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Maitre Akere Muna s'attaque à Glencore, la Sonara et la SNH

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Maitre Akere Muna s'attaque à Glencore, la Sonara et la SNH
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L'avocat camerounais engagé dans l'affaire de corruption à grande échelle entre le trader anglo-suisse Glencore, et des officiels du secteur pétrolier en Afrique, dont au Cameroun, accuse la firme anglo-suisse, ainsi que les hauts fonctionnaires de la Société. Nationale des Hydrocarbures (SNH) et ceux de la Société Nationale de Raffinage (Sonara), de manœuvres dilatoires.

Dans un message publié sur Facebook, l'avocat camerounais écrit : « les tactiques dilatoires du corrupteur-en-chef Glencore et des hauts fonctionnaires corrompus de la SNH et de la SONARA ne trompent personne. Elles ne font que perpétuer l'impunité. Glencore, en plaidant coupable et en signant l'Accord de Plaidoyer, s'est engagé à coopérer avec les autorités d'enquête camerounaises (article 12 de l'accord). Cependant, selon l'accord, les engagements de Glencore ne sont valables que pendant 3 ans (article 1 de l'accord). Ainsi, à partir de l'année prochaine, Glencore n'est plus obligé de coopérer. La SNH, la SONARA et le Ministère des Finances ne peuvent pas obtenir d'informations des bureaux de Glencore à Londres ou à New York. Les enquêteurs camerounais (CONAC, ANIF, POLICE JUDICIAIRE, TCS) peuvent facilement convoquer Glencore pour fournir les informations nécessaires, et le non-respect de cette obligation pourrait entraîner une notification au Département de la Justice américaine. La SNH et la SONARA peuvent également exiger des informations de Glencore Cameroun et, s'ils ne coopèrent pas, ils peuvent annuler leurs contrats pour fraude », explique maître Akere Muna.

Il ajoute : « Glencore a admis avoir versé des pots-de-vin pour obtenir des conditions commerciales favorables. C'est de la fraude. Il est clair que le corrupteur-en-chef-Glencore, ainsi que les hauts fonctionnaires corrompus de la SONARA et de la SNH, ne trompent personne. La vérité éclatera, la justice prévaudra et les Camerounais récupéreront leur argent. « Mec, ne cours pas » ! », conclut l'ancien candidat à l'élection présidentielle.

Pour faire pression sur cette affaire de corruption à grande échelle qui implique le trader anglo-suisse Glencore, et des officiels du secteur pétrolier en Afrique, dont au Cameroun, Akere Muna a annoncé une marche au Royaume Uni, afin que soient révélés les noms des officiels camerounais ayant reçu de pots-de-vin du trader anglo-suisse.

Pour bien comprendre cette affaire, il faut remonter à fin 2022. En effet, le 3 novembre de cette année-là, la justice britannique a condamné le trader anglo-suisse à une amende de 276 millions de livres sterling (162,73 milliards de FCFA ), après que cette entreprise ait plaidé coupable pour des actes de corruption, en vue d'obtenir des contrats pétroliers dans cinq pays africains, dont le Cameroun. «La corruption était clairement partie de la culture d'un certain nombre de membres du personnel du bureau d'Afrique de l'Ouest. Les chefs d'accusation représentent une infraction sophistiquée, qui a eu lieu sur des périodes prolongées se mesurant en années», commente alors le juge Peter Fraser de la Southwark Crown Court de Londres.

Plusieurs milliards de pots-de-vin au Cameroun

Comparaissant devant la justice britannique en mai 2022, Glencore a avoué avoir effectué environ 79,6 millions de dollars (environ 50 milliards de FCFA) de paiements à des sociétés intermédiaires, afin d'obtenir des avantages industriels et conserver des contrats avec des entités publiques et contrôlées par l'État dans certains pays d'Afrique : Nigeria, Cameroun, Côte d'Ivoire, Guinée équatoriale et Soudan du Sud. Selon la déclaration faite par un avocat de la multinationale anglo-suisse le 24 mai 2022, ce sont environ 7 milliards de FCFA de pots-de-vin qui auraient été versés aux responsables de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de la Société nationale de raffinage (Sonara), afin de favoriser les opérations de Glencore au Cameroun.

