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Zlecaf : la CEEAC propose une feuille de route pour l’accélération

Le document qui présente les étapes et les actions à mener par chaque pays a été validé au terme d’une concertation à Douala et sera soumis à la 25èmesession ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, prévue en septembre 2024.
Il faut accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), selon les experts de la CEEAC. L’accord entré dans sa phase opérationnelle depuis le 1er janvier 2021 accuse du retard. Entre 2018 et 2022 selon la CNUCED, les échanges intra-CEEAC étaient encore en deçà de 2 % des exportations totales de la sous-région. Plusieurs raisons sont avancées. Entre autres, la non incorporation par certains Etats membres de leurs procédures administratives et règlementaires internes pour l’application du régime préférentiel communautaire sur leur territoire.
En réalité, les Etats parties avaient pris l’engagement de mettre en œuvre un ensemble de réformes à caractère socioéconomique pour faciliter la mise en œuvre de l’accord de libre-échange. Ceci pour accompagner le régime préférentiel harmonisé et un tarif extérieur commun harmonisé en 2019 grâce à une collaboration entre la Commission Economique Africaine (CEA) et la CEEAC. Après un constat du retard et des difficultés administratives dans certains Etats pour l’effectivité de la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes à franchir les frontières, la CEEAC et ses partenaires ont décidé d’organiser une concertation à Douala. La rencontre a réuni les représentants des gouvernements, acteurs du secteur privé et des experts du commerce et des douanes des 11 États membres. Du 15 au 17 juillet dernier, les participants se sont davantage penchés sur les dispositions spécifiques de l’annexe 2 du Protocole de la ZLECAf sur le commerce des marchandises relatif aux règles d’origine, aux règles connexes, aux procédures d’administration de la preuve de l’origine et les documents y afférents.
«Il est urgent pour l’Afrique centrale d’accélérer le rythme. Les règles d’origine sont le passeport des produits dans la ZLECAf. Les experts et opérateurs économiques de la sous-région doivent les manipuler. Il est essentiel que les PME, particulièrement les femmes et les jeunes entrepreneurs soient pleinement impliqués dans le processus de préparation de l’Afrique centrale» souligne Komi Tsowou, conseiller régional pour la ZLECAf au Centre de Service régional du PNUD.
Au terme de deux jours de travaux, l’atelier a permis d’élaborer un projet de feuille de route pour l’opérationnalisation de la Zlecaf dans la CEEAC. Ce projet de feuille de route présente les étapes et les actions à mener par chaque pays, pour être conforme au cadre réglementaire communautaire sur la zone de libre-échange. Le document sera soumis à la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC dont 25èmesession ordinaire est prévue en septembre 2024.
Selon les estimations de la Banque mondiale, la ZLECAf a le potentiel de sortir plus de 50 millions de personnes de l’extrême pauvreté. Avec des mesures adéquates, ces opportunités pourraient catalyser aussi des économies plus vertes, plus fortes et plus résilientes, conformément aux agenda 2063 de l’Union Africaine et 2030 des Nations Unies.
Réactions
Dr Matthias Naab, Directeur, Centre de Service régional pour l’Afrique du PNUD
« Les échanges intra-CEEAC sont en deçà de 2 % des exportations de la sous-région »
«Sur la période 2018– 2022, et se basant sur les données de la CNUCED, les échanges intra-CEEAC étaient en deca de 2 % des exportations totales de la sous-région. L’opérationnalisation de La ZLECAf et de la Zone de Libre-Echange de la CEEAC devraient donc permettre aux entrepreneurs de la sous-région d’explorer davantage les marchés intra-africains. Afin d’exploiter les opportunités émergentes des marchés intra-Africains et au-delà, le secteur privé autant que les acteurs étatiques notamment la Douane, doivent pouvoir bien saisir les contours de l’Accord et comprendre les conditions de production et d’échanges conférant les préférences tarifaires entre autres. Dans le cadre plus spécifique de l’Afrique centrale, s’assurer de la convergence entre les règles d’origine de la ZLECAf et celles de la Zone de Libre-Echange de la CEEAC demeurent essentiel pour optimiser les retombées des marchés plus intégrés »
Luc Magloire MBARGA ATANGANA, ministre du Commerce
« Les États membres de la Sous-Région doivent prendre le taureau par les cornes »
« Il convient ainsi de rappeler que le niveau des échanges commerciaux intracommunautaires de la CEEAC, estimé à 1,57%, reste le plus bas de ceux des autres communautés économiques du continent dont le niveau général de commerce intra-régional est évalué à 16%. Face à ce constat alarmant, il devient alors indispensable, pour les États membres de notre Sous-Région Afrique Centrale de prendre le taureau par les cornes et de se mettre ensemble dans le but d’accroître nos échanges afin de profiter de ce vaste marché de plus de cent soixante millions de consommateurs. Tant il est vrai que les communautés qui se développent rapidement sont celles dont les membres échangent d’abord entre eux. La prise en compte et l’appropriation des règles d’Origine, au niveau sous-régionale, par les comités nationaux de la ZLECAf et les opérateurs économiques, parties prenantes de la dynamique d’intégration commerciale, constituent les véritables galops d’essai dans la mise en œuvre de la Zone de Libre Échange Continentale. »
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Face à la baisse des prix, le cacao camerounais regarde vers le Nigeria

Le gouvernement camerounais lance officiellement, ce 6 août à Yaoundé, la campagne cacaoyère 2026-2027 dans un contexte bien différent de celui des deux précédentes saisons. Les prix mondiaux corrigent après les records atteints en 2023 et 2024. Le ministère du Commerce parle d’un « retournement de cycle majeur » et cherche déjà de nouveaux relais de croissance pour la filière.
