet de fleurs à Adetshina, lui promettant le soutien total du gouvernement pour qu'elle fasse la fierté de la nation sur la scène internationale.

Le concours Miss Univers est un concours de beauté reconnu à l'échelle internationale qui célèbre la diversité des femmes du monde entier. Il sert de plateforme aux jeunes femmes pour partager leurs histoires, mettre en valeur leurs talents et défendre des causes sociales. Les gagnantes du titre de Miss Univers jouent le rôle d'ambassadrices mondiales, s'engageant dans des actions humanitaires et promouvant diverses questions sociales.

Le concours Miss Univers Nigeria de cette année a été particulièrement remarquable en raison des controverses entourant la participation d'Adetshina. Sa victoire finale ouvre la voie à une apparition potentiellement révolutionnaire au concours Miss Univers 2024 au Mexique.

Mimi Mefo Info

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Le procès du « faux pas » qui a stupéfié la justice britannique

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Le procès du « faux pas » qui a stupéfié la justice britannique
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Une nuit de soirée à Londres, une accusation de viol, et une ligne de défense si inhabituelle qu’elle a fait le tour de la presse internationale. Retour sur un procès qui continue, des années plus tard, d’alimenter le débat sur la justice pénale au Royaume-Uni.

Une soirée à Mayfair qui tourne au cauchemar

En août 2014, une jeune femme de 18 ans se réveille dans un appartement de luxe londonien sans pouvoir se souvenir précisément de ce qui s’est passé pendant la nuit. Quelques heures plus tôt, elle avait rencontré Ehsan Abdulaziz, un promoteur immobilier saoudien fortuné âgé de 46 ans, au Cirque le Soir, une boîte de nuit huppée du West End. Accompagnée d’une amie de 24 ans, déjà connue de l’homme d’affaires, elle accepte de poursuivre la soirée dans son appartement de Maida Vale.

Sur place, Abdulaziz a d’abord un rapport sexuel avec l’amie de 24 ans, dans sa chambre. La plus jeune des deux femmes, elle, s’endort sur le canapé du salon après plusieurs verres d’alcool. C’est à ce moment précis que le récit des deux parties commence à diverger radicalement.

Ce que la jeune femme affirme s’être passé

Selon son témoignage, rapporté devant la Crown Court de Southwark par le procureur Jonathan Davies, la jeune femme se réveille en pleine nuit dans une position sans équivoque : « Elle s’est réveillée avec l’accusé en train de l’embrasser, son pénis dans son vagin. » Face à sa réaction de surprise, l’homme lui aurait répondu que tout allait bien, laissant entendre que son amie dormait déjà. Le procureur poursuit : « Elle s’est levée pour retrouver son amie, a essayé de la réveiller sans y parvenir, puis a tenté de sortir de l’appartement aussi vite que possible. »

Abdulaziz est arrêté peu après et inculpé de viol. Il nie catégoriquement les faits dès son interpellation.

La défense du « faux pas » qui a fait sensation

C’est au cours du procès que l’affaire prend une tournure singulière, au point de devenir l’un des dossiers les plus commentés de la justice britannique cette année-là. La défense de l’accusé avance une version pour le moins inattendue : Abdulaziz serait allé voir la jeune femme simplement pour lui proposer un t-shirt pour dormir ou lui commander un taxi. C’est elle, selon cette version, qui l’aurait alors attiré vers elle en posant sa main entre ses jambes, provoquant sa chute sur elle. L’homme affirme également que le bout de son sexe dépassait encore de son sous-vêtement, conséquence directe de son rapport précédent avec l’autre jeune femme — ce qui expliquerait, selon la défense, la présence de son ADN.

Face au tribunal, Abdulaziz résume sa version en quelques mots, devenus depuis tristement célèbres outre-Manche : « Je suis fragile, je suis tombé mais il ne s’est jamais rien passé, entre moi et cette fille il ne s’est jamais rien passé. » Le juge Martin Griffiths autorise, fait rare dans une procédure de ce type, qu’une vingtaine de minutes de son témoignage soient entendues à huis clos.

Un verdict rendu en seulement trente minutes

Les débats terminés, le jury se retire pour délibérer. Sa décision tombe en à peine trente minutes : les poursuites n’ont pas prouvé, selon les jurés, la culpabilité d’Ehsan Abdulaziz au-delà de tout doute raisonnable. En septembre 2015, il est déclaré non coupable de viol.

