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La CONAC en guerre contre la vente des places dans les écoles

S’il y a un seul milieu qui doit demeurer sain en toute circonstance, c’est bien le secteur éducatif car il est le moule qui forme les dirigeants et les citoyens de demain. Si nous voulons un Cameroun sans corruption, nous devons investir aujourd’hui pour épargner le secteur éducatif de cette gangrène », a déclaré le président de la Conac alors qu’il procédait au lancement officiel de la campagne dénommée « Rentrée scolaire sans corruption » qui est placée sous le thème : « ensemble, pour une rentrée scolaire 2024- 2025 sans corruption ».
Lancée à la veille de la rentrée scolaire, cette campagne vise à prévenir la corruption qui gangrène le secteur éducatif. Cette période est souvent, rapporte la Conac, décriée comme donnant lieu à la commission d’acte de corruption de la part des chefs d’établissements et certains responsables des Apee. Les écarts les plus dénoncés à la rentrée selon la Conac sont entre autres : « la vente des places lors des recrutements des élèves plus spécifiquement dans les classes de 6e et seconde technique ; le prélèvement de frais illicite, détournement des frais d’Apee ainsi que les frais d’informatique ». C’est pourquoi la campagne cible les chefs d’établissements, les parents d’élèves, les élèves et les responsables des Associations des parents d’élèves et enseignants (Apee). « Si nous voulons un Cameroun sans corruption demain, nous devons investir aujourd’hui pour épargner le secteur éducatif de cette gangrène qu’est la corruption », a insisté Dr Dieudonné Massi Gams.
Par cette initiative, la Conac espère instaurer une culture d’intégrité et de transparence dans le secteur éducatif, garantissant ainsi une rentrée scolaire sans corruption. Jusqu’au 24 août prochain, la caravane de la Conac va sillonner les établissements scolaires, les services déconcentrés du secteur éducatif et les lieux de forte concentration humaine pour sensibiliser les acteurs de la communauté éducative nationale sur le bienfondé d’écarter toute pratique de corruption du secteur éducatif en cette période de rentrée. Cette opération de sensibilisation est organisée à travers les dix régions du pays.
L’enjeu est la promotion de « l’intégrité comme valeur cardinale ». 1000 établissements scolaires sont dans le viseur de la Commission nationale anticorruption, soit 100 écoles par région. Si la campagne se fait par voie d’entretien direct, d’affichage et de distribution de flyers, Le président de la Conac invite également les victimes ou témoins d’actes de corruption durant cette période sensible à utiliser leur téléphone pour dénoncer les corrompus et les corrupteurs au 1517, le numéro vert de la lutte contre la corruption.
FRANÇOIS FRANKLIN ETAPA, Préfet du département du Nyong-et-Mfoumou.
« Que chacun fasse bien son travail et correctement »
L’arrivée de la Conac à Akonolinga constitue une sorte de caution morale pour ces actions que je n’ai cessé de mener dans le cadre de la lutte contre la corruption dans ce département. Mais ce que je sais, c’est que lors qu’il y a des cas de pratiques de corruption, après la période de sensibilisation qui, je dois dire, à mon niveau a duré trois mois, tous les cas qui ont été portés à mon niveau ont été sanctionnés. Je crois que le dernier cas en date, c’est celui de six enseignants du lycée technique d’Akonolinga qui ont vu leur salaire suspendu pour absentéisme et diverses complicités. Et à côté de cela, il y a les cas où il a été demandé, par exemple, aux membres du gouvernement concernés de nous extirper ces mauvaises graines de notre territoire de commandement. Allez dans la Mefou-etAkono, vous allez trouver des fonctionnaires qui ont servi ici et qui ont commis des gaffes ici, mais qui ne sont plus ici aujourd’hui. Nous ne ménageons aucun effort pour combattre ce phénomène, à défaut de l’éradiquer, car les vieilles habitudes ont la peau dure. Nous sommes là pour appliquer les lois et règlements de la République. Lorsqu’il y a des gens qui vont à l’encontre, on essaie de les sensibiliser. Mais en cas de récidive, il faut sanctionner. Le simple fait de sanctionner des fonctionnaires indélicats est déjà en soi un message pour le reste. Il y a des chefs d’établissement qui ont été relevés de leurs fonctions l’année dernière, par exemple. Le message, c’est que chacun fasse bien son travail et correctement. Et quand on est sain, on ne saurait être sanctionné alors qu’on fait correctement son travail. C’est-à-dire respecter les lois et règlements de la République. Éviter d’aller à l’encontre des règles, de la déontologie, de l’éthique et de la bonne conduite.
REVEREND DR DIEUDONNE MASSI GAMS, président de la commission nationale anti-corruption (CONAC)


« Il faut se mettre au travail pour éviter les pots-de-vin »
A la veille de la rentrée scolaire 2024-2025, nous voulons que la communauté éducative sache que l’intégrité doit être fondamentale dans la vision de l’éducation et que la formation de nos enfants, qui constitue l’avenir de ce pays, doit se faire sans corruption. Il est essentiel de s’ancrer davantage sur les valeurs à mettre en place et de communiquer ces valeurs positives afin que chacun se mette réellement au travail pour éviter les pots-de-vin, la corruption sous toutes ses formes, la vente de places et même les demandes au-delà de ce qui est exigé par la loi et les règlements. Il est crucial que la communauté éducative fasse preuve de transparence. Il faut qu’elle soit irréprochable pour que les enfants, qui vont aider à construire notre pays, apprennent à se fonder sur des valeurs positives. Voilà le message que nous souhaitons transmettre à la communauté éducative pour la rentrée scolaire 2024-2025. Les enseignants, lorsqu’ils sont absentéistes et qu’ils monnayent leur présence, ne peuvent pas être utiles. Pourquoi sont-ils formés s’ils deviennent absents ? Ils ne peuvent pas transmettre ce qu’ils ont appris. Le gouvernement a dépensé beaucoup d’argent pour former les éducateurs. Pourquoi peuvent-ils être absents et ne pas être utiles à notre jeunesse, à notre futur, à notre pays ? Voilà, je crois que c’est une interpellation. Et la Conac est là. Nous ne commencerons pas uniquement par Akonolinga. C’est un message lancé pour tout le territoire national.
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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.
Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).
Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.
Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.
Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.
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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.
Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.
LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »
Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.
Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.
Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.
L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE
L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).
L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.
Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.
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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.
En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).
Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.
DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME
Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.
Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.
Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.
Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.
Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.
Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.
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