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Imilo Lechanceux : l’histoire d’un danseur devenu roi du coupé décalé au Burkina Faso

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Imilo Lechanceux : l’histoire d’un danseur devenu roi du coupé décalé au Burkina Faso
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La trajectoire d’Imilo Lechanceux une véritable source d’inspiration. Né à Tiassalé, en Côte d’Ivoire, il voit ses aspirations scolaires interrompues prématurément par des difficultés financières. Loin de se laisser abattre, il se tourne vers la danse, une passion qui l’anime depuis l’enfance.

Des pas de danse aux platines

Intégré à l’Atelier théâtre burkinabè, Imilo se produit sur scène aux côtés de nombreux artistes. C’est lors d’un concours de DJ qu’il saisit l’opportunité de donner une nouvelle dimension à sa carrière. Sélectionné parmi plusieurs candidats, il participe à l’enregistrement de l’album « Vit la joie », qui rencontre un succès immédiat. Encouragé par cette première expérience, il décide de se lancer en solo sous le nom d’Imilo Lechanceux, un clin d’œil à sa détermination à saisir chaque chance qui se présente.

Un parcours semé d’embûches

La route vers la gloire n’est jamais facile. Les débuts d’Imilo dans le monde de la musique sont marqués par des difficultés. Le coupé-décalé, un genre musical alors en plein essor, souffre d’une image négative. Les radios hésitent à diffuser ses chansons, mais Imilo ne se décourage pas. Grâce à son premier single, « Mot de passe », et à un clip percutant, il parvient à se faire une place dans le paysage musical burkinabé.

Les succès s’enchaînent : « En voici un », « Dieu est ma force », « Elévation »… Chaque album confirme le talent d’Imilo et sa capacité à toucher le cœur du public. Son parcours est récompensé en 2017 lorsqu’il remporte le Kundé d’or, la plus prestigieuse récompense musicale du Burkina Faso. Ce succès lui ouvre les portes de la scène internationale, et il collabore avec de grands noms de la musique africaine, comme Chidinma.

En dépit du décès de son manager, Yannick Sankara, en 2020, Imilo Lechanceux continue de se battre pour faire rayonner la musique burkinabè à l’international. Son ambition ? Se produire sur la grande scène du Zénith à Paris, aux côtés d’autres artistes de son pays. Convaincu que le Burkina Faso a beaucoup à offrir au monde, il ne cesse de travailler pour faire connaître sa musique et celle de ses compatriotes.

Un exemple de persévérance

Au-delà de son talent musical, Imilo Lechanceux est aussi un modèle pour la jeunesse du pays de Thomas Sankara. Il incarne la réussite par le travail et la persévérance. Malgré les épreuves rencontrées, il a su surmonter les obstacles et réaliser ses rêves. Son histoire inspire de nombreux jeunes à croire en eux-mêmes et à poursuivre leurs passions.

Imilo Lechanceux est bien plus qu’un artiste, c’est un ambassadeur de la culture burkinabè. Son histoire est celle d’un homme qui a su transformer ses rêves en réalité. Le petit danseur d’autrefois, a prouvé aux yeux du monde que la détermination et le talent sont les clés du succès.

Toute la discographie et toutes les récompenses d’Imilo Lechanceux

Pour être reconnu comme une légende de la musique urbaine de son pays, Imilo le chanceux a bossé en studio et enchaîné les hits qui ont émerveillé le public, non sans convaincre les jurys de nombreuses cérémonies de récompense qui l’ont plébiscité à plusieurs reprises.

Albums

Imilo Lechanceux a publié plusieurs albums qui ont marqué les esprits :

  • En Voici Un (2013) : Cet album marque les débuts d’Imilo en tant qu’artiste solo et raconte son parcours personnel.
  • Dieu est ma Force (2015) : Un album où l’artiste exprime sa foi et remercie Dieu pour son succès.
  • Élévation (2017) : Considéré comme l’un de ses meilleurs albums, « Élévation » lui vaut le Kundé d’or.
  • Intégration (2021) : Un album plus mature où Imilo aborde des thèmes sociétaux.