Cette rapidité de délibération, conjuguée à l’aspect rocambolesque de la défense retenue, a suffi à transformer cette affaire en cas d’école dans les débats sur la justice pénale britannique. Le verdict, pourtant, ne tranche en rien la question de ce qui s’est réellement produit cette nuit-là dans cet appartement de Maida Vale : il signifie seulement que l’accusation n’a pas atteint le niveau de preuve exigé par la loi anglaise, celui du doute raisonnable, pas celui d’une vérité établie sur les faits eux-mêmes.

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Louis-Marie Kakdeu : La survie du Cameroun dépend de la conclusion d’un nouveau programme avec le FMI

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Louis-Marie Kakdeu : La survie du Cameroun dépend de la conclusion d’un nouveau programme avec le FMI
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Note de lecture de la Conjoncture Mensuelle de la Dette Publique du Cameroun N°06/juin 2026 : La survie du Cameroun dépend de la conclusion d’un nouveau programme avec le FMI

Par Louis-Marie KAKDEU

La présente note couvre les données arrêtées au 30 juin 2026 et publiées le 27 juillet 2026. Elle présente un encours total de la dette publique de FCFA 15 607 milliards. L’analyse de viabilité de la dette (AVD) maintient le Cameroun dans la catégorie des pays à risque de surendettement extérieur élevé, malgré un reclassement récent en catégorie de capacité de remboursement « moyenne » (au lieu de « faible »), qui élargit légèrement la marge de manœuvre du pays.

Que signifie concrètement ce classement pour le pays ?

· Renchérissement et raréfaction du crédit extérieur : les bailleurs et les marchés financiers exigent une prime de risque plus élevée sur les nouveaux emprunts non concessionnels ; c’est déjà visible dans la note elle-même, où 87% des nouveaux prêts signés en juin 2026 sont non concessionnels, contre un objectif stratégique qui privilégie normalement les financements concessionnels.

Un financement est dit concessionnel ou non concessionnel selon le degré de faveur des conditions de prêt accordées à l’emprunteur par rapport à ce que proposerait le marché. Selon le FMI, « Un prêt est dit concessionnel si son élément don est supérieur ou égal à 35%. » Concrètement, l’élément don mesure la « générosité » du prêt : plus le taux d’intérêt est bas, la maturité longue et le différé d’amortissement important, plus la valeur actualisée du remboursement est faible par rapport au montant emprunté, et plus l’élément don est élevé.

· Conditionnalités accrues : l’accès à des financements concessionnels (IDA, FAD, FMI) devient plus subordonné à des réformes structurelles, ce qui explique la mention, dans la note, de la nécessaire conclusion d’un nouveau programme avec le FMI comme condition de soutenabilité.

· Réduction de l’espace budgétaire : une part croissante des recettes publiques est absorbée par le service de la dette (85,8% du service cumulé consacré au seul principal sur le premier semestre), au détriment des dépenses d’investissement et sociales.

· Vulnérabilité accrue aux chocs exogènes : dépréciation du FCFA face au dollar, remontée des taux internationaux, ou choc sur les cours des matières premières (cacao, pétrole) peuvent faire basculer rapidement la trajectoire ; le scénario de « choc extrême » présenté dans les graphiques de viabilité dépasse déjà les seuils sur plusieurs indicateurs (service de la dette extérieure/recettes d’exportation notamment).

· Risque de contagion aux agrégats non encore consolidés : dette flottante, restes à payer, dette de la SOCADEL (~800 Md FCFA), dette des CTD envers le FEICOM (121 Md FCFA), PPP non recensés (raffinerie de Kribi ~540 Md, centrale électrique du PAD ~626 Md), autant de passifs qui, une fois intégrés, pourraient dégrader davantage les ratios officiels.

· Risque réputationnel et d’accès aux marchés régionaux : un classement à risque élevé pèse sur la perception des investisseurs sur le marché des titres publics de la CEMAC, dont le Cameroun reste très dépendant (51% de la dette intérieure).

En clair, ce classement signifie une fenêtre de vulnérabilité qui se referme progressivement si les tendances actuelles (RAP en hausse, part croissante de dette non concessionnelle, passifs hors bilan non intégrés) ne sont pas corrigées.

L’orientation budgétaire 2027-2029 : une réponse pertinente ?

