« Le climatiseur de Blida », comme on aime l’appeler au Cameroun, envoie déjà un message fort à ses adversaires de la Saudi Pro League. En amical hier, le 05 août 2024, l’international Toko Ekambi a inscrit un but face à Almería. Il a contribué à la victoire de Al Ettifaq 2-0 contre Deportivo Almería, club de première division espagnole. Toujours très habile devant les buts, Toko Ekambi est l’homme providentiel de Steven Gerrard.
La saison dernière, l’international camerounais de 31 ans avait enregistré de belles performances. Arrivé à Al Ettifaq en 2024 en provenance d’Abha Club, il a disputé 15 matchs et trouvé le chemin des filets six fois. Poussé vers la sortie à l’Olympique Lyonnais, le Camerounais avait déposé ses valises en Arabie Saoudite en 2023.
À titre de rappel, l’ancien numéro 7 des Lions Indomptables avait pris sa retraite de l’équipe nationale au lendemain de la Coupe d’Afrique des Nations 2024 en Côte d’Ivoire. Un parcours avec le Cameroun qui s’est achevé après quatre participations à la CAN : 2017, 2019, 2021 et 2024 et une participation à la coupe du Monde 2022 au Qatar. Toko Ekambi compte 61 sélections avec les Lions Indomptables pour 15 buts marqués et une Coupe d’Afrique gagnée en 2017 au Gabon.
Le 21 octobre à Douala, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a pris part aux 25 ans d’Ecobank Cameroun et salué sa contribution à l’économie. Les chiffres provisoires de septembre montrent pourtant un bilan en baisse, malgré une légère progression des crédits à la clientèle.
Douala, 21 octobre 2026. Ecobank Cameroun fête ses 25 ans. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, assiste à la célébration. Il salue le parcours de cette banque panafricaine et sa contribution au financement de l’économie nationale. En qualité de Spécialiste en valeurs du Trésor (SVT), Ecobank contribue à mobiliser les ressources du budget de l’État.
Cette activité lui a valu le titre de meilleur SVT en 2025. Le ministre a invité la banque à renforcer son soutien aux PME, aux jeunes entrepreneurs et aux entreprises créées par des femmes, notamment dans l’agriculture, la transformation industrielle et les activités exportatrices. Il a aussi insisté sur l’inclusion financière et les financements adaptés aux besoins de l’économie. La soirée a récompensé les employés comptant 25 ans de service et les meilleurs clients. Les actifs reculent de 25 milliards Au 30 septembre, le total des actifs s’établit à 597,589 milliards de FCFA, contre 622,710 milliards à fin août.
La baisse atteint 25,121 milliards, soit 4 % en un mois. Le bilan reste aussi inférieur de 19,401 milliards à son niveau de fin décembre 2025, établi à 616,990 milliards. Le recul le plus marqué touche les titres de placement et valeurs assimilées. Leur encours a diminué de 21,976 milliards, de 271,423 milliards à 249,447 milliards de FCFA (- 8,1 %). Ce poste comprend les titres de placement et les valeurs reçues en pension ou achetées ferme. Les opérations interbancaires et de trésorerie à vue ont reculé de 76,447 milliards à 66,010 milliards, soit 10,437 milliards de moins (-13,7 %).
Ces variations mensuelles ne suffisent pas à conclure à une dégradation structurelle. Pour juger la performance sur la durée, il faudra aussi examiner le produit net bancaire, le bénéfice net, le coût du risque, les créances en souffrance, les fonds propres et les ratios prudentiels sur plusieurs exercices.
LES DÉPÔTS À VUE PÈSENT SUR LES RESSOURCES
Les dépôts de la clientèle ont diminué de 11,560 milliards de FCFA en un mois, à 459,669 milliards contre 471,229 milliards auparavant. La baisse vient surtout des comptes à vue, dont l’encours a perdu 22,356 milliards pour s’établir à 320,618 milliards. Les dépôts à terme ont progressé de 17,975 milliards à 26,014 milliards de FCFA (+44,7 %). Les comptes d’épargne sont passés de 110,280 milliards à 113,037 milliards.
Ces hausses ont partiellement compensé le recul des comptes à vue. Les concours à la clientèle, qui regroupent les différentes catégories de crédits et les comptes débiteurs, atteignent 252,255 milliards de FCFA contre 250,662 milliards à fin août, soit 1,593 milliard de plus (+0,6 %).