«Il est porté à la connaissance de l'opinion publique nationale et internationale que la SNH n'est ni de loin ni de près, associée à de telles pratiques, strictement interdites par son Règlement intérieur.», avait réagi l'administrateur-directeur général (ADG) de la SNH par communiqué publié le 30 mai 2022. Adolphe Moudiki indiquait néanmoins que les autorités américaines et anglaises ont été saisies, en vue de fournir les éléments qui permettrontient d'établir la véracité de ces «allégations» contre l'entreprise qu'il dirige depuis 1993. Après ces dénégations, et surtout après avoir sollicité et obtenu du chef de l'Etat, entre 2023 et 2024, l'ouverture d'une enquête sur l'éventuelle implication des cadres de la SNH dans ce scandale de corruption, l'ADG de cette société d'État est revenu à la charge le 2 août 2024.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, «l'administrateur-directeur général de la SNH, le ministre Adolphe Moudiki, porte à la connaissance de l'opinion nationale et internationale que les dirigeants et employés de la société Glencore, auteurs des actes de corruption commis au détriment de la SNH, ont été identifiés, et comparaitront devant le Tribunal de Westminster à Londres, le 10 septembre 2024. Cette information, qui vient d'être rendue publique, marque une avancée significative dans la recherche de la vérité dans cette affaire scabreuse. La SNH, qui a introduit une plainte devant le Tribunal criminel spécial (TCS) le 6 novembre 2023, pour identifier les complices camerounais de ces actes de corruption, est confiante que l'issue de la procédure à Londres permettra l'accélération des enquêtes au niveau du TCS».

Une sortie absurde selon l'ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats du Cameroun et vice-président de Transparency International, «j'ai lu le communiqué de presse de la SNH et le trouve plutôt absurde. Lorsque j'ai exposé le scandale de corruption de Glencore il y a plus de deux ans, la SNH a prétendu qu'il ne pouvait y avoir aucune corruption, car elle était interdite par leurs règlements intérieurs. Maintenant, quand le Serious Fraud Office du Royaume-Uni rend publics les noms des anciens employés de Glencore inculpés pour corruption, nous sommes informés par un communiqué qu'une plainte a été déposée en septembre 2023. (…) Ils se dépêchent maintenant de nous informateur d'une plainte déposée l'année dernière, peut-être en raison de la révélation imminente des noms par les tribunaux anglais. Contre qui est la plainte et quelles sont les allégations ?», s'interroge Me Akere Muna.

Joseph Essama

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles

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Filière coton : Les producteurs asphyxiés par le coût des intrants agricoles
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Les acteurs ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique.

Après une embellie de la production de coton lors de la campagne agricole 2023/2024, avec une production record avoisinant les 400 000 tonnes, les producteurs ont des difficultés à rembourser la totalité de leurs crédits, octroyés par la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), à travers la Société de développement de coton (SODECOTON).

Les acteurs de la filière ont récemment entamé un plaidoyer à l’endroit du gouvernement pour la subvention des engrais et l’augmentation du prix du coton comme dans d’autres pays en Afrique. La semence du coton pour emblaver 1 hectare de coton est commercialisée à 3 500 FCFA contre 5 000 FCFA le sac de 40kg. Le prix de la famille du glyphosate connait aussi une hausse de 100 FCFA par sachet de 260 ou 250 grammes, passant de 1 200 FCFA lors de la campagne écoulée à 1 300 FCFA.

Selon les producteurs, le prix du kilogramme du coton graine est resté bas, alors que les prix des intrants sont restés onéreux. L’engrais reste l’un des principaux leviers de la productivité parce que sa disponibilité conditionne les rendements, la compétitivité des exploitations et les revenus agricoles. Pourtant, le Cameroun continue de s’appuyer fortement sur l’importation pour couvrir ses besoins, ce qui expose la filière aux chocs de prix et d’approvisionnement.