Cette nouvelle campagne s’ouvre également dans le prolongement du sommet d’Abuja. Les quatre principaux producteurs africains de cacao — la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun et le Nigeria — y ont affiché une ambition commune : transformer davantage leurs fèves sur le continent afin de capter une part plus importante de la valeur ajoutée. À eux seuls, la Côte d’Ivoire et le Ghana fournissent près de 60 % de la production mondiale. Avec le Cameroun et le Nigeria, ils constituent un ensemble capable d’influencer durablement le marché international. Pourtant, l’Afrique ne capte encore qu’une faible part des revenus générés par une industrie mondiale du chocolat évaluée à plus de 100 milliards de dollars par an.
Dans cette stratégie, la Zone de libre-échange continentale africaine ouvre de nouvelles perspectives. Le marché africain de 1,4 milliard de consommateurs pourrait progressivement absorber une partie croissante des produits transformés localement.
LE NIGERIA AU CŒUR DE LA NOUVELLE STRATÉGIE
C’est dans cette logique que le ministère du Commerce met désormais le Nigeria au premier plan. Le voisin de l’ouest réunit plusieurs atouts. Avec près de 245 millions d’habitants et une capacité annuelle de transformation estimée à 150 000 tonnes, il représente un marché régional d’une toute autre dimension. Le Cameroun entend également capitaliser sur sa propre montée en puissance industrielle.
Les chiffres de l’ONCC illustrent cette évolution. En une seule campagne, les volumes transformés localement ont progressé de près de 28 %, atteignant 109 431 tonnes. Cette progression conforte l’ambition des autorités de faire de la transformation un levier de création de valeur. Le ministère estime par ailleurs que les capacités industrielles installées avoisinent désormais 250 000 tonnes, soit entre 70 et 80 % des volumes produits ces dernières années.
« À ceci vient se greffer le nouveau débouché pour le cacao camerounais que constitue le marché voisin du Nigeria », souligne le communiqué du Mincommerce. L’objectif est de réduire la dépendance envers les marchés européens tout en développant les échanges régionaux.
UN MARCHÉ QUI EXISTE DÉJÀ
Le Nigeria n’est pourtant pas une découverte pour les exportateurs camerounais. Les enquêtes réalisées par l’Institut national de la statistique montrent que les échanges commerciaux sont déjà particulièrement importants. En 2024, la demande nigériane dans les exportations informelles atteint 64,8 milliards de FCFA. Le pays capte ainsi 30,8 % des exportations informelles du Cameroun.
Le cacao en fèves domine largement ces flux. Il représente 41,4 milliards de FCFA, soit près des deux tiers des recettes générées par les échanges avec le Nigeria. En un an, ces ventes progressent de 145,6 %. Ces chiffres montrent que le potentiel commercial existe déjà. Mais ils révèlent aussi une autre réalité : une part importante des échanges échappe encore aux circuits officiels.
DE LA FRAUDE AU COMMERCE ORGANISÉ
Cette situation avait conduit le gouvernement à durcir le ton. Lors de la campagne 2022-2023, les autorités avaient évalué à près de 70 milliards de FCFA les pertes liées aux exportations frauduleuses de cacao vers le Nigeria. Luc Magloire Mbarga Atangana avait alors interdit les exportations de fèves vers le pays voisin avant de mettre en place un dispositif renforcé de contrôle des sorties terrestres, maritimes et aériennes.
