Connect with us

Société

Marc Brys : “si Samuel Eto’o avait frappé, j’aurais réagi de manière énergique”

Published

on

Marc Brys : “si Samuel Eto’o avait frappé, j’aurais réagi de manière énergique”
Spread the love

Interview exclusive de Marc Brys, le coach national du Cameroun connu dans le monde entier depuis l’agression verbale par la star Samuel Eto’o. Réalisée par Yves Taildeman

Depuis son clash surréaliste avec Samuel Eto’o, Marc Brys (62 ans) est connu dans le monde entier. Avant de retourner au Cameroun pour les matchs de qualification pour le Mondial face à la Namibie et au Zimbabwe du début septembre, l’ancien inspecteur de police anversois nous a parlé depuis la Crète – où il habite avec sa femme et son fils de six ans – de cet incident et d’autres mauvaises surprises qui lui ont été réservées par l’ancienne vedette du Real Madrid et de Barcelone. Mais aussi du magnifique groupe de joueurs dont il dispose. « Didier Lamkel Ze ? Un top gars ! »

Vous avez gagné la Coupe avec le Germinal Beerschot en 2005 et le trophée Goethals en tant que coach d’OHL en 2021, mais il aura fallu cet affrontement avec Eto’o avant d’être mondialement connu.

« (Rires) Ce n’était pourtant qu’une simple altercation. J’espère surtout que la Fecafoot, la fédération camerounaise de football dont Eto’o est le président, va arrêter de me mettre des bâtons dans les roues. Cela me dérange énormément parce que, hélas !, ils font tout pour nous déstabiliser et donc pour augmenter nos chances de perdre. Comment peut-on être contre son propre pays ? »

Eto’o ne m’avait même pas dit bonjour. Je lui ai donc laissé un vent quand il m’a appelé et cela l’a humilié.

Marc Brys

Retournons d’abord à cette scène du 28 mai qui a fait le buzz.

« La Fecafoot nous avait convoqués une énième fois dans ses locaux, comme d’habitude sans nous communiquer l’ordre du jour. Vu l’agressivité et les menaces dont je faisais l’objet sur les réseaux sociaux, le ministre des Sports avait demandé à deux de ses collaborateurs de nous y accompagner.

Arrivé largement en retard, Eto’o m’a vu mais m’a initialement ignoré, avant de me faire signe de façon assez agressive de le rejoindre. Je n’aime pas recevoir des ordres, et surtout pas quand on ne me dit pas bonjour. Je lui ai donc laissé un vent, et c’est à partir de ce moment-là que la vidéo démarre.

Il s’est senti humilié parce que je lui ai rendu la monnaie de sa pièce en étant méprisant comme lui et il a donc commencé à crier et à me menacer. Avant cela, il avait d’ailleurs été discourtois et outrageant vis-à-vis du conseiller du ministre des Sports. »

Vous êtes resté très calme.

« J’avais trois possibilités. Soit, je m’enfuyais. Soit, je me battais, mais là, j’aurais été viré. Soit, je ripostais à son agressivité en le confrontant avec quelque chose qu’il n’aimait pas du tout. Quand il m’a dit qu’il avait été entraîneur, j’ai rétorqué – j’avais lu cela auparavant : ‘Oui, en Turquie (à Antalyaspor en 2015). Mais seulement pendant trois semaines. Félicitations !’ Puis, il m’a dit que j’étais viré. J’ai répliqué : ‘C’est la quatrième fois que tu dis ça, mais tu n’as pas le pouvoir pour me virer. C’est la responsabilité du ministre des Sports.’ »

Vous n’avez pas eu peur ? On voit que votre T2 Joachim Mununga était prêt à intervenir.

« Oui, Joachim s’était rapproché de nous. C’est un bon gars (rires). Mais pourquoi aurais-je dû avoir peur ? S’il avait frappé, j’aurais réagi de manière énergique. S’il avait émis des menaces envers ma fille ou mon fils, je ne sais pas si j’aurais gardé mon calme.

Mon papa m’a toujours appris qu’il ne faut pas reculer et qu’il faut encaisser s’il le faut. J’ai suivi son conseil. Quand ma femme a vu les images, elle m’a demandé ce que tout cela signifiait. Mais bon, entre-temps, elle me connaît. »

Deux jours plus tard, Eto’o s’est excusé.

