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Xavier Messè, Journaliste : « Désormais de l’eau potable à Yaoundé, félicitations M. le ministre ! »

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Xavier Messè, Journaliste : « Désormais de l’eau potable à Yaoundé, félicitations M. le ministre ! »
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D’après un dossier de presse produit par les services de communication du Ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, s’est rendu ce mardi 20 août 2024, à Batchenga afin de présider la mise en service officiel de l’unité d’approvisionnement en eau potable à Yaoundé et dans ses environs. Touché par cette actualité, le journaliste Xavier Messe a pondu une tribune pour féliciter le membre du Gouverement.

Lire ci-dessous sa tribune:

Désormais de l’eau potable à Yaoundé. Félicitations M. le ministre !

Par Xavier Messè, Journaliste

Dans notre métier de journaliste, nous n’avons pas coutume de féliciter des personnes qui font bien leur travail, car elles sont placées à leur poste pour bien faire et obtenir des résultats adéquats pour le bonheur des populations. Mais dans un environnement comme le nôtre où le travail bien fait est une exception, il faut féliciter les acteurs qui font exception.

Nous avons appris, dans un dossier de presse produit par les services de communication du Ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, que ce mardi 20 août 2024, le patron de ce département ministériel se rend à Batchenga afin de présider la mise en service officiel de l’unité d’approvisionnement en eau potable à Yaoundé et dans ses environs.

C’est une bonne nouvelle que nous devons magnifier. Il était inconcevable, et inacceptable que Yaoundé, la capitale des institutions du Cameroun en soit réduite depuis des décennies, à vivre du rationnement de l’eau potable.

De nombreux projets avaient été initiés pour ravitailler les populations de cette denrée. Les résultats avaient toujours été en dessous des attentes, pourtant, la capitale du Cameroun est entourée des cours d’eaux susceptibles de répondre aux attentes.

Dans son discours du 31 décembre 2023 sur l’état de la nation, le président Biya avait parlé du secteur en ces termes :

« Le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga est quasiment achevé. Sa mise en service prochaine, permettra de résorber substantiellement le déficit en eau potable de la ville de Yaoundé. Les études relatives au projet d’adduction d’eau potable à Douala et ses environs sont bien avancées. A terme, cette ville bénéficiera de 400 mille mètres cubes d’eau supplémentaires par jour. Le Gouvernement a engagé la remise à niveau des stations de production d’eau potable dans plusieurs villes secondaires, à l’instar de Dschang, Yabassi, Garoua-Boulai, etc.

Les efforts nécessaires continueront d’être faits pour réhabiliter et étendre les réseaux de distribution de cette précieuse ressource, à l’intérieur de nos villes et villages, afin de la rendre plus accessible aux ménages. »

Selon des informations fournies par le ministère de l’Eau et de l’Energie, la demande en eau potable à Yaoundé est de 260 000 mètres cubes par jour. Le déficit de production de Yaoundé, est estimé à 80 000 m3/j. Or, la station d’Akomnyada, dans le département du Nyong-et-So’o, principale pourvoyeuse d’eau potable dans le Mfoundi et ses environs, n’en produit dans le meilleur des cas que 160 000. La station construite en 1985, a déjà été rénovée deux fois. Yaoundé est aussi alimentée par une autre station, celle sur la rivière de la Méfou, en banlieue ouest, mais ses capacités de traitement de l’eau sont faibles. Toutefois, le gouvernement a déployé des stratégies pour que les unités de production puissent être développées proportionnellement à la croissance démographique.

Paepys

Le projet d’approvisionnement en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga, a été lancé en 2016. Ce mégaprojet, le plus grand en matière d’eau potable au Cameroun, est l’un des fleurons des faits d’arme du gouvernement. Sa réalisation est un argument de campagne pour le Président de la République, en vue de la prochaine présidentielle. Sa livraison a été retardée à cause de la crise sanitaire du Covid-19.

Cependant, la mobilisation personnelle du Ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, qui a multiplié des descentes sur le terrain et des initiatives tout au long du processus, a permis que le projet soit mené à bon port. Il le confirme dans une annonce faite le 22 avril dernier :

« Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique gouvernementale visant à renforcer l’offre de production en eau potable, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, Maître d’ouvrage du Projet d’Alimentation en Eau Potable de la Ville de Yaoundé et ses environs à partir du Fleuve Sanaga, informe que les travaux de réalisation de cet important ouvrage sont totalement achevés. Le taux d’exécution physique est définitivement porté à 100% à la suite de l’achèvement des travaux de construction des lignes électriques dédiées, le samedi 20 avril 2024 ».

La mise en service de cette infrastructure a été conditionnée par celle de la première turbine du barrage hydroélectrique de Nachtigal d’une capacité de 60MW. Depuis le 10 août 2024, le Réseau Interconnecté Sud bénéficie de 60 MW supplémentaires grâce à la mise en service du Groupe N°2 de l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal. Cette avancée porte à 120 MW la puissance totale actuellement produite par le projet, marquant une étape cruciale dans le développement de cette infrastructure énergétique majeure. Le Paepys jouira de l’énergie nécessaire pour fonctionner de manière optimale.

Le Paepys a été financé par un prêt d’Eximbank China, pour un coût total de 399 milliards et exécuté par l’entreprise chinoise Sinomach. Il devrait mettre un terme au déficit en eau potable de la ville de Yaoundé, en apportant dans sa phase initiale un complément de 300 000 m3/j, puis 400 000 m3/j dans la phase d’extension. Il permettra également de couvrir les villes et localités riveraines, notamment Batchenga, Obala, Nkometou, Soa et Ntui.

Selon le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, « le projet consiste à renforcer l’offre en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs, à travers la production supplémentaire de 400 000 m3 par jour d’eau potable ». Ce qui portera la capacité de production de la ville à 703 400 m3 par jour contre 303 400 m3 par jour, selon les estimations de 2021. Il est également question d’étendre le réseau de distribution et de renforcer les capacités de stockage de la Cameroon Water Utilities, le concessionnaire du service public de production et de distribution de l’eau potable du pays.

Fini le déficit d’eau

La cérémonie de ce jour marquera l’opérationnalisation du projet d’approvisionnement en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga (Paepys ). Ce mégaprojet, le plus grand en matière d’eau potable au Cameroun, est l’un des fleurons des faits d’arme du chef de l’Etat. Il devrait mettre un terme au déficit en eau potable de la ville de Yaoundé.

C’est pour toutes ces raisons que nous estimons que, la personne qui a encaissé toutes les récriminations en matière des coupures d’eau à Yaoundé, le ministre Gaston Eloundou Essomba, s’il parvient à résoudre définitivement ce problème, il mérite des félicitations de ses compatriotes. Nous lui rappelons cependant qu’il n’est pas au bout des efforts car, des quartiers entiers passent plusieurs nuits dans la pénombre. Son travail n’est donc pas achevé, qu’il continue de trouver des solutions pour l’énergie électrique, la nation lui sera reconnaissante.

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC

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La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC
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Le mardi 9 juin 2026, des gendarmes camerounais ont investi un entrepôt du troisième arrondissement de Douala. Derrière une façade d’unité de production d’enduits et de matériaux de construction se cachait une chaîne de montage dédiée à la fabrication de fausses pièces de monnaie métallique. Cinq individus ont été interpellés — deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont celui qui assurait la direction technique de l’opération. Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est déplacé en personne pour constater l’ampleur du dispositif.

L’affaire a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité de la Banque centrale à protéger les signes monétaires qu’elle émet. D’autant que la presse relevait la saisie, dans le même contexte, de liasses de faux billets de 10 000 francs CFA et de rondelles imitant des pièces de 500 francs. Des interrogations qui ont conduit Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC à clarifier, dans une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today, les faits et à replacer l’incident dans sa juste proportion.

Première mise au point de taille : les pièces saisies à Douala ne sont pas des contrefaçons de la nouvelle gamme 2024. « Les vérifications effectuées ont montré que les pièces concernées étaient des imitations de la pièce de 500 francs de l’ancienne gamme mise en circulation en 1985 et progressivement retirée depuis l’introduction de la gamme de 2006 », a précisé le gouverneur. Une nuance essentielle, qui change la nature du problème. Il ne s’agit pas d’une brèche dans les nouveaux dispositifs de sécurité, mais d’une tentative de remise en circulation de copies d’une pièce déjà obsolète.