Depuis, la situation évolue progressivement. Selon l’ONCC, le Nigeria est devenu, durant la campagne 2024-2025, le premier importateur africain de cacao camerounais avec 2 100 tonnes officiellement achetées. Ce volume reste modeste au regard des 192 013 tonnes exportées par le Cameroun au total, mais il témoigne d’un début de formalisation des échanges jusque-là largement dominés par les circuits informels.
UNE AMBITION ENCORE SANS VÉRITABLE FEUILLE DE ROUTE
C’est ici que le discours officiel montre ses limites. Le ministère présente le Nigeria comme un nouveau débouché stratégique. Mais à ce stade, aucun contrat commercial n’est annoncé entre transformateurs nigérians et opérateurs camerounais. Aucun engagement d’achat n’est communiqué. Aucun objectif d’exportation n’est fixé. Aucun calendrier de montée en puissance n’est présenté.
Autrement dit, l’opportunité est réelle. Sa traduction commerciale reste à construire. La réussite du projet dépendra aussi d’éléments très concrets. Les infrastructures devront permettre un acheminement régulier des marchandises. Les procédures douanières devront être simplifiées. Les opérateurs devront satisfaire aux exigences réglementaires nigérianes tout en faisant face à la concurrence des autres producteurs de la sous-région.
Dans cette perspective, l’ONCC poursuit la réorganisation de la filière. Le 13 janvier 2026, son directeur général, Michael Ndoping, a réuni exportateurs, Douanes et autorités administratives afin d’améliorer la coordination des échanges avec le Nigeria. Les travaux accompagnent la mise en œuvre de nouveaux textes conformes à la Zone de libre-échange continentale africaine. L’Office accélère également le déploiement du Système national de traçabilité unifié du cacao, destiné à répondre aux nouvelles exigences internationales, notamment européennes, tout en sécurisant les exportations vers les marchés voisins.
UNE PROMESSE À CONFIRMER
Le ministère lie directement cette stratégie à une meilleure rémunération des producteurs. « L’élément nouveau, qui pourrait être déterminant pour l’amélioration du prix au producteur, est la montée en puissance de la transformation locale », affirme le communiqué.
Les performances enregistrées en 2024-2025 semblent conforter cette orientation. La progression simultanée de la production commercialisée, de la transformation industrielle et de la valeur des exportations montre que le Cameroun dispose désormais d’une base productive plus solide qu’auparavant. Reste à savoir si cette dynamique pourra être maintenue dans un contexte de repli des cours internationaux.
Le ministère estime que la combinaison entre la montée en puissance de l’industrie locale et l’ouverture du marché nigérian permettra de mieux valoriser le cacao camerounais. La campagne 2026-2027 devra ainsi « tirer pleinement avantage de ce nouveau contexte » grâce à « un dialogue structuré, transparent et responsable entre les différents maillons de la chaîne ».
Le Nigeria constitue incontestablement une opportunité commerciale. Les flux existent déjà et tendent à se formaliser. Les performances records enregistrées lors de la campagne 2024-2025 montrent que la filière camerounaise dispose d’atouts industriels et commerciaux renforcés. Mais le passage d’un marché largement informel à un véritable partenariat commercial reposera sur des contrats, des infrastructures, des règles communes et des volumes d’échanges mesurables. C’est sur ces résultats, plus que sur les annonces, que se mesurera le succès de cette nouvelle stratégie.
Il faut le rappeler, Selon l’Office national du cacao et du café (ONCC), le Cameroun a enregistré, au terme de la campagne 2024-2025 achevée le 15 juillet 2025, une production commercialisée historique de 309 518 tonnes, un niveau jamais atteint jusque-là. Les exportations ont progressé à 192 013 tonnes, contre 185 613 tonnes lors de la campagne précédente, tandis que la transformation industrielle a bondi de 85 672 à 109 431 tonnes, soit une hausse de 23 759 tonnes. Cette dynamique s’est traduite par une valeur FOB record de 1 410,85 milliards de FCFA, contre 737,7 milliards de FCFA un an plus tôt, soit un gain de plus de 673 milliards de FCFA. Les prix payés aux producteurs sont restés particulièrement rémunérateurs, oscillant entre 3 210 FCFA et 5 400 FCFA le kilogramme, après une campagne précédente marquée par une volatilité exceptionnelle où ils avaient fluctué entre 1 150 FCFA et 6 300 FCFA/kg.