« De façon gluante, à une conférence de presse retransmise à la télé. Il voulait me serrer dans les bras. Mais encore deux jours plus tard, c’était rebelote. »

Il n’a réussi que comme footballeur. Il a échoué comme entraîneur, entrepreneur et visiblement comme dirigeant.

Marc Brys

Quand il a désigné un nouveau coach national, qui a démissionné après un jour ?

« Il a une équipe de réseaux sociaux autour de lui. Mais 80 % des infos qu’ils annoncent sont erronées ! C’est de la pure fiction, mais les gens le croient. J’ai soi-disant déjà été viré 37 fois. Vu son passé de footballeur et ses origines, il est soutenu par les classes populaires.

Il est très puissant, même s’il n’a réussi que comme footballeur. Dans les autres domaines, il a échoué : comme entraîneur, comme entrepreneur et visiblement comme dirigeant, quand je vois sa façon de faire à la Fecafoot. J’ai 62 ans, un âge auquel on dit les vérités aux gens, pour les aider à évoluer.

Mon prédécesseur Rigobert Song était sa girouette et n’avait rien à dire. Eto’o rentrait dans le vestiaire avant le match et au repos et il changeait l’équipe de A à Z. Les joueurs se sentaient tyrannisés, c’était une farce totale. Dans un tel environnement, il ne fallait pas attendre que le Cameroun réalise les performances qu’on attend de lui. »

Mon staff n’était pas accrédité. Mon gardien de Manchester United, André Onana, a donc dû s’échauffer lui-même.
À l’avant-veille de votre premier match, la victoire 4-1 contre le Cap-Vert, vous n’aviez pas de car, pas de ballons ni d’équipements.

« En effet. C’était fait exprès. Et donc, j’ai dit à mes joueurs que l’entraînement était remplacé par une promenade. J’ai voulu montrer que ça n’allait pas comme ça. Ce n’était pas tout. Avant notre match en Angola, il n’y avait soi-disant pas de chambres dans l’hôtel pour les entraîneurs, uniquement pour les joueurs et les dirigeants.

J’ai refusé d’aller ailleurs et on a reçu une chambre. La nuit avant le match, j’ai reçu un mail à 1h30 et 5h40 disant que les passeports des joueurs et les noms de l’équipe de base devaient être fournis à un commissaire de la Fifa qui logeait à une heure et demie de là.

À 7 heures du matin, j’ai loué une voiture pour aller tout lui donner moi-même. Je craignais que la Fecafoot fasse des changements dans mon équipe. Et puis, nouvel incident : les membres de mon staff n’étaient pas accrédités pour ce match. André Onana, gardien de Manchester United, a donc dû s’échauffer lui-même, sans entraîneur des gardiens ! Du jamais-vu. Voilà ce que Samuel Eto’o, grand footballeur qu’il a été, a fait en tant Président de sa fédération. »

Comment voyez-vous votre future collaboration avec Eto’o ?

« La balle est dans son camp. S’il veut des relations cordiales et apaisées, je suis preneur. S’il veut des relations inamicales et brutales, elles le resteront jusqu’à ce que je finisse ma mission, qui consiste à reconstruire une équipe du Cameroun conquérante, comme on l’aime dans le monde entier. Certains doivent savoir tourner la page pour laisser les plus jeunes générations écrire la leur. »

On croyait que vous partiriez au Nigeria, qui vous voulait en pleine crise avec Eto’o.

« Cela aurait été trop facile de m’enfuir pour un salaire plus élevé. »

Vous savez que votre salaire actuel est paru dans les journaux ?

« Non seulement, le montant n’était pas correct (NdlR : 420 000 euros brut par an), mais grâce à une clause dans mon contrat, j’aurais aussi pu démissionner tout en touchant tout mon salaire en cas de fuite dans les journaux. J’ai songé à le faire (rires). Mais finalement, je n’en ai pas fait usage.

Je ne voulais pas quitter mon formidable groupe de joueurs. Quelle ambiance. Un exemple : en Europe, le bizutage d’un nouveau joueur dure 30 secondes, le temps de chanter quelques mélodies. Au Cameroun, ça prend 20 à 30 minutes. C’est un véritable spectacle, une sorte de pièce de théâtre. »

Comme vedettes, il y a Onana de United mais aussi Choupo-Moting et des joueurs de l’OM, de Brentford, de Brighton et de Naples. La présence de Didier Lamkel Ze dans la sélection nous a surpris.