Le rapport comptable entre crédits et dépôts passe de 53,2 % à 54,9 %, sous l’effet de la hausse des concours et du recul des dépôts. Il ne s’agit pas d’un ratio prudentiel réglementaire de liquidité. Les crédits dépassent désormais de 2,808 milliards de FCFA les titres de placement et valeurs assimilées. À fin août, ces titres excédaient encore les crédits de 20,761 milliards.
LE NUMÉRIQUE ET L’ANCRAGE LOCAL MIS EN AVANT
Pour ses 25 ans, Ecobank rappelle l’évolution des usages bancaires. Elle a développé les services mobiles et USSD, les retraits sans carte, les paiements par QR Code, la banque par agents et les guichets automatiques de dépôt. Plus récemment, elle a ajouté les transferts instantanés intraafricains, des solutions pour les femmes entrepreneures et la gestion de patrimoine.
La banque affirme avoir développé plus d’une centaine de produits, services et canaux, et mobilisé plusieurs milliers de milliards de FCFA pour soutenir les entreprises et l’économie camerounaise. Elle indique qu’environ 95 % de l’actionnariat de sa filiale est détenu par des investisseurs locaux. Près de 1 000 Camerounais y ont construit leur carrière et plus de 2 000 jeunes ont bénéficié de stages, de programmes pour diplômés ou d’autres possibilités de développement professionnel.
Ecobank relève aussi que d’anciens collaborateurs dirigent aujourd’hui différentes institutions financières du pays. L’établissement déclare enfin avoir consacré plus d’un milliard de FCFA à des initiatives communautaires ayant bénéficié à des milliers d’enfants.
À 25 ans, Ecobank met en avant sa contribution au financement de l’État, ses innovations et son ancrage camerounais. Les résultats annuels et les explications de la direction permettront de déterminer si le recul de septembre relève d’ajustements ponctuels ou d’une tendance durable, et de préciser la part des ressources consacrée à l’économie productive.
Par Fabrice BELOKO
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La présente note technique d’orientation et de justification est faite à l’attention des promoteurs de projets publics, privés et de la société civile, investisseurs, chefs de départements ministériels, chefs d’entreprise, chefs d’organisations publiques et de la société civile, chefs ou directeurs de projet, responsables et analystes financiers, professionnels de management de projet, etc., en vue de comprendre et de s’approprier les démarches et outils financiers utiles ainsi que les méandres techniques et les innovations financières pertinentes pour maîtriser la formulation et la mise en œuvre des stratégies de financement efficient de projets partout en Afrique.
En février 2026, la Banque Africaine de Développement a lancé la construction de la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA) en tant que «cadre commun à l’échelle du continent pour réorganiser la manière dont les capitaux et les risques sont mobilisés, structurés et déployés dans l’écosystème financier africain, en s’appuyant sur les principes de subsidiarité, de complémentarité, de coordination et de transformation des risques».
Le problème d’accès aux financements des projets se pose en fait plus du côté de la demande que de l’offre. D’où le constat et la plainte récurrente des banques de manque ou rareté des projets bancables. Dans l’optique d’accroitre la qualité de la demande des financements de projet, cette note comporte cinq (5) points : (i) le financement de projet : de quoi parle-t-on ? (ii) le concept de financement efficient d’un projet ; (iii) les défis à relever pour connaître et adopter les stratégies de financement efficient des projets dans nos pays ; (iv) l’objectif général et la finalité de la 6ème édition de la Pan-African PMC et (v) l’expérience et la réputation de la Pan-African PMC qui se construisent avec ses parties prenantes.
1. Financement de projet : de quoi parle-t-on ?
Quel que soit le pays Africain considéré, chaque projet, public, privé ou de la société civile, qu’il s’agisse en l’occurrence de lancer une entreprise, de réaliser une infrastructure, de concrétiser un investissement immobilier, ou d’acquérir un équipement, a besoin d’un élément fondamental et critique pour voir le jour : c’est le financement.