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En 20 ans, le Japon a injecté 363,3 milliards FCFA au Cameroun via la JICA

Vingt ans après son implantation au Cameroun, la JICA affiche un volume d’interventions de plus de 646 millions de dollars, soit environ 363,3 milliards de FCFA au taux de change actuel. Ce montant, communiqué par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) à l’occasion de la rencontre entre le ministre Alamine Ousmane Mey et le vice-président de la JICA, Ando Naoki.
Grâce à cet appui, plus de 120 établissements scolaires et 1 500 salles de classe ont été construits, près de 36 000 riziculteurs ont été formés pour renforcer la sécurité alimentaire, environ 1 500 entreprises ont été accompagnées grâce à l’approche Kaizen, tandis que des milliers de Camerounais ont bénéficié de formations et que plusieurs projets structurants ont été financés dans les domaines des infrastructures routières et de l’énergie.
TROIS INSTRUMENTS POUR FINANCER LE DÉVELOPPEMENT
Ces réalisations reposent sur trois principaux instruments de coopération mis en œuvre par la JICA : les dons, les prêts concessionnels et la coopération technique, chacun répondant à des objectifs spécifiques. Une partie des financements prend la forme de dons. Il s’agit de ressources non remboursables destinées principalement aux infrastructures sociales, notamment les écoles, les centres de santé, les réseaux d’adduction d’eau potable et les équipements publics. Les plus de 120 établissements scolaires et les 1 500 salles de classe construits au Cameroun relèvent en grande partie de cette catégorie.
La coopération s’appuie également sur des prêts concessionnels. Contrairement aux financements commerciaux, ces prêts sont accordés à des conditions préférentielles, avec des taux d’intérêt réduits, de longues maturités et des périodes de grâce. Ils servent principalement au financement de grands projets d’infrastructures. La route Mintom-Lele, intégrée au corridor Yaoundé-Brazzaville et cofinancée avec la Banque africaine de développement (BAD), figure parmi les projets soutenus par ce mécanisme. Le troisième pilier est la coopération technique. Elle ne repose ni sur des transferts financiers directs ni sur des prêts.
La JICA finance l’envoi d’experts japonais, la formation de cadres camerounais, la réalisation d’études, les transferts de technologies ainsi que le déploiement de volontaires japonais. Les quelque 36 000 riziculteurs formés et la diffusion de la méthode Kaizen auprès d’environ 1 500 entreprises illustrent cette composante.
Au-delà du bilan des vingt dernières années, les deux parties entendent désormais élargir leur partenariat. Le communiqué publié par le Minepat à l’issue de l’audience du 3 août souligne que « les échanges ont également porté sur les perspectives de renforcement du partenariat dans des secteurs prioritaires tels que l’agriculture, la pêche, l’éducation, les infrastructures, l’environnement, le développement des ressources humaines ainsi que la compétitivité des entreprises, en parfaite cohérence avec les ambitions de la Stratégie nationale de développement 2020- 2030 ».
Cette nouvelle orientation est déjà perceptible. Fin mai 2026, la JICA a lancé un projet de coopération technique consacré à la restauration des paysages de savane et de forêt par l’agroforesterie. Cette initiative élargit le champ d’interventions de l’agence japonaise aux enjeux liés au climat et à la gestion durable des ressources naturelles, tout en maintenant son soutien aux infrastructures, à l’agriculture et au développement des compétences.
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Limbé : 03 morts dans des inondations

La ville de Limbé est sous les eaux depuis les premières heures de ce 5 août 2026. Les images abondamment relayées sur les réseaux sociaux laissent voir des eaux qui ruissellent de partout, sorties des lits des cours d’eau et des rigoles. Rues, maisons,… sont presqu’engloutis pour certaines. C’est la conséquence de pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région depuis les premières heures du jour. Limbé étant comme Buea, au pied du Mont Cameroun, le mont le plus haut du Cameroun, dans une région du Sud-Ouest réputée abriter la localité de Debundscha, la plus pluvieuse du pays…
Le bilan provisoire parle de trois morts, selon des sources concordantes : une femme enceinte, sa sœur et leur son oncle. Ils ont été ensevelis par les eaux en furie. La situation n’est pas encore revenue à la normale, et les recherches se poursuivent encore dans les quartiers. Les autorités sont mobilisées pour sensibiliser les populations sur les mesures à adopter.
Ci-dessous, des images des inondations
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