ANALYSE DES CONTREFAÇONS

Les chiffres que la BEAC a publiés à cette occasion méritent d’être examinés avec attention. Au 30 avril 2026, le Laboratoire d’analyse des contrefaçons de la Banque centrale avait recensé 16 639 billets contrefaits sur un volume de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation dans l’espace CEMAC. Le ratio obtenu — 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation — est nettement inférieur au seuil de vigilance retenu à l’échelle internationale, généralement fixé à 100 billets contrefaits par million. Autrement dit, plus de 99,998 % des billets qui transitent chaque jour dans les économies des six pays membres sont authentiques. Ces statistiques ne relativisent pas le crime lui-même.

La contrefaçon monétaire reste une infraction grave, aux effets potentiellement déstabilisateurs. Lorsqu’elle prend de l’ampleur, elle érode la confiance dans la monnaie, perturbe les transactions commerciales et peut entraîner des pertes directes pour les ménages et les entreprises qui reçoivent de faux billets sans le savoir. Elle peut également alimenter d’autres circuits criminels.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les banques centrales traitent ce sujet comme une priorité permanente, quelle que soit l’ampleur réelle du phénomène. Mais dans le cas de la CEMAC, les données disponibles indiquent que ces risques systémiques ne se matérialisent pas. « Nous sommes très loin d’une situation susceptible de menacer la stabilité monétaire ou économique de notre sous-région », a soutenu le gouverneur. Une affirmation que les chiffres étayent.

DISPOSITIFS D’AUTHENTIFICATION

La réponse institutionnelle de la BEAC s’articule autour de trois axes. Le premier est préventif : intégrer en permanence de nouvelles technologies de sécurité dans les billets et les pièces, en travaillant sur les substrats, les procédés de fabrication et les dispositifs d’authentification. Le deuxième est opérationnel : maintenir un système de détection mobilisant la Banque centrale, les établissements de crédit, les forces de sécurité et les autorités judiciaires. Le laboratoire d’analyse des contrefaçons joue un rôle central dans ce dispositif, en expertisant les signes monétaires suspects et en suivant l’évolution du phénomène à l’échelle de la sous-région.

Le troisième axe est pédagogique : sensibiliser régulièrement le grand public, les commerçants et les professionnels de la monnaie aux signes permettant d’identifier les faux billets. Dans cette optique, la BEAC a développé une application mobile baptisée « BEAC NG2020 », disponible sur les plateformes Play Store et App Store. Elle permet aux utilisateurs d’identifier les caractéristiques de sécurité de la gamme actuelle de billets et de renforcer leur capacité d’authentification au quotidien.

La question de la sécurité des coupures elles-mêmes a aussi été posée directement au gouverneur, certains observateurs laissant entendre que des failles pourraient exister du côté de la Banque centrale. Sa réponse a été sans ambiguïté. « Les billets et les pièces émis par la BEAC sont dotés de dispositifs de sécurité répondant aux standards les plus exigeants », a-t-il affirmé, en rappelant que la lutte contre la contrefaçon n’est jamais un acquis définitif pour aucune banque centrale au monde. Les faussaires s’adaptent, innovent, cherchent des failles. Ce qui impose aux instituts d’émission une veille technologique permanente.

L’existence de tentatives de contrefaçon ne traduit donc pas une défaillance institutionnelle ; elle confirme la nécessité de maintenir la pression.

MÉCANISME DE VIGILANCE

L’affaire de Douala illustre précisément ce mécanisme de vigilance. C’est la détection d’un individu qui tentait d’introduire des pièces contrefaites dans les circuits commerciaux du premier arrondissement qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’aux têtes du réseau. Deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont le technicien principal de l’opération. L’enquête, relayée par la chaîne Équinoxe TV et le média Benin Web TV, montre que les mécanismes de coopération entre la Banque centrale et les forces de l’ordre fonctionnent.

La robustesse de ces mécanismes est, en définitive, le message que la BEAC cherche à faire passer. Non pas que la contrefaçon n’existe pas — l’affaire de Douala en est la démonstration — mais qu’elle reste contenue dans des proportions qui ne menacent ni la monnaie ni les économies de la zone. Le gouverneur a conclu sur un appel à la responsabilité partagée : « La première ligne de défense contre la contrefaçon demeure la vigilance des utilisateurs eux-mêmes. » Signaler tout signe monétaire suspect, se familiariser avec les critères d’authentification, utiliser les outils numériques mis à disposition — autant de réflexes qui, mis bout à bout, renforcent l’intégrité du circuit fiduciaire dans l’ensemble de la sous-région.

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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