Le financement d’un projet est une technologie spécifique permettant au promoteur de réunir ou mobiliser des fonds nécessaires pour (i) préparer, (ii) réaliser et mettre en service, (iii) exploiter et maintenir le livrable d’un projet précis. Le financement du projet doit alors couvrir ces trois (3) phases qui constituent le cycle de vie du projet. Chacune de ces phases du projet requiert pour le promoteur de relever le défi de la mobilisation des ressources financières adaptées pour :
financer la préparation du projet qui va de l’initiation jusqu’au closing financier ;
financer l’exécution du projet qui va du closing financier jusqu’à la mise en service du livrable;
financer l’exploitation et la maintenance du livrable qui vont de sa mise en service jusqu’à la réalisation effectives des bénéfices attendus du projet.
La phase de préparation du projet est celle qui détermine la pertinence et l’efficience du montage financier retenu pour le dudit projet. La préparation du projet fait référence à un processus qui comprend l’ensemble des activités entreprises pour conduire un projet de l’initiation au closing financier traduisant qu’il est prêt pour l’exécution. L’objectif principal du processus de préparation d’un projet est de développer, étudier et documenter une idée de projet au point d’attirer et d’obtenir les financements en termes de fonds propres et de dettes nécessaires pour son exécution et son exploitation réussies. Cela implique la production d’une documentation (technique, marketing, juridique, financière, économique, environnementale et sociale) du projet qui démontre sa bancabilité et ainsi motiver les décisions de financement des bailleurs de fonds et investisseurs. Ainsi, les projets bancables sont ceux qui sont développés et structurés conformément aux meilleures normes de viabilité technique, économique, financière, sociale et environnementale et respectant les exigences des investisseurs et des bailleurs de fonds.
2. Concept de financement efficient d’un projet
En fonction du type de projet (nature sectorielle), de la taille du projet (petit, moyen, grand, méga), du porteur du projet (public, privé, société civile) et de la phase du projet (préparation, exécution et mise en service, exploitation et maintenance), le montage financier efficient est généralement un mix optimal de deux (2) catégories de ressources financières : (i) les ressources financières internes ou financement par fonds propres ou encore autofinancement d’une part, et (ii) les ressources financières externes ou financement par les dettes et marginalement par aides ou subventions d’autre part. D’où l’importance du ratio fonds propres / dettes qui est la règle d’or dans le financement d’un projet.
En comparaison au financement par fonds propres, le financement par les dettes a des exigences et contraintes d’une part, de décaissement des fonds lors de la phase d’exécution du projet, et d’autre part, de remboursement des fonds reçus augmentés des intérêts (ou d’une plus-value) lors de la phase d’exploitation et maintenance du livrable du projet. D’où l’exigence des banquiers et bailleurs de fonds sur (i) le niveau approprié de rentabilité ou viabilité financière du projet (capacité prévisionnelle du projet à générer des revenus) et (ii) la disponibilité des garanties en contrepartie de l’octroi des crédits ou prêts (dettes).
Ainsi, une stratégie de financement efficient d’un projet permet au promoteur de passer de l’initiation du projet à sa réalisation et sa mise en service concrètes et, surtout in fine, à l’exploitation et la maintenance viables et durables du livrable, permettant la réalisation effective des bénéfices attendus et la solvabilité du promoteur de projet.
3. Défis à relever pour connaître et adopter les stratégies de financement efficient des projets dans nos pays
Les défis de financement efficient des projets en Afrique que doivent relever les promoteurs publics, privés et de la société civile afin de transformer les idées de projet en succès de réalisations concrètes, viables et durables, sont multiples. Il s’agit notamment de : (i) connaitre les acteurs pourvoyeurs des financements ; (ii) comprendre les sources et les mécanismes de financement ; (iii) assurer et démontrer la faisabilité technique, marketing, financière, économique, environnementale et sociale des projets ; (iv) s’entourer des bons partenaires notamment pour élaborer les montages financiers et juridiques appropriés ; (v) prendre en temps opportun les décisions stratégiques dans la conduite des projets ; (vi) mobiliser les ressources financières adéquates en fonction du type de projet, de la taille du projet et de la nature du promoteur.
Dans cette optique, la 6ème édition de la Pan-African Project Management Conference est conçue pour le transfert par les experts confirmés et l’acquisition par les parties prenantes intéressées des savoirs, savoir-faire et savoir-être sur le financement efficient des projets. Cette 6ème édition se concentre sur les conditions et modalités à remplir pour tirer avantage des multiples acteurs, sources, instruments et techniques innovantes de financement de projet disponibles dans les secteurs financiers nationaux et internationaux pour accroitre durablement le volume des investissements et le taux de succès des projets en Afrique. Il s’agit de permettre aux parties prenantes intéressées d’acquérir et de maitriser les meilleures solutions de financement efficient des projets, dans chaque pays africain.