Singles

Outre ses albums, Imilo Lechanceux a également connu un grand succès avec de nombreux singles, parmi lesquels :

  • Soutiens les Étalons : Un hymne patriotique dédié à l’équipe nationale de football du Burkina Faso.
  • Wassa Wassa : Un titre rythmé et dansant produit par Bebi Philip.
  • M’Nonga Fo : Un duo avec la chanteuse nigériane Chidinma, un véritable succès panafricain.
  • Pintinclin : Une collaboration avec le rappeur ivoirien Safarel Obiang.
  • Attegban : Un featuring avec le célèbre griot malien Sidiki Diabaté.
  • Hommage à Bertrand TRAORE : Un titre dédié à l’acteur burkinabè Bertrand Traoré.
  • Polongo Palanga : Un titre récent qui a rapidement conquis le public.

Distinctions

Les talents d’Imilo Lechanceux ont été reconnus à plusieurs reprises par ses pairs.

  • Kundé d’or 2017 : La plus haute distinction musicale au Burkina Faso, pour son album « Élévation ».
  • Kundé de l’artiste le plus joué en discothèque 2017 : Une récompense qui témoigne de sa popularité auprès du public.
  • Kundé du meilleur clip vidéo 2017 : Une reconnaissance pour la qualité de ses productions audiovisuelles.
  • Meilleur artiste de l’année aux Cool Online Awards 2015
  • Artiste de l’année aux FAMA 2015

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Cameroon Business Forum : le gouvernement promet des réformes, le patronat réclame des actes

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Cameroon Business Forum : le gouvernement promet des réformes, le patronat réclame des actes 
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Après six ans d’interruption, le Cameroon Business Forum, plateforme de dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé, s’est réuni à Douala les 22 et 23 octobre 2026, sous la présidence du Premier ministre. Face au patronat conduit par son président, Célestin Tawamba, Joseph Dion Ngute et les membres du gouvernement présents ont pris connaissance des préoccupations des milieux d’affaires et convenu d’un ensemble de réformes destinées à stimuler le secteur privé et à renforcer la compétitivité des PME camerounaises.

Après six années d’interruption, le Cameroon Business Forum (CBF), plateforme de dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé, a repris ses activités les 22 et 23 octobre 2026 à Douala. Placée sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute, cette 12e session a réuni près de 300 participants, parmi lesquels des membres du gouvernement, des représentants du patronat, des chambres consulaires et des partenaires techniques et financiers. Les travaux se sont déroulés autour du thème « ZLECAf et transformation productive : quelles réformes pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique ? ».

L’objectif affiché était de définir les réformes susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises camerounaises et de leur permettre de tirer profit du marché continental africain. Mais les échanges ont rapidement mis en évidence les préoccupations immédiates des opérateurs économiques, confrontés à la dégradation des infrastructures, aux difficultés d’accès au financement, aux contraintes fiscales et aux lenteurs administratives. À l’ouverture des travaux, Joseph Dion Ngute a réaffirmé la volonté du gouvernement d’améliorer l’environnement des affaires et d’accélérer la transformation productive de l’économie.

Le Premier ministre a notamment insisté sur la nécessité de développer la transformation locale des matières premières, de promouvoir l’import-substitution et de valoriser les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il a également mis en avant la position géographique du Cameroun et ses infrastructures portuaires, susceptibles de soutenir son ambition de devenir un pôle industriel et commercial régional.

LE PATRONAT DRESSE UN RÉQUISITOIRE

Face au gouvernement, le président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), Célestin Tawamba, a dressé un tableau préoccupant du climat des affaires. Son intervention a notamment porté sur la dégradation du réseau routier, les délestages électriques, la pression fiscale, les difficultés d’accès au crédit, les retards de paiement de l’État et l’insécurité juridique et foncière. Pour illustrer les difficultés logistiques, le président du patronat a évoqué des trajets pouvant atteindre six à huit heures entre Douala et Yaoundé, et huit à dix heures entre Douala et Bafoussam.