Depuis les deux dernières années campagnes, le kilogramme de coton coûte 280 FCFA, un prix qui selon les producteurs n’atteint jamais le seuil de 300 FCFA à l’instar de l’Afrique de l’Ouest qui oscille autour de 350 FCFA alors que les engrais et urées sont devenus très chers soit 26 000 FCFA et 25 000 FCFA le sac de 50 kg dans d’autres pays, ces prix sont de 14 000 FCFA et 15 000 FCFA.

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?

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13ème Forum de Paris sur la dette : quel horizon pour l’Afrique et le modèle camerounais ?
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Sous le thème « Mieux coopérer dans un paysage de l’endettement en transformation », le Forum a réuni les grands argentiers mondiaux, de Kristalina Georgieva (FMI) à la direction de la Banque mondiale. L’enjeu majeur de cette grand-messe réside dans la distinction désormais vitale entre crise de liquidité et crise de solvabilité.

Pour de nombreuses économies africaines, étranglées par des taux d’intérêt durablement élevés et l’échéance imminente de leurs Eurobonds, l’accès au refinancement à court terme est devenu un goulet d’étranglement. L’objectif de Paris est clair : concevoir des mécanismes d’urgence pour éviter des défauts de paiement en chaîne, non par insolvabilité structurelle, mais par simple assèchement du cash disponible.

LA VOIX DE YAOUNDÉ FACE AU « MUR DU REFINANCEMENT »

Pour le Cameroun, la présence de Louis Paul Motaze à Bercy n’avait rien d’une simple formalité diplomatique. Yaoundé incarne cette catégorie de pays à revenu intermédiaire qui, bien que classés à risque de surendettement « élevé » par les institutions de Bretton Woods, maintiennent une trajectoire rigoureuse et honorent scrupuleusement leurs engagements. Le ministre camerounais est venu rappeler une réalité de terrain : la viabilité de la dette ne peut se construire au détriment du Budget d’Investissement Public (BIP), moteur de la stratégie nationale de développement SND30.

Face aux exigences de transparence absolue des données – l’un des grands chevaux de bataille de la France lors de ce sommet pour contrer les dettes cachées – , le Cameroun affiche une posture de clarté. La publication régulière des données de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) en témoigne. Cependant, l’enjeu pour la délégation camerounaise résidait dans l’assouplissement des règles du « Cadre commun » du G20.

Ce mécanisme, conçu pour inclure la Chine (premier créancier bilatéral du Cameroun) et les investisseurs privés, brille encore par sa lenteur bureaucratique. Pour Yaoundé, obtenir une harmonisation rapide et une comparabilité de traitement entre créanciers occidentaux, asiatiques et privés est une nécessité absolue pour optimiser le profil de sa dette sans subir de décote souveraine.

L’URGENCE D’UNE FINANCE CLIMAT PRAGMATIQUE

L’autre grand axe défendu par l’Afrique lors de ce forum touche à l’articulation entre dette, développement et urgence climatique. Louis Paul Motaze et ses pairs africains ont insisté sur l’intégration systématique des clauses de suspension de la dette en cas de choc exogène ou de catastrophe naturelle (CRDCs). Plus encore, le Cameroun, au cœur du bassin du Congo, est particulièrement légitime pour revendiquer la mise en œuvre à grande échelle des « debt-for-nature swaps » (échanges de dette contre investissements verts).

L’enjeu est de convertir le fardeau financier en opportunités de financement pour la transition écologique et l’industrialisation locale, notamment à travers des projets d’infrastructures d’envergure. En somme, ce 13ème Forum de Paris consacre une certitude : la gouvernance financière mondiale ne peut plus s’écrire sans une concertation symétrique.

Pour le Cameroun, le défi des prochains mois consistera à manœuvrer avec agilité entre ces nouveaux mécanismes de liquidité multilatéraux et le maintien d’une discipline budgétaire interne, condition sine qua non pour préserver sa crédibilité sur les marchés internationaux tout en finançant son émergence.

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC

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Coopération : 484 milliards FCFA décaissés dans le cadre de l’accord triennal avec l’ITFC
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Le bilan de la coopération entre le Cameroun et l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), est jugé satisfaisant. Les deux parties ont procédé à cette évaluation en marge des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la BID, qui se sont tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a conduit la délégation camerounaise à ce rendez-vous financier.