Dans cette perspective et en se fondant sur la revue des meilleures pratiques et des innovations de financement des projets en Afrique et dans le monde, le thème retenu pour cette édition est : « Stratégies de financement efficient des projets en Afrique ». Il est décomposé en quatre (4) sous-thèmes dont un volet technique fondamental et trois (3) volets sectoriels, qui seront abordés chacun dans ses divers aspects en vue de faciliter l’acquisition et la maîtrise des stratégies de financement efficient des projets dans nos pays comme le résume le tableau ci-après les dix-huit (18) sessions à dérouler en trois jours.
A. Repères techniques de base sur le financement des projets
B. Stratégies de financement efficient des projets du secteur public
■ Définition et enjeux du financement de projet
■ Types de projets publics et leurs principales caractéristiques
■ Principaux acteurs et leurs instruments classiques de financement de projet
■ Instruments classiques et innovants de financement des projets publics : conditions et approches de mobilisation des fonds
■ Instruments et innovations de financement vert ou durable de projet
■ Financement efficient de projets publics en mode finance publique
■ Acteurs et instruments de financement islamique de projet
■ Financement efficient de projets publics en mode partenariat public-privé (PPP)
■ Préparation des projets bancables et facilités accessibles de financement
■ Principaux montages financiers de projet : mode finance publique, mode finance d’entreprise, mode finance de projet et mode partenariat public-privé
C. Stratégies de financement efficient des projets du secteur privé
D. Stratégies de financement efficient des projets de la société civile
■ Types de projets privés et leurs principales caractéristiques
■ Types de projets de la société civile et leurs principales caractéristiques
■ Instruments classiques et innovants de financement des projets privés : conditions et approches de mobilisation des fonds
■ Instruments classiques et innovants de financement des projets de la société civile : conditions et approches de mobilisation des fonds
■ Financement efficient de projets privés en mode finance d’entreprise
■ Financement efficient de projets de la société civile en mode finance d’association
■ Financement efficient de projets privés en mode finance de projet
■ Financement efficient de projets de la société civile en mode finance de projet
4. Objectif général et finalité de la 6ème Edition de la Pan-African PMC
L’objectif général et la finalité de cette édition est de permettre aux parties prenantes intéressées du secteur public, du secteur privé et de la société civile d’avoir une meilleure maîtrise des stratégies de financement efficient des projets qu’elles sont susceptibles d’adopter en fonction des types et des tailles des projets ainsi que de la nature des promoteurs. Cette maîtrise concerne en l’occurrence : (i) la différenciation entre les projets publics, les projets privés et les projets de la société civile ; (ii) la règle d’or dans le financement de projet ; (iii) le principe d’efficience dans le financement de projet ; (iv) les acteurs et instruments classiques de financement de projet ; (v) les acteurs, instruments et innovations de financement vert ou durable de projet ; (vi) les acteurs et instruments de financement islamique de projet et (vii) les principaux types de montages financiers des projets.
5. L’expérience et la réputation de la Conférence se construisent ensemble avec ses parties prenantes
Depuis le lancement par la 1ère édition en 2017, la Pan-African Project Management Conference est à sa 6ème édition en 2026. En cinq (5) éditions, la Conférence a déjà rassemblée un total de 2 289 participants avec en particulier 119 experts internationaux qui ont effectivement assisté 1 697 professionnels africains d’acquérir et de maîtriser les technologies de management de projet. Pour parvenir à ce transfert de technologies, la Conférence a bénéficié de 4 participations du MINEPAT comme Partenaire Stratégique, les contributions déterminantes de 27 traducteurs-interprètes, 48 partenaires médias, 23 partenaires institutionnels, 47 partenaires d’appui et sponsors, 14 partenaires technologiques, 42 exposants et 267 prestataires de services.
Au total les cinq (5) thèmes suivants ont abouti à des rapports publiés par des éditeurs internationaux : (i) Accélérer la transformation économique de l’Afrique par le Management de Projet ; (ii) Réussir la préparation des projets bancables en Afrique ; (iii) Comment réussir l’organisation des projets en Afrique ; (iv) Comment développer l’ingénierie de projet en Afrique et (v) Normes et qualité pour la réussite des Projets en Afrique.
Le thème de la 6ème édition qui aura lieu du 18 au 20 novembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé est : « Stratégies de financement efficient des projets en Afrique ». Nous convions nos parties prenantes à la poursuite de la construction de notre sentier de développement des compétences, d’expérience et de réputation dans l’optique d’atteindre à terme une masse critiques de leaders et professionnels en management de projet jouant ainsi un rôle central dans la transformation structurelle des économies et sociétés africaines.
Babissakana, PMP, PMO-CP, CSSp Chairman & CEO, Prescriptor Ltd Director, Development Office of CSSp – Cameroon Province, President of the Pan-African Project Management Conference et Member of 2026 PMI PMO Global Awards Judging Committee
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Après six ans d’interruption, le Cameroon Business Forum, plateforme de dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé, s’est réuni à Douala les 22 et 23 octobre 2026, sous la présidence du Premier ministre. Face au patronat conduit par son président, Célestin Tawamba, Joseph Dion Ngute et les membres du gouvernement présents ont pris connaissance des préoccupations des milieux d’affaires et convenu d’un ensemble de réformes destinées à stimuler le secteur privé et à renforcer la compétitivité des PME camerounaises.
Après six années d’interruption, le Cameroon Business Forum (CBF), plateforme de dialogue entre les pouvoirs publics et le secteur privé, a repris ses activités les 22 et 23 octobre 2026 à Douala. Placée sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute, cette 12e session a réuni près de 300 participants, parmi lesquels des membres du gouvernement, des représentants du patronat, des chambres consulaires et des partenaires techniques et financiers. Les travaux se sont déroulés autour du thème « ZLECAf et transformation productive : quelles réformes pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique ? ».
L’objectif affiché était de définir les réformes susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises camerounaises et de leur permettre de tirer profit du marché continental africain. Mais les échanges ont rapidement mis en évidence les préoccupations immédiates des opérateurs économiques, confrontés à la dégradation des infrastructures, aux difficultés d’accès au financement, aux contraintes fiscales et aux lenteurs administratives. À l’ouverture des travaux, Joseph Dion Ngute a réaffirmé la volonté du gouvernement d’améliorer l’environnement des affaires et d’accélérer la transformation productive de l’économie.
Le Premier ministre a notamment insisté sur la nécessité de développer la transformation locale des matières premières, de promouvoir l’import-substitution et de valoriser les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il a également mis en avant la position géographique du Cameroun et ses infrastructures portuaires, susceptibles de soutenir son ambition de devenir un pôle industriel et commercial régional.
LE PATRONAT DRESSE UN RÉQUISITOIRE
Face au gouvernement, le président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), Célestin Tawamba, a dressé un tableau préoccupant du climat des affaires. Son intervention a notamment porté sur la dégradation du réseau routier, les délestages électriques, la pression fiscale, les difficultés d’accès au crédit, les retards de paiement de l’État et l’insécurité juridique et foncière. Pour illustrer les difficultés logistiques, le président du patronat a évoqué des trajets pouvant atteindre six à huit heures entre Douala et Yaoundé, et huit à dix heures entre Douala et Bafoussam.
Des délais qui renchérissent les coûts de transport et pénalisent la compétitivité des entreprises. Sur le plan énergétique, il a indiqué que 65 % des entreprises recourent à des groupes électrogènes pour faire face aux insuffisances de l’approvisionnement électrique, tandis que les coupures représenteraient un coût économique équivalant à 2 à 4 % du produit intérieur brut. La fiscalité a également occupé une place importante dans son intervention. Célestin Tawamba a notamment relevé le décalage entre l’objectif d’augmentation des recettes fiscales de 12,5 % en 2026 et une croissance économique attendue autour de 3,5 %.
Une situation qui, selon le patronat, accentue la pression sur les entreprises formelles. Mais au-delà du diagnostic, le président du GECAM a surtout insisté sur la nécessité de rompre avec les précédentes éditions du forum, dont de nombreuses recommandations seraient restées sans suite. Il a demandé que les engagements retenus soient limités en nombre, assortis de responsables clairement identifiés, d’échéances et d’indicateurs mesurables. Le patronat souhaite également qu’un bilan public soit présenté dans un délai de six mois. Deux autres revendications ont été formulées : une loi de finances 2027 accordant une progression plus importante aux dépenses d’investissement qu’aux dépenses de fonctionnement, ainsi qu’un calendrier public d’apurement des arriérés de l’État, accompagné du remboursement des crédits de TVA dans les délais légaux.