« Didier a été exemplaire. C’est le joueur qui m’appelle le plus. Il a reçu une offre d’un club de D2 en Russie et en Turquie et il m’a demandé mon avis. Je lui ai dit que ce serait mieux de jouer en D1. Lors du 4-1 contre le Cap-Vert, il n’est pas bien monté au jeu. Je lui ai expliqué qu’il devait être aussi je-m’en-foutiste sur le terrain qu’en dehors, qu’il devait oser ! Il a failli marquer le but de la victoire en Angola (1-1). »

L’ex-Carolo de Vérone, Jackson Tchatchoua, a joué les 90 minutes dans chacun des matchs.

« Dans le premier match, il était même le meilleur joueur sur le terrain. Je le lui ai bien dit cinq fois, pour le charrier (rires). Il a une excellente mentalité, quatre poumons, de bons pieds. Il n’était initialement pas mon premier choix, mais il m’a convaincu aux entraînements. Je ne l’ai pas regretté. »

À Yaoundé, j’ai un garde du corps et un chauffeur. On se déplace avec une sirène et les quatre clignotants allumés.
Marc Brys

Comment est la vie à Yaoundé ?

« J’aime Yaoundé. J’ai un chauffeur personnel et un garde du corps, qui sont disponibles dès 5h30 du matin. On se déplace avec une sirène et les quatre clignotants allumés. Parfois, mon chauffeur doit quasiment repousser les autres voitures qui viennent dans le sens inverse pour pouvoir passer.

Au début, j’avais des motards à ma disposition, mais je trouvais que c’était un peu excessif. Je suis tellement aimé par les Camerounais que je suis systématiquement submergé par les fans. J’ai donc appris à ne plus aller au resto en ville, car je passe plus de temps à signer des autographes et à être filmé qu’à manger. Et même si j’essaie de me camoufler, ce n’est pas facile de passer inaperçu (rires). »

Vous n’étiez pas mieux en Belgique ?

« Non. Soit, j’arrêtais en tant qu’entraîneur, soit je devenais coach fédéral. J’ai été approché par plusieurs pays africains. Mais j’ai choisi le Cameroun, un pays de football mythique. J’étais un des 46 candidats au poste d’entraîneur, une sélection pilotée de façon très professionnelle par le Ministère des Sports. Malgré tout ce qui s’est passé, je n’ai pas encore regretté cette aventure. »

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Société

Présidentielle 2025 : Paul Biya, toujours le candidat inoxydable du Moungo

Published

on

Spread the love

À un an du scrutin présidentiel prévu le 12 octobre 2025, la machine du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) se met en branle dans le département du Moungo. Lejeune Mbella Mbella, ministre des Relations extérieures et chef de la délégation permanente départementale du Comité central, a mené une vaste caravane politique à travers plusieurs arrondissements. Objectif affiché : préparer le terrain pour une victoire éclatante de Paul Biya.

Une caravane pour remobiliser la base du RDPC

Melong, Baré-Bakem, Nkongsamba I, II et III… La tournée de Lejeune Mbella Mbella s’est poursuivie ce week-end dans les grandes localités du Moungo. Partout, la même mission : rallier et galvaniser les militants autour de la candidature de Paul Biya à la présidentielle 2025.

Le ministre ne s’est pas déplacé seul. À ses côtés, plusieurs cadres du parti : le sénateur Siegfried Étamé Massoma, Patrice Essobmadje, chargé de mission, ainsi que Mpoudi Ngolle Evelyne. Tous mobilisés derrière le même mot d’ordre : unité, discipline et fidélité au « candidat naturel ».

Recommandations ciblées et défis électoraux

Après avoir écouté les différents responsables des organes de base du RDPC, Mbella Mbella a délivré des recommandations adaptées à chaque arrondissement, insistant sur l’importance de tenir compte des réalités locales. Le mot d’ordre est clair : renforcer les structures, apaiser les tensions internes et surtout… reconquérir les bastions perdus.

Car le défi majeur reste bien identifié : reprendre les communes de Njombé-Penja et Loum, passées sous le contrôle de l’opposition. Une priorité stratégique pour assurer une victoire sans appel en octobre 2025.