En marge de ces assises, il a tenu une séance de travail avec le directeur général de l’ITFC, Adeeb Al Aama. Les échanges entre les deux responsables ont permis de faire le point sur l’état de la coopération entre les deux parties. Les financements accordés à des entreprises stratégiques telles que la Sonara, la Sodecoton et Alucam ont été passés en revue, de même que les lignes de crédit mises en place dans les banques camerounaises pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI).

Au terme de cette évaluation, il ressort que les financements mobilisés atteignent déjà 840 millions de dollars, soit 484,26 milliards de FCFA. Ce montant représente 105 % de l’objectif initial de 800 millions de dollars, équivalant à 462,7 milliards de FCFA. Signé en avril 2024 pour une durée de trois ans (2024-2027), le cadre de partenariat n’arrivera à échéance que dans un an, ce qui conforte les deux parties dans leur appréciation positive des résultats enregistrés.

DES FINANCEMENTS AU PROFIT DES ENTREPRISES PUBLIQUES ET DES PME

Dans le cadre de cet accord triennal, le Cameroun a notamment conclu un accord de financement Mourabaha de 126,5 milliards de FCFA avec l’ITFC. Ce crédit vise à sécuriser et à pérenniser les importations de produits pétroliers de la Société nationale de raffinage (Sonara). Officiellement autorisé par la présidence de la République, il doit soutenir la trésorerie et les activités commerciales de l’entreprise. Depuis l’incendie majeur de mai 2019, la raffinerie publique a dû adapter son modèle d’exploitation et recourt régulièrement à des facilités de crédit pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers.

Le concours de l’ITFC s’inscrit ainsi dans une logique de soutien à la continuité de l’approvisionnement énergétique du pays. Parallèlement, le secteur bancaire camerounais a renforcé son accès à des ressources financières alternatives grâce à la mobilisation de 20 millions d’euros, soit près de 13 milliards de FCFA, par l’intermédiaire de deux banques locales. Le premier accord, d’un montant de 10 millions d’euros, a été signé le 21 mai 2025 à Alger, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la BID, entre l’ITFC et CCA-Bank.

Cette facilité est dédiée au financement du commerce et vise à soutenir les opérations des entreprises locales. La Commercial Bank-Cameroun (CBC) a, elle aussi, conclu, lors du même rendez-vous, une opération de 10 millions d’euros avec l’ITFC. Structurée selon le principe islamique de la Mourabaha, cette facilité vise à soutenir les importations stratégiques, notamment dans les domaines de l’énergie, des intrants industriels et des biens de consommation. Une partie de ces ressources servira à renforcer Aman Finance Islamique, la fenêtre de finance islamique de la CBC, opérationnelle depuis 2022.

Ce guichet propose des produits conformes aux principes de la finance islamique afin de favoriser l’inclusion financière des populations peu bancarisées. Le crédit comprend également un mécanisme de confirmation de lettres de crédit destiné à sécuriser les paiements liés aux opérations d’importation. L’accord-cadre 2024-2027 constitue le prolongement d’un précédent partenariat triennal conclu entre le Cameroun et l’ITFC. Dans le cadre de ce premier programme, près de 602 millions de dollars, soit environ 348,4 milliards de FCFA, avaient été mobilisés par l’institution, représentant plus de 80 % de l’enveloppe initiale de 750 millions de dollars.

Fort de ces résultats, les deux parties ont signé, en avril 2024, un nouvel accord triennal portant l’enveloppe globale à 800 millions de dollars à déployer jusqu’en 2027. L’objectif affiché est d’accompagner la transformation économique post-crise, de soutenir les PME et de diversifier les instruments de financement.

Au regard des performances déjà enregistrées, le Cameroun et l’ITFC ont réaffirmé leur volonté de renforcer davantage leur partenariat. Les deux parties entendent accroître les financements en faveur de l’économie nationale et stimuler les échanges commerciaux, afin de consolider la dynamique de coopération engagée au cours des dernières années.

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