SIX ATELIERS POUR IDENTIFIER LES RÉFORMES
Les travaux techniques ont été organisés autour de six ateliers consacrés au patriotisme économique et au Made in Cameroon, à la facilitation des échanges, au financement du commerce et de l’industrialisation, à la logistique et à l’énergie, à l’innovation et aux start-up, ainsi qu’à la réforme du dispositif de dialogue public-privé. Ces discussions ont permis aux administrations, aux organisations patronales et aux partenaires au développement d’examiner les contraintes qui limitent la capacité des entreprises camerounaises à produire, à investir et à exporter. Le financement des PME a particulièrement retenu l’attention.
Lors d’un atelier consacré aux jeunes et aux femmes entrepreneurs, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a évoqué une ligne de crédit de 200 milliards de FCFA mise en place environ trois ans auparavant. Il a souligné la nécessité pour les promoteurs de présenter des projets bancables et rappelé l’importance des mécanismes de garantie publique pour faciliter l’accès au crédit des entrepreneurs ne disposant pas de garanties suffisantes. Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, Achille Bassilekin III, a également participé aux échanges consacrés à l’innovation, à l’incubation et à l’accompagnement des entreprises.
Parmi les pistes examinées figuraient la création de guichets uniques pour les start-up, l’amélioration des dispositifs de financement et le renforcement de l’encadrement des jeunes entrepreneurs. Le président de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat, Christophe Eken, a pour sa part défendu six priorités, notamment la promotion du Made in Cameroon, la réduction du coût des intrants, l’accès aux financements productifs de long terme, la sécurité juridique, l’opérationnalisation de la ZLECAf et la consolidation du dialogue entre l’État et les entreprises. Les partenaires internationaux ont également apporté leur contribution.
La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique a présenté les perspectives du commerce intra-africain et les opportunités de développement industriel du Cameroun. La Société financière internationale a, de son côté, exposé les exigences du dispositif Business Ready, qui évalue notamment la qualité de la réglementation, des services publics et des conditions opérationnelles des entreprises.
QUATRE RECOMMANDATIONS ET UNE PROMESSE DE SUIVI
À l’issue des deux journées de travaux, quatre grandes recommandations ont été annoncées. Elles portent sur la fluidification des procédures administratives, l’accélération des projets d’infrastructures énergétiques et routières, l’amélioration de l’accès des PME au financement et le renforcement de la compétitivité des entreprises camerounaises. Le gouvernement a également annoncé la mise en place d’une matrice de suivi précisant les administrations responsables, les échéances et les indicateurs de réalisation des réformes retenues.
À la clôture, Joseph Dion Ngute a réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de traduire les conclusions du forum en actions concrètes, ministère par ministère. Toutefois, les recommandations générales rendues publiques ne permettent pas encore d’établir le sort réservé à plusieurs revendications précises du patronat, notamment le calendrier d’apurement de la dette intérieure, le remboursement des crédits de TVA, la réorientation des dépenses publiques vers l’investissement ou encore la sécurisation foncière et judiciaire.
Les documents de synthèse consultés par Défis Actuels ne permettent pas davantage de déterminer si ces préoccupations ont été intégrées dans la matrice détaillée annoncée à la clôture. La question de l’application effective des recommandations demeure donc entière. D’autant que la longue interruption du Cameroon Business Forum et le bilan contesté des engagements précédents ont alimenté les interrogations des opérateurs économiques sur l’efficacité de ce cadre de concertation. Pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à démontrer que les réformes annoncées peuvent produire des résultats tangibles sur les coûts de production, l’accès au financement, la qualité des infrastructures et les délais administratifs.
Pour les entreprises, il s’agit de disposer d’un environnement permettant d’investir et de rivaliser avec les producteurs des autres pays africains. Au terme de cette 12e session, le dialogue institutionnel a donc repris, mais sa crédibilité dépendra de la mise en œuvre des engagements annoncés. Comme le montrent les conclusions examinées par Défis Actuels, la prochaine étape sera moins celle de nouvelles concertations que celle de la publication d’un calendrier précis et de résultats vérifiables.
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