« Taire les divisions » pour la victoire de Paul Biya

Devant les militants, le chef de la délégation permanente départementale a exhorté ses troupes à rester soudées : « L’heure n’est pas aux querelles intestines. Nous devons taire nos divisions pour aller vers la victoire de Paul Biya », a martelé Mbella Mbella, reprenant un message d’unité déjà répété lors des étapes précédentes.

Dans une atmosphère parfois festive, parfois solennelle, le RDPC a affiché sa détermination. Paul Biya, candidat annoncé pour un nouveau mandat, reste plus que jamais la figure tutélaire autour de laquelle s’organise toute la stratégie du Moungo.

CLIQUEZ ici pour lire tout l’article sur infocameroun.com

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Société

Palais de l’Unité : l’ambassadeur de France Thierry Marchand fait ses adieux à Paul Biya

Published

on

Spread the love

Le président de la République, Paul Biya, a reçu ce vendredi 29 août 2025 en audience d’adieu l’ambassadeur de France sortant au Cameroun,Thierry Marchand.

Une rencontre d’adieu empreinte de cordialité

Durant plus d’une heure et demie, l’entretien a permis au diplomate français de saluer le chef de l’État camerounais et de revenir sur ses trois années passées à Yaoundé. Thierry Marchand a tenu à exprimer toute sa reconnaissance pour « l’hospitalité légendaire du Cameroun », qui l’a profondément marqué tout au long de sa mission diplomatique.

Un partenariat historique entre le Cameroun et la France

Au sortir de l’audience, l’ambassadeur a rappelé la solidité des liens qui unissent les deux pays. « Le Cameroun et la France sont des partenaires de longue date », a-t-il souligné, tout en saluant les efforts continus des dirigeants des deux nations pour renforcer une coopération bilatérale jugée mutuellement bénéfique.

Trois années de coopération renforcée

Nommé en 2022, Thierry Marchand aura accompagné plusieurs chantiers stratégiques de la relation franco-camerounaise, notamment sur les plans économique, culturel et sécuritaire. Son départ marque la fin d’une étape importante, mais les deux capitales entendent maintenir le cap d’un partenariat solide.

CLIQUEZ ici pour lire tout l’article sur infocameroun.com

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Société

Batouri : le nouveau sous-préfet Adelphe Wenceslas Evaga officiellement installé

Published

on

Spread the love

La ville de Batouri a accueilli, le 1er août dernier, une cérémonie solennelle d’installation de son nouveau sous-préfet.Nommé par décret présidentiel le 22 juillet 2025,Adelphe Wenceslas Evagaprend désormais les rênes de l’arrondissement, avec la lourde mission d’assurer ordre, coordination et développement local.

Une cérémonie empreinte de solennité

La place des fêtes de Batouri a servi de cadre à l’événement, présidé par le préfet du département de la Kadey,Djadaï Yacouba. Devant autorités administratives, forces vives locales et population venue en nombre, le représentant de l’État a rappelé les missions fondamentales qui attendent le nouveau sous-préfet.

« Maintien de l’ordre, application des lois et règlements, supervision et coordination des services publics », a martelé le préfet, insistant sur l’importance du rôle du chef d’arrondissement dans la vie quotidienne des citoyens.

Un parcours déjà bien étoffé

Avant sa nomination à Batouri,Adelphe Wenceslas Evagaexerçait comme premier adjoint préfectoral à Dschang. Administrateur civil de formation, il est originaire de l’arrondissement de Monatélé, dans la région du Centre. Marié et père de trois enfants, le nouveau sous-préfet est décrit par ses proches collaborateurs comme un homme de terrain, attaché au dialogue et à la proximité avec les populations.

Des attentes fortes de la population

À Batouri, les défis sont nombreux : sécurité, développement socio-économique, gestion des services publics… Autant de chantiers sur lesquels le nouveau sous-préfet est attendu au tournant. La population espère voir en lui un interlocuteur à l’écoute, capable d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations quotidiennes.

Un nouveau chapitre pour Batouri

L’installation d’Adelphe Wenceslas Evaga marque le début d’une nouvelle étape pour l’arrondissement. Les regards sont désormais tournés vers le futur : réussira-t-il à relever les défis de gouvernance et à imprimer sa marque dans la Kadey ?

Seul l’avenir le dira, mais une chose est sûre : les attentes sont grandes. Et Batouri n’a pas l’intention de rester en marge des ambitions de développement du Cameroun.

CLIQUEZ ici pour lire tout l’article sur infocameroun.com

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici