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Cameroun : la pauvreté et le chômage parmi les principaux facteurs de la traite des êtres humains

Les experts ont attribué la vulnérabilité croissante des Camerounais aux schémas de traite d'êtres humains au conflit, à la pauvreté et au chômage alors que le pays s'est joint au monde pour commémorer la Journée internationale contre la traite des êtres humains.
Plus tôt cette année, deux Camerounais, Ananfac Joseph et Atemkeng Narcisse, ont été attirés vers des emplois lucratifs en République du Bénin par une Camerounaise nommée Stephanett.
En raison des difficultés croissantes et du chômage au Cameroun, les deux hommes ont exprimé leur intérêt à se rendre au Bénin.
Ils ont été facturés plus d’un million de FCFA, qu’ils ont payé, sans savoir que les offres d’emploi faisaient partie d’une escroquerie pyramidale.
Leur employeur les a dirigés vers Abuja, au Nigéria, d’où elle était censée les emmener au Bénin.
Une fois à Abuja, leurs documents d’identité ont été confisqués, ce qui rend leur départ difficile.
Après avoir réalisé qu’ils avaient été victimes de trafic, il a fallu l’intervention de membres de leur famille restés au Cameroun, qui ont payé une somme d’argent importante pour obtenir leur libération.
La situation d’Atemkeng et d’Ananfac est celle à laquelle sont confrontés de nombreux Camerounais qui tentent d’améliorer leur vie ailleurs mais finissent par être victimes de la traite des êtres humains.
En 2023, le Département d’État américain a publié un rapport attribuant les causes de la traite des êtres humains au Cameroun à la pauvreté et au chômage.
Lors de la commémoration de cette année de la Journée de lutte contre la traite des êtres humains, l'Université camerounaise Don Dr. Beatrice Titanji, fondatrice de Women's Guilt for Empowerment and Development, a souligné que la recherche de pâturages plus verts rend la traite des êtres humains répandue.
Elle a souligné que la crise anglophone, le chômage et la pauvreté sont les principaux moteurs de la traite des êtres humains au Cameroun.
« Cela pousse de nombreuses personnes à se rendre dans des endroits où elles ne seraient pas allées autrement. Les jeunes, en particulier, souhaitent simplement quitter le pays », a déclaré le Dr Titanji.
Elle a également souligné le problème de la traite des êtres humains au niveau national, où de nombreuses jeunes filles travaillent pendant de longues périodes sans être payées, les trafiquants ne se souciant guère de leur bien-être.
S'adressant au Christian Broadcasting Service, le Dr Titanji a déclaré que le gouvernement avait encore beaucoup de travail à faire.
« L’un d’entre eux est de disposer d’un abri ou d’un lieu de refuge où ces filles frustrées peuvent recommencer une nouvelle vie. »
Elle a souligné que son organisation mène de nombreuses actions de plaidoyer, en parlant aux adolescentes et aux jeunes mères pour leur demander de faire preuve d’amour.
« Quand l’amour ne vient pas du foyer, les enfants s’enfuient et, dans la rue, ils sont récupérés par n’importe qui. Et les personnes qui les récupèrent sont les auteurs de la traite des êtres humains », a-t-elle ajouté.
En mars, le ministère camerounais des Affaires sociales et l’Office international des migrations ont mené des actions de sensibilisation sur la traite et le trafic d’êtres humains dans les aéroports de Douala et de Yaoundé Nsimalen, en plaçant des affiches stratégiquement pour dénoncer de tels actes.
« Les nouvelles affiches de sensibilisation serviront de rappel constant de l'engagement du gouvernement et de l'OIM à protéger les droits de l'homme et à garantir la sécurité de tous », a déclaré Pauline Irine Nguene, ministre des Affaires sociales.
Les affiches affichaient un numéro sans frais, le 1 523, à appeler lorsque de telles situations sont constatées.
Selon l'Office des Nations Unies pour les migrations, le Cameroun sert de pays de transit et de destination pour les trafiquants et les victimes de diverses nationalités (tchadiennes, centrafricaines, sri-lankaises, indiennes, etc.) qui transitent souvent par voie aérienne.
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, le 30 juillet 2024, l’UNOM a souligné qu’au cours des 15 dernières années, la proportion d’enfants victimes de la traite identifiés a triplé, le nombre de garçons parmi eux ayant été multiplié par cinq.
Dans des régions comme l’Afrique subsaharienne, l’Afrique du Nord, l’Amérique latine et les Caraïbes, les enfants représentent 60 à 73 pour cent des victimes connues de la traite.
À l’échelle mondiale, 35 % des victimes de la traite détectées sont des enfants, les filles représentant 18 % et les garçons 17 %.
Cette année, la journée a été placée sous le thème « Ne laisser aucun enfant de côté dans la lutte contre la traite des êtres humains ».
©Mimi Mefo Info
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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.
Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.
L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.
Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».
Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.
Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.
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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.
Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.
« République en pilotage automatique »
Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».
Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…
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