Des délais qui renchérissent les coûts de transport et pénalisent la compétitivité des entreprises. Sur le plan énergétique, il a indiqué que 65 % des entreprises recourent à des groupes électrogènes pour faire face aux insuffisances de l’approvisionnement électrique, tandis que les coupures représenteraient un coût économique équivalant à 2 à 4 % du produit intérieur brut. La fiscalité a également occupé une place importante dans son intervention. Célestin Tawamba a notamment relevé le décalage entre l’objectif d’augmentation des recettes fiscales de 12,5 % en 2026 et une croissance économique attendue autour de 3,5 %.

Une situation qui, selon le patronat, accentue la pression sur les entreprises formelles. Mais au-delà du diagnostic, le président du GECAM a surtout insisté sur la nécessité de rompre avec les précédentes éditions du forum, dont de nombreuses recommandations seraient restées sans suite. Il a demandé que les engagements retenus soient limités en nombre, assortis de responsables clairement identifiés, d’échéances et d’indicateurs mesurables. Le patronat souhaite également qu’un bilan public soit présenté dans un délai de six mois. Deux autres revendications ont été formulées : une loi de finances 2027 accordant une progression plus importante aux dépenses d’investissement qu’aux dépenses de fonctionnement, ainsi qu’un calendrier public d’apurement des arriérés de l’État, accompagné du remboursement des crédits de TVA dans les délais légaux.

SIX ATELIERS POUR IDENTIFIER LES RÉFORMES

Les travaux techniques ont été organisés autour de six ateliers consacrés au patriotisme économique et au Made in Cameroon, à la facilitation des échanges, au financement du commerce et de l’industrialisation, à la logistique et à l’énergie, à l’innovation et aux start-up, ainsi qu’à la réforme du dispositif de dialogue public-privé. Ces discussions ont permis aux administrations, aux organisations patronales et aux partenaires au développement d’examiner les contraintes qui limitent la capacité des entreprises camerounaises à produire, à investir et à exporter. Le financement des PME a particulièrement retenu l’attention.

Lors d’un atelier consacré aux jeunes et aux femmes entrepreneurs, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a évoqué une ligne de crédit de 200 milliards de FCFA mise en place environ trois ans auparavant. Il a souligné la nécessité pour les promoteurs de présenter des projets bancables et rappelé l’importance des mécanismes de garantie publique pour faciliter l’accès au crédit des entrepreneurs ne disposant pas de garanties suffisantes. Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Achille Bassilekin III, a également participé aux échanges consacrés à l’innovation, à l’incubation et à l’accompagnement des entreprises.

Parmi les pistes examinées figuraient la création de guichets uniques pour les start-up, l’amélioration des dispositifs de financement et le renforcement de l’encadrement des jeunes entrepreneurs. Le président de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat, Christophe Eken, a pour sa part défendu six priorités, notamment la promotion du Made in Cameroon, la réduction du coût des intrants, l’accès aux financements productifs de long terme, la sécurité juridique, l’opérationnalisation de la ZLECAf et la consolidation du dialogue entre l’État et les entreprises. Les partenaires internationaux ont également apporté leur contribution.

La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique a présenté les perspectives du commerce intra-africain et les opportunités de développement industriel du Cameroun. La Société financière internationale a, de son côté, exposé les exigences du dispositif Business Ready, qui évalue notamment la qualité de la réglementation, des services publics et des conditions opérationnelles des entreprises.

QUATRE RECOMMANDATIONS ET UNE PROMESSE DE SUIVI

À l’issue des deux journées de travaux, quatre grandes recommandations ont été annoncées. Elles portent sur la fluidification des procédures administratives, l’accélération des projets d’infrastructures énergétiques et routières, l’amélioration de l’accès des PME au financement et le renforcement de la compétitivité des entreprises camerounaises. Le gouvernement a également annoncé la mise en place d’une matrice de suivi précisant les administrations responsables, les échéances et les indicateurs de réalisation des réformes retenues.

À la clôture, Joseph Dion Ngute a réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de traduire les conclusions du forum en actions concrètes, ministère par ministère. Toutefois, les recommandations générales rendues publiques ne permettent pas encore d’établir le sort réservé à plusieurs revendications précises du patronat, notamment le calendrier d’apurement de la dette intérieure, le remboursement des crédits de TVA, la réorientation des dépenses publiques vers l’investissement ou encore la sécurisation foncière et judiciaire.

Les documents de synthèse consultés par Défis Actuels ne permettent pas davantage de déterminer si ces préoccupations ont été intégrées dans la matrice détaillée annoncée à la clôture. La question de l’application effective des recommandations demeure donc entière. D’autant que la longue interruption du Cameroon Business Forum et le bilan contesté des engagements précédents ont alimenté les interrogations des opérateurs économiques sur l’efficacité de ce cadre de concertation. Pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à démontrer que les réformes annoncées peuvent produire des résultats tangibles sur les coûts de production, l’accès au financement, la qualité des infrastructures et les délais administratifs.

Pour les entreprises, il s’agit de disposer d’un environnement permettant d’investir et de rivaliser avec les producteurs des autres pays africains. Au terme de cette 12e session, le dialogue institutionnel a donc repris, mais sa crédibilité dépendra de la mise en œuvre des engagements annoncés. Comme le montrent les conclusions examinées par Défis Actuels, la prochaine étape sera moins celle de nouvelles concertations que celle de la publication d’un calendrier précis et de résultats vérifiables.

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Le Cameroon Business Forum promet des réformes, mais l’investissement privé au pays demeure une loterie

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Le Cameroon Business Forum promet des réformes, mais l’investissement privé au pays demeure une loterie
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La 12ème édition du Cameroon Business Forum s’est tenue les 22 et 23 octobre 2026 à Douala, sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Le patronat avait quitté la table depuis 2021, dénonçant des promesses non tenues et un faible taux d’exécution des recommandations.

Autour du thème « ZLECAf et transformation productive », environ 300 participants ont travaillé sur le climat des affaires, la compétitivité et le commerce intra-africain. Quatre résolutions en sortent : patriotisme économique et industrialisation, facilitation des échanges transfrontaliers, financement de l’économie et de l’innovation, restructuration et suivi du forum lui-même.

Les participants ont aussi réclamé des engagements assortis d’échéances et d’indicateurs de résultats. Je ne veux pas discuter de ces résolutions qui me semblent élitistes ; je ne comprends pas comment la préoccupation des gens peut tourner vers la ZLECAf dans un pays déficitaire où les entreprises ne produisent pas encore suffisamment pour exporter. Je veux plutôt m’intéresser à un seul aspect des préoccupations élémentaires de l’investissement privé dans leur quotidien au Cameroun.

Une enquête présentée sur place donne le ton : 63,5 % des entreprises citent le poids de la fiscalité, 45 % le coût de l’énergie, 33,5 % les difficultés de recouvrement. Le droit de propriété n’apparaît, dans les comptes rendus consultés, qu’au détour d’une liste de suggestions, avec l’accès facile à la terre et une justice équitable.

Les dossiers récents montrent pourtant l’ampleur du problème. Disons-le de façon formelle : il n’y a pas de promotion de l’investissement privé, et donc de la création locale des richesses, sans garantie de la propriété privé et sans attribution des mesures incitatives. C’est ce qui m’intéresse dans cette chronique.

Djeuga Palace : l’affaire qui résume tout

Dans l’actualité, l’Etat du Cameroun montre ses muscles et toute sa puissance contre un investisseur privé que l’on accuserait d’être véreux. Je n’entre pas dans ce dossier. Je regarde les choses du point de vue de la promotion de l’investissement privé au Cameroun et je me dis : quel énième gâchis ! Quelle image le Cameroun renvoie-t-il aux investisseurs privés ? Un immeuble de onze niveaux a été construit au giratoire Joss, à Douala, sur un terrain de l’Etat.