Entre les deux dernières notes, le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) s’est tenu à l’Assemblée nationale (présentation du DPEBM 2027-2029 par le Ministre des Finances le 3 juillet 2026) puis au Sénat (7 juillet 2026), sur la base du Document de Programmation Économique et Budgétaire à Moyen Terme. Le Ministre des Finances y a exposé les grandes orientations macroéconomiques et budgétaires de l’État. Sur le papier, l’orientation va dans le bon sens au regard des fragilités identifiées par la CAA : nouveau programme FMI, discipline budgétaire, élargissement de l’assiette fiscale. Mais la pertinence de cette orientation se heurte à trois limites déjà visibles dans les chiffres eux-mêmes :

1. Un déficit criant de crédibilité d’exécution. Entre janvier et mars 2026, le gouvernement n’a mobilisé qu’environ FCFA 1331,7 milliards sur un objectif trimestriel de 2181 milliards, soit un taux de réalisation de seulement 61%, en raison d’une faible mobilisation à la fois des recettes internes, des emprunts et des dons. Si la mobilisation des ressources censées financer une stratégie plus prudente échoue dès le premier trimestre, l’orientation budgétaire risque de rester incantatoire.

2. Une tension persistante entre ambition et parlement. Le DOB reste un exercice sans vote : les députés et sénateurs interpellent le gouvernement sans pouvoir contraindre les arbitrages, dans un contexte de pression sur les finances publiques, de vie chère et d’attentes sociales fortes, ce qui limite la portée normative réelle de l’exercice sur la trajectoire d’endettement.

3. Un décalage entre le discours de soutenabilité et la pratique récente de l’endettement. La note de conjoncture elle-même montre qu’au même moment où l’orientation budgétaire prône plus de concessionnalité, les nouveaux engagements signés en juin sont à 87% non concessionnels, et l’émission internationale privée de FCFA 474 milliards a été réalisée hors des canaux multilatéraux traditionnels.

Et si le Cameroun n’arrivait pas à conclure un nouveau programme avec le FMI ?

Il faut dire que le précédent programme (FEC/MEDC) s’est achevé fin juillet 2025 et que les négociations pour un nouvel accord 2026-2029 sont toujours en cours un après. Un échec des négociations amorcerait un cercle vicieux du surendettement qui s’auto-alimenterait :

– Perte des financements concessionnels : près de FCFA 94 milliards d’encours qui représentent une source de financement concessionnel et prévisible ;

– Dégradation de la notation souveraine : la note « B » de défaut émetteur à long terme en devises étrangères du Cameroun, avec une perspective négative, est conditionnée par la conclusion d’un nouveau programme FMI d’ici fin 2026 ;

– Renchérissement du coût de la dette : augmentation mécanique de la prime de risque exigée sur les futures émissions internationales, sachant que l’eurobond de janvier 2026 a déjà été émis à un coupon élevé de 8,875% ;

– Recours accru à une dette non concessionnelle à l’image du placement LSEG de FCFA 474 milliards déjà mobilisé, ce qui aggraverait la tendance déjà observée dans la présente note avec 87% des nouveaux prêts signés en juin 2026 qui sont non concessionnels ;

– Effet d’entraînement négatif sur les autres bailleurs : perte du rôle de « sceau de qualité » (catalytic effect) du FMI qui rassure et débloque les financements d’autres partenaires (Banque mondiale, BAD, AFD, bailleurs bilatéraux) : un risque d’autant plus concret que la note relève déjà un taux d’exécution des décaissements extérieurs de seulement 36,2% des prévisions de la Loi de Finances 2026 sur le semestre.

– Un risque régional, au-delà du seul Cameroun : déstabilisation des réserves extérieures de la zone à un niveau soutenable étroitement liée à la poursuite des programmes FMI par les États membres, alors que ces réserves ont déjà reculé de FCFA 1 335,7 milliards entre mars et novembre 2025, soit l’équivalent d’environ un mois d’importations. Risque de fragilisation de la crédibilité de l’arrimage du FCFA et de la stabilité monétaire régionale.

– Absence de discipline structurelle et risque d’aggravation du surendettement : On a vu que l’actuel gouvernement camerounais sombre dans le laisser-faire et le laisser-aller sans le gendarme du FMI. Sans ce cadre contraignant, les réformes de mobilisation des recettes internes, de maîtrise de la dette flottante et des restes à payer (déjà identifiées comme points faibles dans la présente note) risqueraient de progresser plus lentement, accentuant précisément le risque de surendettement extérieur élevé déjà constaté.

Il y aurait donc réduction de l’espace budgétaire et affaiblissement de la capacité à financer les réformes censées justement réduire le risque de surendettement. C’est précisément la raison pour laquelle le gouvernement camerounais a fait de la conclusion d’un nouveau programme FMI l’un des quatre piliers explicites de son orientation budgétaire 2027-2029. Wait and see !

Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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« Secteur de l’électricité au Cameroun : Qui veut la « mort » de Socadel ? », Par Emmanuel Noubissie Ngankam

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Révélé le 14 juillet 2026 par le journal en ligne Investir au Cameroun, le métallurgiste PROMETAL aurait sollicité l’onction du gouvernement pour se déconnecter (c’est le cas de le dire) du réseau de distribution de SOCADEL et de se brancher aux bornes de EDC (Electricity Development Corporation) via SONATREL (Société nationale de transport d’électricité) qui est le Gestionnaire du Réseau de Transport (GTR). Mais au-delà de PROMETAL, ce sont tous les métallurgistes réunis au sein de l’Organisation camerounaise des industries des aciers et métaux (OCITRAM) qui seraient vent-debout en vue de s’affranchir du réseau de distribution de SOCADEL.

Dans une interview accordée à EcoMatin du 21 juillet 2026 et reprise par le magazine Défis Actuels du 22 juillet, le coordonnateur de OCITRAM, Patrice Yantho, fait avec force arguments, un plaidoyer qui pourrait être qualifié de pro-domo, tant il s’ingénie à démonter la pertinence de la démarche de son organisation. Certes, personne ne reprocherait aux métallurgistes de plaider pour leur chapelle et de faire valoir leurs intérêts, mais il convient de rappeler que c’est l’ensemble de l’économie nationale qui pâti des affres du secteur de l’électricité et de ce fait, un traitement différencié, discriminatoire créerait davantage de distorsions et amplifierait le déséquilibre, a moins que soit remis à plat toute l’architecture législative et réglementaire du secteur de l’électricité notamment la loi de décembre 2011, son décret d’application de 2012, le code du marché de l’électricité, le code de raccordement de 2019, etc.

UN TRAITEMENT PRÉFÉRENTIEL QUI PRIVERAIT SOCADEL DE SES PRINCIPALES SOURCES DE REVENUS

Par ailleurs, dans son plaidoyer, l’organisation des industriels des aciers et des metaux semble se féliciter de l’intégration verticale du secteur de l’électricité opérée par l’Etat, intégration dont le dernier maillon a été la création de SOCADEL qui, selon les métallurgistes, conduirait à « plus d’efficience, d’efficacité et de pertinence, ces trois éléments étant les principaux leviers d’une performance future et durable ». Une telle déclaration avenante et teintée de précaution langagière vis-à-vis de l’Etat, est diluée dans la détermination affirmée de vouloir bénéficier d’un traitement préférentiel dont la matérialisation serait le raccordement de tous les industriels de l’acier membres de l’OCITRAM au réseau de transport privant ainsi SOCADEL de l’une de ses principales sources de revenus. Bien plus, dans son plaidoyer, l’organisation des métallurgistes affirme sans ambages que « l’analyse du système électrique camerounais met en évidence que le segment de la distribution (géré par la SOCADEL) est à l’origine de plus de 60% des interruptions subies par la clientèle raccordée au réseau de distribution ». Une telle affirmation qui ne s’appuie sur aucune référence documentaire ou analytique, semble exonérer les autres maillons de la chaine de leur responsabilité dans les délestages et particulièrement le GTR SONATREL.

Cette posture est renforcée par une déclaration de l’OCITRAM pour qui « Le raccordement des consommateurs industriels, dont l’ensemble des métallurgistes de plus de 8 MW, directement au Réseau Public de Transport (RPT) géré par SONATREL, apparait comme une solution structurante permettant d’améliorer la sureté du système électrique, d’optimiser les investissements, de renforcer la qualité de fourniture et de soutenir durablement la stratégie nationale d’industrialisation ». En d’autres termes, si ce n’est pas un plaidoyer pour la mise à mort de SOCADEL, qu’est-ce donc ?

LE RACCORDEMENT DE PROMETAL AU RÉSEAU SONATREL EN 2022 ÉTAIT UN CAS DE FORCE MAJEURE ET NE SAURAIT DEVENIR LA NORME

Une autre question de fond est celle de la tarification. A la question du journaliste relative au risque de traitement discriminatoire, le coordonnateur de l’OCITRAM est sans équivoque : « Je préfère m’en tenir à nos membres, pour dire que le plaidoyer qui est le nôtre est relatif au raccordement de tous nos membres au réseau de transport SONATREL, avec les implications tarifaires induites… ». Un tel raisonnement pourrait être repris par les cimentiers, les brasseurs, les minotiers, les industries du verre ou du plastique, etc. A chacun selon sa chapelle et le Gestionnaire du Réseau de Transport SONATREL deviendrait de fait le distributeur en lieu et place de SOCADEL désormais confinée à la clientèle-ménage et aux petits entrepreneurs qui n’auraient pas su ou pu se constituer en lobby pour obtenir de l’Etat une déstructuration du secteur de l’électricité.

Dans sa charge, le coordonnateur de l’OCITRAM est, on ne plus, explicite quand il affirme « Il me plait de vous rappeler que le paiement de l’électricité aux producteurs (EDC, NHPC, DDPC, KPDC) et au transporteur (SONAREL) leur permettra de faire face à leurs charges de maintenance, d’exploitation et d’investissement nouveaux profitables au secteur industriel dans son ensemble, ainsi qu’aux ménages à qui SOCADEL et les petits et moyens consommateurs industriels pourront intégrer leur plan de restructuration dans la réalité et le pragmatisme financier, économique et industriel ». Pour justifier son plaidoyer, le coordonnateur de l’OCITRAM met en avant la mesure exceptionnelle ayant permis à PROMETAL de se raccorder directement au réseau SONATREL suite l’incident d’un transformateur à Logbaba en septembre 2022. Une telle mesure, salutaire en son temps, constituait un cas de force majeure tel que défini par le Code du marché de l’électricité (Art 2.5) et ne saurait être un argument de démantèlement de tout le secteur au profit d’une catégorie particulière de consommateurs.

LE COMPACT ÉNERGÉTIQUE DU CAMEROUN NE SAURAIT ÊTRE PARASITÉ PAR DES INTÉRÊTS CORPORATISTES

Il est indéniable que la revitalisation du secteur de l’industrie au Cameroun comme partout dans le monde, est ontologiquement liée à la disponibilité de l’énergie électrique en quantité et en qualité. Cette réalité est au cœur du Compact Energétique lancé par le gouvernement en septembre 2025 et qui vise entre autres, l’accès universel d’ici 2030. Cette ambitieuse feuille de route qui permettra au Cameroun de bénéficier du soutien de l’initiative Mission 300 de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de la Banque mondiale, ne saurait être parasitée par des intérêts corporatistes qui fragiliserait davantage le secteur de l’électricité déjà aux abois.

Faut-il le rappeler, le Code de raccordement au réseau public de transport de l’électricité au Cameroun dispose à son article 2 :

• La non-discrimination dans le raccordement et l’accès au réseau ;

• La transparence en matière de communication à l’Autorité concédant a l’agence de régulation du secteur de l’électricité et aux utilisateurs du réseau des données de gestion et des informations nécessaires à la facturation des prestations ;

• L’égalité de traitement des utilisateurs du réseau ;

• La continuité et la permanence du service public de l’électricité ;

• L’adaptabilité de l’exploitation aux nouvelles technologies.

Il est tout aussi indéniable que le secteur de l’électricité du Cameroun nécessite des réformes majeures et des investissements massifs qui passent par, la mobilisation des ressources tant techniques que financières des partenaires au développement, l’amélioration des conditions de l’attrait des investissements privés.

Il en va de l’accroissement de la production qui stagne autour de 2000 MW, loin des 3000 MW anticipés en 2025 et des 5000 MW prévus en 2030, le renforcement des réseaux de transport et de distribution qui constituent les maillons faibles de l’ensemble du système. Le plaidoyer de l’OCITRAM, si elle venait à prospérer, constituerait non seulement la mise à mort de SOCADEL mais également porterait un coup fatal au secteur de l’électricité et partant à l’ensemble de l’économie camerounaise.

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