Question : Où était l’Etat pendant toutes les phases de ce projet ? Qui paie l’addition ? Que dit la justice ? Quel juge a-t-il tranché la fraude ? Quel que soit le cas, le message aux investisseurs ne dépend pas de l’issue du procès : l’État a vendu, encaissé et laissé construire un immeuble de 11 niveaux pendant 10 ans avant de contester son propre acte. C’est une faute de gestion.

Quel autre investisseur viendra jouer la loterie au Cameroun dans un cadre administratif et judiciaire aussi instable et incertain ? Dans les pays qui attirent le plus les investisseurs privés, la propriété privée est sacrée. Et en cas de fraude, toutes les parties s’en remettent à la justice. Pire, quel investisseur sérieux viendra dans un pays où les membres du gouvernement disent n’être pas tenus par les décisions de justice ?

En 2026, un décret ou un arrêté est supérieur à la loi : c’est une dérive ! L’on note la multiplication des dérives politico-judiciaires et administratives qui plombent les espoirs de la réussite de toute promotion de l’investissement privé au Cameroun : Du Port Autonome de Douala aux aéroports du Cameroun en passant par les litiges fonciers dans nos quartiers, l’on observe que le droit de propriété n’est pas garanti, ce qui est largement défavorable à l’investissement privé.

La Cour suprême s’alarme

Cette situation est dénoncée au plus haut niveau judiciaire. À la rentrée solennelle de février 2026, la Cour suprême a décrit des titres retirés puis rétablis, jusqu’à quatre fois pour certains. Elle a aussi mis en doute le pouvoir de l’administration de constater la nullité de ses propres actes, relevé la cohabitation d’arrêtés authentiques et contrefaits, et signalé plusieurs titres sur une même parcelle du domaine de l’État. En 2022 déjà, la Chambre judiciaire parlait d’une banalisation injustifiée du titre foncier, qui expose l’acheteur de bonne foi.

Gagner en justice ne suffit pas non plus. En 2021, la Cour suprême relevait que l’exécution des décisions, y compris les siennes, se heurte aux lettres circulaires des ministres qui exigent leurs accords préalables. Du jamais vu ! Par exemple, Me Benjamin Matip, victorieux le 24 octobre 2012, attendait encore l’exécution de la décision de justice après la notification ; il affirmait qu’un projet de 10 000 logements sociaux, adossé à 226 milliards de FCFA de financement, était ainsi bloqué. À Soa, les titres de Dieudonné Atangana, réhabilités par une décision irrévocable, avaient été annulés de nouveau.

La situation est dramatique. Le ministère agit par lots : 90 titres retirés dans le Nkam en 2023, 127 déclarés nuls le 10 juillet 2023 dans la zone du projet de fer de Lobé, près de 163 dans l’affaire MAGZI. Je ne parle là que des cas documentés et médiatisés. Certaines mesures répondent à de vraies fraudes, mais Greenpeace rappelait qu’elles ne vaudraient que suivies de sanctions contre fraudeurs et agents complices.

Je répète : la propriété privée doit être sacrée si le Cameroun veut promouvoir les investissements privés. Le ministère présente lui-même le titre comme « intangible, inattaquable et définitif » mais, malheureusement, ce n’est pas la seule décision contradictoire de la justice qui en constate la nullité.

Le Cameroun détruit ses propres citoyens talentueux

Question : le gouvernement camerounais n’a-t-il pas toujours intégré qu’il peut donner gratuitement le terrain aux investisseurs privés pour créer localement la richesse ? Cela fait partie de ce que l’on appelle sous d’autres cieux, « mesures incitatives ». Comment veulent-ils emmener les gens à investir dans notre pays lorsqu’ils ne leur donnent rien ?

L’affaire Djeuga Palace fait jaser à l’étranger : L’Etat est-il incapable de donner un hectare de terrain pour la construction d’une infrastructure hotellière et touristique de classe internationale ? Il semble que l’homme d’affaires incriminé ne soit pas sérieux : regardons-nous dans les yeux et répondons objectivement à la question de savoir quel homme d’affaires au monde est sérieux !

Pourquoi sommes-nous toujours aussi durs envers les nôtres ? Ceux que nous allons chercher à l’étranger sont-ils sérieux ? Je crois que le problème est systémique : le système camerounais est fait pour compliquer la vie à ses citoyens. Prenons même l’exemple du système d’évaluation à l’école : le Cameroun bloque ses propres enfants.

Je retiens donc que même le patronat réclame visibilité et sécurité juridique. La numérisation du titre foncier, promise en 2011, reste une promesse pompeuse du gouvernement. Le forum de Douala a posé des principes, des engagements datés et mesurables.

Reste à y inscrire le foncier : titres, exécution des décisions de justice, cadastre. Sans cela, les appels à l’investissement privé auront peu d’effet, car un titre obtenu régulièrement peut toujours être contesté des années plus tard.

Courage à nous ! Pour ne pas rater mes prochaines chroniques, abonnez-vous et partagez autour de vous !

Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National du SDF

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La 12ème édition du Cameroon Business Forum s’est tenue les 22 et 23 octobre 2026 à Douala, sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute. Le patronat avait quitté la table depuis 2021, dénonçant des promesses non tenues et un faible taux d’exécution des recommandations.

Autour du thème « ZLECAf et transformation productive », environ 300 participants ont travaillé sur le climat des affaires, la compétitivité et le commerce intra-africain. Quatre résolutions en sortent : patriotisme économique et industrialisation, facilitation des échanges transfrontaliers, financement de l’économie et de l’innovation, restructuration et suivi du forum lui-même.

Les participants ont aussi réclamé des engagements assortis d’échéances et d’indicateurs de résultats. Je ne veux pas discuter de ces résolutions qui me semblent élitistes ; je ne comprends pas comment la préoccupation des gens peut tourner vers la ZLECAf dans un pays déficitaire où les entreprises ne produisent pas encore suffisamment pour exporter. Je veux plutôt m’intéresser à un seul aspect des préoccupations élémentaires de l’investissement privé dans leur quotidien au Cameroun.

Une enquête présentée sur place donne le ton : 63,5 % des entreprises citent le poids de la fiscalité, 45 % le coût de l’énergie, 33,5 % les difficultés de recouvrement. Le droit de propriété n’apparaît, dans les comptes rendus consultés, qu’au détour d’une liste de suggestions, avec l’accès facile à la terre et une justice équitable.

Les dossiers récents montrent pourtant l’ampleur du problème. Disons-le de façon formelle : il n’y a pas de promotion de l’investissement privé, et donc de la création locale des richesses, sans garantie de la propriété privé et sans attribution des mesures incitatives. C’est ce qui m’intéresse dans cette chronique.

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Dans l’actualité, l’Etat du Cameroun montre ses muscles et toute sa puissance contre un investisseur privé que l’on accuserait d’être véreux. Je n’entre pas dans ce dossier. Je regarde les choses du point de vue de la promotion de l’investissement privé au Cameroun et je me dis : quel énième gâchis !

Quelle image le Cameroun renvoie-t-il aux investisseurs privés ? Un immeuble de onze niveaux a été construit au giratoire Joss, à Douala, sur un terrain de l’Etat. Question : Où était l’Etat pendant toutes les phases de ce projet ? Qui paie l’addition ? Que dit la justice ? Quel juge a-t-il tranché la fraude ? Quel que soit le cas, le message aux investisseurs ne dépend pas de l’issue du procès : l’État a vendu, encaissé et laissé construire un immeuble de 11 niveaux pendant 10 ans avant de contester son propre acte.

C’est une faute de gestion. Quel autre investisseur viendra jouer la loterie au Cameroun dans un cadre administratif et judiciaire aussi instable et incertain ? Dans les pays qui attirent le plus les investisseurs privés, la propriété privée est sacrée. Et en cas de fraude, toutes les parties s’en remettent à la justice.

Pire, quel investisseur sérieux viendra dans un pays où les membres du gouvernement disent n’être pas tenus par les décisions de justice ? En 2026, un décret ou un arrêté est supérieur à la loi : c’est une dérive ! L’on note la multiplication des dérives politico-judiciaires et administratives qui plombent les espoirs de la réussite de toute promotion de l’investissement privé au Cameroun : Du Port Autonome de Douala aux aéroports du Cameroun en passant par les litiges fonciers dans nos quartiers, l’on observe que le droit de propriété n’est pas garanti, ce qui est largement défavorable à l’investissement privé.

La Cour suprême s’alarme

Cette situation est dénoncée au plus haut niveau judiciaire. À la rentrée solennelle de février 2026, la Cour suprême a décrit des titres retirés puis rétablis, jusqu’à quatre fois pour certains. Elle a aussi mis en doute le pouvoir de l’administration de constater la nullité de ses propres actes, relevé la cohabitation d’arrêtés authentiques et contrefaits, et signalé plusieurs titres sur une même parcelle du domaine de l’État. En 2022 déjà, la Chambre judiciaire parlait d’une banalisation injustifiée du titre foncier, qui expose l’acheteur de bonne foi.

Gagner en justice ne suffit pas non plus. En 2021, la Cour suprême relevait que l’exécution des décisions, y compris les siennes, se heurte aux lettres circulaires des ministres qui exigent leurs accords préalables.

Du jamais vu ! Par exemple, Me Benjamin Matip, victorieux le 24 octobre 2012, attendait encore l’exécution de la décision de justice après la notification ; il affirmait qu’un projet de 10 000 logements sociaux, adossé à 226 milliards de FCFA de financement, était ainsi bloqué. À Soa, les titres de Dieudonné Atangana, réhabilités par une décision irrévocable, avaient été annulés de nouveau.

La situation est dramatique. Le ministère agit par lots : 90 titres retirés dans le Nkam en 2023, 127 déclarés nuls le 10 juillet 2023 dans la zone du projet de fer de Lobé, près de 163 dans l’affaire MAGZI. Je ne parle là que des cas documentés et médiatisés. Certaines mesures répondent à de vraies fraudes, mais Greenpeace rappelait qu’elles ne vaudraient que suivies de sanctions contre fraudeurs et agents complices.

Je répète : la propriété privée doit être sacrée si le Cameroun veut promouvoir les investissements privés. Le ministère présente lui-même le titre comme « intangible, inattaquable et définitif » mais, malheureusement, ce n’est pas la seule décision contradictoire de la justice qui en constate la nullité.

Le Cameroun détruit ses propres citoyens talentueux

Question : le gouvernement camerounais n’a-t-il pas toujours intégré qu’il peut donner gratuitement le terrain aux investisseurs privés pour créer localement la richesse ? Cela fait partie de ce que l’on appelle sous d’autres cieux, « mesures incitatives ». Comment veulent-ils emmener les gens à investir dans notre pays lorsqu’ils ne leur donnent rien ? L’affaire Djeuga Palace fait jaser à l’étranger : L’Etat est-il incapable de donner un hectare de terrain pour la construction d’une infrastructure hotellière et touristique de classe internationale ?

Il semble que l’homme d’affaires incriminé ne soit pas sérieux : regardons-nous dans les yeux et répondons objectivement à la question de savoir quel homme d’affaires au monde est sérieux ! Pourquoi sommes-nous toujours aussi durs envers les nôtres ? Ceux que nous allons chercher à l’étranger sont-ils sérieux ? Je crois que le problème est systémique : le système camerounais est fait pour compliquer la vie à ses citoyens. Prenons même l’exemple du système d’évaluation à l’école : le Cameroun bloque ses propres enfants.

Je retiens donc que même le patronat réclame visibilité et sécurité juridique. La numérisation du titre foncier, promise en 2011, reste une promesse pompeuse du gouvernement. Le forum de Douala a posé des principes, des engagements datés et mesurables. Reste à y inscrire le foncier : titres, exécution des décisions de justice, cadastre. Sans cela, les appels à l’investissement privé auront peu d’effet, car un titre obtenu régulièrement peut toujours être contesté des années plus tard.

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